Rébellion des Maji-Maji
| Date | - (~ 2 ans) |
|---|---|
| Lieu |
Afrique orientale allemande (actuelle Tanzanie) |
| Issue | Victoire de la troupe de protection de l'Afrique orientale |
| Changements territoriaux | Restauration de l'autorité coloniale dans le sud-est de la Tanzanie continentale |
| Kinjikitile Ngwale (en) † Nasr Khalfan[1] Hemedi Muhammad |
Gustav Adolf von Götzen |
| environ 90 000 hommes | environ 2 760 hommes[2] |
| 75 000 morts | 404 morts (15 Européens et 389 Askaris)[3] |
125 000 à 175 000 morts (principalement de la maladie, de la famine et de la répression)[3]
Total :
± 250 000 morts[3]
La rébellion des Maji-Maji, ou Maï-Maï, parfois appelée la guerre Maji-Maji est un soulèvement de plusieurs tribus africaines d’Afrique orientale allemande contre les autorités coloniales qui s'est déroulé entre 1905 et 1907[4].
Les tribus faisant partie de la rébellion sont les Ngoni, les Bunga, les Mwera, les Sagara, les Zaramo, les Matumbi, les Kitchi, les Ikemba, les Bena[5]. De nombreux chefs qui appartiennent à la tribu des Pogoro sont aussi présents[6]. Les tribus des Hehe, des Changga et des Nyamwezis ne font pas partie des rebelles de la rébellion[6].
La rébellion des Maji-Maji est un mouvement de masse, d’origine rurale, qui est sanctifiée et propagée sur le territoire par une religion prophétique[7]. Elle s'éffondre finalement lorsqu’elle ne tient plus qu’aux loyautés entre les tribus et lorsque la supériorité militaire des Allemands, en 1907, prend le dessus des rebelles africains[7]. Au total, la rébellion cause la mort de plus de 200 000 Africains à travers les combats armés ainsi que les famines qui sont survenues avant et pendant celle-ci[8].
Contexte
Le partage de l'Afrique entre les grandes puissances européennes dans les années 1880 attribue plusieurs colonies à l’Empire allemand :
- l’Afrique orientale allemande : aujourd’hui divisée entre une partie de la Tanzanie (l'ancien Tanganyika), le Rwanda, le Burundi et une partie du Mozambique ;
- la Namibie (l'ancien Sud-Ouest africain allemand),
- le Cameroun (l'ancien Kamerun),
- ainsi que le Togoland : aujourd’hui divisé entre le Ghana et le Togo.
Ce partage s'inscrit dans la période historique du colonialisme européen en Afrique qui se déroule du début du XIXe siècle jusqu'à la Première Guerre mondiale[9]. Lors de cette période, le continent africain est témoin de nombreuses résistances et de rébellions des Africains face à cette invasion européenne[9]. Ces résistances sont généralement des réponses à l’affermissement définitif de la conquête coloniale qui devient de plus en plus exigeante et coûteuse pour les Africains[9].
L’origine de l’empire colonial allemand en Afrique tient des rivalités impériales des années 1880 entre les grandes puissances européennes ainsi que de la recherche agressive allemande pour obtenir et conquérir le plus de territoire en Afrique lors du partage du continent[8]. Cette conquête du territoire débute avec l’explorateur allemand Karl Peters (1856-1918) qui signe un traité avec les chefs locaux de la côte est de l’Afrique[8]. Ce traité légitime la présence allemande sur ce territoire[8]. La conquête allemande débutée en Afrique orientale à la suite de la signature du traité dans la région qui est plus tard connue comme étant le Tanganyika. La Compagnie de l'Afrique orientale allemande ensuite créée pour organiser dès 1885 l’administration des colonies allemandes[8]. Pour limiter les conflits avec les Britanniques, un traité est signé pour restreindre l’expansion territoriale allemande au nord de la Tanzanie, dans le Kenya actuel[4].
L’Allemagne utilise ses colonies africaines pour l’extraction de matières premières telles que l’ivoire et le caoutchouc, ainsi que pour la collecte des taxes imposées auprès des Africains pour payer l’administration coloniale[8].
L’Allemagne n'a pas beaucoup de forces de sécurité en Afrique orientale, mais parvient à entretenir un système de fortifications à l’intérieur du territoire, ce qui lui permet de maintenir une certaine autorité. Pour compenser cette faiblesse, l’Allemagne fait également usage de tactiques répressives violentes pour dominer la population.
Un impôt par tête est introduit en 1898 et la colonie avait largement fait appel aux forces de travail de la population pour construire des routes et diverses infrastructures. En 1902, le gouverneur impose la culture intensive du coton. Les chefs des villages sont responsables de la supervision de la production, ce qui les expose souvent à la colère des villageois. La réquisition de forces vives au bénéfice de la puissance coloniale est très impopulaire dans toute la Tanzanie et de nombreux habitants refusent de se mettre au travail. Cette culture mène les Africains à négliger leur propre terre agricole. Ils sont sous-payés et battus si jugés pas assez productifs[8].
La politique coloniale allemande n’est pas seulement impopulaire, mais elle possède également une grande influence sur la vie quotidienne des populations locales. Depuis que les hommes sont réquisitionnés pour des travaux à l’extérieur, les femmes sont contraintes de prendre en charge les tâches masculines en plus des leurs, ce qui ne permet plus d’assurer la subsistance des villages et augmente le ressentiment contre le gouvernement. En 1905, une sécheresse s'est abattue sur la région et provoque une sérieuse famine. Celle-ci combinée avec l’opposition contre la politique agricole coloniale représentent des éléments déclencheur de la rébellion contre les autorités allemandes en .
En effet, l’origine de la rébellion ne peut être expliquée par une simple résistance au joug colonial, initiée par des groupes décentralisés qui sont t alors incapables de comprendre complètement l’implication de la présence coloniale sur leur territoire et d’offrir une résistance efficace face à ceux-ci[7]. Elle s’explique plutôt par une expérimentation du joug colonial et d’une réorganisation interne de plusieurs tribus qui ont compris qu’il est impératif de résister aux Allemands et que cette résistance est possible[7]. La rébellion Maji-Maji est ainsi différente des autres rébellions qui surviennent à la même époque un peu partout en Afrique pour des motifs semblables[7]. En effet, les mêmes méthodes coloniales qui poussent ces peuples à se révolter sont t présentes partout sur le continent et étaient beaucoup plus violentes ailleurs[7]. Il faut alors donc un élément déclencheur précis et ciblé dans cette région du continent africain pour initier la rébellion des Maji-Maji : le coton[7].
Le projet de plantation de coton sur de grandes échelles dans les colonies allemandes est mis en place en raison de la piètre productivité des récoltes au nord de l’empire colonial allemand et est alors déplacé vers le sud[7]. Le projet commence dans le district de Dar Es Salam en 1902, où à la troisième année de son implantation, les recettes des profits associées au coton entre les chefs, les travailleurs et le Komtnunaherban ne se redistribuent pas comme convenu[7]. Le Komtnunaherban est le comité européen de développement des districts qui fournissait les grains et supervisait la culture du coton et le marketing du produit[7]. L’absence de répartition des recettes jumelée à l’augmentation effrénée des étendues des terres utilisées pour la culture du coton, les heures supplémentaires qui sont gonflées de 50 à 100% et la sévérité du contrôle sur les plantations qui ne fait que croître, ne fait qu’attiser le désir des rebelles de se soulever face à la présence allemande[7].
Le peuple du district du Dar Es Salam, les Zaramo, est refusé en 1905 d’aller travailler dans les champs de coton et de recueillir l’argent qu’il leur revient pour la culture du produit[7]. Ce refus s’est ensuite rapidement généralisé dans la région et les chefs sont vus forcés d’engager des femmes et des enfants pour travailler les champs de coton pour remplacer les hommes[7].
La coïncidence entre les emplacements où la rébellion a eu lieu et les endroits où ce projet de plantation de coton sont implantés ne laisse pas de doute sur le fait que celui-ci était l'élément déclencheur de cette rébellion[6]. En effet, les révoltes ne se font que dans les endroits où ce projet se trouve en vigueur et commence au début de la saison de la récolte du coton[7]. De plus, le coton est la cible d’attaque des rebelles un peu partout sur le territoire où ceux-ci sont brûlés en réaction à l’obligation d’en faire la culture[7]. Les plantations de coton forcent des hommes, des femmes et des enfants de toutes tribus confondues à travailler ensemble pour un gouvernement colonial étranger qui les traite dans des conditions terribles[6]. Cette culture obligatoire et oppressive permet néanmoins une cohésion tribale encore jamais vue sur le territoire africain[6].
Les raisons qui poussent ces peuples africains à se révolter ne se limitent toutefois pas juste au coton. En effet, le coton est grandement responsable puisque les tribus doivent entre autres obligatoirement travailler 28 jours par année sur les terres des colons allemands, ce qui affecte grandement leur propre récolte et leur subsistance[8]. Un autre motif est celui du manque de bonnes terres agricoles disponible pour les Africains puisque la grande majorité d’entre elles sont accaparées par les Allemands[7]. La hut tax et le travail forcé sont aussi des raisons qui déclenchent la rébellion des Maji-Maji[6].
Les régions qui abritent les rebelles sont composées d’environ 1 million de personnes[7]. Ces peuples sont dépourvus de toute unité politique ou sociale avant la rébellion des Maji-Maji[6]. Trois hypothèses peuvent être formulées pour expliquer la raison pourquoi ces peuples s'organisent et se mobilisent pour se rebeller ensemble contre les Allemands :
- Les rebelles peuvent s’organiser selon le principe tribal et donc, ceux-ci sont rassemblés en fonction des anciens regroupements politiques et culturels datant d’avant la colonisation[7].
- Ils peuvent utiliser leur amertume commune face aux pressions économiques et sociales allemandes. Des pressions telles que : l’implantation de l’impôt, les méthodes brutales pour collecter ces impôts, le travail forcé pour bâtir des routes ou pour la culture du coton, le remplacement du rôle traditionnel des chefs de tribus pour des agents de relai à la collecte de l’impôt et comme superviseur de la productivité des récoltes allemandes[7].
- À travers l’utilisation de principes religieux de rassemblement[7].
Il est toutefois avancé que ces trois principes sont très probablement utilisés à des moments et à des endroits différents tout au long de la rébellion[7]. Ils permettent un rassemblement et une unité africaine sans pareille qui ne voient jamais auparavant dans aucune autre colonie en réaction à la présence coloniale[8].
La rébellion des Maji-Maji prend son idéologie et son engagement du docteur Ngwale, connu sous le nom de Kinjikitile Ngwale (en)[6]. Ce sorcier fait la promotion du maji, un mélange de graines de maïs, d’eau et de sorgho qui devient créer une immunité face aux balles allemandes[6].
En effet, c'est au tout début du 20e siècle que le sorcier se dit être possédé par l’esprit du dieu serpent et commence à répandre des pensées anticolonialistes dans la région du sud de l’empire allemand africain à partir du lieu de pèlerinage de ses adeptes à Ngarambi[10]. Il glorifie l’utilisation de cette eau magique (maji en Swahili) qui peut assurer leur victoire militaire face aux Allemands[10]. Il réussit ainsi à acquérir de nombreux adeptes à sa cause et lors de son arrestation et de son exécution par les Allemands en 1905 sous charge de trahison, le désir de rébellion et de révolte de ses adeptes ne fait qu’augmenter[4].
Rébellion
Les rebelles sont peu armés (essentiellement de lances et de flèches), mais ils sont nombreux. Partis des collines du territoire Matumbi (en) au sud de l'actuelle Tanzanie, ils attaquent les garnisons allemandes qui se trouvent sur leur chemin. La rébellion Maji-Maji commence donc le lorsque les travailleurs africains des collines de Matumbi refusent d’aller travailler dans les champs de coton[7]. Elle est donc directement reliée et initiée par le refus d’obéir aux ordres des colons allemands qui dictent le début de la récolte du coton[7]. Ce mouvement rebelle s’appelle Jujila ou Jwiyila[6].
Dans ses débuts, la rébellion ne organise pas et est sporadique[8]. Les rebelles s’attaquent à la fois aux missionnaires et aux administrateurs allemands[8]. Ensuite, à partir des montagnes de Matumbi, la rébellion se propage rapidement au nord à Uzaramo, au sud à Liwale et au nord-est à Kilosa, Morogoro et à Kisaki[8]. La première unité de révoltes se situe au centre de Rifiji et la seconde dans la vallée de Lukuledi (Hunt Davis, 2005). Le mouvement se répand aussi dans la vallée de Kilombero, dans le plateau de Mahenge et à Uzungwa[7].
Au sud de la colonie, les forces allemandes sont montées à 458 soldats européens et 588 indigènes. Leurs forces de feu supérieures eur donnent cependant l’avantage. À Mahenga, plusieurs milliers de guerriers Maji-Maji, sont menés par un autre sorcier et marchent sur le cantonnement allemand défendu par le lieutenant Von Hassel avec soixante soldats locaux et une mitrailleuse, qui fait de nombreux morts parmi les Maji-Maji.
L’administration allemande décide d’ignorer les premiers stages de la rébellion en voyant celle-ci comme étant mineure et causée par la sorcellerie et la consommation abusive d’alcool après une bonne récolte[4]. Elle prend de court par la férocité et la diffusion rapide de la rébellion[4].
Au plus fort de la révolte, les Ngonis se joignent au mouvement et lui apportent 5 000 hommes. Les troupes allemandes, armées de mitrailleuses, partent de Mahenga vers le camp des Ngonis qu’elles attaquent le . Les Ngonis battent en retraite en s’écriant : Le Maji est un mensonge ! Ce point tournant de la rébellion, à Mahenga, une ville à 290 km à l’ouest de Dar Es-Salaam, marque la fin du peuple Ngoni qui est massacré par les Allemands lors de cette bataille[6].
Devant l’ampleur de la rébellion, le gouverneur allemand, le comte von Götzen réclame des forces supplémentaires au gouvernement allemand. Guillaume II lui envoie immédiatement deux croiseurs. Des renforts arrivent également de Nouvelle-Guinée. En octobre, Götzen reçoit un millier de soldats allemands, ce qu’il pense suffisant pour contenir la révolte.
Trois colonnes se dirigent vers le sud et détruisent les villages, cultures et autres sources de nourritures des rebelles. Leurs forces de feu leur permettent de repousser efficacement les attaques, à l’exception d’une embuscade à la traversée de la rivière Ruhuji. En avril 1906, le sud-ouest est maîtrisé.
Cependant, ailleurs dans la région, les troupes allemandes rencontrent davantage de difficultés. Le comte von Götzen démissionne et il est remplacé par le baron Von Rechenberg. Début , une colonne de 47 hommes sous les ordres du lieutenant Gustav von Blumenthal tombe sous des attaques continuelles en tentant de marcher de Songea vers Mahenga. Les Allemands décident alors de se concentrer sur Kitanda.
La campagne du sud-est dégénère en une guérilla qui provoque une famine dévastatrice. Il faut attendre août 1907 pour voir un début de la fin des révoltes et des massacres.
La révolte Maji-Maji provoque plusieurs centaines de morts chez les troupes allemandes, et 200 000 chez les rebelles (la Tanzanie indépendante, après 1962 évoquera plus de 200 000 morts, dont des civils). Sa répression sanglante étouffe toute idée de révolte et la colonie reste calme jusqu’à la déclaration de la Première Guerre mondiale. Elle se termine officiellement en 1907, où avec leur armement supérieur et l’utilisation la méthode des terres brûlées, les Allemands réussissent à reprendre le contrôle de leur colonie[8]. L’utilisation des terres brûlées mène à de terribles famines qui cause plus de morts que les combats eux-mêmes et finit par décourager définitivement toutes formes de résistances africaines sur le territoire[8].
Suites et interprétations
La rébellion Maji-Maji constitue le défi le plus important auquel le pouvoir colonial allemand doit faire face en Afrique. La victoire allemande change l’histoire du sud de l'actuelle Tanzanie, en tuant ou déplaçant plusieurs centaines de milliers de personnes. Les premiers nationalistes tanzaniens y voient les premiers signes de l’éveil national d’un peuple, unifiant plusieurs tribus derrière un seul chef pour tenter de renverser un pouvoir étranger.
Les historiens actuels contestent cette vision des choses, y voyant plutôt une série de révoltes distinctes, motivées par les raisons les plus diverses. La révolte est aussi parfois considérée comme un épisode d’une longue série de guerres commencée bien avant l’arrivée des Allemands dans la région. À l’appui de cette version, on cite l’alliance de certains groupes avec les colons contre des tribus ennemies[11].
La rébellion des Maji-Maji offre un excellent exemple de comment l’histoire d’un évènement aussi tragique de l'occupation coloniale peut être utilisée au service d'une autre métropole européenne. Les Britanniques, par exemple, prennent possession des colonies allemandes à la suite du traité de Versailles à la fin de la Première Guerre mondiale (1914-1918) comme leader du mandat de la Société des Nations[8]. Le Traité de Versailles a eu comme conséquence de faire perdre à l’Allemagne ses colonies africaines au profit des Britanniques et des autres puissances européennes (Hunt Davis, 2005). Les Anglais décident de décrire la rébellion des Maji-Maji en mettant l’accent sur les atrocités commises par les Allemands en voulant ainsi justifier et glorifier le contrôle britannique sur le territoire tout en offrant une comparaison entre leur administration et celle des Allemands[8]. Ils utilisent aussi le fait que les Africains lors de la rébellion Maji-Maji suivent un leader magique ou un sorcier comme motif qui légitime le fait que les Africains n'avancent pas assez pour se gouverner eux-mêmes et que la gouverne britannique est nécessaire[10].
De plus, la perception générale comme quoi tous les Africains qui habitent au sein des colonies allemandes voient les Allemands comme des ennemis capitaux n’est pas nécessairement vraie. En effet, à travers l’entrevue de chefs du groupe des Luguru, ceux-ci perçoivent les Allemands comme des alliés potentiels contre les Mbunga, qui pillent leurs villages, et non pas comme des ennemis[10].
La rébellion Maji-Maji, bien que d’origine paysanne, ne sont pas menées que par les paysans pour les paysans. En effet, pour que celle-ci aille réussie à prendre l’ampleur qu’elle connait elle n’avait pu être menée que par des paysans sur une échelle locale[7]. Elle nécessite la présence d’un leader charismatique ou d’une prophétie, comme cela est le cas pour la rébellion des Maji-Maji, afin d’atteindre un schéma global où l’insertion de principes d’intégration souvent idéologiques est incluse partout sur le territoire et permet de mobiliser autant d’Africains et de prendre l’envergure immense qu’elle avait connue[7].En effet, l’objectif de la rébellion était de changer les choses pour quelque chose de nouveau. Ce retour au neuf a donc besoin d’une figure centrale, dans ce cas-ci le prophète, qui proclame un nouvel ordre religieux qui peut remplacer l’ancien et d’une nouvelle loyauté entre tribus qui transcendait les anciennes[7]. Ce nouvel ordre ne peut être accessible qu’à travers l’utilisation des pouvoirs magiques du Maji qui réussit à unir dans une action commune des tribus qui ne le sont pas auparavant[7]. L’idéologie du Maji-Maji remplit les Africains d’un courage et d’une solidarité dont les Allemands les croyaient incapables[7].
La rébellion Maji-Maji est aujourd’hui un moteur du nationalisme tanzanien puisque celle-ci représente le combat de ce peuple qui ne croit pas dans le droit de l’homme blanc à les gouverner et à les «civiliser » et qui se considère alors unie pour résister aux Allemands[12]. Elle est considérée depuis les années 1950 comme l’un des évènements fondateurs de la nation tanzanienne[12].
Articles connexes
Liens externes
- (en) « Bullets into Water: The Sorcerers of Africa »
- (en) « Maji Maji Bibliography Project »
- (en) « Michael Okema: Maji Maji », The East African
Références
- ↑ (de) Georg Stauth (en) et Thomas Bierschenk, Yearbook of the Sociology of Islam, vol. 4 : Islam in Africa, LIT Verlag (en), , 240 p. (ISBN 3825861961 et 978-3825861964), p. 221
- ↑ (de) Guido Knopp, Das Weltreich der Deutschen: von kolonialen Träumen, Kriegen und Abenteuern, Munich, Piper Verlag, , 352 p. (ISBN 3492264891 et 978-3492264891), p. 274
- (es) « De re Militari: muertos en Guerras, Dictaduras y Genocidios » (consulté le )
- Page, Willie F., 1929-, Encyclopedia of African history and culture, Facts On File, (ISBN 0-8160-5199-2, 9780816051991 et 0816052697, OCLC 56617150, lire en ligne)
- ↑ Kurtz, 1978
- Kurtz, Laura S., Historical dictionary of Tanzania, The Scarecrow Press, (ISBN 0-8108-1101-4 et 9780810811010, OCLC 432408047, lire en ligne)
- (en) « The organization of the Maji-Maji rebellion », sur Cambridge, Livre, (consulté le )
- Page, Willie F., 1929-, Encyclopedia of African history and culture, Facts On File, (ISBN 0-8160-5199-2, 9780816051991 et 0816052697, OCLC 56617150, lire en ligne)
- Coquery-Vidrovitch, Catherine., L'Afrique noire de 1800 à nos jours, Presses universitaires de France, (ISBN 2-13-044562-4 et 9782130445623, OCLC 29740387, lire en ligne)
- (en) Felicitas Becker, « TRADERS, BIG MEN AND PROPHETS: POLITICAL CONTINUITY AND CRISIS IN THE MAJI MAJI REBELLION IN SOUTHEAST TANZANIA », The Journal of African History, vol. 45, no 1, , p. 1–22 (ISSN 0021-8537 et 1469-5138, DOI 10.1017/S0021853703008545, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Site africain commémorant la révolte Maji Maji
- Baroin, Catherine., Constantin, François. et Impr. Laballery), La Tanzanie contemporaine, Paris/Nairobi, Éd. Karthala, , 359 p. (ISBN 2-86537-912-4 et 9782865379125, OCLC 421806551, lire en ligne)
Sources
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Maji Maji Rebellion » (voir la liste des auteurs).
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