Ramir Reig

Ramir Reig
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Biographie
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Valence
Sépulture
Cimetière général de Valence (d)
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Université de Valence (jusqu'en )
Ordre religieux
Membre de
Conseil valencien de culture (en) (-)

Ramir Reig i Armero (en catalan) ou Ramiro Reig y Armero (en castillan), né à Xàtiva (province de Valence, Espagne) en 1936 et mort à Valence le , est un prêtre jésuite, militant syndicaliste et anti-franquiste et historien du mouvement ouvrier[1],[2],[3].

Durant le franquisme, il est l'un des fondateurs du syndicat Commissions ouvrières, alors clandestin, et membre du Parti communiste espagnol[2],[3].

Professeur d'histoire à l'université de Valence, il est auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire récente du Pays valencien, spécialiste de la figure de Blasco Ibáñez et du blasquisme[2],[3].

Biographie

Xàtiva, Ramir Reig suit des études secondaires au collège San José de Valence, tenu par la Compagnie de Jésus, ordre qu'il intègre en 1954. Il étudie ensuite la théologie à San Cugat del Vallès (province de Barcelone) et à Innsbruck (Autriche), puis est ordonné prêtre à Torrent (près de Valence) en 1968[2][4][5][3].

Il développe très tôt une activité d'essayiste. En août 1968, il publie dans une revue locale un article intitulé El desafío setabense (« Le défi de Xàtiva »), description de la Xàtiva de l'époque illustrée de photographies d'Adolfo García, dont le contenu le fait entrer en conflit avec la gouvernement municipal franquiste[5].

Compte tenu de ses talents littéraires, sa première affectation en tant que prêtre est de travailler pour la revue Hechos y Dichos, publiée à Saragosse. Cependant, en 1969, il commence à enseigner aux écoles San José de Valence, aux élèves affectés en génie industriel et en formation professionnelle. Il se donne alors pour mission de former non seulement des ouvriers qualifiés mais aussi de nouveaux cadres du mouvement ouvrier[6],[3].

À la même époque, il commence à tisser des liens durables avec le syndicat Commissions ouvrières, en cours de reconstitution après la répression qui avait conduit à son interdiction en 1967[7], ainsi qu'avec le Parti communiste du Pays valencien[4], bien que se considérant lui-même social-démocrate[3].

Il est arrêté par la police pour sa participation aux manifestations ayant suivi le procès de Burgos de 1970, après avoir collaboré à la publication de tracts contre la dictature[5]. Le Tribunal d'ordre public[8] ordonne sa réclusion en prison préventive pendant environ deux mois au Collège de San José, où il fonde l'École syndicale de promotion ouvrière (Escuela Sindical de Promoción Obrera, ESPO), un organisme de formation syndicale. Ces évènements le mènent à quitter l'enseignement à la fin de l'année scolaire et à rejoindre les équipes jésuites de Misión Obrera (« Mission Ouvrière »). Entre 1971 et 1979, il travaille comme ouvrier dans diverses entreprises du secteur du bois, vivant dans de petites communautés jésuites des quartiers de La Aguja, Montortal (en) et Campanar (es)[4].

Bibliothèque Ramiro Reig à Valence.

Lors du premier congrès des Commissions ouvrières du Pays valencien, célébré à Castellón en 1978 (après la légalisation du syndicat), il est élu membre la direction pour un mandat de deux ans. Cependant, confronté à des difficultés pour trouver un emploi, il se tourne vers la recherche et l'enseignement universitaire, et devient professeur d'histoire des institutions économiques à la faculté d'économie de l'université de Valence jusqu'à sa retraite en 2013. Il se spécialise en histoire sociale, histoire de l'entreprise et dans la figure de Vicente Blasco Ibáñez, dont il est un biographe[9].

Il est membre du Conseil valencien de culture entre janvier 1989 et novembre 1995[10]. En reconnaissance de son engagement syndical au sein des Commissions ouvrières, le syndicat donne son nom à sa bibliothèque de Valence, qui reçoit un fond de plus de 3 000 ouvrages ayant appartenu à l’historien[11].

Parmi les ouvrages qu'il publie figurent Obrers i ciutadans. Blasquisme i moviment obrer. València, 1898-1906 (« Ouvriers et citoyens. Blasquisme et mouvement ouvrier. Valence, 1898-1906 », Institució Alfons el Magnànim, 1982) et Blasquistas y clericales. La lucha por la ciudad de Valencia de 1900 (« Blasquistes et cléricaux. La lutte pour la ville de Valence en 1900 », Institució Alfons el Magnànim, 1986), dans lesquels il aborde la relation entre le républicanisme blasquiste et la constitution du mouvement ouvrier[2], ainsi que la biographie Vicente Blasco Ibáñez (2002)[4] et Las grandes corporaciones del siglo XX (« Les Grandes Corporations du XXe siècle », 2009)[2].

Notes et références

  1. (ca) Agustí Colomines i Companys, « Ramir Reig i Armero », sur Gran Enciclopèdia Catalana (consulté le )
  2. (es) Adolf Beltran, « Muere en Valencia a los 81 años el estudioso del movimiento obrero Ramiro Reig », elDiario.es,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. (es) Miquel Alberola, « Ramiro Reig, el jesuita que bajó a las fábricas para cambiar el mundo », El País,‎ (ISSN 1134-6582, lire en ligne, consulté le )
  4. Alberto Guerrero et Álvaro Alemany, « Semblanza del P. Ramiro Reig Armero SJ », InfoSJ, (consulté le )
  5. (ca) « REIG ARMERO, Ramir (1936-2018) », sur Biblioteca Municipal de Xàtiva (consulté le )
  6. (es) Alberto Guerrero, « Semblanza del P. Ramiro Reig Armero SJ », InfoSJ, (consulté le )
  7. (es) « Breve historia de CCOO », www.ccoo.es, Confederación Sindical de Comisiones Obreras (consulté le )
  8. (es) Juan José del Águila, El TOP: la represión de la libertad, 1963-1977, Planeta, , 559 p. (ISBN 978-84-08-04065-1), p. 526
  9. « Ramiro Reig » [archive du ] (consulté le )
  10. (ca) « Ramiro Reig Armero », sur Consell Valencià de Cultura (consulté le )
  11. (es) « Biblioteca Ramiro Reig », InfoSJ, (consulté le )

Liens externes

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