Raymond Vandière de Vitrac

Raymond Vandière de Vitrac ou Raymond de Vandière de Vitrac d'Abzac, né « Raymond Vitrac »[a] le à Tourtoirac (Dordogne) et mort le à Milon-la-Chapelle en Seine-et-Oise est un agronome et éleveur français, pionnier au XIXe siècle dans le développement des techniques de drainage des sols.
Biographie

Fils d'Antoine de Vitrac de Vandière (1780-1863) et d'Anne de Meyvière d'Artois, Raymond Vitrac naît le 11 nivôse an VIII () au château de Laudonie à Tourtoirac (Dordogne)[1].
Après des études au collège de Périgueux[2], il est attaché à la maison du roi jusqu'en 1830, d'abord comme élève écuyer des Grandes écuries du roi le , puis comme écuyer du manège royal le [3], manège de Louis XVIII puis de Charles X.
En 1828, il est adopté par son grand-oncle Jean d'Abzac, sans héritier[b], commandant du manège du roi à Versailles et ancien directeur du haras du Pin[5]. Cette adoption permet à Raymond Vandière de Vitrac de porter le nom d'Abzac et de relever les armes de la maison d'Abzac.
Selon l'Armorial de la noblesse du Périgord, la branche de Vitrac de Vandière s’est appelée depuis « Abzac-de-Vitrac », avec transmission des armes et des titres après l’adoption du vicomte d’Abzac [6].
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Famille de Vitrac de Vandière d’Abzac XIXᵉ siècle puis de Vandière de Vitrac d’Abzac du XXᵉ siècle à aujourd'hui.
Écartelé : aux 1er et 4e d'argent à la bande d'azur chargée d'un besant d'or, à la bordure d'azur chargée de besants d'or (Abzac) ; aux 2e et 3e d'or à la fasce de gueules accompagnée de six fleurs de lys d'azur (Boniface) ; sur le tout de gueules à trois léopards d'or[7],[8],[9],[10].
Il est maire de Milon-la-Chapelle sans interruption de 1841 à 1872[3].
Apport à l'agriculture
À la suite de la Révolution de Juillet, il se retire dans sa propriété de Milon-la-Chapelle, près de Chevreuse (Yvelines), où il se consacre avec succès à l'agriculture et à l'élevage du cheval. Son activité fait de lui une figure de référence, autant par les fonctions qu'il exerce que par les innovations qu'il promeut[3].
En 1837[3], il entre à la Société d'agriculture de Versailles, dont il devient président en 1849. Il organise et dirige pendant dix-huit ans le service gratuit des étalons[11].
Particulièrement attentif aux progrès techniques, il contribue à la modernisation de l'agriculture par les défrichements, l'irrigation et l'amélioration du matériel, anticipant la méthode anglaise du drainage. Dans son Dictionnaire de biographie contemporaine, française et étrangère, Adolphe Bitard écrit « Les perfectionnements accomplis par Raymond de Vandières de Vitrac dans l'agriculture portent sur toutes les branches de ce grand art et notamment, on lui attribue l'honneur d'avoir appliqué le premier — en quelque sorte inventé — le système de drainage aujourd'hui si largement pratiqué en Angleterre. En somme, il a devancé, accéléré ou suivi ardemment tous les progrès accomplis en agriculture proprement dite ou dans la construction et l'emploi du matériel agricole qui auront marqué les deux derniers tiers de ce siècle »[12]. Gustave Vapereau dans son Dictionnaire universel des contemporains contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers précise que « il avait notamment devancé la méthode anglaise du drainage, par l'usage des pierrées dans ses prés »[13].
Descendance du couple Raymond Vandière de Vitrac d'Abzac x Léonore Nicette de Kalb
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Acte de mariage (page 1/3). -
Acte de mariage (page 2/3). -
Acte de mariage (page 3/3).
Le à Milon-la-Chapelle, il épouse Léonore Nicette de Kalb (1811–1899), petite-fille du général major Johann de Kalb (1721–1780).
De ce mariage sont nés six enfants au château de Milon-la-Chapelle[14].
- Raymond Vandière de Vitrac d'Abzac x Léonore Nicette de Kalb
- Edmond Antoine Vandière de Vitrac d'Abzac, né le [15]. Il épouse Rose-Marcelina Forges, dont une fille Marguerite qui épousera son cousin germain Raymond Antoine de Vitrac de Vandière d'Abzac.
- Adolphe Élie Vandière de Vitrac d'Abzac, né le [16]. Il épouse Blanche Le Pelletier de Molandé. Le couple n'a pas d'enfants.
- Frédéric Ernest Vandière de Vitrac d'Abzac, né le [17]. Il épouse Marie Catherine Alice Dominique Dhéralde[c], dont deux fils et une fille.
- Ludovic Léon Vandière de Vitrac d'Abzac, né le [18]. Il épouse Julie Delphine Lisa Deschamps, dont une fille, Lucie Eugénie Vandière de Vitrac d'Abzac (1864-1942) qui épousa Casimir Louis Rougé (1861-1941)
- Raymond Joseph Vandière de Vitrac d'Abzac, né le [19]. Il se marie deux fois : la première à Agathe Antonia Marie Macault de la Cosne, dont un fils et deux filles, la seconde à Marie Feuillet, dont il n'a pas d'enfants.
- Elisabeth Léonore Clotilde Vandière de Vitrac d'Abzac, née le [20]. Le , à Milon-la-Chapelle, elle épouse Émile Soulange Teissier. Elle meurt le à son domicile 36, rue Gay-Lussac à Paris[21].
Décoration
Le , Raymond Vandière de Vitrac Vicomte d’Abzac est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur[22].
Décès
Raymond de Vandière de Vitrac d’Abzac meurt le dans sa demeure, le château de Milon-la-Chapelle, en Seine-et-Oise. La presse de l’époque publie plusieurs notices nécrologiques rappelant son parcours, ses fonctions publiques et son rôle dans le développement de l’agriculture au XIXe siècle.
Le quotidien Le Monde annonce son décès en et souligne son engagement au service de l’agriculture et des institutions locales[23]. Une notice paraît également dans le journal monarchiste Le Triboulet, qui rappelle ses titres, ses distinctions et sa qualité de chevalier de la Légion d’honneur[24].
Pour approfondir
Bibliographie
- Adolphe Bitard, notice « Abzac (comte d'), Raymond de Vandières de Vitrac » in Dictionnaire de biographie contemporaine, française et étrangère, 1880, p. 10 et 11, [lire en ligne]
- Gustave Vapereau, notice « Abzac (Raymond de Vandière de Vitrac), » in Dictionnaire universel des contemporains contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, 1858, p. 10 et 11, [lire en ligne].
Articles connexes
Liens externes
- Notice Raymond Vandière de Vitrac dans la base Léonore
- M. Ruelle, notice « Notice nécrologique de M. le comte d'Abzac » in Mémoires de la société d'agriculture du département de Seine-et-Oise, [lire en ligne]
- Tisseron, notice « M. le vicomte d'Abzac, membre du comice et de la société d'agriculture du département de Seine-et-Oise » in revue mensuelle Archives biographiques et nécrologiques, année 1859, [lire en ligne]
- Xavier Soulange-Teissier, À propos du fonds Kalb, 2014 et mise à jour en 2019, [lire en ligne]
Notes et références
Notes
- ↑ Comme souvent avant la stabilisation des noms de famille au XXe siècle, le nom de cette personnalité est assez divers. On lit « Vitrac » à la naissance, époque révolutionnaire où la particule n'était plus de mise, « Vandière de Vitrac » à son mariage puis « Vandière de Vitrac, comte d'Abzac ». Au XXIe siècle, ses descendants portent le nom de famille de « de Vandière de Vitrac d'Abzac ».
- ↑ Son grand-oncle Jean d'Abzac, sans héritier, l'adopte. Jean d'Abzac de Sarrazac dit « Baron d'Abzac » (1747-1831), garde du corps dans l'armée des Princes, dirige le haras du Pin. Sa sœur Claire d'Abzac de Sarrazac (1742-1829) a épousé en 1777 Elie Bernard de Vitrac de Vandière (1715-1790). Leur fils Antoine est le père de Raymond[4].
- ↑ L'acte de mariage de Frédéric Ernest Vandière de Vitrac d'Abzac indique qu'il épouse une demoiselle de prénoms « Marie Catherine Alice » et de nom « Dominique Dhéralde », on note toutefois qu'elle signe « Alice d'Héralde » tandis que son cousin, témoin, signe « Léon Dhéralde », [lire en ligne].
Références
- ↑ « Acte de naissance de Raymond de Vandière de Vitrac (cote 5 E 549 4) », sur Archives départementales de la Dordogne, Tourtoirac,
- ↑ Tisseron, notice « M. le vicomte d'Abzac, membre du comice et de la société d'agriculture du département de Seine-et-Oise » in revue mensuelle Archives biographiques et nécrologiques, année 1859, [lire en ligne].
- M. Ruelle, notice « Notice nécrologique de M. le comte d'Abzac » in Mémoires de la société d'agriculture du département de Seine-et-Oise, [lire en ligne].
- ↑ Famille d'Abzac, p. 21 sur 39, [lire en ligne].
- ↑ Arrêt de la Cour royale de Paris du : adoption de Raymond de Vandière de Vitrac par Jean d'Abzac, [lire en ligne].
- ↑ Alfred de Froidefond de Boulazac, Armorial de la noblesse du Périgord, vol. Tome I, Périgueux, Imprimerie de la Dordogne, , 522–523 p. (lire en ligne)
- ↑ Albert Révérend, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe, Paris, Au secrétariat de la noblesse, (lire en ligne), p. 172
- ↑ Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France, Paris, Chez l’auteur, (lire en ligne)
- ↑ Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren, Grand armorial de France, t. VI, Paris, Société du Grand armorial de France, 1934-1952, p. 490
- ↑ Le Triboulet : Journal illustré, vol. 4, Paris, Le Triboulet, (lire en ligne), p.13 :
« Mention de « Raymond de Vandière de Vitrac, comte d’Abzac », accompagnée d’une représentation héraldique conforme aux armes portées par la famille de Vandière de Vitrac d’Abzac. »
- ↑ « Correspondance », p. 564 in Journal d'agriculture pratique, de jardinage et d'économie domestique de janvier 1895, [lire en ligne].
- ↑ Adolphe Louis Emile Bitard, notice « Abzac (comte d'), Raymond de Vandières de Vitrac » in Dictionnaire de biographie contemporaine, française et étrangère, 1880, p. 14 sur 1197.
- ↑ Gustave Vapereau, notice « Abzac (Raymond de Vandière de Vitrac), » in Dictionnaire universel des contemporains contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, 1858, p. 32 sur 944.
- ↑ André Borel d'Hauterive, Albert Révérend, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1903, p. 168-172, [lire en ligne].
- ↑ Registres des naissances de la commune de Milon-la-Chapelle (Yvelines, France), NMD, 181-1837, 4E 1774, p. 122 sur 180, [lire en ligne].
- ↑ Registres des naissances de la commune de Milon-la-Chapelle (Yvelines, France), NMD, 1815-1837, 4E 1774, p. 129 sur 180, [lire en ligne].
- ↑ Registres des naissances de la commune de Milon-la-Chapelle (Yvelines, France), NMD, 1815-1837, 4E 1774, p. 138 sur 180, [lire en ligne].
- ↑ Registres des naissances de la commune de Milon-la-Chapelle (Yvelines, France), NMD, 1838-1860, 4E 1775, p. 53 sur 178, [lire en ligne].
- ↑ Registres des naissances de la commune de Milon-la-Chapelle (Yvelines, France), NMD, 1838-1860, 4E 1775, p. 7 sur 178, [lire en ligne].
- ↑ Registres des naissances de la commune de Milon-la-Chapelle (Yvelines, France), NMD, 1838-1860, 4E 1775, p. 105 sur 178, [lire en ligne].
- ↑ Archives de Paris, Registre des décès du 5e arrondissement (26 juin 1922 – 12 août 1922), cote 5D 233, acte du 23 juillet 1922, vue 21/31. Dans l'acte de décès, son nom de famille est « de Vandière de Vitrac d’Abzac ».
- ↑ Fiche de Raymond Vandière de Vitrac dans la Base Léonore, [lire en ligne].
- ↑ « Nécrologie – Raymond de Vandière de Vitrac, comte d’Abzac », Le Monde, , p. 3 (lire en ligne)
- ↑ Vicomte Rolph, « M. Raymond de Vandière de Vitrac, comte d'Abzac, chevalier de la Légion d'honneur », Le Triboulet, vol. 4, , p. 13 (lire en ligne, consulté le )
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