Refuge de la Blanche

Refuge de la Blanche
Illustration du refuge.
Vue du lac et du refuge de la Blanche.
Altitude 2 500 m
Massif Massif d'Escreins (Alpes)
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Capacité
Coordonnées géographiques 44° 39′ 59″ nord, 6° 56′ 25″ est[1]
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Refuge de la Blanche
Géolocalisation sur la carte : Hautes-Alpes
(Voir situation sur carte : Hautes-Alpes)
Refuge de la Blanche
Refuge de montagne

Le refuge de la Blanche est un refuge de montagne situé dans les Alpes françaises dans le massif d'Escreins, à 2 500 mètres d'altitude, au pied de la tête des Toillies, sur la commune de Saint-Véran (département des Hautes-Alpes).

Caractéristiques

Le refuge est installé à 2 500 m d'altitude. Il est situé au fond de la vallée de l’Aigue Blanche qui communique avec l’Italie par le col de Saint-Véran[2]. La piste d'accès est interdite aux voitures l'été[3], en raison de la présence d'une navette. Le refuge est au pied d’une falaise de marbre jurassique et au bord du lac de la Blanche (2 499 m), niché dans les schistes lustrés, et source de la rivière éponyme[4].

Accès

L'accès s'effectue au départ du village de Saint-Véran, plus haute commune habitée d'Europe.

Courses au départ du refuge

Des alpinistes utilisent le refuge pour gravir le sommet de la tête des Toillies, à la frontière de la Haute-Ubaye et considéré comme le « Cervin local », par l'arête nord-est, en escalade cotée 6a (5c+)[3].

Juste au-dessus du refuge, la paroi des dalles de la Blanche offre « trois voies modernes en dalles peu raides et bien sculptées ». Le niveau d'escalade de ces voies va du 4b au 5a. Ces voies peuvent être poursuivies en continuant jusqu'au sommet de la Rocca Bianca, située à 3 059 mètres d'altitude[3].

Des randonnées mènent aux deux lacs Blanchet dans les marbres jurassiques et au lac de la Noire dans les serpentinites. Le parcours prend une heure à partir du refuge, sur le chemin sinueux et rocailleux qui mène au col Blanchet (borne frontière no 50). Sur le versant sud de ce col, à une heure de plus, se trouve le lac de la Noire[4].

Histoire

Piste ancienne menant au refuge

L'accès au refuge, situé à une altitude élevée comme l'autre refuge important du Queyras, le refuge Agnel, est facilité par une piste qui part du village de Saint-Véran et qui a servi jusqu'aux années 1960 pour l'accès à une très ancienne mine de cuivre, utilisée depuis l'Antiquité.

Mine de cuivre voisine

L'extraction, par les Gaulois, mais aussi à l'âge du bronze ancien, du minerai de cuivre à Saint-Véran dans le Queyras s'effectuait jusqu'à plus de 2 600 m d'altitude, celle du point haut de la mine[2], et prouve, selon les historiens, que l'homme fréquentait régulièrement les hautes vallées et les sommets à cette époque[5]. C'était jusqu'à la découverte en 2023 par un doctorant de la mine de la Roua et ses filons de cuivre des gorges de Daluis, dans le Mercantour (Alpes-Maritimes), les seules mines de cuivre de toute la région Sud, dont l’exploitation il y a 2 500 ans avait pu être attestée[6]. Le filon discontinu de Saint-Véran avait une teneur très forte mais des conditions difficiles. Il est constitué d'un minerai sulfuré, « une bornite massive dont la teneur varie de 45 à 65 % de cuivre, associé à du cuivre natif »[2]. Un film sur la mine de cuivre, appelée aussi mine de Clausis, réalisé par Isabelle Mahenc et Laeticia Cuvelier, est sorti en [7]. Au tout début des années 1960, elle a cessé de fonctionner[7]. Dans les années 2000, les chercheurs en histoire et en géologie se sont intéressés à une deuxième zone d’extraction minière « peu étudiée jusque-là », effectuée par « la méthode du travail au feu »[2], située sur « la branche orientale du gîte de cuivre, au sommet de l’affleurement » vers 2 650 mètres d’altitude[2]. Ils y ont découvert des « grattages superficiels matérialisés par des rigoles linéaires, plus ou moins longues et profondes », variant de 3 mètres de long sur 0,20 à 0,40 mètre de large et de 9 mètres de long sur 1 mètre de large[2].

Chapelle Notre-Dame de Clausis voisine du refuge

La chapelle Notre-Dame de Clausis, voisine du refuge, fait l'objet d'un pèlerinage organisé par le diocèse de Gap-Embrun, dont l'évêque, Xavier Malle, présidait la célébration en 2025[8].

Notes et références

  1. « Carte IGN classique » sur Géoportail.
  2. Hélène Barge et Brigitte Talon, « Attaque au feu au Bronze ancien sur le gîte de cuivre de Saint-Véran (Hautes-Alpes) », Bulletin de la Société préhistorique française, 2012 [lire en ligne].
  3. Hervé Galley, Escalade Plaisir Alpes du Sud, Provence: 200 grandes voies du 4b au 6a/b d'accès aisé, Éditions Olizane, 2014.
  4. Lacs de montagne : Lac de la Blanche, lacs Blanchet et lac de la Noire, Montagnes magazine, 15 septembre 2021.
  5. Isabelle Ganet, Guy Barruol, et Guy Bertucchi, Carte archéologique de la Gaule. Hautes-Alpes, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 1995.
  6. Éric Galliano, Des mines de cuivre vieilles de 2.500 ans découvertes dans le Mercantour, Nice-Matin, 28 juillet 2023.
  7. Un film sur la mine de cuivre de Saint-Véran, Le Journal du parc, 22 novembre 2013.
  8. Pèlerinage Jubilaire à la Chapelle Notre-Dame de Clausis, 30 juillet 2025.

Voir aussi

Bibliographie

  • Hélène Barge, Saint-Véran, La montagne, le cuivre et l'homme – Volume II : L'exploitation moderne (1843-2001), Actilia Multimédia, 2012.

Articles connexes

Liens externes

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