Rassemblement national des indépendants
| Rassemblement national des indépendants (ar) التجمع الوطني للأحرار (ber) ⴰⴳⵔⴰⵡ ⴰⵏⴰⵎⵓⵔ ⵢ ⵉⵏⵙⵉⵎⴰⵏⵏ | |
Logotype officiel. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Président | Mohamed Chaouki (depuis le 7 février 2026) |
| Fondation | 1978 par Ahmed Osman |
| Siège | |
| Symbole | Colombe[1] |
| Positionnement | Centre droit[2],[3] |
| Idéologie | Libéralisme[4] |
| Affiliation internationale | Parti populaire européen (membre partenaire) |
| Couleurs | Bleu ciel |
| Site web | www.rni.ma |
| Représentation | |
| Représentants | |
| Conseillers | |
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) (amazighe : ⴰⴳⵔⴰⵡ ⴰⵏⴰⵎⵓⵔ ⵢ ⵉⵏⵙⵉⵎⴰⵏⵏ, arabe : التجمع الوطني للأحرار) est un parti politique marocain de centre droit[5], d'idéologie libérale, fondé en 1978 par Ahmed Osman, ancien Premier ministre et beau-frère du roi Hassan II[6].
Il est fréquemment décrit comme le « parti de la bourgeoisie »[7],[8], du fait qu'il abrite en son sein un bon nombre de riches hommes d'affaires et de cadres dirigeants[9].
Historique
Fondation
Le parti est créé le par les élus au parlement sans appartenance politique et présidé par Ahmed Osman, Ancien Premier ministre et beau-frère de Hassan II.
Il participe ensuite au gouvernement d'alternance formant ainsi une coalition centriste.
Ahmed Osman nommé Premier ministre pour la période de 1972-1979, et Mohammed Haddou Echiguer nommé ministre de l'Intérieur pour la période de 1973-1976 ont conduit la Marche Verte en 1975. Ahmed Osman a présidé le Parlement durant deux législatures (1984-1992).
À la suite des élections législatives de 1977, création d'un groupe parlementaire composé de 167 députés sans appartenance politique au sein de la chambre des représentants.
Le parti compte tenu de ses orientations politiques appelant à une application effective et à une responsabilisation de tous les acteurs politiques, a participé au Gouvernement d'alternance en 1998 et continue d'occuper des postes ministériels au sein de l'actuel gouvernement.
Le parti a connu une scission donnant naissance au Parti national-démocrate (PND) en 1981, mais continue à occuper les devants de l'échiquier politique national avec une forte présence au niveau de la première et la deuxième chambre.
Nouvelle ère
Le RNI peine depuis l'amorce de l'ère de démocratisation à effacer l'image de «parti de l'administration» qui lui a été affublée durant le régime de Hassan II.
Ce parti essaie depuis 1997 et surtout depuis 2002 de se situer clairement comme étant un parti de droite modérée libérale économiquement et prônant la démocratie.
Ahmed Osman a été renversé en à la suite d'un coup de force mené par une partie du bureau politique mécontente de la gestion des affaires. Le RNI a organisé un congrès le 21-22- qui a abouti sur l'élection de Mustapha Mansouri, ministre de l'emploi, face à Mustapha Oukacha.
Mustapha Mansouri, donné perdant au tout début des tractations, a bénéficié d'une campagne de presse très favorable mais aussi du ralliement providentiel de l'ancien ministre des droits de l'Homme, Aoujar, après que celui-ci retira sa candidature à la présidence du parti.
Élection de Mezouar
Le à Marrakech, Salaheddine Mezouar a été élu président du Rassemblement national des indépendants, après avoir écarté Mustapha Mansouri grâce à son courant réformateur.
Élections législatives de 2011
Lors des élections législatives de 2011, Salaheddine Mezouar crée la surprise en annonçant la mise en place d’une coalition composée de huit partis politiques : le RNI, le PAM, le MP, l’UC, le Parti travailliste (PT), le Parti socialiste (PS), celui de la Renaissance et de la vertu (PRV), et le Parti de la gauche verte (PGV) [10]. La presse marocaine surnomme cette coalition le G8 [11].
Réélection de Mezouar
Le , il est reconduit dans ses fonctions lors du 5e congrès ordinaire du parti tenu à Rabat, avec 1 928 voix contre 115 pour son concurrent Rachid Sassi[12].
Dans le gouvernement El Othmani I (2017-2019), le RNI compte sept portefeuilles ministériels.
Présidence Akhannouch
Aziz Akhannouch est élu président du parti en 2016. Lors des élections législatives de 2021, le RNI obtient 102 sièges, le plus grand nombre de sièges parmi les partis[13] et forme un gouvernement dirigé par Akhannouch.
Selon les statuts du RNI, le président du parti ne peut effectuer plus de deux mandats. En , Akhannouch annonce qu'il ne se représentera pas à la présidence du parti[14] à la suite de la CAN 2025 et des manifestations de la GenZ au Maroc. Mohamed Chaouki, unique candidat, est élu président lors d'un congrès extraordinaire le [15].
Idéologie
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) est généralement classé parmi les partis politiques marocains de centre à centre-droit, avec une idéologie caractérisée par un pragmatisme politique prononcé et une combinaison de références au libéralisme économique et à une social-démocratie modérée. Depuis sa fondation en 1978, le parti ne s’est pas inscrit dans une doctrine idéologique rigide, mais s’est plutôt construit comme une formation d’orientation gestionnaire, privilégiant l’efficacité de l’action publique, la stabilité institutionnelle et l’adaptation aux priorités socio-économiques définies par l’État marocain. Cette approche contribue à son positionnement comme un parti « attrape-tout », visant à rassembler des électorats divers autour d’objectifs de gouvernance et de développement plutôt que d’un corpus idéologique strictement structuré.
Sur le plan économique, le RNI défend une orientation clairement libérale, fondée sur la promotion de l’économie de marché, le renforcement du secteur privé et l’encouragement de l’initiative entrepreneuriale. Le parti soutient des politiques visant à améliorer le climat des affaires, à attirer les investissements nationaux et étrangers et à réduire les entraves administratives à l’activité économique. Cette vision repose sur l’idée que la croissance économique et la création de richesse constituent des leviers essentiels pour le développement social et la réduction des inégalités. Dans ce cadre, le rôle de l’État est conçu principalement comme celui d’un régulateur et d’un facilitateur, chargé de créer les conditions favorables à l’investissement et à la compétitivité, plutôt que comme un acteur économique centralisé ou interventionniste.
Parallèlement à cette orientation libérale, le RNI revendique une dimension sociale-démocrate, notamment dans son discours sur la justice sociale, la cohésion nationale et l’égalité des chances. Le parti affirme la nécessité de politiques publiques visant à renforcer la protection sociale, à améliorer l’accès aux services essentiels, en particulier l’éducation et la santé, et à favoriser l’inclusion économique des populations vulnérables. Toutefois, cette référence à la social-démocratie demeure très modérée et s’inscrit dans une logique de soutenabilité budgétaire et de complémentarité avec le secteur privé, plutôt que dans une perspective de redistribution extensive ou de remise en cause des structures économiques existantes.
Perception de l'opinion publique
Dans le débat public, le Rassemblement National des Indépendants (RNI) est fréquemment critiqué pour sa composition sociologique, ce qui lui vaut souvent les qualificatifs de « parti de la bourgeoisie » ou de « parti des patrons »[16]. Cette caractérisation s’appuie sur le profil de ses dirigeants et de ses cadres, parmi lesquels figurent de nombreux hommes d’affaires, chefs d’entreprise, grands exploitants agricoles et hauts cadres du secteur privé[17]. La forte représentation de profils issus du monde économique a contribué à forger l’image d’un parti étroitement lié aux intérêts des classes aisées et des milieux entrepreneuriaux, alimentant la perception d’une formation politique structurellement alignée sur ceux du grand capital.
Pour ses détracteurs, cette imbrication entre pouvoir économique et pouvoir politique crée une confusion des rôles, le parti étant perçu non comme un médiateur entre la société et l’État, mais comme un instrument de défense des privilèges d’une élite financière[18]. Cette perception est renforcée par le mode de recrutement du RNI, historiquement fondé sur la cooptation de notables locaux disposant d’un ancrage financier solide, au détriment de l’émergence de cadres issus du militantisme de base ou des classes populaires[19].
Cette sociologie partisane se reflète également dans les priorités programmatiques du RNI, souvent considérées comme davantage centrées sur la performance économique, la compétitivité et l’attractivité des investissements que sur les questions de redistribution et de réduction des inégalités structurelles[20]. Bien que le parti évoque la justice sociale et l’égalité des chances dans ses discours officiels, ces thématiques occupent une place secondaire par rapport aux objectifs de modernisation économique et de soutien au secteur privé. Selon ses critiques, les propositions du RNI en matière sociale s’inscrivent généralement dans une logique d’accompagnement de la croissance plutôt que dans une remise en cause des déséquilibres socio-économiques existants.
Organisation interne
Le conseil national du RNI, constitué de plus de 700 militants, élit le comité central (403 membres) qui constitue son parlement, son instance dirigeante.
Le comité, quant à lui, désigne le bureau exécutif (33 membres) constitué d’un conseil d’administration et d’un organe de gestion.
Organisations parallèles
- Fédération Nationale de la Jeunesse RNIste [21]
- Organisation des Avocats RNIstes
- Association Nationale des Commerçants “Indépendants”
- Association des ingénieurs RNIstes
- Fédération Nationale des Femmes du RNI
- Organisation nationale des cadres et du personnel du secteur de la santé RNIstes
- Instance nationale RNIste du secteur des taxis
- Association des professeurs universitaires du RNI
- Organisation Al Hamama pour l’éducation et le scoutisme
- Organisation des Etudiants du RNI
- Organisation des Experts Comptables et Financiers du RNI
- Organisation nationale des fonctionnaires et cadres administratifs RNIstes
- Association Marocaine de Secours Civil
- Association Amal Al-Ahrar pour les personnes ayant des besoins spéciaux
Représentation au sein du gouvernement marocain
Dans le gouvernement Akhannouch (depuis 2021) :
| Ministre | Portefeuille | |
|---|---|---|
| Nadia Fettah Alaoui | Ministre de l'Économie et des Finances | |
| Chakib Benmoussa | Ministre de l'Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports | |
| Ahmed El Bouari | Ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts | |
| Fatim-Zahra Ammor | Ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire | |
| Mohcine Jazouli | Ministre délégué chargé de l'Investissement, de la Convergence et de l'évaluation des Politiques publiques | |
| Mustapha Baïtas | Ministre chargé des Relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement |
Notes et références
- ↑ [PDF] « Arrêté du ministre de l'Intérieur no 2914-11 du 30 kaada 1432 (28 octobre 2011) fixant les symboles attribués aux listes de candidatures ou aux candidats appartenant aux partis politiques », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5992, , p. 2386-2387 (lire en ligne)
- ↑ « Notre identité », sur Site Web du Rassemblement National des Indépendants (consulté le )
- ↑ « Analyse rétrospective des élections marocaines de septembre 2021 », sur Hespress Français, hespressfr, (consulté le ).
- ↑ (en) « Our Campaigns - Political Party - National Rally of Independents (RNI) », sur www.ourcampaigns.com (consulté le ).
- ↑ Nora Jaafar, « Programme électoral 2021 du RNI : le chantier social au cœur de la stratégie du parti », sur LEBRIEF, (consulté le )
- ↑ « Le Rassemblement national des indépendants n'est plus représenté dans le nouveau gouvernement formé par Hassan II », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Au Maroc, victoire dans les urnes des partis proches du roi au détriment des islamistes », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ LE MATIN, « Le RNI devra choisir soigneusement ses alliés », sur Le Matin.ma, (consulté le )
- ↑ Jean-Claude Santucci, « Le multipartisme marocain entre les contraintes d’un « pluralisme contrôlé » et les dilemmes d’un « pluripartisme autoritaire » », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, nos 111-112, , p. 63–118 (ISSN 0997-1327, DOI 10.4000/remmm.2864, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Salaheddine Mezouar : « Si mon parti l’emporte, j’assumerai mes responsabilités » », sur jeuneafrique.com, youssef aït akdim
- ↑ « UN G8 POLITIQUE POUR DÉFENDRE LA DÉMOCRATIE ET LA MODERNITÉ », sur La Vie Eco
- ↑ Congrès du RNI, Mezouar garde les commandes, Le Matin, 29/04/2012
- ↑ « Élections 2021: le RNI se positionne comme la première force politique », sur LesEco.ma, (consulté le )
- ↑ « Au Maroc, pourquoi le retrait d’Aziz Akhannouch pourrait fragiliser le RNI », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- ↑ « Mohamed Chaouki succède à Akhannouch à la tête du RNI », Challenge, .
- ↑ Larbi El Isbihani, « Le parti du Rassemblement national des Indépendants au Maroc (1977-1984) », theses.fr, Montpellier 1, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jean-Claude Santucci, « Le multipartisme marocain entre les contraintes d’un « pluralisme contrôlé » et les dilemmes d’un « pluripartisme autoritaire » »
, sur https://journals.openedition.org/,
- ↑ Mounia Bennani-Chraïbi, « (Partis politiques et protestations au Maroc (1934-2020) »
, sur https://www.unil.ch/,
- ↑ Abdessalam Jaldi et Hamza Mjahed, Policy Paper, « Analyse rétrospective des élections marocaines de septembre 2021 »
, sur https://www.policycenter.ma/,
- ↑ Mme Saloua ZERHOUNI, Politologue, « Programme d’études « Lien social au Maroc : quel rôle pour l’Etat et l’ensemble des acteurs sociaux ? », Jeunes et participation politique au Maroc »
, sur https://www.ires.ma/,
- ↑ « En savoir plus sur la structure et les organisations du parti », sur التجمع الوطني للأحرار (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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