Ramón Arnaud

Ramón Arnaud
Illustration.
Fonctions
Gouverneur de Clipperton

(9 ans et 2 mois)
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Fonction supprimée
Biographie
Nom de naissance Ramón Nonato Arnaud Vignon
Date de naissance
Lieu de naissance Orizaba
Date de décès (à 35 ans)
Lieu de décès Au large de l'île de Clipperton
Nationalité Mexicaine
Conjoints Alicia de Rovira
Enfants Ramon Arnaud
Alicia Arnaud
Angel Arnaud
Lydia Arnaud
Profession Militaire
Administrateur colonial

Ramón Arnaud, né le et mort le , est un militaire mexicain connu pour avoir été l'unique gouverneur mexicain de l'île Clipperton[1].

Biographie

Débuts et carrière militaire

Ramón Arnaud est né à Orizaba, le . Il est le fils d'Ángel Arnaud et de Carlota Vignon, tous deux d'origine française, vivant au Mexique depuis l'expédition du Mexique. Influencé par son ami l'ingénieur Luis Reyes (frère de l'écrivain Alfonso Reyes Ochoa et fils du général Bernardo Reyes), il décide de se lancer dans une carrière militaire.

Gouverneur de Clipperton

En Mars 1906, à l'âge de 27 ans, le gouvernement le nomme à la direction de la garnison de l'île de Clipperton, revendiqué par la France, car Ramón parle le français, grâce à ses parents, en plus de l'espagnol. Il rejoint l'atoll avec une dizaine de soldats et leurs familles ainsi que des ouvriers devant exploiter le guano pour une société britannique. Un phare ainsi que des maisons sont construits sur l'île et la colonie est ravitaillée chaque trimestre.

En , Ramón Arnaud retourne sur le continent afin d'y épouser Alicia de Rovira. Il retourne ensuite sur l'île avec sa femme où naît, l'année suivante, leur premier enfant.

Cependant, en 1910, la Révolution mexicaine éclate, ce qui relègue la colonie loin dans les priorités des gouvernements successifs. Malgré cela, les supérieurs du gouverneur lui ordonnent de rester sur place.

Après un séjour sur le continent, en , au cours duquel il est promu capitaine, Ramón revient sur l'île avec deux officiers, neuf soldats ainsi que leurs familles. Le , un ouragan frappe l'île et détruit le potager ainsi que plusieurs bâtiments et fait s'échouer la goélette américaine Nokomis sur les récifs de l'île. L'équipage est secouru le lendemain par la garnison mexicaine. Cependant, avec l'équipage américain, la population de l'île augmente alors que les ravitaillements sont de plus en plus rares. En juin, trois marins du Nokomis quittent l'île à bord d'une chaloupe dans le but de rejoindre le continent, ce qu'ils réussissent à faire 17 jours plus tard. Ils arrivent à Acapulco où se trouve l'USS Cleveland, qui y fait escale. Le l'USS Cleveland atteint l'île et propose de rapatrier les colons dans un port mexicain. Ramón Arnaud refuse et seul l'équipage du Nokomis ainsi qu'un ouvrier d'exploitation de guano embarquent à bord du navire, qui laisse cependant plusieurs mois de vivres sur l'île.

Buste de Ramón Arnaud à Orizaba.

En , il ne reste que 16 survivants sur l'île, lorsqu'elle est de nouveau frappée par un ouragan. Lorsqu'un navire est aperçu au large le , Ramón décide de tenter de l'atteindre avec les trois derniers hommes valides avec un canot de sauvetage, mais ils perdent le contrôle de l'embarcation et se noient. Il reste alors 11 survivants qui connaissent la tyrannie de Victoriano Álvarez, le dernier homme sur l'île où il sera assassiné le . Le jour même, les rescapés seront secourus par l'USS Yorktown, ce dernier venant vérifier que les Allemands n'avaient pas installé de base sur l'île. Parmi les secourus se trouve Alicia, la femme de Ramón Arnaud, ainsi que leurs quatre enfants[2].

Postérité

Relief (sous le buste ci-dessus) en hommage aux colons mexicains de Clipperton.

Un monument est érigé à Orizaba en hommage au capitaine Arnaud.

Références

  1. Christophe Forcari, « Clipperton, un destin noir au milieu de nulle part », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. Léia Santacroce, « INSOLITE. Connaissez-vous le destin tragique des oubliés de Clipperton, poussière de France du Pacifique Nord ? » Accès libre, sur Outre-mer La Première, (consulté le )

Articles connexes

Bibliographie

  • (es) Laura Restrepo, La Isla de la Pasión México, Alfaguara, 2005.
  • (es) Enrique Sangri Namur, Isla Clairón: Territorio desconocido, 2005.
  • (es) Ana García Bergua, Isla de bobos, Seix Barral, Biblioteca Breve, México, 2007.

Liens externes

  • icône décorative Portail du Mexique