Profanation de sépulture


La profanation de sépulture, également appelé violation de sépulture ou encore saccage ou pillage de tombe, est le fait de dégrader une sépulture, une tombe, un mausolée ou une crypte dans le but de la saccager ou d'en voler le contenu. Cet acte profanateur est généralement commis pour s'emparer d'objets de valeur ou de biens personnels et en tirer profit. Un acte apparenté est le trafic de cadavres, l'enlèvement contesté ou illégal d'un cadavre (généralement d'une tombe), et qui peut être étendu au trafic d'organes uniquement.
La profanation de sépulture nuit considérablement aux recherches en archéologie, en histoire de l'art et en histoire[1],[2]. D'innombrables sépultures et tombeaux précieux sont pillés avant que les chercheurs aient pu les étudier. Quoi qu'il en soit, le contexte archéologique ainsi que les informations historiques et anthropologiques sont ainsi détruits : « Le pillage efface la mémoire du monde antique et réduit ses plus hautes créations artistiques à de simples objets décoratifs, des bibelots posés sur une étagère, coupés de leur contexte historique et, en fin de compte, de toute signification »[3].
Les pilleurs de tombes vendent généralement, de manière anonyme, des objets relativement récents et des artéfacts sur le marché noir. Ceux qui sont appréhendés par les autorités judiciaires ont tendance à nier leur culpabilité. Si certains artéfacts finissent par être acquis par des musées ou des chercheurs, la majorité d'entre eux aboutissent dans des collections privées[4].
Profanation de sépulture dans le monde
Chine
Égypte
Les tombes de l'Égypte antique constituent l'un des exemples les plus courants de pillage de sépultures. La plupart des tombes de la Vallée des Rois en Égypte ont été pillées dans les cent ans qui ont suivi leur scellement[5],[6] (y compris la tombe du célèbre roi Toutânkhamon, qui a été pillée au moins deux fois avant d'être découverte en 1922)[7]. Comme la plupart des objets de ces anciens sites funéraires ont été découverts, c'est à partir de l'état des tombes et des objets présumés manquants que les historiens et les archéologues sont en mesure de déterminer si la tombe a été pillée. Les pharaons égyptiens conservaient souvent des registres des objets précieux présents dans leurs tombes, ce qui permet aux archéologues de procéder à une vérification de l'inventaire[8]. Souvent, les pharaons laissaient dans les tombes des avertissements concernant les calamités et les malédictions qui s'abattraient sur quiconque toucherait au trésor ou aux corps, ce qui n'a guère dissuadé les pilleurs de tombes. Il existe de nombreux exemples de pillage de tombes dans le monde antique en dehors de l'Égypte[9].
Europe
Profanations motivées par la haine
Profanations de cimetières juifs motivées par l'antisémitisme :
Profanations de cimetières musulmans motivées par l'islamophobie :
Profanation de sépulture dans la culture
Dans de nombreux films d'aventure (Indiana Jones) et jeux vidéo (Lara Croft dans Tomb Raider), la profanation de sépulture est mis en scène et présenté, le plus souvent sans critique, comme une peccadille ou un délit mineur. Dans le monde réel des touristes d'aujourd'hui, en revanche, des sanctions financières ou des peines d'emprisonnement de plus en plus sévères sont infligées aux acheteurs inconscients d'objets archéologiques, comme c'est souvent le cas, par exemple, pour les délits mineurs de pillage de tombes dans le pourtour méditerranéen.
Annexes
Articles connexes
- Trafic de cadavres
- Atteinte à la mémoire des morts
- Profanation
- Réconciliation d'un lieu sacré
- Pillage du patrimoine archéologique
- Spoliation des biens artistiques et culturels
Notes et références
- (de)/(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en allemand « Grabraub » (voir la liste des auteurs) et en anglais « Grave robbery » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Daniel 1950, p. 11.
- ↑ Atwood 2004, p. 9.
- ↑ Atwood 2004, p. 10.
- ↑ (en) Damien Huffer et Shawn Graham, « The Insta-Dead : The rhetoric of the human remains trade on Instagram », Internet Archaeology, Université de Stockholm, no 45, (DOI 10.11141/ia.45.5, lire en ligne).
- ↑ (en) Donald P. Ryan, « Further Observations Concerning the Valley of the Kings », sur plu.edu (version du sur Internet Archive)
- ↑ (en) « Tombs hidden in Valley of the Kings hold many more Egypt mummy mysteries », sur nbcnews.com
- ↑ Gardiner 2007, p. 147.
- ↑ Gardiner 2007, p. 244.
- ↑ (en) Tom Mueller, « How Tomb Raiders Are Stealing Our History », sur nationalgeographic.com (version du sur Internet Archive)
Bibliographie
- (en) Roger Atwood, Stealing History : Tomb Raiders, Smugglers, and the Looting of the Ancient World, New York, St. Martin's Press, , 337 p. (ISBN 0-312-32406-5, lire en ligne
). - (en) Glyn Daniel, A Hundred and Fifty Years of Archaeology, Cambridge, Harvard University Press, .
- (en) Alan Gardiner, The Egyptians: An Introduction, Oxford, Oxford University Press, coll. « The Folio Society », (1re éd. 1961)
- (de) Herbert Jankuhn (dir.), Hermann Nehlsen (dir.) et Helmut Roth (dir.), Zum Grabfrevel in vor- und frühgeschichtlicher Zeit : Untersuchungen zu Grabraub und „haugbrot“ in Mittel- und Nordeuropa (actes d'un colloque de la Kommission für die Altertumskunde Mittel- und Nordeuropas, Akademie der Wissenschaften in Göttingen, - ), Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, coll. « Abhandlungen der Akademie der Wissenschaften zu Göttingen, Philologisch-Historische Klasse » (no 3-113), , 243 p. (ISBN 3-525-82393-2), notamment la contribution de Karl Heinrich Krüger : « Grabraub in erzählenden Quellen des frühen Mittelalters », p. 169–187.
- (de) Johannes-Wolfgang Neugebauer, Die Nekropole F von Gemeinlebarn, Niederösterreich. Untersuchungen zu den Bestattungssitten und zum Grabraub in der ausgehenden Frühbronzezeit in Niederösterreich südlich der Donau zwischen Enns und Wienerwald (Habilitationsschrift à l'Université de Vienne, ), Mayence, Philipp von Zabern, coll. « Römisch-Germanische Forschungen » (no 49), , IX-265 p. (ISBN 3-8053-1191-5).
- (en) Peter Watson et Cecilia Todeschini, The Medici Conspiracy : The Illicit Journey of Looted Antiquities, From Italy's Tomb Raiders to the World's Greatest Museum, New York, PublicAffairs, , XX−379 p.-[8] p. de pl. (ISBN 978-1-58648-402-6, 978-1-58648-438-5 et 978-1-58648-540-5, lire en ligne
). - (de) Peter-René Becker (dir.) et Christina Wawrzinek (dir.), Raubgräber Grabräuber (catalogue de l'exposition au Landesmuseum Natur und Mensch Oldenburg (de), - ), Mayence, Nünnerich-Asmus, , 191 p. (ISBN 978-3-943904-19-2 et 978-3-943904-36-9).
- Portail de l’archéologie
- Portail de la mort
- Portail de la criminologie