Réboxétine
| Réboxétine | |
| |
| Énantiomère (R,R)-(–) de la réboxétine (en haut) et (S,S)-(+)-réboxétine (en bas) | |
| Identification | |
|---|---|
| No CAS | (R,R)-(–) (S,S)-(+) |
| Code ATC | N06 |
| SMILES | |
| InChI | |
| Propriétés chimiques | |
| Formule | C19H23NO3 |
| Masse molaire[1] | 313,390 8 ± 0,017 9 g/mol C 72,82 %, H 7,4 %, N 4,47 %, O 15,32 %, |
| Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire. | |
La réboxétine est une molécule inhibitrice de la recapture de la noradrénaline prescrite comme antidépresseur et utilisée hors AMM dans le traitement du TDAH dans certains pays européens. Son efficacité en tant qu'antidépresseur a été contestée et en 2018, une étude comparative de 21 antidépresseurs la classait en dernière position.
Historique
Il s'agit, chronologiquement, du premier inhibiteur de la recapture de la noradrénaline, qui ait été commercialisé[2]. La réboxétine a été commercialisée dans plusieurs pays d'Europe en 1997 mais son autorisation de mise sur le marché (AMM) a été refusée aux États-Unis en 2001[3] et elle n'est pas non plus commercialisée en France[4]. Son marché est resté faible, faisant par exemple moins de 1 % des antidépresseurs en Allemagne en 2008[5].
Efficacité
Elle n'a pas prouvé son efficacité en cas de dépression sévère[5]. Elle serait même le moins efficace de tous les antidépresseurs récents[6],[7].
Selon une méta-analyse et revue systématique réalisée par l'IQWiG, incluant les essais non publiés, les essais publiés surestimaient l'efficacité de la réboxétine de plus de 115 % par rapport au placebo et de 23 % par rapport aux ISRS, et sous-estimaient les effets secondaires. Les auteurs ont ainsi conclu que la réboxétine est un antidépresseur inefficace et dangereux. Leur étude montre également que près des trois quarts des données sur les patients ayant participé aux essais de réboxétine n'ont pas été publiées par Pfizer, biaisant l'évaluation de son l'efficacité[5].
Elle pourrait avoir un effet positif dans la schizophrénie[8]. Plusieurs essais cliniques soutiennent son efficacité dans le traitement du TDAH, chez l'enfant comme chez l'adulte[9],[10],[11]. Contrairement à l'atomoxétine, dont l'action sur le transporteur de la noradrénaline s'accompagne d'une affinité marquée pour le transporteur de la sérotonine[12], la réboxétine présente une sélectivité importante pour le transporteur de la noradrénaline[13].
Notes et références
- ↑ Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
- ↑ Hajos M, Fleishaker JC, Filipiak-Reisner JK, Brown MT, Wong EH, The selective norepinephrine reuptake inhibitor antidepressant reboxetine: pharmacological and clinical profile, CNS Drug Rev, 2004;10:23-44.
- ↑ Wieseler B, McGauran N, Kaiser T, Finding studies on reboxetine: a tale of hide and seek, BMJ, 2010; 341:c4942
- ↑ Claire Lewandowski, « Épisode dépressif majeur : comparaison de l'efficacité et de la tolérance de 21 antidépresseurs (The Lancet) », sur vidal.fr, (consulté le )
- Eyding D, Lelgemann M, Grouven U, Reboxetine for acute treatment of major depression: systematic review and meta-analysis of published and unpublished placebo and selective serotonin reuptake inhibitor controlled trials, BMJ, 2010;341:c4737
- ↑ (en) Andrea Cipriani, Toshi A Furukawa, Georgia Salanti, Anna Chaimani, Lauren Z Atkinson, Yusuke Ogawa, Stefan Leucht, Henricus G Ruhe, Erick H Turner, Julian P T Higgins, Matthias Egger, Nozomi Takeshima, Aran Tajika, Hissei Imai et Kiyomi Shinohara, « Comparative efficacy and acceptability of 21 antidepressant drugs for the acute treatment of adults with major depressive disorder: a systematic review and network meta-analysis », The Lancet, vol. 391, no 10128, , p. 1357-1366 (lire en ligne)
- ↑ Cipriani A, Furukawa TA, Salanti G et Als. Comparative efficacy and acceptability of 12 new-generation antidepressants: a multiple-treatments meta-analysis, Lancet, 2009;373:746-58
- ↑ Paul R. L. Matthews, Jamie Horder et Michael Pearce, « Selective noradrenaline reuptake inhibitors for schizophrenia », The Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 1, no 1, , p. CD010219 (ISSN 1469-493X, PMID 29368813, PMCID 6491172, DOI 10.1002/14651858.CD010219.pub2, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Ahmad Ghanizadeh, « A systematic review of reboxetine for treating patients with attention deficit hyperactivity disorder », Nordic Journal of Psychiatry, vol. 69, no 4, , p. 241-248 (PMID 25415763, DOI 10.3109/08039488.2014.972975)
- ↑ (en) Fariba Arabgol, Leily Panaghi et Paria Hebrani, « Reboxetine versus methylphenidate in treatment of children and adolescents with attention deficit-hyperactivity disorder », European Child & Adolescent Psychiatry, vol. 18, no 1, , p. 53-59 (PMID 18563471, DOI 10.1007/s00787-008-0705-9)
- ↑ (en) Forough Riahi, Mehdi Tehrani-Doost, Zahra Shahrivar et Javad Alaghband-Rad, « Efficacy of reboxetine in adults with attention-deficit/hyperactivity disorder: a randomized, placebo-controlled clinical trial », Human Psychopharmacology: Clinical and Experimental, vol. 25, nos 7-8, , p. 570-576 (PMID 21312292, DOI 10.1002/hup.1158)
- ↑ (en) Fahad Aldosary, Sandhaya Norris, Philippe Tremblay, Jonathan S. James, James C. Ritchie et Pierre Blier, « Differential Potency of Venlafaxine, Paroxetine, and Atomoxetine to Inhibit Serotonin and Norepinephrine Reuptake in Patients With Major Depressive Disorder », International Journal of Neuropsychopharmacology, vol. 25, no 4, , p. 283-292 (DOI 10.1093/ijnp/pyab086)
- ↑ (en) Erik H.F. Wong, Mark S. Sonders, Susan G. Amara, Paula M. Tinholt, Montford F.P. Piercey, William P. Hoffmann, Deborah K. Hyslop, Stanley Franklin, Roger D. Porsolt, Alberto Bonsignori, Nicola Carfagna et Robert A. McArthur, « Reboxetine: A pharmacologically potent, selective, and specific norepinephrine reuptake inhibitor », Biological Psychiatry, vol. 47, no 9, , p. 818-829 (PMID 10812041, DOI 10.1016/S0006-3223(99)00291-7)
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