Rages de Césars

Rages de Césars
Informations générales
Titre
Rages de Césars
Auteur
Date de création
Publication
Reliquaire, poésies (d)
Date de publication
Contenu
Incipit
« L’Homme pâle, le long des pelouses fleuries,… »

Rages de Césars est un poème d'Arthur Rimbaud écrit en , après la défaite de Sedan. Le poème met en scène l'empereur Napoléon III, tout juste déchu, arpentant les allées du palais du Château Wilhelmshöhe, la cour du roi de Prusse, où il est fait prisonnier.

Le manuscrit autographe, non daté, est conservé à la British Library[1]. Il fait partie des poèmes remis à Paul Demeny et donc de ce qui est appelé le Cahier de Douai[2].

Il n'en existe pas d'autre manuscrit connu[2].

Rages de Césars a été publié pour la première fois dans Reliquaire, poésies, L. Genonceaux, 1891[2].

Contexte

Peinture de Napoléon III en habits de guerre, sur son cheval à l'arrêt, au milieu des combats. On voit un mort et deux blessés à terre au premier plan, des cavaliers arrêtés dans leur course à gauche, et des fantassins qui battent en retraite à droite
Napoléon III lors de la bataille de Sedan par le peintre allemand Wilhelm Camphausen

Le poème est écrit, dans le contexte de la guerre franco-prussienne de 1870, à la suite de la défaite de Sedan et de l'avènement de la Troisième République le [3].

Analyse

Le poème met en scène deux hommes politiques sans les nommer. Napoléon III est désigné dans le premier vers par la périphrase « l'homme pâle », le douzième vers évoque un certain « Compère en lunettes » qui désigne probablement le ministre Émile Ollivier, responsable de la déclaration de guerre, et qui avait proclamé l'accepter le « cœur léger »[4].

caricature en couleur d'un homme portant lunettes et favoris, affecté d'un strabisme convergent, et dont la tête est montée sur un corps d'écrevisse
Le « Compère aux lunettes » évoqué dans le douzième vers est généralement identifié par la critique à Émile Ollivier, ministre responsable de la déclaration de guerre.

Atteint d'un strabisme convergent, Émile Ollivier et ses lunettes ont fait la joie des caricaturistes. Ancien Républicain, l'homme politique a été accusé de s'être rallié à l'Empire « pour prendre un portefeuille ». Le critique Steve Murphy note que dans le poème de Rimbaud, les lunettes d'Ollivier s'opposent, à l'« œil mort », à la cécité de l'Empereur[5].

Références

  1. « STEFAN ZWEIG COLLECTION. Vol. CLXXXI », sur British Library, folios 15
  2. Jeancolas, p. 287.
  3. Murphy 1991, II / 1 - §1.
  4. Alain Blottière, « Arthur Rimbaud », dans Rimbaud, Cros, Corbière, Lautréamont, Œuvres complètes, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 2-221-50129-2), p. 814
  5. Murphy 1991, II, 3 - § 36.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Claude Jeancolas, « Rages de Césars », dans Arthur Rimbaud. L'Œuvre intégrale manuscrite, vol. III, Textuel,
  • Pierre Brunel, Rimbaud. Œuvres complètes, La Pochothèque,
  • Pierre Brunel, Arthur Rimbaud ou l'éclatant désastre, Champ Vallon,
  • Steve Murphy, « Portrait d'un Empereur : Rages de Césars », dans Rimbaud et la ménagerie impériale, Presses universitaires de Lyon, (lire en ligne), p. 105-126
  • icône décorative Portail de la littérature française et francophone
  • icône décorative Portail de la poésie
  • icône décorative Portail des années 1870
  • icône décorative Portail de la France au XIXe siècle