Régent du royaume d'Islande

Régent du royaume d’Islande
(is) Ríkisstjóri Íslands
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Armoiries du royaume d’Islande.

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Étendard du régent du royaume d’Islande.

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Unique régent d’Islande
Sveinn Björnsson
–
(3 ans)

Création
Abrogation
Mandant Parlement islandais
Premier titulaire Sveinn Björnsson
Dernier titulaire Sveinn Björnsson
Résidence officielle Bessastaðir (Álftanes)

Liste des régents d’Islande

Le régent du royaume d’Islande (en islandais : Ríkisstjóri Íslands, littéralement « gouverneur de l’Islande ») est le chef d’État de facto du royaume d’Islande de 1941 à 1944. Il remplace le monarque danois Christian X, qui se trouve dans l’incapacité d’exercer son autorité à cause de l’occupation du Danemark par l’Allemagne nazie.

Née dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, alors que l’Islande est encore liée au Danemark dans le cadre d’une union personnelle, l’idée d’une régence se met véritablement en place en (soit plus d’un an après l’invasion du Danemark par les troupes allemandes). Élu régent par le Parlement islandais le mois suivant, Sveinn Björnsson est la seule personne à occuper cette fonction, qu’il conserve jusqu’à la proclamation de la république le .

Le régent est le plus haut responsable de l’Islande pendant cette période.

Histoire de la régence

Invasion du Danemark par l’Allemagne nazie

Conformément à l’Acte d’Union dano-islandais, l’Islande et le Danemark sont, depuis 1918, deux États souverains unis par un roi commun. Ce document reconnaît ainsi au royaume d’Islande le statut d’État, sur un pied d’égalité avec le royaume de Danemark, bien que l’ancienne métropole conserve la gestion des affaires étrangères de l’Islande[1].

De fait, l’Acte d’Union proclame la neutralité permanente de l’Islande[2]. Lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale, les Danois se déclarent eux aussi neutres mais, le , le pays est envahi par l’armée du Troisième Reich, dans le cadre de l’opération Weserübung. L’occupation allemande perturbe le contact entre le Danemark et l’Islande et rend impossible pour le roi Christian X d’exercer le pouvoir royal[3]. Dans ces conditions, l’Islande proclame immédiatement son indépendance totale[4].

Mise en place d’une régence en Islande

Le lendemain de l’invasion et de l’occupation du Danemark par l’Allemagne, le , le Parlement islandais déclare le roi Christian X incapable d’exercer ses fonctions constitutionnelles et les confie au gouvernement, comme toutes les responsabilités assumées par le Danemark au nom de l’Islande. En , cependant, le Parlement décide finalement de créer la fonction de régent et d’élire son titulaire pour un mandat d’un an. Le scrutin a lieu le suivant[3],[5],[6].

Sveinn Björnsson, précédemment ministre-résident (ambassadeur) à Copenhague, recueille 37 voix, contre 1 voix pour Jónas frá Hriflu et 6 bulletins blancs[a],[6]. Considéré dès lors comme une sorte de chef d’État de facto, Sveinn Björnsson devient le plus haut responsable du gouvernement de l’Islande[7]. Il est réélu le [8].

Abolition de la monarchie et fin de la régence

Malgré l’instauration d’une régence, la rupture de 1940 coupe, dans les faits, le royaume d’Islande de son souverain et rend la monarchie largement symbolique et inutile aux yeux des Islandais[9]. En outre, l’Acte d’Union dano-islandais expire en 1943 (soit vingt-cinq ans après son entrée en vigueur) ; le Danemark, toujours occupé, se trouve néanmoins dans l’impossibilité de renégocier le traité[10]. Le Parlement islandais saisit alors cette occasion pour agir unilatéralement, ce qui n’est pas sans choquer de nombreux Danois[11].

Un référendum constitutionnel est donc organisé du au  : l’abrogation de l’Acte d’Union est approuvée à 99,5 %, tandis qu’un projet de Constitution républicaine est adopté à 98,5 %[12]. Le [b], la monarchie est abolie et la république est proclamée à Þingvellir[11], ce qui est vu comme l’achèvement du processus d’indépendance, après des siècles de domination norvégienne puis danoise[9]. Les parlementaires élisent aussitôt le régent Sveinn Björnsson premier président de l’Islande[13].

Liste des régents d’Islande

No  Portrait Titulaire Titre et mandat Roi dans l’incapacité Armoiries
Transfert des pouvoirs du roi Christian X, déclaré inapte, au gouvernement islandais ()[5]
1 Sveinn Björnsson Sveinn Björnsson
( – )
Régent du royaume d’Islande
Ríkisstjóri Íslands
–
(3 ans)
Christian X
Christian X
(r. 1918–1944)
Petites armoiries du royaume d’Islande
Abolition de la monarchie et mise en place de la république d’Islande ()[11]

Résidence officielle du régent

Bessastaðir (ici en 2009), résidence du régent et actuelle résidence présidentielle.

Après la décision du Parlement de mettre en place une régence, le gouvernement islandais se met en quête d’une résidence officielle. Le Premier ministre Hermann Jónasson se tourne alors vers le domaine de Bessastaðir, sur l’île d’Álftanes, acquis l’année précédente par l’homme d’affaires islandais Sigurður Jónasson (is), pour un montant de 150 000 couronnes. Sigurður Jónasson propose de faire don du domaine à l’État islandais, à condition que le Trésor public rembourse les dépenses engagées pour la restauration du domaine et de ses bâtiments. Le gouvernement accepte cette proposition et l’acte de cession est signé le [14],[15].

Après l’instauration de la république, Bessastaðir devient la résidence officielle du président islandais[16].

Bibliographie

  • (en) Raphaël Lemkin, « Effect of German Occupation of Denmark on Iceland and Greenland », dans Axis Rule in Occupied Europe, Washington, Carnegie Endowment for International Peace, , 674 p. (lire en ligne), p. 164-168. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Guðni Th. Jóhannesson, The History of Iceland, Santa Barbara, ABC-CLIO, , 172 p. (ISBN 978-0-3133-7621-4). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Michel Sallé et Æsa Sigurjónsdóttir, Histoire de l’Islande : des origines à nos jours, Paris, Tallandier, , 272 p. (ISBN 979-1-0210-2710-7). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (is) Þór Whitehead, Milli vonar og ótta : Ísland í síðari heimsstyrjöld, Reykjavík, Vaka-Helgafell, , 424 p. (ISBN 9979-2-0317-X). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

Notes et références

Notes

(is) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en islandais intitulé « Ríkisstjóri Íslands » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ À ces 44 suffrages, il faut ajouter cinq membres du Parlement islandais absents lors de l’élection du régent[6].
  2. ↑ Au XIXe siècle, un fort mouvement indépendantiste s’était développé autour de Jón Sigurðsson. Le , date de la proclamation de la république, correspond au jour de sa naissance[11].

Références

  1. ↑ Lemkin 1944, p. 164-165.
  2. ↑ Lemkin 1944, p. 164.
  3. Lemkin 1944, p. 165.
  4. ↑ (en) « Congressional Record—Senate », sur GovInfo (consulté le ).
  5. Whitehead 1995, p. 272.
  6. (is) « Sveinn Björnsson kjörinn fyrsti ríkisstjóri Íslands », Morgunblaðið,‎ (lire en ligne).
  7. ↑ (is) Guðni Th. Jóhannesson, « Hvernig maður var Sveinn Björnsson forseti og hvað afrekaði hann? », Vísindavefurinn,‎ (lire en ligne).
  8. ↑ Lemkin 1944, p. 166.
  9. (en) « Kings, Republics, and the Nordic Paradox : Why Scandinavia Stayed Royal », The Northern Voices,‎ (lire en ligne).
  10. ↑ Sallé et Sigurjónsdóttir 2018, p. 159.
  11. Jóhannesson 2013, p. 84 et 111.
  12. ↑ (en) Dieter Nohlen et Philip Stover, Elections in Europe : A Data Handbook, Baden-Baden, Nomos Verlagsgesellschaft, , 2070 p. (ISBN 978-3-8329-5609-7), p. 961-966.
  13. ↑ (en) Thor Thors, « The Icelandic Minister (Thors) to the Secretary of State », sur Office of the Historian, (consulté le ).
  14. ↑ (is) Kristján Sigurjónsson, « 75 ár frá því ríkið eignaðist Bessastaði », Ríkisútvarpið,‎ (lire en ligne).
  15. ↑ (is) « Lesbók Morgunblaðsins - 31. tölublað (11.09.1993) - Tímarit.is », Morgunblaðið,‎ (lire en ligne).
  16. ↑ (en) Présidence de l’Islande, « The presidential residence : Bessastaðir », sur Forseti Íslands (consulté le ).
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