Réserve de takins de Motithang

| Pays | |
|---|---|
| Coordonnées |
27° 28′ 55″ N, 89° 36′ 36″ E |
| Superficie |
0,034 km2 |

La Réserve royale de takins est une réserve faunique située au Bhoutan, dans le district de Motithang près de Thimphou. Elle abrite le takin du Bhoutan (en), l'animal national du pays.
C'était à l'origine un petit zoo qui a ensuite été transformé en réserve quand on s'est rendu compte que les animaux, même relâchés, évitaient de fréquenter la forêt environnante. La désignation du takin comme animal national du Bhoutan date du . Elle est liée à une légende racontant sa création au Bhoutan au XVe siècle par le lama Drukpa Kunley[1],[2].
Légende
L'idée de faire du takin l'emblème national du pays daterait du XVe siècle. On pense que c'est Drukpa Kunley, un saint tibétain surnommé « le fou Divin », qui a choisi cet emblème. La légende raconte que, le jour d'une de ses conférences, des bhoutanais demandèrent au prédicateur religieux qu'il accomplisse un miracle. Le saint accepta à condition de recevoir en offrande une vache et une chèvre entières. Une fois servi, il dévora la viande des deux animaux, ne laissant que les os. Il prit ensuite la tête de la chèvre, la fixa au squelette de la vache et prononça la formule magique « abracadabra ». En un claquement de doigts, il créa un animal vivant, mi-chèvre, mi-vache. L'animal bondit et se dirigea vers les prairies pour y paître. On nomma la créature dong gyem tsey (takin).
Le takin est aujourd'hui un animal commun des collines du Bhoutan. Le mythe qui l'entoure et son lien avec les croyances religieuses on fait qu'il a été choisi comme l'animal national du Bhoutan.
Historique
Un petit nombre de takins avaient été confinés dans un « mini-zoo » à Thimphou. Le nouveau roi du Bhoutan jugea qu'il était inconvenant pour un pays bouddhiste d'enfermer des animaux pour de simples raisons religieuses ou récréatives . Il ordonna que le mini-zoo soit fermé et que les animaux soient libérés. À la surprise générale, les takins, animaux très dociles, refusèrent de rejoindre les collines environnantes et se mirent à errer dans les rues de la capitale à la recherche de nourriture.
Dans la mesure où ces animaux étaient presque domestiqués, on décida de les garder dans un enclos forestier situé à Motithang, dans la périphérie de Thimphou. C'est ainsi que la réserve nationale de takins du Bhoutan était créée. L'espace clôturé occupe une superficie de 3,4 hectares. En 2004, une collaboration entre le gouvernement royal du Bhoutan et le WWF-Bhoutan a permis d'y ajouter une porte d'entrée de style traditionnel, un petit centre d'information, une signalétique et des poubelles. Des petites ouvertures aménagées dans la clôture permettent de prendre des photos, mais aussi de nourrir les animaux à la main en cachette des gardes. De ce fait, la plupart des animaux en captivité sont obèses. La réserve abrite également quelques sambars et des muntjacs[3]. La réserve de takins de Motithang fait partie intégrante de la ville de Thimphou et constitue une des ses attractions touristiques majeures[4],[5]. Le NCD prévoit d’élargir la collection de la réserve en introduisant d’autres animaux rarement vus du Bhoutan tels que le panda roux et le serow de l’Himalaya.
Habitat

L'apparence curieuse du takin ne manque pas d'étonner les observateurs. Les taxonomistes ont longtemps hésité sur son classement phylogénique. Certaines s'amusaient à dire qu'il avait l'aspect d'un « élan piqué par une abeille ».
Le takin du Bhoutan ( Budorcas taxicolor whitei ) est une espèce de chèvre-antilope classée comme vulnérable. Elle est originaire du Bhoutan, de l'Inde et de la République populaire de Chine.
Son habitat naturel se trouve au dessus de 3700 mètres d'altitude, il est constitué de prairies alpines. Pendant la mousson d'été, les forêts de basse altitude deviennent inhospitalières pour les takins en raison de l'abondance de sangsues, de moustiques et de taons. Les prairies alpines leurs offrent un pâturage abondant, et certains mâles peuvent atteindre le poids d'une tonne. La parade nuptiale et l'accouplement ont lieu en juillet et août. Après une gestation d'environ huit mois, un seul petit naît, généralement fin février ou en mars. Les takins adultes ont un pelage jaune doré et brunâtre, les petits sont initialement noirs. À la fin de la saison des pluies, les animaux descendent à une altitude comprise entre 2 000 et 3 000 mètres ; ils y trouvent alors la végétation tempérée des forêts de feuillus qui leurs conviendra tout l'hiver.
Menaces et périls sur l'espèce
Le takin est un animal qui n'a pas de grande valeur économique. Dans la médecine traditionnelle, il est utilisé comme aide à l’accouchement.
la Division pour la conservation de la nature du ministère de l'Agriculture du Bhoutan (DCN) estime que la santé génétique des takins de la réserve est en déclin du fait de leur consanguinité. Elle prévoit de renouveler le patrimoine génétique en introduisant un takin mâle et de deux takins femelles sauvages. Les populations sauvages de takins seraient stables, bien qu'aucune étude publiée ne le confirme,. L'impact du changement climatique sur la population de cette espèce au Bhoutan demeure inconnu. Les seules menaces connues auxquelles elles sont confrontées sont les prédateurs et, très occasionnellement, le braconnage[6].
Galerie
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Entrée de la réserve. -
Un panneau à l'entrée de la réserve donne une description de l'animal -
Un takin de la réserve en train de brouter. -
Un takin gravissant la colline de la réserve. -
Un cerf samba de la réserve -
Un arbre dans la réserve de takins de Motithang
Notes et références
Notes
Références
- ↑ « Motithang Takin Preserve », Lonely Planet review (consulté le )
- ↑ « Panda Quarterly: Bhutan Program » [archive du ], (consulté le )
- ↑ (en) « Field Notes: Talking Takin in Bhutan », sur nationalzoo.si.edu, (consulté le )
- ↑ (en) « Motithang Takin Preserve », Lonely Planet review (consulté le )
- ↑ (en) « Panda Quarterly: Bhutan Program » [archive du ], (consulté le )
- ↑ (en) « Decreasing Takin population » [archive du ], Bhutan News, (consulté le )
Bibliographie
- Lindsey Brown, Bradley Mayhew, Stan Armington et Richard Whitecross, Bhutan, Lonely Planet, (ISBN 978-1-74059-529-2, lire en ligne), p. 87
Voir aussi
Articles connexes
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