Rekkem

Rekkem
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région flamande Région flamande
Communauté Drapeau de la Flandre Communauté flamande
Province Drapeau de la province de Flandre-Occidentale Province de Flandre-Occidentale
Arrondissement Courtrai
Commune Menin
Code postal 8930
Code INS 34027C
Zone téléphonique 056
Démographie
Population 4 948 hab. (01/01/2025[1])
Densité 625 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 47′ nord, 3° 10′ est
Superficie 792 ha = 7,92 km2
Localisation
Localisation de Rekkem
Localisation de Rekkem au sein de Menin
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Rekkem

Rekkem est une section de la ville belge de Menin, en province de Flandre-Occidentale. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Elle se nomme Retchème en picard. On trouve parfois les noms francophones de Reckem[2],[3], Recheim[4] et Rechem[5]. En 1173, le village s`appelait encore Reckeham, similaire à Reclinghem en Artois et à Rijkegem (Tirlemont), qui furent fondés par le Viking Rikiwulf en 876.

Géographie

La place de Rekkem longée par la N366.

Rekkem est frontalière avec la France et à la limite de la Région wallonne. Elle est limitrophe des localités de Menin, Lauwe, Aalbeke, Mouscron (section de commune), Neuville-en-Ferrain et Halluin[6].

Rekkem Centre se trouve au nord du territoire tandis que le hameau de Paradis se trouve davantage au sud.

Démographie

Évolution démographique

  • Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre[7].

Langues

Le dernier recensement linguistique complet de 1947 faisait état de la présence de plus d'un quart de la population usant du français comme "Langue exclusivement ou le plus fréquemment parlée". Menin n'offre pas des facilités linguistiques aux francophones mais le hameau de Risquons-Tout faisant partie de Menin et concentrant le gros de sa population francophone à ce moment-là fut de ce fait transferé à la commune de Mouscron en 1963 lors de la fixation définitive de la frontière linguistique.

Transports

L'ancien poste frontière de Rekkem sur la E17.

Le centre du village est traversé par la N 366 (Moeskroenstraat) qui relie le centre de Menin et Mouscron. La Lauwestraat et la Priester Coulonstraat, reliées à la nationale, font la liaison entre Rekkem avec Lauwe.

La Dronckaertstraat (l'ancienne voie de communication entre Courtrai et Lille) et l'autoroute A 14/E 17 passent entre Rekkem Centre et le hameau de Paradis.

Économie

Une partie d'un zoning industriel est situé à l'est de Rekkem : il est nommé LAR, d'après les initiales des trois localités sur le territoire desquelles il s'étend (Lauwe, Aalbeke et Rekkem).

Histoire

"Reckem" en 1777 sur la carte de Ferraris no 19

Pendant le Néolithique, cette région était déjà habitée. On y a retrouvé des grattoirs et des lames en silex, datant d’environ 4000 ans. Aucune trace d’occupation n’a été découverte pour l’époque romaine : la chaussée reliant Lille à Courtrai ne traversait pas cette zone.

Le nom Rekkem serait apparu à l’époque franque, mais sa signification reste incertaine. On évoque reka (rivière) et hamma (pointe de terre s’avançant dans un marais), ou encore hem (maison).

Le village serait probablement né au XIᵉ siècle. En 1163, il est déjà question d’une ecclesia ou église paroissiale. En 1173, le nom est mentionné pour la première fois sous la forme Reckeham. La frontière ouest de la commune actuelle correspond à la ligne de séparation entre les châtellenies de Lille et de Courtrai ; c’est aussi la frontière linguistique et nationale actuelle.

À partir de 1205, on trouve mention de la famille Van Rechem. En 1242, Robrecht van Lampernisse est cité comme premier seigneur. Vers le milieu du XIVᵉ siècle, Rechem est divisé en plusieurs seigneuries : Ten Dale, Te Spaus, De Drie Bunders, Ter Triest et la seigneurie du village ten Bulcke.

En 1666, le seigneur de l’époque, Bernard de Haynin, fut élevé au rang de baron, faisant de Rekkem une baronnie. Cette même année, De Haynin acheta la seigneurie de Meurins, située à Halluin, Neuville et Rekkem, au baron de Kruishoutem.

En 1668, Rekkem passa sous domination française, mais revint en 1678 aux Pays-Bas autrichiens. Après la Révolution française, les seigneuries furent abolies et regroupées en une seule commune. Le territoire, dépeuplé par les guerres, fut repeuplé par des migrants venus de France, rendant Rekkem en grande partie francophone ; plusieurs noms de champs furent alors francisés. Plus tard, des Flamands venus chercher du travail en France s’y installèrent. Jusqu’en 1947, Rekkem resta bilingue, avant de redevenir flamand.

En 1963, lors de la fixation définitive de la frontière linguistique, le hameau du Risquons-Tout (0,39 km2 - presque 500 habitants) a été transféré de la commune de Rekkem à la ville de Mouscron.

Personnages historiques

À la fin du XVIe siècle-début du XVIIe siècle, Bettremieu Miroul est seigneur de Steembourg sur Rekkem. Il a pris pour femme Barbe Petitpas[8].

Henri Muyssart (1655-1733), est écuyer, seigneur de Steembourg. Les Muyssart sont une famille d'ancienne noblesse ayant occupé de nombreuses fonctions au service de leurs souverains depuis au moins le XVe siècle ( mayeur, rewart, conseiller au Parlement de Tournai, officiers au service du roi[9]). Fils de Charles Muyssart, seigneur du Pret, du Cappe (à Linselles), bourgeois de Lille, conseiller pensionnaire des États de la Flandre wallonne, conseiller au Conseil souverain de Flandre et de Marie-Agnès le Fort, il est baptisé à Lille le et meurt à Tournai le , est inhumé dans l'église Sainte-Catherine de Lille. Il prend pour femme à Tournai le Marguerite Bommart (1668-1722), fille de Nicolas et de Marie-Anne Carette. L'épouse est baptisée à Lille le et meurt le , est inhumée dans l'église Saint-Nicaise de Tournai[8].

François II de Muyssart, écuyer, seigneur de Steembourg est fils d'Henri-Charles-François, écuyer, seigneur des Obeaux, de Chevresis, de Cappe, officier aux mousquetaires, bourgeois de Lille, grand bailli des États de Lille, Douai, Orchies, et de Marie-Élisabeth Boutillier. Baptisé à Lille le , il fait ses preuves de noblesse pour entrer au collège Mazarin en . Il est nommé échevin de la prévôté d'Esquermes le , devient bourgeois de Lille le , succède à son père en tant que grand bailli, haut justicier. Des lettres données à Versailles en , sous Louis XVI le créent comte de Steembourg. Arrêté le 6 frimaire an II () sur ordre du Comité de surveillance de Lille, enfermé dans la maison des Bons-Fils à Lille, il est relâché le 1er fructidor suivant (), à la fin de la Terreur dans le Nord-Pas-de-Calais. Il épouse à Cambrai par contrat du Marie-Célestine-Josèphe de Francqueville (Famille de Francqueville), fille de Jean-Baptiste, écuyer, seigneur de Bourlon, et de Jeanne-Josèphe de Baralle[10]. Ils sont les parents de Jean-Baptiste Joseph de Muyssart, maire de Lille, député, commandeur de la Légion d'honneur et les grands-parents de Charles de Muyssart, administrateur de la Guadeloupe.

Culture

C'est à Rekkem qu'est situé le siège de l'association flamango-néerlandaise Ons Erfdeel ainsi que les rédactions des magazines Ons Erfdeel, Septentrion, The Low Countries et De Franse Nederlanden-Les Pays-Bas Français.

Jozef Deleu, écrivain et fondateur d'Ons Erfdeel, habite à Rekkem.

Curiosités

L'église Saint-Nicolas.

L'église paroissiale de Rekkem, l'église Saint-Nicolas (Sint-Niklaaskerk) a été érigée au XIIe siècle. C'est un monument classé depuis 1939.

Personnalité née à Rekkem

Notes

  1. https://statbel.fgov.be/fr/open-data/population-par-secteur-statistique-10
  2. « Les routiers ont bloqué la frontière à Reckem, l’A22 totalement fluide côté français », La voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  3. « À Reckem (Belgique), le paradis a une odeur... de toilettes », La voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  4. « Belgische gemeenten en hun historische vertaling »
  5. Œuvres complètes de J. J. Raepsaet sur Google Livres
  6. Dans le sens des aiguilles d'une montre en partant du nord.
  7. https://bib.kuleuven.be/ebib/project-belgische-historische-tellingen
  8. Paul-Denis du Péage, Recueil de généalogies lilloises, tome II, Lille, 1907, p. 783-787, lire en ligne.
  9. Paul-Denis du Péage, Recueil de généalogies lilloises, tome II, Lille, 1907, p. 799-800, lire en ligne.
  10. Paul-Denis du Péage, Recueil de généalogies lilloises, tome II, Lille, 1907, p. 788-789, lire en ligne.
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