Relations entre Israël et le Somaliland
| Relations entre Israël et le Somaliland | |
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Israël Somaliland | |
| Histoire et événements | |
|---|---|
| 2025 | Établissement des relations diplomatiques |
Les relations entre Israël et le Somaliland se concrétisent en 2025 lorsque l'État du Moyen-Orient devient le premier État membre de l'ONU à reconnaître officiellement l'indépendance et la souveraineté de cette république sécessionniste qui s'était autoproclamée en 1991[1],[N 1].
Présentation
Le Somaliland proclame unilatéralement son indépendance en 1991, au moment où la République de Somalie sombre dans le chaos, après la chute du régime militaire de l’autocrate Mohamed Siad Barre[2]. Par ailleurs, la Somalie, comme la majorité des pays musulmans, ne reconnaît pas l'État d'Israël[3].
La reconnaissance en tant qu'État indépendant et souverain du Somaliland par Israël intervient le , alors qu'aucun autre État ne reconnaît cette région sécessionniste. À ce sujet, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, indique que cette reconnaissance s'inscrit dans l'esprit des accords d'Abraham, visant à normaliser les relations de l'État avec des pays arabes, notamment le Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Maroc[1].
Cette nouvelle provoque une vague de désapprobations de la part du pays concerné, la Somalie, mais également de nombreux acteurs locaux, majoritairement musulmans, comme l'Union africaine, Djibouti, l'Égypte, la Turquie et la Palestine, et l’organisation de l'unité africaine[4],[5]. Dans ce même temps, Donald Trump minimise en déclarant : « Est-ce qu'il y a vraiment des gens qui savent ce qu'est le Somaliland ? »[4].
Selon Afrique XXI, Orient XXI, Le Monde et le président somalien, Israël est intéressé par ces relations diplomatiques car il cherche un lieu pour déporter les survivants du génocide à Gaza et pour renforcer sa politique de « normalisation » et d'invisibilisation de ses crimes envers les Palestiniens[6],[3],[2],[7]. Pour sa part, Brendon Novel, expert de la région de la mer Rouge, juge cette hypothèse « ubuesque », même si c’est à partir de celle-ci que les deux pays ont commencé leurs négociations[5]. Il est également avancé par la Somalie le projet d'établissement de bases militaires au Somaliland par Israël, dans le golfe d'Aden[2] afin de profiter de la position stratégique du Somaliland à l’entrée de la mer Rouge et près du Yémen[7]. Toutes ces affirmations sont fermement démenties par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, Abdulrahman Duale Adan : « Ces allégations sans fondement visent à induire la communauté internationale en erreur et à saper les progrès diplomatiques du Somaliland »[8],[9],[2]. Si ces hypothèses sont répandues, aucune contrepartie offerte par le Somaliland n’est connue fin . Si cette reconnaissance place le Somaliland dans l’alliance entre Israël et les Émirats arabes unis, elle l’expose à des risques de déstabilisation de la part des adversaires d’Israël, dont les houthistes. Au sein même du pays, une opposition difficile à mesurer s’est aussi exprimée, notamment à Borama, faisant de cette reconnaissance un possible facteur de déstabilisation interne[5].
Le , le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar se rend à Hargeisa pour rencontrer le président Abdirahman Abdullahi Mohamed au palais présidentiel. La présidence du Somaliland considère cette visite comme un acte « historique... (qui) confirme le bilan démocratique et sécuritaire du pays ». L’Union africaine rappelle alors « sa condamnation de la reconnaissance du Somaliland par Israël et son attachement à l’intégrité territoriale de la Somalie »[10].
Enfin, début , cette reconnaissance n’a pas eu d’effet d’entraînement et aucun autre pays n’a reconnu le Somaliland, alors que les Émirats arabes unis et l’Éthiopie ont déjà conclu des accords avec le pays[5]. Elle suscite néanmoins d’importants espoirs d’investissements étrangers[11].
Cette reconnaissance entre dans la stratégie israélienne dite de la périphérie : s’allier ou soutenir les pays non-arabes et les minorités de la région (comme l’Iran d’avant la révolution de 1979 ou les Kurdes) afin d’affaiblir les pays arabes et garantir la pérennité de la colonisation en Palestine[5]. Du côté somalilandais, cette reconnaissance prolonge l’alignement du pays sur la politique étrangère des États-Unis, ce qui ne lui apporte cependant pas de retombée pour le moment[5].
Le ministère israélien des Affaires étrangères annonce le , la nomination de Michael Lotem comme premier ambassadeur d’Israël au Somaliland[12]. Le 19 mai, Mohamed Hagi, ambassadeur somalilandais en Israël, annonce que l‘ambassade sera établie à Jérusalem[13].
Notes et références
Notes
- ↑ La république de Chine (Taïwan) a reconnu le Somaliland en 2023, mais elle n'est pas membre de l'ONU.
Références
- AFP, « Israël devient le premier pays du monde à reconnaître l'Etat du Somaliland, la Somalie dénonce une "attaque" contre sa souveraineté », sur franceinfo.fr, (consulté le )
- « Fake news Le Somaliland dément l’accueil de Palestiniens ou d’une base israélienne dans le golfe d’Aden », sur Libération,
- Noé Hochet-Bodin, « Israël reconnaît l'Etat du Somaliland », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le ).
- « Israël est le premier pays à reconnaître le Somaliland, une décision dénoncée par la Somalie et les Etats-Unis de Trump », sur Le Monde, (consulté le ).
- Brendon Novel, « La reconnaissance du Somaliland par Israël, une décision à double tranchant », Orient XXI, 6 février 2026.
- ↑ Brendon Novel, « Somaliland. Une reconnaissance états-unienne au mépris du génocide à Gaza ? », sur afriquexxi.info, (consulté le ).
- Helen Lackner, « Pourquoi Israël a-t-il reconnu le Somaliland ? », Orient XXI, 2 février 2026.
- ↑ « Le Somaliland assure que la reconnaissance israélienne n'est pas conditionnée à un accueil de Gazaouis », sur i24NEWS, (consulté le )
- ↑ « Accès à la mer Rouge, coopération économique... Pourquoi Israël est le premier Etat à reconnaître le Somaliland ? », sur L'Express,
- ↑ « Le chef de la diplomatie israélienne au Somaliland: la Somalie dénonce une «incursion non autorisée» », sur RFI, (consulté le )
- ↑ Théophile Simon, « Les espoirs et les craintes du Somaliland après la reconnaissance d’Israël », Afrique XXI, 18 mai 2026.
- ↑ « Israël nomme son premier ambassadeur au Somaliland », sur The Times of Israel,
- ↑ Sean Matthews, « Somaliland recognises Jerusalem as capital of Israel and will open an embassy », Middle East Eye, 19 mai 2026.
Articles connexes
- Politique étrangère d'Israël
- Politique étrangère du Somaliland (en)
- Relations entre Israël et la Somalie (ru)
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