Rapport Blanchard-Tirole

Le rapport Blanchard-Tirole, nom usuel du document intitulé Les Grands Défis économiques, est un rapport portant sur les aspects économiques du changement climatique, de la lutte contre les inégalités et des retraites en France. Demandé début par le président de la République, Emmanuel Macron, à une commission d'économistes conduits par les professeurs Olivier Blanchard et Jean Tirole, il est remis en et suscite dans la presse des échos divers.

Plans et principaux auteurs

Le rapport se décompose comme suit :

Présentation sommaire du rapport

Il s'agit d'un rapport beaucoup plus universitaire que celui de la commission Attali de . En effet, à la différence de ce dernier qui débouchait sur un catalogue de mesures à adopter, il est plus destiné à faire réfléchir et à alimenter débats et réflexions[1]. Le rapport insiste sur la complémentarité des réformes à engager, sur son aspect systémique. Le document est aussi critique envers les politiques accusés de reporter « dans le temps les coûts des mesures qui font mal »[1].

Le chapitre I est consacré au changement climatique. Les économistes sont en faveur d'une taxe carbone. Pour rendre acceptable une telle mesure, qui s'est heurtée en France au mouvement des gilets jaunes, ils proposent une extension des quotas[2]. Il préconise le maintien des centrales nucléaires existantes[3].

Le chapitre II est consacré à la lutte contre les inégalités. Après avoir constaté qu'en France, contrairement à un sentiment répandu, les inégalités ne s'étaient pas accrues[2], les auteurs insistent sur la nécessité de créer des emplois de bonne qualité et sur l'utilisation de l'impôt sur les successions pour réduire les inégalités de patrimoine. Concernant le commerce international, le rapport insiste sur la nécessité d'inclure dans les accords internationaux dans le dumping social « le travail des enfants, le travail forcé et la violation des droits de travailleurs »[1].

Le chapitre III traite notamment des retraites et estime que le projet de réforme du gouvernement de constituerait une bonne base de départ[4]. Toutefois, pour l'économiste allemand Axel Börch-Supan, il semble difficile d'envisager une réforme des retraites avant l'élection de [1].

Réactions

Romaric Godin dans Mediapart estime que le rapport est constitué « d'une somme de vieilles recettes néolibérales sans originalité ni créativité »[5]

Marie Viennot, sur France Culture, déplore que la commission n'ait été composée que d'« économistes plutôt « mainstream » », en particulier des membres de l'Association française de science économique (AFSE). Interrogés, Blanchard et Tirole ne semblent regretter que la non-participation d'Esther Duflo (qui a refusé) et de Thomas Piketty[6].

Alain Grandjean, membre du Haut Conseil pour le climat, regrette que la commission n'ait pas abordé le thème de la biodiversité[6].

Claire Mallet, dans Localtis, trouve que dans ce document de 500 pages la notion « agir local » est plutôt fortement absente[4].

Membres de la commission

La commission est composée de 26 membres : 9 économistes français, 8 économistes américains et 9 économistes européens n'étant pas français.

Parmi les membres européens, Nicola Fuchs-Schündeln, Claudia Diehl et Axel Börsch-Supan sont allemands ; Richard Blundell, Nicholas Stern et Carol Propper sont britanniques ; Valentina Bosetti est italienne ; Christian Gollier est belge ; Dani Rodrik est turc.

La commission est dirigée par Olivier Blanchard et Jean Tirole.

Emmanuel Farhi, membre français de la commission, met fin à ses jours durant les travaux de cette dernière le . Quelques heures auparavant, il participait à une réunion en visioconférence de la commission. Le rapport rendu au président de la République lui est dédié par ses collègues.

Publication

Notes et références

Bibliographie

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