Psychopathologie animale

Affection d'un singe

La psychopathologie animale ou zoochosis est l'étude de la maladie mentale ou des troubles comportementaux chez les animaux.

Historiquement, il y a eu une tendance anthropocentrique à s'appuyer sur l'étude des psychopathologies animales comme des modèles pour l'étude des maladies mentales humaines[1]. Mais les psychopathologies animales peuvent, du point de vue de leur évolution, être plus exactement considérées comme la manifestation de comportement non-adaptés causés par une sorte d'incapacité cognitive, de trouble émotionnel ou de détresse. Cet article présente une liste non exhaustive de psychopathologies animales.

Troubles de l'alimentation

Les animaux vivant à l'état sauvage paraissent relativement libres de troubles de l'alimentation bien que la composition de leur corps fluctue en fonction des saisons et des cycles de reproduction. Cependant, des animaux domestiqués que ce soit de ferme, de laboratoire et de compagnie sont enclins à de tels désordres. La valeur sélective dicte le comportement alimentaire des animaux sauvages. L'on s'attend à ce même type de comportement chez les animaux de la ferme, mais on peut se demander si ces mêmes principes s'appliquent aux animaux de laboratoire et aux animaux de compagnie.

Stress

Robert Sapolsky a étudié en détail les babouins dans leur habitat naturel dans le Serengeti, en Afrique[2],[3],[4]. Il a remarqué que les babouins ont des hiérarchies très similaires dans leur société, tout comme les humains. Ils passent très peu de temps à chercher de la nourriture et à satisfaire leurs besoins fondamentaux, ce qui leur laisse du temps pour développer leur réseau social. Chez les primates, les stress psychologiques se manifestent dans le corps. Les primates éprouvent un stress psychologique qui peut provoquer des réactions physiologiques, lesquelles, avec le temps, peuvent les rendre malades. Sapolsky observait les rangs des babouins, leurs personnalités et leurs appartenances sociales, puis collectait des échantillons de sang pour mesurer le niveau de cortisol (l’hormone du stress), qu’il comparait ensuite avec leur position sociale. La majorité des données ont été recueillies chez les mâles babouins, car à tout moment, 80 % des femelles étaient enceintes. Trois facteurs influençaient le niveau de cortisol chez le babouin : l’amitié, la perspective et le rang. Le niveau de cortisol était plus bas si les babouins 1. jouaient avec des bébés et développaient des relations amicales, 2. pouvaient déterminer si une situation représentait une menace réelle et s’ils allaient gagner ou perdre, et 3. occupaient des positions élevées dans la hiérarchie.

Le niveau de cortisol augmente avec l’âge, et les cellules de l’hippocampe expriment moins de récepteurs hormonaux à leur surface pour se protéger d’un excès, ce qui rend le contrôle du stress plus difficile. Lorsque les animaux subissent un stress, ils ont tendance à être plus vigilants que lorsqu’ils ne le subissent pas. Cela peut les aider à mieux percevoir un environnement inconnu et les menaces potentielles pour leur vie dans cet environnement. Pour les animaux domestiques, la situation est un peu plus complexe. Toute visite chez le vétérinaire peut être source de stress, surtout si elle se déroule dans un cadre inconnu, comme une clinique vétérinaire. En fournissant des soins à domicile, les vétérinaires peuvent minimiser le stress de l’animal et créer un environnement plus calme et confortable[5].

Yerkes et Dodson ont développé une loi qui explique la relation empirique entre excitation et performance, illustrée par un graphique en forme de U inversé[6],[7]. Selon la loi de Yerkes-Dodson, la performance augmente avec l’excitation cognitive, mais seulement jusqu’à un certain point. La partie descendante de la forme en U est causée par le stress : à mesure que le stress augmente, l’efficacité et la performance augmentent aussi, mais seulement jusqu’à un certain seuil. Lorsque le stress devient trop important, la performance et l’efficacité diminuent.

Sapolsky a aussi étudié le stress chez les rats, et ses résultats montrent que les expériences précoces chez les jeunes rats ont des conséquences fortes et durables. Les rats ayant été exposés au contact humain (situation stressante) montraient des réactions finement ajustées au stress, pouvant réduire leur exposition aux hormones du stress tout au long de leur vie comparativement à ceux qui n’avaient pas eu de contact humain[8]. En bref, le stress peut être adaptatif. Plus un rat est confronté à des situations stressantes, mieux il les gère[9].

Notes et références

  1. Owen, J. B., Treasure, J.L. & Collier, D.A. 2001. Animal Models- Disorders of Eating Behaviour and Body Composition. Kluwer Academic Publishers, Norwell; Massachusetts.
  2. (en) « Episode 195: Dr. Robert Sapolsky: Baboons, Stress Research, Connection and Determinism », sur www.psychiatrypodcast.com (consulté le )
  3. (en) « Key Study: Social status and stress in Olive Baboons (Sapolsky, 1990) », sur www.themantic-education.com (consulté le )
  4. (en) « #51 - Robert Sapolsky, Ph.D.: The pervasive effect of stress - is it killing you? », sur peterattiamd.com (consulté le )
  5. (en) « Why veterinarians should consider becoming a freelancer​​​​‌‍​‍​‍‌‍‌​‍‌‍‍‌‌‍‌‌‍‍‌‌‍‍​‍​‍​‍‍​‍​‍‌​‌‍​‌‌‍‍‌‍‍‌‌‌​‌‍‌​‍‍‌‍‍‌‌‍​‍​‍​‍​​‍​‍‌‍‍​‌​‍‌‍‌‌‌‍‌‍​‍​‍​‍‍​‍​‍‌‍‍​‌‌​‌‌​‌​​‌​​‍‍​‍​‍‌‍​‌‍‌‍‌​‌‍​‌‌​​‌‍‌‌‌‌​​‍‍‌‍​‌‍‌‍‌​‍‌​‌‌​‌‌‌‌‍‌​‌‍‍‌‌‍​‍‌‍‍‌‌‍‍‌‌​‌‍‌‌‌‍‍‌‌​​‍‌‍‌‌‌‍‌​‌‍‍‌‌‌​​‍‌‍‌‌‍‌‍‌​‌‍‌‌​‌‌​​‌​‍‌‍‌‌‌​‌‍‌‌‌‍‍‌‌​‌‍​‌‌‌​‌‍‍‌‌‍‌‍‍​‍‌‍‍‌‌‍‌​​‌​‌‌‌‍​​​‍​​ », sur www.codapet.com (consulté le )
  6. (en) « The Yerkes Dodson Law States That », sur www.certitude.org.uk (consulté le )
  7. (en) « Yerkes-Dodson law », sur booz.itf-nederland.nl (consulté le )
  8. (en) « The persistence of stress-induced physical inactivity in rats: an investigation of central monoamine neurotransmitters and skeletal muscle oxidative stress », sur pmc.ncbi.nlm.nih.gov (consulté le )
  9. (en) « Adolescent social stress does not necessarily lead to a compromised adaptive capacity during adulthood: A study on the consequences of social stress in rats », sur www.sciencedirect.com (consulté le )
  • icône décorative Portail de la zoologie