Quand une femme monte l'escalier

Quand une femme monte l'escalier

Titre original 女が階段を上る時
Onna ga kaidan wo agaru toki
Réalisation Mikio Naruse
Scénario Ryūzō Kikushima
Musique Toshirō Mayuzumi
Acteurs principaux Hideko Takamine
Masayuki Mori
Tatsuya Nakadai
Daisuke Katō
Sociétés de production Tōhō
Pays de production Drapeau du Japon Japon
Genre drame
Durée 111 minutes
Sortie 1960

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Quand une femme monte l'escalier (女が階段を上る時, Onna ga kaidan wo agaru toki) est un film japonais de Mikio Naruse, sorti en 1960.

Il s'agit d'un des films majeurs de Naruse ayant été notamment inclus dans la liste des 200 meilleurs films japonais de tous les temps par le Kinema Junpo Critic[1].

Synopsis

Keiko, jeune veuve d'une trentaine d'années, travaille comme "Mama-san" dans un bar à hôtesses de Ginza. Fidèle à la mémoire de son mari, elle tente de préserver son intégrité dans un milieu où la séduction est une monnaie d'échange, tout en cherchant à réunir les fonds nécessaires pour ouvrir son propre établissement.

Quatre hommes gravitent autour d'elle : Sekine, dont la demande en mariage lui fait entrevoir une porte de sortie hors du métier d'hôtesse, avant qu'elle ne découvre qu'il est marié et affabule sur sa fortune ; Goda, riche homme d'affaires d'Osaka dont elle refuse les avances et qui se rabat sur sa jeune protégée, Junko ; Komatsu, son manager très directif et possessif ; et le banquier Fujisaki, le seul à éveiller en elle un véritable désir.

Yuri, son amie et rivale, confie à Keiko qu'elle est criblée de dettes impossibles à rembourser et qu'elle projette de simuler un suicide pour échapper à ses créanciers. Le lendemain, Keiko apprend avec stupeur que Yuri est morte.

Épuisée et atteinte d'un ulcère gastrique, Keiko se replie chez ses parents le temps de se rétablir, mais sa famille réclame de l'argent pour éviter la prison à son frère et payer l'opération qui permettrait à son neveu, frappé par la polio, de remarcher. Elle proteste qu'elle ne peut pas se le permettre — son appartement et ses kimonos de luxe sont les conditions mêmes de son métier — avant de céder, sachant que ce sacrifice enterre son projet de bar.

Keiko finit par céder à Fujisaki, qui l'abandonne au matin en annonçant sa mutation à Osaka. Komatsu, qui l'aime en silence, la frappe en découvrant sa liaison avec Fujisaki.

Dans la scène finale, Keiko rend les actions léguées par Fujisaki directement à son épouse, puis remonte une nouvelle fois les escaliers du bar — son projet d'indépendance compromis, mais sa dignité intacte.

Fiche technique

Distribution

Autour du film

Le film a également été adapté en série télévisée en 1961, 1970 et 1985.

Dans son livre, The Cinema of Naruse Mikio (en), Catherine Russell écrit : "Après trois films se déroulant en milieu rural et un autre durant l'ère Taisho, Naruse revient enfin aux rues de Tokyo en 1960 avec Quand une femme monte les escaliers. Le décor de Ginza, construit à partir de lieux réels et de décors, est résolument contemporain : enseignes de bars, néons et circulation témoignent d'un quartier populaire d'après-guerre. Si les rues restent étroites, le commerce effréné des mizu shōbai dépeint dans le film est intimement lié à la culture d'entreprise de la haute finance et des divertissements de luxe du centre de Tokyo. Keiko (Takamine Hideko) travaille comme hôtesse dans un bar de ce "monde flottant", Ukiyo, rénové, où elle lutte pour garder la tête haute et préserver son intégrité. [...] Ce film n'est pas seulement un mélodrame poignant sur un amour non partagé ; il possède également une forte dimension documentaire, renforcée par la voix off sporadique de Keiko, qui commente la vie d'une hôtesse de bar à Ginza.[9]" Catherine Russell, The Cinema of Naruse Mikio (en), Women and Japanese Modernity, 2008, p 333

Le film "est également l'une des plus belles performances de Takamine. Son personnage n'a que trente ans, mais elle est d'une maturité et d'une sophistication extraordinaires. Takamine expose ses faiblesses tout en conservant une certaine assurance.[9]" Catherine Russell, The Cinema of Naruse Mikio (en), Women and Japanese Modernity, 2008, p 341

Notes et références

  1. ↑ Voir sur imdb.com.
  2. ↑ « [NFAJ] Onna ga kaidan wo agaru toki (1960) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le )
  3. ↑ « 女が階段を上る時|Onna ga kaidan wo agaru toki (1960) », sur db.eiren.org (consulté le )
  4. (ja) Quand une femme monte l'escalier sur la Japanese Movie Database
  5. « Quand une femme monte l'escalier (1960) », sur www.imdb.com (consulté le )
  6. ↑ (en) « When a Woman Ascends the Stairs (Onna ga kaidan o agaru toki) », sur BAMPFA, (consulté le )
  7. ↑ (en) « When a Woman Ascends the Stairs », sur Harvard Film Archive, (consulté le )
  8. « Quand une femme monte l'escalier », sur Centre national du cinéma et de l'image animée (consulté le ).
  9. Catherine RUSSELL, The cinema of Naruse Mikio : women and Japanese modernity, Durham : Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-4290-8 et 978-0-8223-4312-7, lire en ligne)

Liens externes

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