Ravinala Airports
| Ravinala Airports | |
| |
| Création | 2016 |
|---|---|
| Personnages clés | Hery Rajaonarimampianina |
| Forme juridique | Société anonyme |
| Siège social | Ivato |
| Direction | Daniel Lefebvre |
| Actionnaires |
|
| Activité | Gestion aéroportuaire |
| Effectif | 284 |
| Site web | ravinala-airports.aero |
Ravinala Airports est une société malgache de gestion aéroportuaire issue d'un partenariat public-privé entre l'État malgache et un consortium composé du fonds d'investissement français Meridiam et d'ADP International[1]. Elle assure depuis la concession des deux principaux aéroports internationaux de Madagascar: l’aéroport international d’Ivato (Antananarivo) et l’aéroport international de Nosy-Be-Fascène (Nosy Be)[2].
Sa mission consiste à moderniser ces infrastructures, améliorer leur conformité aux normes internationales et en faire des plateformes compétitives au service du développement économique et touristique du pays.
Historique
Lancement du projet
L'histoire de Ravinala Airports commence en lorsque l'État malgache lance un appel d'offres international pour la modernisation de ses principaux aéroports. Après sélection, le consortium formé par Meridiam et ADP International est retenu en . Les parties officialisent leur collaboration le par la signature d'une convention de concession de 28 ans des deux aéroports. Tout au long de l'année 2017, la nouvelle société Ravinala Airports mène des études techniques approfondies en prévision des futurs travaux[3].
Entrée en concession
Le marque un tournant décisif avec la prise effective de gestion des aéroports d'Ivato et de Fascène par Ravinala Airports. Dès le mois d'août suivant, des travaux d'urgence sont entrepris pour remettre aux normes les installations les plus critiques, notamment les systèmes électriques et de climatisation qui présentaient des défaillances importantes.
Dès 2019, Ravinala Airports engage une rénovation complète de la zone d'embarquement du terminal 1 d'Ivato et du terminal existant de Fascene.
L'année 2020 est marquée par l'extension du hall d'enregistrement à Ivato, dont la surface augmente de 40%, offrant ainsi plus d'espace aux voyageurs. Le nouveau système de traitement des bagages, mis en service cette année-là, permet de fluidifier considérablement les opérations. Cette même année voit le début des travaux d'extension à Nosy Be pour accueillir les gros porteurs, une nécessité pour développer le tourisme international.
En 2021, le nouveau terminal d'Ivato est inauguré, doté d'équipements modernes et d'une capacité doublée[4]. Les travaux se poursuivent en 2022 avec l'amélioration des parkings et la création de nouvelles voies d'accès.
Retrait de Bouygues et Colas
Face à des pressions croissantes notamment de la Banque mondiale à la suite d'une affaire de corruption liée à leur obtention du contrat, Bouygues et sa filiale Colas avaient choisi de se retirer du consortium Ravinala Airports en 2021[5]. Ils cédèrent leurs 20% de parts détenues conjointement à leurs deux partenaires. Ce départ effectif permit à Meridiam, déjà actionnaire à 45%, de devenir l'actionnaire majoritaire du groupe gestionnaire de l'aérogare. Quant aux conclusions du rapport de la Banque mondiale, elles n'auront pas empêché cette recomposition capitalistique, mais elles auront durablement marqué l'histoire controversée de cette infrastructure[6],[7].
Retrait du Groupe ADP
En avril 2026, le groupe ADP se prépare lui aussi à quitter l'actionnariat de Ravinala Airports et céder ses parts à Meridiam, déjà actionnaire majoritaire[8]. Cinq ans plus tôt, ADP International avait déjà été exclue pour une durée de 24 mois pour des pratiques collusoires dans le cadre du projet aéroportuaire[5].
Concessions
| Ville | Nom | Depuis | Durée | Passagers |
|---|---|---|---|---|
| Antananarivo | Aéroport international d'Antananarivo-Ivato | 28 ans | 975 000 (2024)[9] | |
| Nosy Be | Aéroport international de Nosy-Be-Fascene | 264 604 (2025)[10] |
Controverses
Suspicions de corruption
L'exploitation de la nouvelle aérogare d'Ivato avait été menacée dès ses premiers mois par une enquête pour corruption de la Banque mondiale. Celle-ci visait les conditions d'attribution du contrat de construction et de gestion de l'infrastructure, remporté en 2015 par un consortium français réunissant Aéroports de Paris (ADP), Bouygues et sa filiale Colas[5]. Un concurrent malheureux avait dénoncé des irrégularités, déclenchant les investigations de l'unité anti-corruption de l'institution financière, dont une filiale avait prêté 45 millions d'euros au projet.
Contrairement à ADP et aux deux géants du BTP, le fonds d'investissement Meridiam, entré plus tard dans le consortium, n'avait pas été visé par l'enquête. Il s'était d'ailleurs fait rassurer par un audit interne du cabinet Kroll, qui n'avait relevé qu'un accroc mineur. Mais la Banque mondiale avait poursuivi ses recherches, envoyant plusieurs missions sur place, tandis que l'administration malgache de l'époque menait ses propres vérifications sur ce contrat hérité de la présidence de Rajaonarimampianina[6].
Face à ces pressions croissantes, Bouygues et Colas avaient finalement choisi de se retirer du consortium Ravinala Airports. Ils cédèrent leurs 20 % de parts détenues conjointement à leurs deux partenaires. Ce départ effectif permit à Meridiam, déjà actionnaire à 45 %, de devenir l'actionnaire majoritaire du groupe gestionnaire de l'aérogare. Quant aux conclusions du rapport de la Banque mondiale, elles n'auront pas empêché cette recomposition capitalistique, mais elles auront durablement marqué l'histoire controversée de cette infrastructure[6],[7].
Voir aussi
Notes et références
- ↑ (en) « Ravinala Airports, the concession company for the Antananarivo and Nosy Be airports in Madagascar, formed by Groupe ADP, Bouygues Bâtiment International , Colas and Meridiam Africa, finalises its funding arrangements and begins work », sur www.colas.com (consulté le )
- ↑ « Accueil - Ravinala Airports, gestionnaire d'aéroports » [archive du ], sur Ravinala Airports (consulté le )
- ↑ « Madagascar : un pays d'aéroports... en devenir ? », sur Focus-OI (consulté le )
- ↑ « Signature de l’avenant du contrat de concession des aéroports d’Ivato et Nosy Be entre l’État Malagasy et Ravinala Airport », sur www.presidence.gov.mg (consulté le )
- « Aéroport Ivato – Suspicion de corruption : Rapport d’enquête Banque Mondiale sur Ravinala Airports », sur La Gazette de la Grande Ile, (consulté le )
- « Ravinala Airports – Enquête sur corruption : Bouygues et Colas envisagent de se retirer », sur La Gazette de la Grande Ile, (consulté le )
- « MADAGASCAR • Après les sanctions de la Banque mondiale, Meridiam s'impose au capital de Ravinala Airports - 08/02/2022 »
, sur Africa Intelligence, (consulté le )
- ↑ « Madagascar • Groupe ADP se prépare à quitter la Grande Île », sur Africa Intelligence, (consulté le )
- ↑ Rédaction Midi Madagasikara, « Ravinala Airports : 1,23 million de passagers enregistrés en 2024 », sur Midi Madagasikara, (consulté le )
- ↑ Par Irina Tsimijaly, « Madagascar: Nosy-Be - La fréquentation aérienne en hausse », L'Express de Madagascar, (lire en ligne, consulté le )
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