Psychologie sportive

l 'état de flow
L'état de flow

La psychologie sportive est une spécialité de la psychologie du sport qui étudie les facteurs psychologiques affectant la performance dans le sport. Elle s'applique également à l'optimisation du bien-être psychologique des athlètes. En améliorant les aspects émotionnels des athlètes, cette discipline cherche à comprendre comment les participants peuvent atteindre leur plein potentiel lors des compétitions. En plein essor depuis de nombreuses années, cette discipline, ancrée dans les sciences de la psychologie et au Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives ( STAPS), s'étend également aux sciences du management. Elle contribue significativement au perfectionnement émotionnelle des cadres d'entreprise, des entrepreneurs et d'autres professionnels.

Histoire

La psychologie sportive a émergé comme une discipline distincte au début du XXe siècle, avec les premières recherches importantes réalisées par Coleman Griffith aux États-Unis dans les années 1920. Depuis lors, elle s'est développée pour inclure diverses approches et techniques psychologiques adaptées au contexte sportif.

Principes Fondamentaux

Ce domaines explorent plusieurs principaux domaines d'intérêt :

  • La motivation : Comprendre les facteurs qui motivent les athlètes à exceller, à persévérer et à gérer l'échec.
  • La confiance en soi : Aider les athlètes à développer et maintenir une confiance en leurs capacités sportives.
  • La cohésion d'équipe : Examiner comment les relations et la dynamique de groupe affectent la performance sportive.
  • La Gestion du stress et de l'anxiété : Techniques pour aider les athlètes à gérer la pression des compétitions.

Recherches scientifiques

Psychologie Sportive et Management

Le modèle de la psychologie sportive a également été adapté au domaine du management. Cette adaptation consiste à transposer les aspects émotionnels qui permettent aux athlètes de haut niveau d'exceller, dans le contexte du management. Parmi les contributions significatives à ce domaine, on trouve les travaux de Terry Orlick, qui a développé le concept de " The Wheel of Excellence[1]" . Ce modèle met en lumière l'importance de la concentration et de l'équilibre de ses supports pour améliorer la performance. D'autres modèles existent tels que le modèle du Corporate Athlete de Jim Loehr et Tony Shwartz[2] qui se concentre sur la gestion des différentes formes d'énergie, telles que l'énergie physique, psychologique, spirituelle et mentale.

Application et implication au management

La recherche[3] a confirmé que la préparation psychologique des sportifs de haut niveau développe des ressources psychologiques qui augmentent leurs capacités lors des compétitions. L'application de cette préparation au management a démontré qu'elle est tout aussi pertinente pour les managers, leur permettant de mieux faire face aux défis et d'atteindre l'excellence opérationnelle. De même, les travaux de l'INSEP[4] ont montré que la gestion inadéquate de l'anxiété chez les sportifs de haut niveau peut altérer la performance en affectant la concentration et l'attention. Dans la même lignée de pensée, le transfert de ces concepts au monde du management révèle que, dans un contexte professionnel, comprendre et gérer l'anxiété cognitive et somatique peut significativement améliorer l'exécution des tâches et la prise de décision.

Un autre élément central de cette discipline est le concept de la Zone Optimale de Performance[5] (ZOP) dans le sport, également appelé flow[6],[7]en management. Il s'agit d'un état de concentration intense où les individus sont entièrement immergés dans une activité, ce qui mène à une performance et une satisfaction maximales. Ce concept favorise la réalisation d'un état psychologique optimal pour améliorer la performance.

Typologie de l'engagement corporel en contexte de sport de compétition

Lors de la pratique d’un sport de haut niveau, chaque athlète agit de manière différente face aux choix liés à sa carrière puisqu’ils ont une identité différente[8]. Les athlètes peuvent alors être classés selon leur vision du sport en six catégories bien distinctes.

Le premier groupe se nomme les maximalistes et ce sont ceux qui voient le sport comme étant la seule chose qui leur importe. Ils sont donc prêts à n’importe quoi, même à adopter un mode de vie malsain, tant qu’ils peuvent compétitionner et dépenser leur énergie. Ces différentes situations peuvent alors devenir dangereuses pour l’athlète[9].

Le deuxième groupe se nomme les prophylactiques. Ce sont des athlètes qui favorisent l’auto-préservation. Bien qu’ils adorent les entraînements et le dépassement de soi, ils ne sont pas prêts à risquer leur vie et adoptent un bon mode de vie sain[9].

Le troisième groupe se nomme les opportunistes et la compétition prend une place importante dans leur sport. Ils sont prêts à tout pour gagner, mais comprennent quand même l’importance du repos et de récupération. Ils comprennent donc que pour mieux performer, leur corps doit être en santé[9].

Le quatrième groupe se nomme les sacrificiels et ce sont les plus intenses lors des compétitions. Ils ne s’entrainent que pour gagner et tous les efforts qu’ils font sont afin d’atteindre leur objectif: gagner la compétition. Ils sont même prêts à sacrifier leur mode de vie, que ce soit lié à l’alimentation, au repos, ou aux blessures, afin de mieux performer et de montrer de quoi ils sont capables[9].

Le cinquième groupe se nomme les démobilisés et ils sont démotivés, que ce soit lors des entrainements ou des compétitions. Ils sont parfois présents puisqu’ils y ont été obligés car le surpassement de soi ne les motive pas[9].

Le dernier groupe se nomme les hédonistes et semblent être similaires aux opportunistes. Ils valorisent eux aussi l’auto-préservation en favorisant des habitudes de vie très saines. Cependant, les opportunistes favorisent le dépassement de soi en entrainement alors que les hédonistes performent beaucoup mieux en compétitions[9].

Personnalités Liées à la Psychologie Sportive

La psychologie sportive a été façonnée par de nombreux chercheurs et praticiens dont les contributions ont défini et développé ce domaine. Terry Orlick est particulièrement reconnu pour ses études sur la concentration mentale et la performance optimale, explorant comment les athlètes peuvent atteindre un état de "Zone", caractérisé par une concentration extrême et une performance accrue[10].

Les recherches de Jim Loehr et Tony Schwartz ont apporté des éclairages importants sur la gestion de l'énergie en relation avec la performance. Leur recherche souligne l'importance de l'équilibre entre le stress et la récupération pour maintenir de hautes performances dans les sports et les milieux professionnels. Ils ont co-écrit The Power of Full Engagement, qui offre des stratégies pour optimiser la performance à travers la gestion de l'énergie physique, émotionnelle, mentale et spirituelle.

Parmi d'autres contributeurs importants, Dr. Fabrice Lollia, spécialiste en psychologie sportive, a notablement influencé ce champ, particulièrement dans l'application des principes de la discipline au management et au leadership[11], en se concentrant sur un contexte panafricain[12]. Son travail cherche à intégrer les techniques de préparation mentale et les stratégies de performance optimale dans le développement professionnel des cadres et des leaders d'entreprise.

Références

  1. ↑ (en) Terry Orlick, In pursuit of excellence, Human Kinetics, (lire en ligne)
  2. ↑ (en) « The Making of a Corporate Athlete », Harvard Business Review,‎ (ISSN 0017-8012, lire en ligne)
  3. ↑ Boussena, Fatima (, « Les facteurs psychologiques de l’excellence chez les sportifs de haut niveau », Sciences et Pratiques des Activités Physiques Sportives et Artistiques, no 5,‎ , p. 1-12 (lire en ligne)
  4. ↑ Didier Delignières, Laboratoire de Psychologie INSEP, Laboratoire de Psychologie INSEP, « Anxiété et Performance », Cognition et Performance,‎ , p. 235-254
  5. ↑ (en) Krane, V., « A practical application of the anxiety–athletic performance relationship: The Zone of Optimal Functioning hypothesis », The Sport Psychologist, vol. 7, no 2,‎ , p. 113-126 (lire en ligne Accès payant)
  6. ↑ (en) Nakamura, J., & Csikszentmihalyi, M., « The concept of flow », Handbook of positive psychology,‎ , p. 89-105 (lire en ligne)
  7. ↑ Coester Denys, « L'état de "Flow" : clé de la super-performance entrepreneuriale », sur Forbes France,
  8. ↑ Guillaume Routier et Bastien Soulé, « L'engagement corporel : une alternative au concept polythétique de sports à risque en sciences sociales », Movement & Sport Sciences, vol. n° 77, no 3,‎ , p. 61 (ISSN 2118-5735 et 2118-5743, DOI 10.3917/sm.077.0061, lire en ligne, consulté le )
  9. Marion Braizaz, Amal Tawfik, Philippe Longchamp et Kevin Toffel, « Six nuances d’engagement: Sport de haut niveau et rapport au corps », Sociologie et sociétés, vol. 55, no 2,‎ , p. 261–305 (ISSN 1492-1375 et 0038-030X, DOI 10.7202/1118826ar, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ (en) Orlick, T., & Partington, J. (1988), « Mental links to excellence », The sport psychologist, vol. 2, no 2,‎ , p. 105-130 (lire en ligne)
  11. ↑ Rédaction Midi Madagasikara, « Dr Fabrice Lollia : La psychologie sportive au service des entreprises - Midi Madagasikara », sur midi-madagasikara.mg, (consulté le )
  12. ↑ Liva Nirina R., « Fabrice LOLLIA | « La psychologie sportive pour révolutionner le monde des affaires » », sur Africa Exclusive - Les actualités d'une Afrique en mutation,
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