République d'Ancône
(it) Repubblica di Ancona
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| Statut | République oligarchique |
|---|---|
| Capitale | Ancône |
| Langue(s) | Latin et italien |
| Religion | Catholicisme |
| Monnaie | Agontano |
| 1198 | Fondation |
|---|---|
| 1532 | Occupation par les troupes pontificales |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
La république d'Ancône est un ancien État italien fondé en 1198 dans la marche d'Ancône, sur l'ancien territoire des Picéniens, autour de la ville libre d'Ancône, et qui prend fin en 1532, date à laquelle elle est annexée par les États pontificaux.
Histoire
La république d'Ancône était une commune libre[1] de l'Adriatique, dont l'indépendance de facto a duré du XIe siècle à 1532. Elle s'est surtout consacrée au trafic maritime avec l'Orient et est considérée comme l'une des républiques maritimes italiennes[1]. Alliée depuis des siècles à la République de Raguse et à l'Empire byzantin, elle a réussi à résister à Venise, qui n'aimait pas les autres villes maritimes de l'Adriatique et qui a tenté à plusieurs reprises d'endommager son trafic maritime et de la soumettre.
Son extension a toujours été limitée au territoire compris entre les rivières Esino et Musone, car ses habitants n'étaient pas intéressés par les guerres pour l'expansion de l'État et se consacraient presque exclusivement à la navigation, à la construction navale et au commerce. Une caractéristique de son histoire a été la nécessité continue de se défendre, aidée par l'alliance avec Constantinople et Raguse, ainsi que par les nombreux châteaux anconitains qui surveillaient ses frontières.
Ancône, jusque-là soumise au Saint-Empire romain germanique, obtient son autonomie communale à la fin du XIe siècle et forme alors la République d'Ancône, une république maritime qui demeure indépendante, à l'exception de la période de 1348 à 1355, où elle fut sous la domination du seigneur de Rimini, jusqu'à son occupation par les troupes pontificales, le , à la suite de laquelle la République fut annexée définitivement par les États pontificaux sous Paul III (1534-1549).
Acquisition de l'indépendance de facto
L'indépendance a été précédée de deux attaques sarrasines, la terrible attaque de 839 et une autre en 850.
Les attaques continues contre les villes adriatiques ont poussé Ancône et Venise à s'allier pour tenter d'en empêcher d'autres.
Au début du XIe siècle, les documents montrent que la ville jouissait désormais d'une liberté de fait, malgré la présence du marquis impérial et les prétentions de l'Église. Dans la période allant de 1100 à 1181, le pape Alexandre III a déclaré Ancône ville libre dans le cadre des États de l'Église[2].
L'indépendance ne s'est pas développée, comme dans d'autres villes, autour de la figure de l'évêque, mais grâce à la collaboration des citoyens engagés dans les activités de navigation et de commerce, qui ont conclu un pacte de solidarité et ont établi un accord avec le marquis impérial[3].
Lois

En 1553, le juriste Benvenuto Stracca (1509 - 1579) publia le traité De mercatura seu mercatore tractats. Le traité décrit le droit commercial et maritime de la République d’Ancône, en se concentrant sur les contrats, pratiques et droits maritimes entre commerçants et négociants. Par la suite, il ajouta des chapitres détaillés sur l’insolvabilité, les facteurs et commissions, les transferts par des tiers et l’assurance. Ce traité est l’un des plus anciens documents traitant spécifiquement du droit commercial. Stracca est considéré comme le père du droit commercial et des assurances. De plus, plusieurs lois plus spécifiques ont été adoptées. Il s’agit, par exemple, des Statuti del mare e del Terzenale (Règlement maritime et des chantiers navals) ou des Statuti della Dogana (Loi douaninière)[4].
Monnaie
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Les premières mentions de la monnaie médiévale d'Ancône remontent au XIIe siècle, lorsque la ville renforce son indépendance et commence à frapper monnaie sans contrôle impérial ni papal[5]. L'« agontano » est la monnaie utilisée par la République d'Ancône à son apogée. Il s'agit d'une grande pièce d'argent de 18 à 22 mm de diamètre et pesant entre 2,04 et 2,42 grammes[6]. Par la suite et de manière moins connue, Ancône a commencé à frapper une pièce d'or appelée « agnoto », également connue sous le nom de « ducat d'Ancône ». Des exemplaires de cette pièce ont survécu depuis les XVe et XVIe siècles, jusqu'à la perte d'indépendance de la ville en 1532[7].
La République d'Ancône et les juifs du Levant
La République s'enrichit du trafic avec l'Orient, grâce notamment aux arrivées de Juifs du Levant qui s’y implantèrent malgré l'anti-judaïsme quelquefois sanglant des papes successifs qui les persécutent ou au contraire, favorisent leur installation pour leur habilité commerciale — et de la population chrétienne. Ils pouvaient aisément commercer avec leurs pays d'origine malgré la concurrence redoutable de Venise, en important des peausseries et des épices, et en développant localement l'artisanat de la soie, de la teinture, de l'orfèvrerie, de l'imprimerie ou de l'enluminure.

Références
- (it) Cet article est partiellement issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Repubblica di Ancona » (voir la liste des auteurs).
- Sources non locales
- (it) « Repubbliche marinare », dans Dizionari Zanichelli (lire en ligne [archive du ]) (archive du 30 janvier 2020)
- Lodolini 1967
- Claudia Barsanti, « Ancona », dans Enciclopedia dell' Arte Medievale, (lire en ligne) (consulté le )
- (it) Letizia Pani Ermini, « L'Europa tardoantica e medievale. I territori entro i confini dell'Impero. L'Italia: Ancona », dans Il Mondo dell'Archeologia, (lire en ligne) (consulté le )
- (it) Marche, TCI (lire en ligne), p. 88 et 104
- (it) Horst Dippel, Costituzioni Degli Stati Italiani, vol. 10 : Documenti costituzionali di Italia e Malta, edizioni Walter de Gruyter, (lire en ligne), partie 1, p. 130
- (it) Giuseppe Sandro Mela, Islam: nascita, espansione, involuzione, Roma, Armando Editore, (ISBN 978-88-8358-686-6), p. 67
- (it) Peris Persi, Conoscere l'Italia, Marche, Novara, Istituto Geografico De Agostini, p. 74
- (it) Valerio Lugani, Meravigliosa Italia, Enciclopedia delle regioni, Marche, Milano, Aristea, p. 44
- (it) Guido Piovene, Tuttitalia, Firenze, Novara, Casa Editrice Sansoni & Istituto Geografico De Agostini, , p. 31
- (it) Pietro Zampetti, Itinerari dell'Espresso, Marche, Roma, Editrice L'Espresso, , p. 33-34-189
- (it) Mario Natalucci (it), Ancona attraverso i secoli, vol. I, Città di Castello, Unione Arti Grafiche, , p. 221-558 ; vol. II p. 1-172.
- (it) AA. VV., Ancona repubblica marinara, Federico Barbarossa e le Marche, Città di Castello, a cura della Deputazione di storia patria per le Marche, Arti grafiche, .
- ↑ (it) Armando Lodolini, Le repubbliche del mare, Roma, edizioni Biblioteca di storia patria, a cura dell'Ente per la diffusione e l'educazione storica, (lire en ligne), p. 204.
- ↑ (it) Mario Natalucci, Ancona nel medioevo, Città di Castello, .
- ↑ (it) Alessia Legnani Annichini, « Benvenuto Stracca », dans Dizionario biografico degli Italiani, vol. 94, (lire en ligne) (consulté le ).
- ↑ (it) Marco Dubbini et Giancarlo Mancinelli, Storia delle monete di Ancona, Ancona, edizioni Il lavoro editoriale, (ISBN 978-88-7663-451-2)
- ↑ (it) Lucia Travaini, L'Agontano: una moneta d'argento per l'Italia medievale, Società Numismatica Italiana, .
- ↑ (it) « Ducato aureo emesso dalla zecca di Ancona nel XV secolo » (version du sur Internet Archive).
Voir aussi
Articles connexes
- Ancône
- province d'Ancône
- Marche d'Ancône
- République ancônitaine
- Prise d'Ancône
- Histoire des Juifs à Ancône
- États pontificaux
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