Raouf Mellal

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Syndicat national autonome des travailleurs de l'électricité et du gaz (d) |
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Raouf Mellal, né le à Aïn Beïda ou à Guelma, est un syndicaliste et défenseur des droits humains algérien.
Il a présidé la Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP) et participé, en 2013, à la création du Syndicat national autonome des travailleurs de l'électricité et du gaz (SNATEG), actif dans le secteur énergétique en Algérie. Il est réfugié à Genève en Suisse depuis 2020.
Biographie
Raouf Mella naît le [réf. souhaitée] à Aïn Beïda[réf. souhaitée], dans la wilaya d'Oum El Bouaghi, ou à Guelma[1].
Parcours militant et syndical
Raouf Mellal intègre, en 2009, la société Sonelgaz en tant que juriste[2]. En 2013, il participe à la création du Syndicat National Autonome des Travailleurs de l'électricité et du Gaz (SNATEG), ce qui lui vaut d'être licencié par Sonelgaz[1],[2]. Il est élu président en 2016, il a dirigé en 2017[réf. nécessaire] une grève nationale au sein de l’entreprise SONELGAZ[3], à la suite de laquelle le ministère du Travail prononce la dissolution administrative du syndicat[2].
En 2018, il contribue à la réactivation de la Confédération Syndicale des Forces Productives (COSYFOP), restée inactive depuis 1994[4]. Lors du Hirak de 2019, la confédération COSYFOP a soutenu le mouvement en appelant à plusieurs grèves générales, contribuant ainsi à la dynamique de mobilisation ayant conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika[5].
Répression et exil
En 2015, il a été licencié de l’entreprise publique Sonelgaz en raison de son engagement syndical au sein du SNATEG. Ce licenciement a été documenté par le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans le cadre du cas n° 3210 relatif à l’Algérie[6]. L’année suivante, il est condamné à six mois de prison à la suite de déclarations publiques dénonçant une affaire de surfacturation massive au sein de Sonelgaz[7],[8].
Il fait l’objet de 24 poursuites judiciaire pour diffamation devant le tribunal de Guelma, en lien avec la publication de communiqués syndicaux sur la situation sociale. Ce chiffre est confirmé par le gouvernement algérien dans sa réponse à une lettre d’allégation des rapporteurs spéciaux de l’ONU[9].
En 2019, il est violemment interpellé à Alger lors d’une marche pacifique, et subit des séquelles cervicales à la suite de cette arrestation[réf. souhaitée]. La même année, le tribunal d’Alger le condamne de nouveau à six mois de prison ferme pour avoir saisi l’Organisation internationale du travail (OIT)[10],[11].
Toujours en 2019, à son retour d’une participation à la Conférence internationale du Travail de l’OIT, il fut retenu et interrogé pendant plusieurs heures à l’aéroport d’Alger. Lors de cette session, il prit la parole au nom d’IndustriALL Globale Union, dans le cadre de la discussion du cas de l’Algérie devant la commission de l'application des normes[12].
En , il quitte le pays pour la Suisse avec le soutien de l’Union internationale des travailleurs de l'alimentation (UITA)[1],[13].
Activité en exil et engagement international
En , peu après son arrivée à Genève, il participe à l’organisation, aux côtés d’un groupe de militants, d’une « Marche pour les libertés en Algérie » entre Chambéry et Genève, destinée à interpeller les Nations unies sur les atteintes aux libertés fondamentales dans le pays[14].
En , L'Événement syndical, publication de l’organisation syndicale suisse UNIA, consacre un article à Raouf Mellal, intitulé « Un second Hirak en perspective », dans lequel il évoque son parcours syndical, son exil en Suisse et son analyse du contexte social en Algérie[1].
Depuis Genève, il intensifie ses échanges avec l’OIT. En , le Comité de la liberté syndicale enregistre une plainte déposée contre l’Algérie[15].
Il soumet également des observations à la CEACR sur la loi 23-02, citées dans le rapport de 2025[16].
En , le Comité de la liberté syndicale a recommandé que Mellal et d’autres syndicalistes puissent retourner en Algérie afin de reprendre leurs fonctions dans un climat exempt de pressions, de menaces ou de violences[17].
Le , plusieurs rapporteurs spéciaux de l’ONU envoient une lettre d’allégation au gouvernement algérien (Ref. AL DZA 3/2024), citant explicitement le cas de Mellal[18].
Vie privée
Père de deux enfants, il est exilé en Suisse depuis 2020 à la suite de poursuites judiciaires liées à ses activités syndicales en Algérie. Depuis Genève, il poursuit son engagement en faveur de la liberté syndicale : « Genève est une ville de cœur. Alors que je me sentais un peu étranger à Alger, la diversité, la tolérance et le vivre-ensemble que l’on rencontre ici ne m’ont jamais fait ressentir cela. »[1].
Références
- Jérôme Béguin, « Un second Hirak en perspective », sur L'Événement syndical, (consulté le ).
- Meziane Abane, « Snateg : Les dessous d’une dissolution », sur El Watan sur Algéria-Watch, (consulté le ).
- ↑ « Grève annoncée à la Sonelgaz », *Le Quotidien d’Oran*, 2 mai 2017, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ « Raouf Mellal, un homme qui ne s’ennuie pas », E-Bourse.dz, 2 septembre 2018, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ « La population participe en masse à la grève générale en Algérie », IndustriALL Global Union, 08 novembre 2019,consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ Comité de la liberté syndicale, Rapport intérimaire – Rapport n° 386, juin 2018, cas n° 3210 (Algérie), plainte déposée le 26 avril 2016, consulté le 3 août 2025, [en ligne] : https://normlex.ilo.org/dyn/nrmlx_fr/f?p=1000:50002:0::NO:50002:P50002_COMPLAINT_TEXT_ID:3950204
- ↑ « Un dirigeant syndical algérien condamné à une peine de prison pour avoir révélé la corruption », IndustriALL Global Union, 02 février 2017, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ « Affaire des surfacturations à Sonelgaz : le lanceur d’alerte condamné à 6 mois de prison ferme », Algérie360, 02 janvier 2017, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ Réponse du gouvernement algérien à la lettre d’allégation des rapporteurs spéciaux des Nations Unies, 30 janvier 2025, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ Sylviane Herranz, « Algérie : syndicalistes indépendants harcelés et emprisonnés », L'Événement syndical, (lire en ligne)
- ↑ « Dernières libertés en péril », Le Courrier (Genève), 20 février 2023, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ Organisation internationale du Travail, Cas individuel (Algérie), Convention n° 87, 108ᵉ session de la Conférence internationale du Travail, 2019, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ « Retour du bâton en Algérie », Le Courrier (Genève), 31 mars 2022, , consulté le 3 août 2025,en ligne
- ↑ « Algeria: IUF affiliates join call to UN to end rights abuses and support democracy », Internationale des services alimentaires (IUF), 9 mars 2021, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ Comité de la liberté syndicale, Rapport n° 405, cas n° 3434 (Algérie), OIT, mars 2024, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ Observation (CEACR) - adoptée 2024, publiée 113ème session CIT (2025)– Convention n° 87 (Algérie), OIT, 2025, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ Comité de la liberté syndicale, Rapport n° 411, cas n° 3434 (Algérie), OIT, juin 2025, consulté le 3 août 2025, en ligne
- ↑ Lettre d’allégation des rapporteurs spéciaux des Nations Unies au gouvernement algérien, 12 octobre 2021, consulté le 3 août 2025, en ligne
Liens externes
- Site officiel de la Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP)
- Vidéo – Raouf Mellal parle de son arrestation en avril 2025 (Internationale des services publics – PSI)
- Vidéo – Entretien complet avec Raouf Mellal (Internationale des services publics – PSI)
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