Rébellion de Guo Huaiyi
| Date | 7-11 septembre 1652 |
|---|---|
| Lieu | Formose néerlandaise |
| Rebelles chinois | Compagnie néerlandaise des Indes orientales Alliés aborigènes de Taïwan |
| Guo Huaiyi † | Nicolaas Verburg |
| 5 000–15 000 paysans | 1 000 soldats néerlandais 5 000 guerriers aborigènes |
| ~4 000 tués | 8 néerlandais tués Nombre inconnu d'alliés aborigènes |
La rébellion de Guo Huaiyi est un soulèvement de paysans chinois lancé contre la Formose néerlandaise en 1652. Les rebelles se plaignait des lourdes taxes que l'administration néerlandais imposaient sur eux — mais pas sur les aborigènes Taïwanais — ainsi que de l’extorsion dont ils souffraient aux mains des soldats et des fonctionnaires de bas niveau. Après quelques succès préliminaires, la rébellion est écrase par les néerlandais et leurs alliés aborigènes. Ce soulèvement est le plus sérieux des 37 ans de la colonisation néerlandais du Taïwan.
Contexte
En 1624 la compagnie néerlandaise des Indes orientales établit une colonie sur l'île de Taïwan et encourage l'immigration de chinois de l'empire Ming pour stimuler le secteur agricole[1]. La corruption des soldats néerlandais et le niveau d’impôts imposé sur les colons chinois, tout en particulier l'impôt par tête (qui était imposé sur les chinois mais pas sur les aborigènes Taïwanais), avaient causé beaucoup de ressentiment envers l'administration de la colonie. Les chasseurs en particulier éprouvait des difficultés, car le chevreuil (l’exportation principale du Taïwan) avait baissé en prix et le cout de leurs permis de chasse était basé sur des vieux prix élevés[2].
Rébellion
En 1652 le ressentiment des colons chinois tourne à la révolte. Le soulèvement est mené par Guo Huaiyi, un cultivateur de canne à sucre et chef de milice d’origine de Quanzhou. Initialement, son plan était de lancer une insurrection le , mais son plan est trahi aux néerlandais et il décide d’attaquer immédiatement Fort Provintia, qui n’était protégé que par une palissade en bambou[2].
La nuit du 7 Septembre les rebelles (pour la plupart des paysans armés de couteaux et de lances de bambou) s’attaquent au fort. Le matin suivant, 120 mousquetaires néerlandais viennent à la rescousse de leur compatriotes et mettent en déroute les forces assiégeantes[2]. Le , les néerlandais apprennent que les rebelles se massent juste au nord de Tayouan, la ville principal de la colonie. Un grand détachement de soldats néerlandais et d’allies aborigènes s’attaque au forces rebelles le même jour, triomphant en grande partie grâce au armes supérieures des européens[3].
Les jours suivant la bataille au nord de Tayouan, les survivants sont abattus par les guerriers aborigènes ou regagnent discrètement leurs villages. Guo Huaiyi lui-même est tué par une flèche, puis son corps est décapité et sa tête empalé comme avertissement[3]. En total, 4 000 rebelles sont morts au terme des cinq jours de la rébellion, ce qui était alors à peu près dix pour-cent de la population chinoise de Taïwan[2].
Conséquences
Le temps et les ressources dédiés à la répression de la rébellion nuisent à la capacité des forces néerlandaises de contrôler les frontières Formosanes. Notamment, quand le village de Wu-lao-wan se révolte en et repousse une attaque néerlandaise, la garnison de Tayouan se dit incapable d'envoyer des renforts à cause de la rébellion. L'insurrection est néanmoins de court durée, car la colonie impose un blocus économique et Wu-lao-wan fait la paix en [4].
Les Néerlandais remplacent les palissades de Fort Provintia avec des murs de brique et renforcent la surveillance des colons chinois, mais ne ressoudent pas les problèmes fondamentaux qui ont déclenché la rébellion[2].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Guo Huaiyi rebellion » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) John Shepherd, Statecraft and Political Economy on the Taiwan Frontier, 1600-1800, Redwood City, Stanford University Press, (ISBN 978-0-804-72066-3, lire en ligne), p. 85
- (en) Tonio Andrade, « "The Only Bees on Formosa That Give Honey" », dans How Taiwan Became Chinese: Dutch, Spanish and Han Colonization in the Seventeenth Century, New York, Columbia University Press, (ISBN 978-0-231-12855-1, lire en ligne)
- (en) Johannes Huber, « Chinese Settlers Against the Dutch East India Company: The Rebellion Led by Kuo Huai-i on Taiwan in 1652 », dans E.B. Vermeer, Development and Decline of Fukien Province in the 17th and 18th centuries, Leiden, Brill, (ISBN 978-9-004-09171-9, lire en ligne)
- ↑ Shepherd, Statecraft and Political Economy on the Taiwan Frontier, 1600-1800, p. 59
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