Recensement agricole

Le recensement agricole est une opération de collecte de données relatives à l'agriculture. Plusieurs pays dans le monde mettent en œuvre une telle enquête.

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture recommande de mener le recensement à un rythme décennal. À titre d'exemple, c'est ce délai qui est respecté dans les pays de l'Union européenne, lesquels doivent réaliser le recensement à la même période de l'année, en recourant aux mêmes concepts, dans l'idée de produire des données comparables.

Histoire

Les États sont à l'initiative de nombreuses campagnes de recensement.

En France, une enquête statistique est menée chaque année à partir de 1814, à l'initiative de Louis Becquey, directeur général de l'agriculture. En 1840, l'enquête devient décennale et gagne en structuration : maires et préfets sont destinataires de tableaux précis à remplir. En 1892, la synthèse de la décennie passée est illustrée dans un atlas statistique[1]. Le Recensement général de l'agriculture (RGA) est organisé en 1955, pour la première fois en recourant aux sondages, et en collaboration avec l'INSEE. L'enquête est reconduite en 1970, 1979 et 1988[2]. C'est le Service de la statistique et de la prospective du Ministère de l'Agriculture qui est chargé de mener l'opération.

Au Canada, le recensement de l'agriculture est mené tous les cinq ans par l'agence fédérale Statistique Canada, conformément à l'article 20 de la Loi sur la statistique[3].

En Espagne, le premier recensement agricole date de 1962. Il est mené en association avec le FAO[4]. Sa conduite rationnelle a considérablement amélioré la connaissance de l'agriculture nationale[5].

Plusieurs recensements agricoles ont été menés successivement à l'échelle européenne, en 1998, 2000, 2010 et 2020. C'est le règlement n°1467/96 du Conseil du qui introduit cette obligation communautaire[6]. Les pays de l'UE sont tenus de mener leur recensement la même année, avec le même intervalle, et en s'appuyant sur les mêmes critères[7].

Données collectées

Parmi les données produites par le recensement agricole, figurent, à titre d'exemple pour la France[7] :

  • la filière agricole principale de chaque commune, définie comme « orientation technico-économique » (OTEX) ;
  • la mesure des surfaces dévolues à l'activité agricole ;
  • le nombre d'agriculteurs, leur qualification, la configuration juridique et familiale des structures agricoles, et les dynamiques démographiques en termes d'emploi agricole ;
  • l'ampleur de l'agriculture biologique ou des exploitations liées à un signe d'identification de la qualité et de l'origine.

Ces informations sont importantes pour affiner la connaissance des réalités agricoles d'un territoire. Les recensements peuvent toutefois être complétés par d'autres enquêtes plus précises et sectorielles (« enquêtes structures », enquêtes LSMS-ISA sur la composition et le niveau de vie des ménages agricoles, enquêtes foncières…)[8],[9].

Le FAO s'engage auprès des pays à fournir une méthodologie de conduite du recensement agricole[10].

Critiques

La fiabilité des enquêtes peut toutefois souffrir de critiques[11].

La connaissance des usages agricoles du sol en France, permise jusqu'aux années 2000 par les seuls recensement agricoles, s'est améliorée par la mise au point de systèmes informatisés[12].

Références

  1. Bibliothèque de l'Insee Alain Desrosières, « Recensements et enquêtes agricoles », sur bibliotheque.insee.net (consulté le ).
  2. « Le recensement agricole, un outil essentiel pour dresser un panorama de l'agriculture française », sur agriculture.gouv.fr, (consulté le ).
  3. Gouvernement du Canada, « Loi sur la statistique », sur laws-lois.justice.gc.ca, (consulté le ).
  4. Max Daumas, « Le premier recensement agricole espagnol et ses enseignements », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, vol. 34, no 3,‎ , p. 304-312 (lire en ligne, consulté le ).
  5. Eladio Arnalte et Vicent Estruch, « Évolution des structures foncières dans l'agriculture espagnole », dans Anne-Marie Jouve, Terres méditerranéennes : le morcellement, richesse ou danger?, Karthala, (ISBN 9782845861992).
  6. « Recensement agricole », sur geoconfluences.ens-lyon.fr, (consulté le ).
  7. Ministère de l'Agriculture, « Dossier de presse - Recensement agricole 2020 : premiers résultats provisoires », sur agriculture.gouv.fr, (consulté le ).
  8. Observatoire des agricultures du monde - Guide opérationnel, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, , 102 p. (ISBN 9789251390856), p. 58.
  9. Mario Carrier et Serge Côté, Gouvernance et territoires ruraux : Éléments d'un débat sur la responsabilité du développement, Presses de l'Université du Québec, , 356 p. (ISBN 9782760516649), p. 191.
  10. FAO, Programme mondial du recensement de l'agriculture 2020 : Directives Opérationnelles, , 378 p. (ISBN 9789251310861).
  11. Mohamed Gafsi, Exploitations agricoles familiales en Afrique de l'Ouest et du Centre : Enjeux, caractéristiques et éléments de gestion, Quae, , 472 p., p. 126.
  12. Simon Dufour, Géographie de l'anthropocène : concepts, démarches, éthiques, Armand Colin, , 352 p. (ISBN 9782200640811).

Voir aussi

Articles connexes

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