Régnier Tignienne

| Décès |
Au XIIIe siècle |
|---|---|
| Famille |
Famille Tignienne / Chaving |
| Père |
Inconnu |
| Mère |
Inconnue |
| Enfant |
Philippe Tignienne |
Régnier Tignienne, né à la fin du XIIe siècle et mort pendant le XIIIe siècle est membre du paraige d'Outre-Seille de la République messine et maître-échevin deux années consécutives en 1215 et 1216. Il est principalement connu pour être fondateur du couvent des Frères Prêcheurs de Metz[1],[2].
Biographie
Né à une date inconnue à la fin du XIIe siècle, son ascendance demeure incertaine et n'est pas parvenue à nos jours. Il fut élu maître-échevin de Metz en 1215 et 1216, à une époque où la fonction pouvait encore être exercée plusieurs fois de suite. La même année, il joua un rôle déterminant dans la fondation du couvent des Frères Prêcheurs de la ville. À sa mort, il fut inhumé au centre de la nef de l'église.
Son épitaphe originale latine n’a pas été conservée. Elle nous est connue par l'ouvrage de Gonzalve Thiriot (érudit messin (1865-1932)), tirée de la Chronique des Minimes, traduite en français :
« CY DEVANT GIST SIRE REGNIER THIEGNIENNE QUI EN SON TEMPS FUT DEUX ANS MAISTRE ECHEVIN DE METZ, SAGE CONSEILLER, JUSTE JUGE, PERE DES PAUVRES, QUI A PAR SA PIETE FAIT FAIRE CETTE EGLISE EN L’HONNEUR DE SAINCT DOMINICQUE AU TEMPS QUE LE MILIAIRE COUROIT PAR MIL DEUX CENS ET QUINZE ANS. JE CROY QUE SON AME EST ES CIEUX LOGEE »[2],[3].
Une fois transcrite, son épitaphe est la suivante : « Ici repose sire Régnier Tignienne, qui fut en son temps deux années maître-échevin de Metz, sage conseiller, juge équitable et père des pauvres. Par sa piété, il fit construire cette église en l’honneur de saint Dominique, à l’an 1215. Je crois que son âme est désormais au Ciel ».
Il a un enfant, né au XIIIe siècle et se prénommant Philippe[1].
Le couvent des Frères Prêcheurs

Le couvent des Frères Prêcheurs voit ainsi le jour à Metz en 1215 sous l’impulsion du maître-échevin Régnier Tignienne. Dès ses débuts, l’établissement se distingue : contrairement aux injonctions de la papauté, les Dominicains messins refusent d’exclure les usuriers de la communauté chrétienne, leur permettant ainsi de reposer en terre consacrée. Ce choix attire de nombreuses familles issues des paraiges, qui font du couvent un lieu de sépulture privilégié. On y dénombrait encore au XVIIIe siècle plus d’une centaine d'épitaphes anciennes, et les archives évoquent jusqu'à 230 caveaux dans le cloître[4].
C'est en 1552 que tout bascule, lors du siège de Metz par Charles Quint. L'abbaye, alors située hors les murs, est détruite. Les Dominicains quittent les lieux, et les Bénédictins s’y installent durablement[4].
D'après Philippe de Vigneulles, le bienheureux saint Dominique fut en personne dans ce couvent de Metz, et qu’il y mangea et y but, prenant son repas avec les frères. Et, en plus, il y fit plusieurs belles prédications, tant en général qu’en particulier[3].
Aujourd'hui encore, les bâtiments situés au 9 rue des Ours relèvent du domaine militaire. Depuis le classement du site en 1986, des vestiges ont toutefois resurgi : une porte de l'église a été dégagée, ornée d’une Vierge de Pitié[5].
Famille
La famille Tignienne apparaît dans les sources messines au début du XIIIe siècle, bien qu’elle semble être d’origine locale plus ancienne. En 1215, Régnier Tignienne fonde le couvent des Frères prêcheurs. Rattachée au paraige d’Outre-Seille, la famille finit par constituer une branche de ce groupe. Au cours de la première moitié du XIVe siècle, les Tignienne adoptent progressivement le surnom de Chaving ; les deux noms coexistent quelque temps avant que Chaving ne s’impose définitivement chez leurs descendants[6].
Notes et références
- « Régnier Tignienne (11...-12...) · MéLoDi - Cité de Metz (1220-1552) · Mémoires des Lorraine Disparues », sur melodi.univ-lorraine.fr (consulté le )
- Les Églises de Metz : recueil des épitaphes des collégiales et couvents (abbayes et prieurés) de la ville de Metz / par G. Thiriot, (lire en ligne)
- « La Chronique de Philippe de Vigneulles. Tome 1 (de la Création du Monde à l'an 1324) p370 », sur metz1500.univ-lorraine.fr (consulté le )
- « Couvent des Frères Prêcheurs · MéLoDi - Cité de Metz (1220-1552) · Mémoires des Lorraine Disparues », sur melodi.univ-lorraine.fr (consulté le )
- ↑ Eugène Voltz, « La dernière abbaye Saint-Arnould à Metz, Mémoires de l’Académie de Metz, 1998, p. 191-221. », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « Tignienne dit Chaving (famille) · MéLoDi - Cité de Metz (1220-1552) · Mémoires des Lorraine Disparues », sur melodi.univ-lorraine.fr (consulté le )
- Portail du Moyen Âge
- Portail de Metz
- Portail de la Lorraine