Qasr eth-Thuraiya

| Période d'activité |
fin du IIIe au milieu du Ve siècle |
|---|---|
| Localité moderne | |
| Unité présente |
? |
| Dimension du fort |
37,50 × 34,50 m (=0,13 ha) |
| Province romaine | |
| Coordonnées |
31° 25′ 19″ N, 35° 59′ 23″ E |
|
Qsar eth-Thuraiya est un ancien fortin romain de l'Antiquité tardive dont le site archéologique se trouve sur le territoire du Gouvernorat d'Amman, en Jordanie.
Il se trouve entre le Kastron Mefaa (de) (au nord) et le Qasr Bshir (au sud), un poste militaire du système de protection de la frontière du Limes Arabicus dans la province romaine d'Arabie[1].
Historique

Les Romains contrôlaient les mouvements tribaux aux avant-postes de l'empire, notamment le long des principales routes migratoires, car les commandants des frontières locales étaient conscients du caractère cyclique de la vie nomade[2]. Les tribus nomades avaient tendance à suivre les chemins et sentiers naturels, en particulier les oueds, raison pour laquelle des postes militaires y furent établis, les unités stationnées en permanence assurant également la surveillance par des patrouilles montées[3].
Recherches archéologiques
Le fort, alors appelé Trayyâ, fut mis au jour lors de deux expéditions de recherche menées en 1897 et 1898 par l'historien autrichien de l'Antiquité Alfred von Domaszewski (1856-1927) et le philologue germano-américain Rudolf Ernst Brünnow (1858-1917), qui visitèrent le Limes romain et de nombreux autres sites antiques de l'ancienne province d'Arabie. Le plan du fort, toujours valable aujourd'hui, fut également établi lors de ces expéditions[4].
La contribution décisive à l'étude moderne du Limes Arabicus de l'Antiquité tardive a été apportée par les travaux de l'archéologue américain et spécialiste de la céramique romaine Samuel Thomas Parker (1950-2021), qui, avec une équipe de chercheurs de diverses disciplines, a mené des recherches de longue haleine. En août et , la première expédition exhaustive le long de la partie jordanienne du Limes Arabicus a eu lieu. Cette expédition, connue sous le nom de Survey of the Limes Arabicus, était financée par l'American Schools of Oriental Research[5]. Parker et son équipe ont collecté principalement du matériel céramique lors de fouilles sur de nombreux sites (dont le Qasr el-Useikhin) , et il concentra ses travaux sur la frontière romaine en Jordanie centrale[6].
Le fortin
La structure rectangulaire, mesurant 37,50 × 34,50 m (soit 0,13 ha) selon Parker, présente l'aspect typique d'un quadriburgium[7] de l'Antiquité tardive [8], tel qu'on le connaît depuis le règne de l'empereur Dioclétien (284-305) et la Tétrarchie qu'il institua. Afin d'assurer l'approvisionnement en eau, indispensable dans un paysage désertique, trois citernes étaient situées à l'extérieur de la fortification, l'une au nord, l'autre au nord-est et la dernière à l'ouest. Le rempart à double enceinte du fort était construit en calcaire et en silex, utilisés en blocs rectangulaires grossièrement taillés. Des pierres plus petites servaient de matériau de remplissage pour combler les interstices, plus ou moins importants, entre les blocs. Les espaces entre les deux murs, dont la largeur varie entre 1,70 m (côté inférieur) et 2 m (côté supérieur), étaient remplis de gravats. Les quatre courtines du complexe étaient reliées par quatre tours d'angle rectangulaires qui, conformément au type de construction d'un quadriburgium, dépassaient largement la structure des fortifications. De ces tours, qui couvrent une superficie de8,20 m2, seule la tour nord-est est mieux conservée. L'unique porte se situe à l'est. Bien que l'intérieur du fort soit fortement endommagé, des vestiges des suites de pièces construites contre la courtine restent visibles. Ce détail architectural était particulièrement évident pour Parker du côté ouest[9].
Voir aussi
Références
- ↑ (en) Samuel Thomas Parker, The Limes Arabicus Project: the 1980 Campaign, Annual of the Department of Antiquities of Jordan, (no), 1981, p. 171-178.
- ↑ (en) « Roman Forts on the Arabian Frontier », sur Karak Ressources Project (consulté le ).
- ↑ (en) Samuel Thomas Parker, Romans and Saracens. A History of the Arabian Frontier. (=Dissertation Series/American Schools of Oriental Research 6), Eisenbrauns, Winona Lake, 1986 (ISBN 0-89757-106-1).
- ↑ (de) Alfred von Domaszewski, Rudolf Ernst Brünnow, Die Provincia Arabia auf Grund zweier in den Jahren 1897 und 1898 unternommenen Reisen und der Berichte früherer Reisender beschrieben. Band 2: Der äußere Limes und die Römerstraßen von el-Ma’an bis Bosra. Trübner, Strasbourg, 1905, p. 62–63.
- ↑ (en) Samuel Thomas Parker, Paul M. McDermott, A Military Building Inscription from Roman Arabia, in Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik 28 (1978), p. 61–66.
- ↑ (en) Samuel Thomas Parker, Archaeological Survey of the „Limes Arabicus“: A Preliminary Report in Annual of the Department of Antiquities of Jordan 21, 1976, p. 19–31.
- ↑ (en) « Quadrigurgium (Qualburg) », sur livius.org.
- ↑ (en) Samuel Thomas Parker, History of the Roman Frontier East of the Dead Sea (Samuel Thomas Parker, The Roman Frontier in Central Jordan. Final Report on the Limes Arabicus Project, 1980–1989 (Dumbarton Oaks Studies 40), Washington D.C., 2006 (ISBN 0-88402-298-6).
- ↑ (en) David Leslie Kennedy, The Roman Army in Jordan, Council for British Research in the Levant, Henry Ling, London, 2004 (ISBN 0-9539102-1-0), p. 140–141.
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à la géographie :
- (en) S. Thomas Parker, « The roman limes in Jordan », sur publication.doa.gov.jo
- (en) « Qasr Eth-Thuraiya », sur ancientjordan.com
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