Psaume 111 (110)

Verset 10, Ex-libris par Dürer[1].

Le psaume 111 (110 selon la numérotation grecque) est appelé en latin selon son premier mot Confitebor tibi Domine ou simplement Confitebor, comme le psaume 138 (137). Souvent inclus dans les psaumes des vêpres catholiques, son texte latin été souvent été mis en musique, particulièrement[réf. souhaitée] à l'époque baroque.

Texte

verset original hébreu[2] traduction française de Louis Segond[3] Vulgate[4] latine
1 הַלְלוּ-יָהּ:אוֹדֶה יְהוָה, בְּכָל-לֵבָב; בְּסוֹד יְשָׁרִים וְעֵדָה Louez l’Éternel ! Je louerai l’Éternel de tout mon cœur, dans la réunion des hommes droits et dans l’assemblée. Alleluja. Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo, in consilio justorum, et congregatione
2 גְּדֹלִים, מַעֲשֵׂי יְהוָה; דְּרוּשִׁים, לְכָל-חֶפְצֵיהֶם Les œuvres de l’Éternel sont grandes, recherchées par tous ceux qui les aiment. Magna opera Domini : exquisita in omnes voluntates ejus
3 הוֹד-וְהָדָר פָּעֳלוֹ; וְצִדְקָתוֹ, עֹמֶדֶת לָעַד Son œuvre n’est que splendeur et magnificence, et sa justice subsiste à jamais. Confessio et magnificentia opus ejus, et justitia ejus manet in sæculum sæculi
4 זֵכֶר עָשָׂה, לְנִפְלְאוֹתָיו; חַנּוּן וְרַחוּם יְהוָה Il a laissé la mémoire de ses prodiges, l’Éternel miséricordieux et compatissant. Memoriam fecit mirabilium suorum, misericors et miserator Dominus
5 טֶרֶף, נָתַן לִירֵאָיו; יִזְכֹּר לְעוֹלָם בְּרִיתוֹ Il a donné de la nourriture à ceux qui le craignent ; il se souvient toujours de son alliance. Escam dedit timentibus se ; memor erit in sæculum testamenti sui
6 כֹּחַ מַעֲשָׂיו, הִגִּיד לְעַמּוֹ-- לָתֵת לָהֶם, נַחֲלַת גּוֹיִם Il a manifesté à son peuple la puissance de ses œuvres, en lui livrant l’héritage des nations. Virtutem operum suorum annuntiabit populo suo
7 מַעֲשֵׂי יָדָיו, אֱמֶת וּמִשְׁפָּט; נֶאֱמָנִים, כָּל-פִּקּוּדָיו Les œuvres de ses mains sont fidélité et justice ; toutes ses ordonnances sont véritables, ut det illis hæreditatem gentium. Opera manuum ejus veritas et judicium
8 סְמוּכִים לָעַד לְעוֹלָם; עֲשׂוּיִם, בֶּאֱמֶת וְיָשָׁר affermies pour l’éternité, faites avec fidélité et droiture. Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in sæculum sæculi, facta in veritate et æquitate
9 פְּדוּת, שָׁלַח לְעַמּוֹ-- צִוָּה-לְעוֹלָם בְּרִיתוֹ; קָדוֹשׁ וְנוֹרָא שְׁמוֹ Il a envoyé la délivrance à son peuple, il a établi pour toujours son alliance ; son nom est saint et redoutable. Redemptionem misit populo suo ; mandavit in æternum testamentum suum. Sanctum et terribile nomen ejus.
10 רֵאשִׁית חָכְמָה, יִרְאַת יְהוָה-- שֵׂכֶל טוֹב, לְכָל-עֹשֵׂיהֶם; תְּהִלָּתוֹ, עֹמֶדֶת לָעַד La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ; tous ceux qui l’observent ont une raison saine. Sa gloire subsiste à jamais. Initium sapientiæ timor Domini ; intellectus bonus omnibus facientibus eum : laudatio ejus manet in sæculum sæculi.

Usages

New Testament

Le verset 9 psaume 111 est cité à deux reprises dans le Nouveau Testament :

Judaïsme

Église copte orthodoxe

Dans l'Agpeya, le livre d'heures de l'Église copte orthodoxe, le psaume est récité dans l'office de None (office)[8].

Livre de la prière commune

Dans le Livre de la prière commune de l'Église d'Angleterre, le psaume est désigné pour le vingt-troisième jour du mois au matin[9], ainsi qu'aux Matines le jour de Pâques[10].

Mise en musique

Le compositeur allemand Heinrich Schütz a inclus dans le recueil Psalmen Davids de 1619 une mise en musique de la traduction de Luther, "Ich danke dem Herrn" SWV 34. Il a plus tard publié une autre composition (SWV 209) sur la paraphrase métrique du psaume par Cornelius Becker, "Ich will von Herzen danken Gott dem Herren", incluse dans le psautier de Becker (en) de 1628.

On connaît huit Confitebor de Claudio Monteverdi : deux (SV 193 & 194) dans le recueil posthume de 1650 Messa et Salmi, quatre (SV 265-267a) dans la Selva morale e spirituale, et deux autres (SV 295-296) indépendants.

Marc-Antoine Charpentier a composé quatre grands motets sur le texte de la Vulgate :

  • Dans les années 1670, grand motet "Confitebor tibi Domine", H.151, pour solistes, chœur, deux violons et continuo
  • Dans les années 1690, grand motet "Confitebor tibi Domine", H.200 - H.200 a, pour solistes, chœur et continuo
  • Dans les années 1690, grand motet "Confitebor tibi Domine", H.220, pour solistes, chœur et continuo
  • Au milieu des années 1690, grand motet "Confitebor tibi Domine", H.225, pour solistes, chœurs, flûtes, cordes et continuo

Henry Desmarest a composé un grand motet lorrain sur ce psaume, le "Confitebor tibi Domine" de 1707. Jean-Baptiste Pergolèse a composé un Confitebor tibi Domine P.66 en do majeur pour soprano, alot, chœur, cordes et continuo en 1732.

Il y a bien d'autres mises en musique du psaume au sein des vêpres, comme les Vesperæ solennes de confessore de Mozart, ou encore le Confitebor tibi Domine RV 596 de Vivaldi.

Notes et références

  1. « Ex-libris pour Willibald Pirckheimer (Bartsch app. 52) », sur parismuseecollections.paris.fr (consulté le )
  2. L’original hébreu provient du site Sefarim, du grand rabbinat de France.
  3. La traduction de Louis Segond est disponible sur Wikisource, de même que d'autres traductions de la Bible en français.
  4. La traduction de la Vulgate est disponible sur le Wikisource latin.
  5. A. F. Kirkpatrick, The Book of Psalms: with Introduction and Notes, vol. Book IV and V: Psalms XC-CL, Cambridge, At the University Press, coll. « The Cambridge Bible for Schools and Colleges », (lire en ligne), 839
  6. The Complete Artscroll Machzor for Rosh Hashanah, pages 323, 461
  7. The Complete Artscroll Siddur, page 2
  8. « None », agpeya.org (consulté le )
  9. Church of England, Book of Common Prayer: The Psalter as printed by John Baskerville in 1762, pp. 283ff
  10. « The Book of Common Prayer: Proper Psalms On Certain Days », sur The Church of England (consulté le ), p. 6

Bibliographie

Nombreux sont les auteurs qui ont commenté les psaumes. Voici quelques ouvrages parmi les plus connus, classés par ordre chronologique :

  • Commentaires sur les psaumes, d’Hilaire de Poitiers, IVe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2008, collection sources chrétiennes no 515
  • Basile de Césarée, Magnifiez le Seigneur avec moi ! Homélies sur les Psaumes (extraits), Introduction, traduction et notes par Luc Brésard, o.c.s.o., (Foi vivante, 387 – Les classiques), Paris, Cerf, 1997, (ISBN 2-204-05643-X)
  • Commentaires sur les psaumes, de saint Jean Chrysostome, IVe siècleŒuvres complètes, M. Jeannin (dir. trad.), tome sixième. Commentaires sur les Psaumes et sur Isaïe – Homélies sur divers textes – Synopse de l'Ecriture sainte, Arras, Sueur-Charruey, 1887
  • Discours sur les psaumes, de saint Augustin, IVe siècle, 2 vol., collection « Sagesses chrétiennes », Éditions du Cerf
  • Séfer Tehilim, de Rachi, XIe siècle
  • saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur les Psaumes (jusqu'au psaume 52) (1273), Introduction, traduction, notes et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, osb, Paris, Cerf, 1996, (ISBN 2-204-05267-1).
  • Jehan Calvin, Commentaires sur le livre des Pseaumes (1557), Avec une table fort ample des principaux points traités Commentaires, tome premier, Paris, Ch. Meyrueis et Co., 1859.
  • Alphonse Maillot et André Lelièvre, Les Psaumes. Commentaire – Première partie, Genève, Labor et Fides, 1961.
  • Commentaire juif des psaumes, d’Emmanuel, Éditions Payot, 1963.
  • rabbin Avrohom Chaim Feuer, Tehilim – Les Psaumes (1977). Traduction et commentaires fondés sur les sources talmudiques, midrachiques et rabbiniques, Tamar Ittah (trad.), Volume I, 2e éd., 2e réimpr., (La Bible commentée), Paris, Colbo, 1990.

Liens externes

  • icône décorative Portail de la Bible
  • icône décorative Portail du judaïsme
  • icône décorative Portail de la musique