Réseau des Femmes pour la Paix au Niger
| Type | |
|---|---|
| Siège | |
| Pays |
Le Réseau des Femmes pour la Paix au Niger (REFEPA), est une organisation non gouvernementale nigérienne regroupant des femmes leaders et des médiatrices communautaires. Elle œuvre pour l’engagement des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, la promotion de la paix, la cohésion sociale et le renforcement des droits économiques, sociaux et politiques des femmes au Niger.
Historique
Le réseau est initié au début des années 2000, avec des interventions documentées depuis 2006, sous la coordination d’Ibrahim Mariama Allassane et d’autres militantes engagées dans des initiatives de paix locale. Initialement, l’organisation est sollicitée pour participer à des médiations entre les autorités et les étudiants ainsi qu’à des processus de désescalade de tensions sociales. Au fil des années, son champ d’action s’est élargi à des domaines liés aux droits fonciers, à l’accès à l’identité civile et à la cohésion communautaire[1].
REFEPA s’inscrit dans un contexte africain plus large où les réseaux de femmes jouent un rôle croissant dans la mise en œuvre de l’agenda international Femmes, paix et sécurité, promu notamment par la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies[1]. Cette résolution, adoptée en , constitue le premier instrument international à reconnaître formellement le rôle des femmes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix, et à enjoindre les États membres à y associer pleinement les organisations féminines de la société civile[2].
Objectifs et missions
Le réseau se fixe pour premier objectif de renforcer le statut des femmes au sein de leurs communautés en augmentant leur participation à la vie sociale et politique locale. Pour y parvenir, REFEPA travaille à améliorer les compétences de ses membres en matière de prévention, de gestion, et de médiation des conflits, afin qu'elles puissent jouer un rôle actif dans les processus de paix à l'échelle communautaire[3].
L'organisation vise également à promouvoir le dialogue inclusif et la cohésion sociale dans les zones affectées par les tensions, et à contribuer à l'intégration sociale et économique des victimes de conflits. Elle entend renforcer les compétences en leadership de ses membres et diffuser de meilleures pratiques de résolution pacifique des différends[3],[2].
Organisation et structure
REFEPA est structurée comme un réseau national, rassemblant des femmes leaders, médiatrices et représentantes de la société civile dans plusieurs régions du Niger, avec une couverture géographique à la fois nationale et locale. L’organisation est coordonnée à partir de Niamey, où elle est enregistrée, et possède des antennes ou partenaires actifs dans les régions de Tillabéry, Maradi, Dosso et d’autres zones d’intervention[3].
Domaines d’intervention
REFEPA intervient en priorité dans la prévention des conflits et les actions d'alerte précoce, ainsi que dans l'éducation à la paix et la promotion des valeurs de dialogue. La médiation communautaire entre acteurs locaux et le renforcement du leadership féminin dans les processus de paix constituent deux autres axes majeurs de son action[3].
L'organisation consacre également une part significative de ses efforts au renforcement de l'accès des femmes aux droits fonciers et civils, notamment par des campagnes de sensibilisation à l'obtention de pièces d'identité officielle et à la connaissance du Code rural, afin de permettre aux femmes de faire valoir leurs droits à la terre et aux ressources naturelles dans des contextes ruraux souvent dominés par des pratiques coutumières discriminatoires[3],[4].
Dans sa démarche de consolidation de la paix, REFEPA identifie et renforce les initiatives de paix existantes en vue d'aboutir à une stabilité durable. Elle recherche et valorise les méthodes traditionnelles et modernes de résolution des conflits, en capitalisant sur les pratiques développées par les femmes dans ce domaine[3].
Activités et projets
L'une des activités phares de REFEPA est la formation d'un millier de femmes médiatrices dans les régions de Tillabéry, Maradi et Dosso. Dans ces zones, les femmes ont été formées sur les dispositions du code rural, les techniques de médiation et l'organisation de campagnes de sensibilisation sur la prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Les médiatrices ont été équipées de radios et de supports d'information pour renforcer leurs capacités d'intervention communautaire[1].
Les femmes formées ont joué un rôle actif dans la transformation des comportements au niveau local. Elles ont contribué à réduire les tensions entre communautés en appliquant des règles de pâturage et en gérant les différends relatifs à l'usage des terres et des ressources naturelles[1].
Ce programme a notamment ciblé 27 villages considérés à haut risque dans le département de Madarounfa et la région de Dosso, où des violences entre agriculteurs et éleveurs donnaient lieu chaque année à des affrontements meurtriers. Les femmes sélectionnées et formées y ont tenu des registres villageois permettant de documenter et d'évaluer les conflits résolus, selon une méthodologie de suivi et d'évaluation intégrée dès la conception du projet[3].
Un autre volet du travail de REFEPA concerne l'accès des femmes à des documents d'identité civile, condition essentielle pour faire valoir leurs droits fonciers, économiques ou civiques dans plusieurs communautés rurales. Dans un pays à dominante rurale comme le Niger, les femmes se voient souvent privées de leurs droits fonciers à la suite d'un divorce ou d'un veuvage, faute de pièces d'identité leur permettant de se prévaloir des protections légales existantes[1],[3].
REFEPA a en outre mis en œuvre un programme d'accès des femmes au foncier agricole en partenariat avec la Coopération suisse, la Coopération française et Oxfam, qui a donné lieu à l'élaboration d'une boîte à images destinée à susciter le débat dans les groupes de femmes sur leurs droits d'accès à la terre[4],[5].
Partenariats
REFEPA collabore avec plusieurs organisations internationales et plateformes de la société civile pour renforcer ses programmes. Dans le cadre du programme Accelerating the Implementation of the Women, Peace and Security Agenda soutenu par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (Peacebuilding Fund), REFEPA travaille aux côtés de l'Autorité supérieure de consolidation de la paix (HACP) et d'autres organisations locales. Cette collaboration a permis de former des centaines de femmes leaders, de renforcer des mécanismes de prévention des conflits et de développer des plateformes de consultation multipartite dans plusieurs régions[2].
Par ailleurs, le programme conjoint de la FAO et d'ONU Femmes, financé par le Peacebuilding Fund, auquel REFEPA a participé, est déployé dans les zones de Dosso et de Maradi de à 2020, avec un budget d'1,5 million de dollars des États-Unis[6]. Ce projet, mis en œuvre en partenariat avec la HACP et le Secrétariat permanent national du Code rural, visait à promouvoir la cohésion sociale entre agriculteurs et éleveurs et à renforcer le rôle des femmes dans la gestion des conflits fonciers et pastoraux[6].
Plus récemment, dans le cadre d'un programme doté de 2,5 millions de dollars du Peacebuilding Fund sur 33 mois à partir de , conduit conjointement par ONU Femmes et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (OHCHR), REFEPA figure parmi les ONG féminines coordinatrices aux côtés d'autres partenaires locaux pour repositionner les femmes comme actrices centrales de la prévention des conflits dans les régions de Tahoua et Zinder[7].
Impact
Dans le cadre des actions menées en lien avec l’agenda Women, Peace and Security, les organisations partenaires, dont REFEPA, ont contribué à la revitalisation de mécanismes locaux de prévention des conflits, à la formation de médiateurs et à l’augmentation du pouvoir décisionnel et économique des femmes, renforçant ainsi la résilience des communautés face à l’insécurité et aux tensions sociales[7].
Grâce à ses interventions, REFEPA a formé des centaines de femmes médiatrices communautaires, capables de prévenir et de résoudre des conflits locaux, et a contribué à améliorer l'accès des femmes à leurs droits civils et fonciers par l'obtention de pièces d'identité et la sensibilisation au Code rural[1]. Elle a également contribué à la réduction de certaines tensions communautaires, notamment entre agriculteurs et éleveurs dans des zones à risque, et a renforcé les capacités de leadership des femmes, qui sont aujourd'hui davantage impliquées dans les espaces de dialogue et de prise de décision locale[2].
Dans le cadre des actions menées en lien avec l'agenda Women, Peace and Security, les organisations partenaires dont REFEPA ont contribué à la revitalisation de mécanismes locaux de prévention des conflits, à la formation de médiateurs et à l'augmentation du pouvoir décisionnel et économique des femmes, renforçant ainsi la résilience des communautés face à l'insécurité et aux tensions sociales[2],[7].
Voir aussi
- Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies
- Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP)
Notes et références
- (en) « Women, peace and security - The key to lasting peace in Niger | Oxfam in Africa », sur africa.oxfam.org (consulté le )
- « Faits et chiffres : Femmes, paix et sécurité »,
- « RESEAU des Femmes pour la Paix (REFEPA) », sur Peace Insight (consulté le )
- « Foncier et femmes /Boite à images |Reca-Niger », sur reca-niger.org (consulté le )
- ↑ « Boîte à image Accès des femmes au foncier agricole | FAO », sur www.fao.org (consulté le )
- ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE, « Évaluation du projet «Promotion de la cohésion sociale entre agriculteurs et éleveurs (hommes et femmes) dans les régions de Dosso et Maradi (Niger) à travers une approche basée sur le genre et la diversité» UNJP/NER/061/PBF », un.org, (lire en ligne)
- « Empowering Women as Agents of Peace in Tahoua and Zinder, Niger | PEACEBUILDING », sur www.un.org (consulté le )
- Portail de la paix
- Portail des femmes et du féminisme
- Portail du Niger