Prosopocera lactator
Prosopocera lactator est une espèce d'insectes coléoptères de la famille des Cerambycidae.
Description
Diagnose
Le corps est roux avec une large ligne latérale blanche s’étendant des yeux à l’anus. La tête est rousse avec une tache frontale blanche. Les mandibules sont noires à l’extrémité. Le thorax est roux et épineux avec deux taches basales blanches. Les élytres sont lisses et roux avec trois grandes taches blanches[1].
Description détaillée
.jpg)
Ce coléoptère, d'une longueur de 21 à 40 mm et d'une largeur de 6,5 à 14 mm, présente une stature assez allongée et subparallèle[2].
Le front est presque plan chez les deux sexes et sa ligne médiane peut former une sorte de carène. Les antennes sont un peu plus longues chez la femelle ou d'un tiers plus longues chez le mâle que le corps. Le scape est assez étendu et un peu moins long que le troisième article lequel est nettement plus étendu que le suivant. Le cinquième article mesure environ les 2/3 du quatrième. Les articles VI à X sont chacun à peine plus courts que celui qui le précède. Le onzième article est d'un tiers plus long que le dixième. Les articles III à VI sont ciliés sur leur face inférieure. Les lobes inférieurs des yeux sont de moitié chez la femelle ou seulement un peu plus longs chez le mâle que les joues[2].
_(11771405464).jpg)
Le pronotum est large et pourvu d'une forte épine latérale. Son disque est inégal et ridé. Le deuxième sillon transversal antérieur est sinué et interrompu sur le disque. Les deux sillons postérieurs sont profonds et sinués[2].
Les élytres sont fortement granulés à la base et ensuite assez finement et éparsement ponctués. La saillie mésosternale est large et peut être nettement proéminente[2].
_(11770974445).jpg)
Cet insecte est brun rougeâtre foncé. Il est couvert d'une très dense pubescence brun cannelle et d'une pubescence blanche parfois légèrement verdâtre, bleuâtre, ou rosâtre qui forme des dessins caractéristiques[2]. La coloration verdâtre désaturée semble provenir de la structure photonique de grains cristallins contenus dans les écailles[3]. Une tache quadrangulaire est présente sur le front. De chaque côté de la tête, une large bande longitudinale prend naissance au bord postérieur des yeux et couvre les parties latérales du pronotum et des sterna qu'elle recouvre parfois presque entièrement. Cette bande se prolonge souvent sur les parties latérales de plusieurs ou de tous les segments abdominaux. Une bande très large en arrière de la base et qui s'atténue rapidement et n'atteint pas le bord antérieur est présente sur le disque du pronotum de part et d'autre de la ligne longitudinale. Sur chaque élytre sont présentes trois grandes taches situées l'une après l'autre (une basale, une paramédiane et une préapicale) et qui ne se rapprochent ni de la suture ni du bord marginal latéral. La tache basilaire et la tache apicale présentent leur plus grande largeur du côté sutural. La médiane, au contraire, est atténuée du côté sutural[2].
Description de la larve
Le corps, d'une longueur comprise entre 35 et 60 mm avec sa plus grande largeur pouvant atteindre 10 mm, est aplati et sub-parallélépipédique dans sa partie antérieure comprenant le mésothorax, le métathorax, et le premier urite. La tête, d'une largeur maximale de l'ordre de 7 mm, est insérée très bas et en oblique. Sa marge frontale et ses tempes portent de longues soies denses. La membrane basale des antennes atteint à peine les bords du foramen antennal. Le labre, les stipes des maxipalpes, les stipes labiaux, les lobes maxillaires et la ligule sont densément couverts de longues soies ferrugineuses. L'eusternum est presque triangulaire. Les stigmates sont grands et leurs alvéoles marginaux n'occupent qu'une partie de la marge postérieure du péritrème[2].
Description de la nymphe
La nymphe mesure de 34 à 36 mm pour les mâles et de 36 à 38 mm pour les femelles. Son front est légèrement excavé entre les tubercules antennifères qui sont nettement saillants. Le prothorax est franchement transverse. Le neuvième urite est inerme. Les pleures sont dépourvus de tubercules spinifères et portent simplement deux ou trois soies très fines. La marge postérieure du périmètre des stigmates est incurvée et les alvéoles marginaux n'occupent qu'une partie de sa marge postérieure[2].
Éthologie
_(16470063412).jpg)
_(11771205103).jpg)
La larve se développe sur les branches et les troncs d'arbres vivants. Elle a été observée sur des Euphorbiaceae comme le genre Gelonium ou l'espèce Hymenocardia acida et sur le genre Cassia (Caesalpiniaceae)[2].
En République centrafricaine et sur Hymenocardia acida, l'œuf est pondu à l'aisselle d'un rameau ou d'une branche et la larve fore toujours sa galerie en se dirigeant vers la base de la partie qui l'héberge. La galerie, qui peut atteindre deux mètres de long, emprunte d'abord la zone médullaire du rameau puis passe dans la branche à travers les zones cambiales. Si la branche est trop petite, la larve pénètre dans le tronc de l'arbre. Lorsque le fût n'est pas assez long, la larve descend dans la base du tronc et même dans les racines. Ce comportement est peut-être également destiné à rechercher plus de fraîcheur et de sève. La galerie creusée par la larve est toujours nette et propre car la scobine est rejetée au dehors où elle forme de petits tas qui trahissent la présence de l'insecte. La nymphose s'effectue dans une logette assez profondément enfoncée dans l'aubier. La logette est assez spacieuse (7 à 8 cm de long sur 1,8 à 2,2 cm de large et 1 à 1,3 cm de haut) et est construite par élargissement de la galerie larvaire. Parvenue au quatrième stade, la larve aménage la logette tout en continuant à forer sa galerie nutricielle. Durant les heures chaudes de la journée, elle vient se reposer dans la cette logette. Arrivée à son développement complet, elle obstrue la galerie larvaire en amont et en aval de la logette avec deux bouchons de fibres grossières et assez fortement pressées les unes contre les autres. La nymphose dure environ un mois et l'adulte, qui est formé dès le début du mois de mars, attend les premières pluies d'avril à mai pour émerger. Il semble qu'il n'y ait qu'une génération annuelle avec apparition des adultes en avril, mai et juin et potentiellement jusqu'en août[2].
Répartition
Prosopocera lactator est présente dans presque tous les territoires africains situés au dessous du 20e parallèle nord[2]. Elle est notamment présente en Guinée, en République Centrafricaine et au Kenya[2].
Systématique
Cette espèce a été nommée et décrite par l'entomologiste danois Johan Christian Fabricius en 1801 sous le protonyme Cerambyx lactator[1].
Synonymes
Prosopocera lactator a pour synonymes[4] :
- Anoplostetha bimaculata Harold, 1878
- Anoplostetha quadriplagiata Aurivillius, 1907
- Anoplostetha vittata Aurivillius, 1907
- Anoplosthaeta lactator Dejean, 1835
- Anoplostheta lactator Fåhraeus, 1872
- Anoplostheta lactator Reiche, 1849
- Lamia lactator Fabricius, 1801
- Lamia lactator Klug, 1835
- Lamia lactator Zimsen, 1964
- Lamia radiata Gory, 1835
- Prosopocera biplagiata Heath, 1905
- Prosopocera lactator f. conjuncta Sudre & Teocchi, 2002
- Prosopocera lactator f. duponti Sudre & Teocchi, 2002
- Prosopocera lactator var. posticereducta Lepesme, 1952
Liste des sous-espèces
Selon GBIF (13 février 2026)[4] :
- Prosopocera lactator lactator (Fabricius, 1801)
- Prosopocera lactator meridionalis Jordan, 1903
- Prosopocera lactator poggei Harold, 1878
Publication originale
- (la) J. C. Fabricius, Systema Eleutheratorum secundum ordines, genera, species : adiectis synonymis, locis, observationibus, descriptionibus, t. II, Kiliae, , 687 p. (lire en ligne
), p. 283.
Notes et références
- Fabricius, J. C. 1801. Systema Eleutheratorum secundum ordines, genera, species : adiectis synonymis, locis, observationibus, descriptionibus. Tome II, Kiliae, 687 pages. (p. 283).
- Breuning, S., Téocchi, P. 1974. Note sur Prosopocera signatifrons Duv., P. lactator Fabr. et P. valida Auriv. Description de l'adulte, de la larve et de la nymphe. Chorologie, bionomie succincte (Coleoptera Cerambycidae Lamiinae). Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 43(10): 374-386. (lire en ligne)
- ↑ Colomer, J.-F., Simonis, P., Bay, A., Cloetens, P., Suhonen, H., Rassart, M., Vandenbem, C., Vigneron, J. P. 2012. Photonic polycrystal in the greenish-white scales of the African longhorn beetle Prosopocera lactator (Cerambycidae). Physical Review E, 85: 011907.
- GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 13 février 2026.
Liens externes
- (en) Animal Diversity Web : Prosopocera lactator (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Prosopocera lactator (Fabricius, 1802) (consulté le )
- (fr + en) EOL : Prosopocera lactator (Fabricius 1801) (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Prosopocera lactator (Fabricius, 1801) (consulté le )
- Portail de l’entomologie
- Portail de l’Afrique