Relations entre l'Allemagne et la Pologne
| Relations entre l'Allemagne et la Pologne | |
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Allemagne Pologne | |
| Ambassades | |
|---|---|
| Ambassade d'Allemagne en Pologne | |
| Ambassadeur | Rolf Nikel |
| Adresse | ul. Jazdów 12 00-467 Varsovie |
| Site web | polen.diplo.de |
| Ambassade de Pologne en Allemagne | |
| Ambassadeur | Jan Tombiński[1] |
| Adresse | Unter den Linden 70–72, 10117 Berlin-Mitte[2] |
| Site web | berlin.msz.gov.pl |
Angela Merkel et Beata Szydło, lors d'une conférence de presse commune en 2017. | |
Les relations entre l'Allemagne et la Pologne font référence aux relations entre la République fédérale d'Allemagne et la république de Pologne.
Celles-ci sont marquées par des périodes de guerre et de paix mais se sont grandement améliorées depuis la fin du XXe siècle.
Histoire des relations germano-polonaises
Moyen Âge

Au Xe siècle, la tribu slave occidentale des Polanes, dirigée par le prince Mieszko Ier de la Maison Piast, parvient vers 960 à unifier les tribus léchitiques et à établir un État souverain centré autour de Poznań et Gniezno, dans une région plus tard appelée Grande-Pologne. Le territoire de Mieszko comprenait la Mazovie au-delà de la Vistule, la Silésie et, en 962/963, il entra pour la première fois en contact avec les forces saxonnes du margrave Gero, gouverneur de la Marca Geronis entre la Saale et la Bóbr, créée en 937 par le roi Otton Ier de Germanie. Au cours des affrontements avec les duchés germaniques, Mieszko Ier reconnut en 963 l’autorité impériale d’Otton Ier[3]. En échange du tribut versé au nouvel empereur couronné, Otton Ier reconnut Mieszko comme amicus imperatoris (« ami de l’empereur ») et l’appela dux Poloniae (« duc de Pologne »). Ne pouvant vaincre Gero, Mieszko chercha à consolider son royaume : il renforça ses liens avec le duc de Bohême Boleslav Ier en épousant sa fille Dubravka et se convertit au christianisme en 966. L’année suivante cependant, il dut affronter les troupes du renégat saxon Wichmann le Jeune autour de l’île de Wolin sur la mer Baltique. Il dut aussi défendre la frontière polonaise sur la basse Oder contre les forces du margrave Odo Ier lors de la bataille de Cedynia en 972.
Parallèlement, la Pologne dut faire face aux prétentions à la domination universelle d’Otton Ier, qui, après avoir conquis le royaume d’Italie, fut couronné empereur du Saint-Empire romain par le pape Jean XII en 962. Selon l’idée de la translatio imperii, l’empereur se considérait comme l’héritier de la tradition de l’Empire romain et de l’Empire carolingien, garant de l’Église catholique et supérieur à tout pouvoir séculier ou ecclésiastique. Mieszko chercha à améliorer ses relations avec Otton Ier : il apparut comme amicus imperatoris à la diète impériale de Quedlinbourg en 973 et, en 978, épousa en secondes noces Oda von Haldensleben, fille du margrave Dietrich d'Haldensleben de la Marche du Nord. En 984, le fils de Mieszko, Boleslas Ier le Vaillant, épousa une fille du margrave Rikdag de Misnie. La même année toutefois, le souverain polonais, encouragé par le duc Boleslav II de Bohême, intervint dans le conflit opposant le jeune roi Otton III de Germanie au duc bavarois déposé Henri le Querelleur. Il changea d’alliance à temps lorsqu’il comprit que la régente Théophano Skleraina, mère d’Otton, l’emporterait, ce qui provoqua en retour un conflit durable avec les ducs de Bohême au sujet de la Silésie et de la Petite-Pologne. Mieszko soutint à plusieurs reprises les forces allemandes contre les tribus révoltées Lutici (Vélètes), sans succès. Jusqu’à sa mort en 992, il resta un fidèle allié de l’empereur. Par précaution cependant, il fit rédiger le document connu sous le nom de Dagome Iudex, par lequel il plaça son royaume, appelé Civitas Schinesghe, sous la protection du Saint-Siège.
Une importante guerre germano-polonaise eut lieu entre 1003 et 1018. En 1109, la Pologne repoussa les forces allemandes lors du siège de Głogów (en).
Tout au long du Moyen Âge, la zone de peuplement des Allemands s’étendit vers l’est, depuis l’Allemagne moderne occidentale et centrale vers des régions moins peuplées, à l’est des fleuves Elbe et Saale, peuplées par des peuples baltes, finniques et slaves, notamment les Polonais. La zone de colonisation allemande à l’est s’étendait approximativement de la Slovénie à l’Estonie, et vers le sud jusqu’en Transylvanie. Ce phénomène, connu sous le nom de Ostsiedlung (« colonisation vers l’est »), suivait l’expansion territoriale du Saint-Empire romain germanique et de l’Ordre Teutonique. À diverses périodes, les souverains polonais de la maison Piast encouragèrent également l’installation de colons allemands en Pologne. Des conflits ethniques éclatèrent entre les nouveaux arrivants et les populations locales[4].

Au XIIIe siècle, la Pologne subissait les attaques des tribus baltes païennes. En réponse, Conrad Ier de Mazovie engagea une armée de croisés allemands au chômage — l’Ordre Teutonique — pour l'aider à défendre ses frontières. Après l’échec de la conversion des Prussiens anciens au christianisme, l’Ordre entra dans une série de conflits avec l’État polonais. Les chevaliers teutoniques envahirent la région côtière polonaise de Poméranie orientale, prenant la principale ville portuaire du pays, Gdańsk[5], prenant ainsi le contrôle de presque toute la côte sud-est de la mer Baltique. Les chevaliers teutoniques continuèrent d’occuper la région malgré les décisions papales[5]. Ils restèrent puissants jusqu’en 1410, lorsque l’armée combinée polono-lituanienne remporta une victoire décisive sur l’Ordre Teutonique. La Pologne émergea alors comme une puissance majeure en Europe centrale[6].
Déjà au XVe siècle, le théologien et écrivain allemand Jean de Falkenberg proposa et prôna le génocide des Polonais[7]. Après la bataille de Grunwald, il suggéra que la nation polonaise, y compris le roi, soit soit asservie, soit exterminée, totalement ou en grande partie[7]. Lorsque la Pologne contesta ses écrits au Concile de Constance, ses positions furent condamnées par le pape Martin V en 1424[7]. Il est considéré comme le premier écrivain à formuler un argument justifiant le génocide d’une autre nation[7].
Lors de la Guerre de Treize Ans, la Pologne récupéra les territoires précédemment annexés par les chevaliers teutoniques, et le reste de l’État de l’Ordre Teutonique devint également partie du Royaume de Pologne en tant que fief[8].
La Pologne et la Bavière entretenaient de bonnes relations depuis la fin du Moyen Âge, et plusieurs ducs et électeurs bavarois épousèrent des princesses polonaises, tel Georges qui épousa Hedwige Jagellon (fille du roi Casimir IV Jagellon), Maximilien II Emmanuel qui épousa Thérèse-Cunégonde Sobieska (fille du roi Jean III Sobieski), et Maximilien III Joseph qui épousa Marie-Anne-Sophie (fille du roi Auguste III de Pologne). Le mariage de Georges et Hedwige est commémoré par un défilé historique quadriennal connu sous le nom de Mariage de Landshut (en).
Époque moderne
Au XVIe siècle, après le lancement de la Contre-Réforme et le déclenchement de la Guerre de Trente Ans dans les territoires allemands, la Pologne devint un bastion du catholicisme romain. En 1683, l’armée polonaise commandée par le roi polonais Jean III Sobieski contribua à délivrer Vienne, et avec le Saint-Empire romain germanique, mit fin à l’expansion ottomane en Europe.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la République des Deux Nations polono-lituanienne fut partagée trois fois entre la Prusse, la Russie et l'Autriche, ce qui conduisit à sa disparition en tant qu'État indépendant. Pendant les Guerres napoléoniennes, les Polonais combattirent aux côtés du Premier Empire français contre la Prusse, notamment lors de l’insurrection de Grande-Pologne de 1806 ; et le Duché de Varsovie, recréé par Napoléon, fit partie d’une alliance dirigée par la France avec les États allemands de la Confédération du Rhin. Cependant, après la Guerre de la Sixième Coalition, le Duché de Varsovie fut dissous et partiellement réannexé par la Prusse.
Sous domination prussienne, dans les régions où la population polonaise vivait aux côtés des Allemands, un quasi-apartheid existait, avec des interdictions de la langue polonaise et des discriminations religieuses, ainsi que des tentatives de colonisation par les Allemands des terres majoritairement polonaises[9]. Des politiques de germanisation (en) des Polonais furent poursuivies par la Prusse et, après 1871, par l’Allemagne.
L’Insurrection de novembre dans la Partition russe de la Pologne de 1830–1831 suscita l’enthousiasme des libéraux allemands pour la cause polonaise, moqué par les conservateurs sous le vocable de Polenschwärmerei. Ces libéraux allemands considéraient que leurs idéaux politiques pour l’Allemagne correspondaient aux espoirs indépendantistes polonais. Un réseau d’organisations en Allemagne fut créé pour soutenir les Polonais[10], et plus de 70 médecins allemands se rendirent en Pologne pour porter secours aux insurgés polonais[11]. L’indépendance de la Pologne fut également défendue lors de la Fête de Hambach en 1832, en présence de Polonais[11]. La même année, des soldats prussiens commirent des massacres d’insurgés polonais internés à Fiszewo (en) et Elbląg, tuant plus d’une douzaine de personnes[12].
Plusieurs soulèvements polonais éclatèrent, le plus important en étant l’insurrection de Grande-Pologne de 1848. L’antagonisme entre populations polonaise et allemande date des Révolutions de 1848, provoqué à la fois par le désir des Polonais de retrouver leur indépendance et par la volonté des Allemands d’intégrer la partition prussienne dans un Reich allemand qu'ils projetaient d'établir[13]. Le dirigeant prussien et fondateur de l’Allemagne moderne, Otto von Bismarck, écrivit à propos des Polonais : « Frappez les Polonais si fort qu’ils désespèrent de leur vie ; j’ai toute sympathie pour leur condition, mais si nous voulons survivre, nous ne pouvons que les exterminer ; le loup non plus n’a pas pu être créé par Dieu autrement, mais on le tue si on le peut »[14]. En 1863, des troupes prussiennes réprimèrent une manifestation de la population polonaise dans le village de Bredynki (en), tuant plus d’une douzaine de personnes, craignant un soulèvement[15]. L’Allemagne procéda également à des expulsions de Polonais, et depuis la fin du XIXe siècle, le concept de Lebensraum se développa en Allemagne, lequel concernait également les anciens territoires polonais annexés.
Entre 1870 et 1914, environ 3,5 millions de Polonais émigrèrent vers l’Allemagne, dont 1,2 million en migration interne depuis les territoires polonais sous domination allemande, 1,2 million depuis la Partition russe et 1,1 million depuis la Partition autrichienne[16]. Parmi eux, 500 000 Polonais migrant pour travailler dans la région industrialisée de la Ruhr dans l’ouest de l’Allemagne, formant une communauté polonaise active connue sous le nom de Ruhrpolen[17]. Les Ruhrpolen furent également soumis à des politiques anti-polonaises et de germanisation.
Bernhard von Bülow, chancelier d’Allemagne de 1900 à 1909, qualifia la victoire polonaise sur les chevaliers teutoniques lors de la bataille de Grunwald en 1410 de « désastre national le plus funeste pour les Allemands »[18].
XXe et XXIe siècles
Vers 1900, le mouvement national polonais fut organisé au sein de la Démocratie nationale. L’idéologie géopolitique de ce mouvement se basait sur la « Conception Piast », qui considérait les régions frontalières germano-polonaises comme le berceau de l’État polonais. Son fondateur et principal idéologue, Roman Dmowski, affirmait même que l’Est prussien industrialisé constituait le socle de la nation polonaise et que celle-ci en avait besoin pour recouvrer son indépendance[19].
Première Guerre mondiale (1914–1918)

Pendant la Première Guerre mondiale, l’Allemagne envahit et occupa de vastes zones de la Partition russe de la Pologne, et, en , l’armée allemande procéda à la destruction de Kalisz (en), l’une des plus anciennes villes historiques polonaises. Pendant la guerre, les Légions polonaises dirigées par Józef Piłsudski combattirent initialement aux côtés de l'Autriche-Hongrie et de l’Allemagne contre la Russie, dans l’espoir de vaincre au moins une des puissances co-partageantes et de restaurer une Pologne indépendante, au moins sur le territoire de l’ancienne Partition russe. De plus, juste avant le déclenchement de la guerre, environ 40 000 Polonais servaient dans l’Armée impériale allemande, et pendant le conflit, le nombre de conscrits polonais passa à 850 000[20]. Les conscrits polonais étaient souvent envoyés sur le Front occidental et y périrent au combat, car l’Allemagne craignait des désertions potentielles des Polonais combattant sur le Front oriental[13]. Des unités militaires polonaises furent également formées en Russie (Forces armées polonaises de l'Est (1914–1920) (en)) et en France (Armée bleue), des puissances ennemies de l’Allemagne. L’Allemagne organisa des camps de prisonniers de guerre (en) spéciaux pour les Polonais capturés dans l’armée russe, dans le but de les soumettre à la propagande et de les enrôler dans une armée polonaise sous contrôle allemand pour combattre la Russie[21]. Face au refus massif et à la méfiance des prisonniers polonais, le plan échoua et fut abandonné[22].
Le Septemberprogramm de 1914, autorisé par le chancelier allemand Theobald von Bethmann Hollweg, proposait la création d’une Union économique d’Europe centrale regroupant plusieurs pays, dont l’Allemagne et la Pologne, dans laquelle, comme le soulignait secrètement le chancelier, il devait y avoir « une apparence d’égalité entre les États membres », mais qui devait en réalité être dirigée par l’Allemagne pour « stabiliser la prédominance économique de l’Allemagne en Europe centrale » ; le co-auteur Kurt Riezler reconnaissant que l’union constituerait une forme voilée de domination allemande en Europe[23],[24].
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Selon l’Acte du 5 novembre, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie proclamèrent le royaume de Pologne de régence, un État fantoche contrôlé par l’Allemagne. Il fut formé dans la partie occidentale de l’ancienne Partition russe et n’incluait pas les zones nord-est occupées par l’Allemagne, qui furent administrées comme faisant partie du district militaire de l'Ober Ost. De plus, l’Allemagne planifiait encore l’annexion de la « Bande frontalière polonaise » et l’expulsion de jusqu’à 3 millions de ses habitants polonais (y compris des Juifs polonais) pour faire place à une colonisation allemande conformément à la politique du Lebensraum.
Après la « crise du serment » de , les Allemands arrêtèrent Józef Piłsudski et son proche collaborateur Kazimierz Sosnkowski et les emprisonnèrent à Magdebourg[25]. Vers la fin de la guerre, les Allemands offrirent de les libérer en échange d’une déclaration de loyauté de Piłsudski envers l’Allemagne, mais celui-ci refusa[25]. Piłsudski et Sosnkowski furent finalement libérés le , après le déclenchement de la Révolution allemande de 1918-1919[25]. Trois jours plus tard, l’Allemagne signa l’Armistice du 11 novembre 1918 avec les Alliés, et Piłsudski proclama l’indépendance de la Pologne. Ce jour-là, lors de son discours à Varsovie, il déclara que la nation polonaise ne recherchait pas de vengeance contre les Allemands pour les torts passés[25].
Entre-deux-guerres (1918–1939)
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Après avoir recouvré son indépendance en 1918, la Pologne chercha à récupérer ses anciennes régions occidentales, et l'Insurrection de Grande-Pologne (1918-1919) ainsi que les insurrections de Silésie éclatèrent contre l’Allemagne dans les régions disputées de Grande-Pologne et de Haute-Silésie. L’armée allemande occupait encore également certaines parties des terres polonaises orientales ; mais, en , elle autorisa l’armée polonaise à traverser ces territoires occupés pour rejoindre le front et repousser les attaques de la Russie soviétique au début de la guerre soviéto-polonaise[26]. Les autorités polonaises craignaient néanmoins une coopération germano-soviétique contre la Pologne[26]. Plusieurs hommes politiques allemands appelèrent à l’établissement de relations avec la Russie soviétique, et le socialiste allemand Hugo Haase déclara que les Russes avaient le droit de reprendre « leurs territoires »[27]. En 1920, l'historien Friedrich von Boetticher estima que la Russie soviétique reconnaîtrait les frontières de l’Allemagne d’avant-guerre et que la Pologne, privée de ses terres occidentales, ne survivrait que jusqu’à la fin de la guerre soviéto-polonaise ; toutefois, l’Allemagne rejeta une proposition soviétique de guerre commune contre la Pologne[27]. Le , l’Allemagne déclara sa neutralité à l’égard du conflit[28]. Pendant la guerre, environ 36 000 à 48 300 soldats soviétiques et près de 2 400 Polonais furent internés en Allemagne[29].
La Pologne parvint finalement à récupérer la majeure partie des terres perdues au profit de la Prusse lors des partages de la Pologne, ainsi que des territoires perdus encore plus tôt, dont la partie industrialisée de la Haute-Silésie (en) en 1922. L’Allemagne resta hostile à la Pologne, refusant de considérer la frontière germano-polonaise comme définitive, ni même l’indépendance de la Pologne. Dès 1922, le chef de l’armée allemande Hans von Seeckt déclara : « L’existence de la Pologne est intolérable et incompatible avec les conditions essentielles de la vie de l’Allemagne. La Pologne doit disparaître et disparaîtra – en raison de sa faiblesse interne et de l’action de la Russie – avec notre aide »[30].
Une guerre douanière (en) éclata en 1925, mais, en 1934, la Allemagne nazie et la Pologne signèrent finalement un pacte de non-agression, suivi d’un accord commercial.
Deux conférences abordèrent la question des manuels scolaires d’histoire utilisés en Pologne et en Allemagne[31] :
À la fin des années 1930, avant l’invasion de la Pologne par l’Allemagne et l’Union soviétique qui déclencha la Seconde Guerre mondiale, les discriminations et persécutions contre la minorité polonaise en Allemagne, y compris les Polonais autochtones dans les territoires restés allemands durant l’entre-deux-guerres, s’intensifièrent[32]. L’Allemagne procéda à des arrestations massives, expulsions, déportations vers des camps de concentration nazis et assassinats de dirigeants, militants et personnalités polonaises locales[32]. De nombreux cas d’attaques contre des biens polonais, écoles, imprimeries eurent lieu ; plusieurs organisations polonaises furent dissoutes, la presse et les centres culturels polonais fermés, et les offices religieux en polonais interdits[32],[33]. L’Allemagne mena une vaste campagne de propagande anti-polonaise, avec une censure accrue et des confiscations de presse et de publications polonaises.
En , l’Allemagne expulsa environ 17 000 Juifs polonais vers la Pologne lors de la Polenaktion.
Le , l’accord Molotov-Ribbentrop fut signé entre l’Allemagne et l’Union soviétique, incluant un protocole secret qui divisait l’Europe centrale et l’Europe de l’Est, y compris la Pologne, entre les deux envahisseurs. Dans les jours qui suivirent, plusieurs provocations allemandes eurent lieu à la frontière germano-polonaise[34]. Les 25–, l’Abwehr attaqua une gare polonaise près de la frontière polono-slovaque, mais l’Armée polonaise repoussa l’assaut (incident de Jabłonków (en)). Le , un saboteur allemand posa une bombe dans la gare de Tarnów, en Petite-Pologne, tuant 20 personnes et en blessant 35 autres. Le , l’Allemagne orchestra l’incident de Gleiwitz, une attaque fausse bannière destinée à servir de casus belli pour justifier l’invasion de la Pologne, qui commença le lendemain matin[34], sans déclaration de guerre.
Seconde Guerre mondiale (1939–1945)

En , l’Allemagne nazie envahit la Pologne et se la partagea avec l’Union soviétique, avant d’en occuper la moitié occidentale. Les parties occidentales et septentrionales furent annexées directement au Reich, tandis que le reste constitua le Gouvernement général de Pologne.
La directive nazie n°1306 affirmait que « la polonité équivaut à l’infra-humanité. Les Polonais, les Juifs et les Roms sont au même niveau inférieur »[35]. La population polonaise fut soumise à des politiques génocidaires étendues : massacres de masse, expulsions, rafles, arrestations, incarcérations, enlèvements d’enfants, enlèvements de jeunes filles pour l’esclavage sexuel, actions de « pacification », extermination des malades mentaux, déportations vers le travail forcé et dans les camps de concentration établis en Pologne occupée (dont Auschwitz, Soldau, Majdanek). L’Intelligenzaktion, lancée dès l’invasion, fut la première campagne génocidaire menée par l’Allemagne nazie[36], visant l’intelligentsia polonaise et les Polonais engagés dans la vie publique[36], jugés capables d’organiser une résistance polonaise — laquelle se développa malgré tout. Cette campagne fut poursuivie en 1940 par l’« Opération extraordinaire de pacification ». Plus de 2,8 millions de Polonais, dont des femmes et des enfants, furent déportés au travail forcé, ce qui représentait 60 % de l’ensemble des travailleurs esclaves étrangers en Allemagne[37]. En , l’Allemagne publia les racistes et répressifs « Décrest polonais (en) », réglementant les conditions de vie et de travail des ouvriers esclaves polonais[38],[39]. Ces travailleurs devaient porter le badge « P » et étaient soumis à une stricte ségrégation, certaines relations (notamment sexuelles avec des Allemands) étant punies de déportation ou de mort[38],[40]. L’Allemagne pilla massivement la Pologne et persécuta brutalement l’Église catholique. De nombreuses prisons, camps de travail forcé et camps de prisonniers de guerre furent établis sur le territoire polonais. Après l’opération Barbarossa (1941), l’Allemagne occupa aussi l’est de la Pologne, poursuivant les massacres, dont ceux des professeurs de Lwów, de Ponary et de Czarny Las (en).
Les Juifs de Pologne furent parmi les principales victimes de la Shoah, et le sauvetage de Juifs par des Polonais était puni de mort, non seulement pour les sauveteurs, mais aussi pour leurs familles — une mesure unique en Europe sous domination nazie.
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Pendant la guerre, les Polonais combattirent l’Allemagne sur de nombreux fronts aux côtés des Alliés de la Seconde Guerre mondiale, notamment lors de la Campagne de Norvège, la Bataille de France, la Bataille d’Angleterre[41], la campagne d’Afrique du Nord, Opération Jubilee, la campagne d’Italie (dont la victoire à la bataille de Monte Cassino), Opération Overlord, l’offensive Vistule-Oder et l’invasion de l’Allemagne, contribuant à la libération de parties de la Belgique, la France, l’Italie et les Pays-Bas.
Le mouvement de résistance polonais, incluant l’Armia Krajowa et l’État polonais clandestin, fut le plus grand mouvement de résistance clandestine en Europe occupée[37]. La Pologne ne créa jamais de gouvernement collaborationniste[37], et l’ancien Premier ministre Kazimierz Bartel fut exécuté par les nazis pour avoir refusé d’en former un[42]. Plusieurs soulèvements éclatèrent, dont le Soulèvement de Zamość, l’Insurrection d’Iwieniec (en), l’Opération Ostra Brama, l’Insurrection de Lwów (en) et l’Insurrection de Varsovie. Lors de cette dernière, Heinrich Himmler ordonna la destruction totale de Varsovie, affirmant que la ville devait « disparaître de la surface de la Terre »[43].
Après Barbarossa, les Allemands mirent au jour les fosses communes de plus de 4 000 officiers et intellectuels polonais exécutés par l’URSS à Katyn en 1940. En , l’Allemagne révéla le crime de Katyn au monde, permit l’accès de la Croix-Rouge polonaise et de la Croix-Rouge internationale sur les lieux, et organisa la Commission internationale de Katyn (en) pour investiguer le crime.

Lors de la conférence de Téhéran (1943), Staline exigea que les frontières de l’Allemagne et de la Pologne soient déplacées vers l’ouest afin de constituer un État tampon avec l’URSS.
L’Allemagne nazie tua près de 6 millions de citoyens polonais[44],[45], dont des universitaires, médecins, avocats, nobles, prêtres et d’autres. La Pologne subit le plus haut niveau de destruction parmi tous les pays occupés par l’Allemagne nazie[43].
À la suite de la défaite de l’Allemagne en 1945, un fort sentiment anti-allemand se développa parmi les Polonais opprimés, alimenté par les politiques menées par les nazis durant l’occupation. Ce ressentiment se traduisit notamment par l’expulsion des Allemands des territoires attribués à la Pologne.
Guerre froide (1945–1969)
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y avait plus de 1,7 million de déplacés polonais en Allemagne occupée, dont 700 000 dans la zone soviétique, 540 000 dans la zone britannique, 400 000 dans la zone américaine et 68 000 dans la zone française[46].

Pendant la guerre froide, la RDA partagea le sort de la Pologne, tombée dans le sphère d'influence soviétique, et les deux pays, dotés de régimes communistes installés par l’URSS, entretenaient de bonnes relations. En 1950, les deux pays signèrent le traité de Zgorzelec, qui confirma et reconnut officiellement la nouvelle frontière germano-polonaise.
Cependant, alors que les Polonais insistaient encore, vingt ans après la fin de la guerre, sur le fait que la conférence de Potsdam de 1945 avait créé des frontières favorables et justes englobant l’ensemble du territoire historique de la Pologne, la RDA considérait la perte des anciens territoires allemands de l'Est comme une réparation pour les crimes nazis contre la nation polonaise (en). La RFA, à l’époque, n’acceptait pas encore la frontière Oder-Neisse. Pendant le début de la guerre froide, les relations entre la Pologne et la RFA étaient généralement tendues.
La guerre, l’exode et l’expulsion des Allemands de Pologne avaient séparé de nombreuses familles, qui firent pression sur les autorités allemandes afin d’obtenir le départ de leurs proches restés en Pologne. Entre 1950 et 1955, de difficiles négociations sur les regroupements familiaux furent menées entre la Pologne et la RDA. Cette dernière veilla à ne pas provoquer la colère polonaise, mais tout ce qui allait au-delà de la réunification des conjoints séparés ou des enfants mineurs avec leurs parents fut rejeté par les autorités polonaises.
Les regroupements familiaux furent traités de manière plus libérale à partir de 1956, mais la politique de sortie plus généreuse pour les Allemands de Pologne s’accompagna d’efforts massifs des autorités polonaises et est-allemandes pour inciter les Allemands à rester en Pologne ou à s’installer en RDA. En 1959-1960, comme à plusieurs reprises dans les années 1950, les Polonais déclarèrent les regroupements familiaux « achevés », et dans les années 1960, ils furent à nouveau traités de manière restrictive.
La politique européenne de détente au début des années 1970, et en particulier la signature du traité de Varsovie, inaugura une nouvelle phase de regroupements familiaux et de départs d’Allemands, de préférence la population « autochtone », de Pologne, notamment vers l’Allemagne de l’Ouest. Finalement, les Polonais durent reconnaître que leur politique d’assimilation à l’égard de la minorité allemande — les citoyens allemands et les « autochtones » revendiquant leur appartenance ethnique allemande — avait échoué[47].
Relations avec la RDA
Lors du congrès d’unification du KPD et du SPD en 1946, qui donna naissance au Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED), la frontière orientale avec la Pologne était encore qualifiée de non définitive. En , l’Union soviétique précisa à une délégation conduite par Wilhelm Pieck que la frontière occidentale de la Pologne devait être considérée comme définitive. À la suite de cela, Otto Grotewohl souligna, lors du deuxième Congrès du peuple allemand, l’importance de relations amicales avec la Pologne et reconnut la frontière occidentale polonaise[48]. Le [49], la Pologne reconnut la RDA, et à la fin du mois de février de l’année suivante, les deux États établirent des relations diplomatiques[50]. Le , la RDA reconnut la frontière orientale allemande dans le cadre du Traité de Zgorzelec. Le , la Pologne renonça à exiger de nouvelles réparations de la part de la RDA afin de favoriser la stabilisation interne de celle-ci et de priver les contestations contre la frontière germano-polonaise de leur soutien[51].
Les réformes engagées par Władysław Gomułka à la fin des années 1950 furent accueillies avec scepticisme par la direction de la RDA. La Pologne, de son côté, observait également la RDA avec réserve, notamment en raison de rumeurs faisant état d’un possible déplacement de la frontière. À partir de 1957, les relations commencèrent à se détendre et, la même année, la RDA approuva le Plan Rapacki (en) (qui visait à créer une zone dénucléarisée en Europe centrale). Le , les deux États signèrent un « Traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle ». Le , une crise éclata à Moscou lorsque Walter Ulbricht refusa de signer un accord négocié par les vice-premiers ministres[52]. Lorsque la Pologne entama des négociations avec la République fédérale d’Allemagne, la direction de la RDA — surprise par cette initiative — réagit en proposant à son tour des pourparlers à la RFA. À cette occasion, elle remit en question la ligne Oder-Neisse, en la présentant comme une reconnaissance limitée à dix ans. Cet affront ouvert à l’égard de la Pologne entraîna une véritable période de froid dans les relations diplomatiques, renforcée par les divergences personnelles entre Ulbricht et Gomułka[53].
Le , l’obligation de visa entre les deux États fut supprimée[53]. La Pologne devint alors une destination de vacances prisée des citoyens de la RDA, tandis que de nombreux travailleurs sous contrat polonais furent employés en RDA. Pour les citoyens est-allemands, la situation politique plus libérale en Pologne ainsi que la confrontation avec l’histoire allemande — que la RDA ne transmettait que de manière limitée — constituaient un attrait important lors de leurs voyages en Pologne. Les Polonais se rendaient quant à eux en RDA pour y acheter des biens de consommation fortement subventionnés[54].
Les changements systémiques qui ont suivi les grèves d'août 1980 en Pologne (de) ont conduit la RDA à suspendre l'exemption de visa pour les voyages en provenance de Pologne à la fin du mois d'[55]. La RDA a accueilli favorablement l'instauration de la loi martiale en Pologne de 1981 à 1983 et, à partir de 1982, les contacts diplomatiques entre les deux États se sont intensifiés[56].
Relations avec la RFA
En , Władysław Gomułka proposa au gouvernement de Kurt Georg Kiesinger (CDU) des pourparlers en vue de la normalisation des relations entre les deux pays. À l'automne de la même année, des négociations débutèrent avec l'Union soviétique[57]. Les relations entre la République fédérale d'Allemagne et la Pologne s’améliorèrent finalement grâce à l’Ostpolitik de Willy Brandt. L’Allemagne de l’Ouest reconnut la ligne Oder-Neisse comme frontière occidentale de la Pologne par le traité de Varsovie. Le Warschauer Kniefall du chancelier et futur Prix Nobel de la paix, Willy Brandt, survenu devant le Monument aux héros du ghetto de Varsovie en 1970, fut considéré comme une étape majeure dans le processus de réconciliation entre les deux pays[58].
Avec le rapprochement entre les Églises allemande et polonaise et le traité germano-polonais de 1970, la dureté des relations commença à s'atténuer, du moins dans certains segments de la société en Allemagne de l'Ouest et en Pologne. En 1975, à la suite de négociations entre les gouvernements de Piotr Jaroszewicz et de Helmut Schmidt, la Pologne et la République fédérale d'Allemagne convinrent d'autoriser l'émigration de 125 000 personnes d'origine allemande depuis la Pologne dans un délai de quatre ans. En contrepartie, l'accord de sécurité sociale entre la Pologne et l'Allemagne fut conclu à Varsovie le . Le gouvernement allemand versa 1,3 milliard de deutschmark au titre des pensions des citoyens polonais et accorda à la Pologne un prêt d'un milliard de DM. 92[59],[60],[61],[62].
Dans le domaine culturel, Karl Dedecius (de) et Theo Mechtenberg (de), entre autres, se sont fait les champions des bonnes relations entre les deux pays.
De la chute du communisme à l'adhésion à l'Union européenne (1989-2004)

Après les révolutions de 1989, la Pologne et l’Allemagne réunifiée ont entretenu des relations globalement positives, mais parfois tendues en raison de questions politiques sensibles. En , le chancelier allemand Helmut Kohl provoqua une tempête diplomatique en suggérant qu’une Allemagne réunifiée n’accepterait pas la ligne Oder-Neisse, et en laissant entendre que la République fédérale pourrait souhaiter restaurer la frontière de 1937, si nécessaire par la force[63]. Après une vive réaction internationale menaçant de bloquer la réunification allemande, Kohl rétracta ses propos, assura les États-Unis et l’Union soviétique qu’une Allemagne réunifiée accepterait la ligne Oder-Neisse comme frontière définitive entre la Pologne et l’Allemagne[64].
Dans les années 1990, l’Allemagne s’opposa à l’adhésion de la Pologne à l’OTAN, selon des archives du ministère allemand des Affaires étrangères rendues publiques en 2022[65]. Dans le cadre de sa politique pro-russe, Bonn tenta de décourager Varsovie lors de discussions confidentielles et chercha à convaincre d’autres pays membres de s’opposer à son adhésion[65]. La Pologne rejoignit finalement l’OTAN en 1999.
La Pologne, l’Allemagne et la France sont membres du Triangle de Weimar, créé en 1991 pour renforcer la coopération entre les trois pays[66].
Dans les années 1990, certaines réparations de guerre continuèrent d’être versées à la Pologne et furent distribuées par la Fondation pour la réconciliation polono-allemande (en), soutenue par les deux gouvernements.
La frontière germano-polonaise actuelle s’étend sur 467 km[67].
Depuis l’adhésion à l’Union européenne (2004–présent)

Depuis la réunification allemande en 1990 et la chute du bloc de l'Est, les deux pays sont partenaires et alliés dans le cadre de l'OTAN et de l'Union européenne (UE). Les deux États ont participé à la guerre d'Afghanistan dans le cadre de l'ISAF.
De la germanophobie ressurgit par exemple en 2003, quand la députée conservatrice Erika Steinbach, présidente de la Fédération des expulsés (qui représente les réfugiés et les expulsés allemands des provinces orientales de l'Allemagne et d'Europe de l'Est après la Seconde Guerre mondiale), propose la création d'un centre de documentation sur le sujet à Berlin, ce qui provoque l'ire de la Pologne et une vague de germanophobie illustrée par le magazine polonais Wprost, avec un dessin représentant la députée en uniforme nazi, assise à califourchon sur le chancelier Gerhard Schröder. Les relations s'apaisent après l'accession au pouvoir en Pologne de Donald Tusk en 2007 et la pose de la première pierre du bâtiment a eu lieu dans le calme[68].
Les pompiers polonais ont participé aux opérations de secours lors des inondations de 2002[69] et des inondations de 2021[70], et ont également aidé à éteindre des incendies de forêt en Allemagne en2019[71].
En 2007, la Pologne a intégré l’Espace Schengen, permettant les voyages sans passeport ni visa entre l’Allemagne et la Pologne.

Le , Lech Wałęsa suggéra la création d’une union politique entre la République de Pologne et la République fédérale d’Allemagne, estimant que les frontières en Europe n’ont plus d’importance et qu’elles évolueront de toute façon à l’avenir[72].
La Pologne et l’Allemagne ont tenu à plusieurs reprises des consultations intergouvernementales pour discuter de leur coopération politique et économique. En 2018, le ministre polonais des Affaires étrangères Jacek Czaputowicz et son homologue allemand Heiko Maas ont adopté une déclaration commune fixant les priorités stratégiques de la coopération germano-polonaise, affirmant que « les deux pays soutiennent un ordre multilatéral fondé sur des règles et défendent une Europe unie »[73].
En 2020, la Pologne a dépassé l’Italie pour devenir le cinquième partenaire commercial de l’Allemagne[74], ainsi que le principal en Europe centre-orientale[75].
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Le , le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas annonça un projet de monument à Berlin en mémoire des victimes civiles polonaises de la Seconde Guerre mondiale, visant à « honorer leur vie, leur résistance et leur courage ». Il annonça aussi la création d’un forum de mémoire et d’échanges avec la Pologne, précisant que « ce forum de l’avenir […] pourrait devenir une étape majeure de la réconciliation germano-polonaise. Car affronter le passé n’est pas seulement un devoir envers les morts, c’est pour les Allemands et les Polonais la base de notre chemin commun vers l’avenir »[76].
Pour contribuer à la lutte contre la pandémie de Covid-19, la Pologne a vendu environ 6,5 millions de doses de vaccins à l’Allemagne[77].
Le , des consultations intergouvernementales germano-polonaises se sont tenues à Varsovie. Le Premier ministre Donald Tusk et le chancelier Olaf Scholz y ont souligné la proximité des relations entre les deux pays et annoncé un plan d’action conjoint pour renforcer leur coopération dans des domaines clés : sécurité et défense, soutien à l’Ukraine face à l’Invasion de l'Ukraine par la Russie, relations économiques, élargissement de l’UE et questions mémorielles[78].
La crise frontalière germano-polonaise de 2025 (en) a été déclenchée par des accusations de migrations illégales encouragées par la police allemande.
Relations économiques
La Pologne est l'un des plus importants partenaires économiques de l'Allemagne, devant la Russie[79]. Le montant des exportations polonaises vers l'Allemagne s'élève à environ 37 milliards de dollars (24,6 % des exportations polonaises) tandis que le montant des exportations allemandes vers la Pologne s'élève à 42 milliards de dollars (26,9 % des exportations allemandes[80]).
Le cadre de la coopération économique bilatérale entre la Pologne et l’Allemagne a été établi principalement par le Traité de bon voisinage et de coopération amicale, signé le [81].
Plusieurs questions sont également régulées par des accords bilatéraux intergouvernementaux, parmi lesquels[81] :
- « Accord entre la République de Pologne et la République fédérale d’Allemagne relatif à l’élimination de la double imposition en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune, signé à Berlin le »[82] ;
- L’« Accord relatif à l’encouragement et à la protection réciproque des investissements » a été dénoncé par la République de Pologne le [83].
En 2022, la Pologne était le cinquième partenaire commercial de l’Allemagne en termes d’importance[84].
Selon les données statistiques allemandes, la valeur des échanges commerciaux entre les deux pays s’est élevée en 2023 à 171,4 milliards d’euros, avec un solde positif pour l’Allemagne (la valeur des exportations allemandes vers la Pologne atteignant 90,6 milliards d’euros)[81].
D’après la Banque nationale de Pologne, en 2022, les entreprises allemandes constituaient le deuxième investisseur direct étranger en Pologne (42,6 milliards d’euros). Elles établissent principalement des filiales de production actives dans les secteurs de l’automobile, de la construction mécanique et de l’industrie électrique[81].
Coopération régionale
La base de la coopération bilatérale régionale et transfrontalière est constituée par la Convention-cadre européenne sur la coopération transfrontalière des collectivités ou autorités territoriales, adoptée à Madrid en , ainsi que par le traité entre la République de Pologne et la République fédérale d’Allemagne sur le bon voisinage et la coopération amicale du [81]. En vertu de ce dernier, une Commission intergouvernementale polono-allemande pour la coopération régionale et transfrontalière a été créée. Elle comprend quatre comités — sur la coopération transfrontalière, la coopération interrégionale, l’éducation et l’aménagement du territoire — qui se réunissent régulièrement en alternance dans les deux pays[81].
Il existe également diverses formes de coopération au niveau des collectivités locales (villes, districts et communes). Selon la Fondation pour la coopération polono-allemande, on dénombre au total 842 partenariats entre villes et communes polonaises et allemandes[81].
Culture, science, éducation et dimension humaine
Les institutions qui soutiennent le développement des échanges de jeunesse, universitaires et scientifiques comprennent notamment : la coopération germano-polonaise pour la jeunesse (pl), la Fondation pour la coopération germano-polonaise (en), l’Université européenne Viadrina, la Fondation germano-polonaise pour la science, la Fondation « Réconciliation germano-polonaise » (en), ainsi que plusieurs centres de rencontres et de mémoire[85].
Un rôle important dans les relations polono-allemandes est joué par la Fondation « Krzyżowa » pour l’entente européenne (pl) et la Maison internationale de la jeunesse qu’elle gère à Krzyżowa[86].
En 2004 a été instituée la fonction de représentant du ministre des Affaires étrangères pour la coopération polono-allemande ainsi que celle de coordinateur pour la coopération sociale et transfrontalière germano-polonaise[87].
En 2011 a été initiée la célébration de la Journée germano-polonaise[88].
Missions diplomatiques résidentes
Missions diplomatiques de la Pologne en Allemagne
La Pologne dispose d'une ambassade à Berlin ainsi que de consulats généraux à Cologne, Hambourg et Munich[89].
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Consulat général de Pologne à Cologne -
Consulat général de Pologne à Hambourg -
Consulat général de Pologne à Munich
Missions diplomatiques de l'Allemagne en Pologne
L'Allemagne possède une ambassade à Varsovie, des consulats généraux à Gdańsk, Cracovie et Wrocław, ainsi qu'un consulat à Opole[90].
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Ambassade d'Allemagne à Varsovie -
Consulat général d'Allemagne à Gdańsk
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Consulat général d'Allemagne à Cracovie -
Consulat général d'Allemagne à Wrocław -
Consulat d'Allemagne à Opole
Réparations de la Seconde Guerre mondiale
Le , le gouvernement polonais dirigé par le Premier ministre Mateusz Morawiecki a présenté un rapport en trois volumes détaillant les pertes humaines et matérielles subies par la Pologne occupée par l’Allemagne nazie entre 1939 et 1945. Le rapport évaluait le montant total des dommages à 1 300 milliards de dollars américains[91]. Il revenait également sur la question des réparations d’après-guerre, soulignant qu’en dehors de la déclaration de 1953 du gouvernement communiste de Bolesław Bierut, faite sous la pression de l’Union soviétique, aucune démarche diplomatique formelle n’avait été entreprise pour régler la question et qu’aucune note officielle n’avait été transmise au gouvernement est-allemand pour notifier un éventuel renoncement[92].
Le , le ministre polonais des Affaires étrangères Zbigniew Rau a signé une note diplomatique officielle demandant à l’Allemagne d’ouvrir des négociations, note transmise le lendemain à la ministre allemande Annalena Baerbock[91].
En , le chancelier allemand Olaf Scholz avait rejeté l’idée de nouvelles réparations, considérant qu’il n’existait pas de fondement juridique pour de nouveaux paiements[93],[94]. Le gouvernement polonais rejette cette interprétation, affirmant que la renonciation de 1953, décidée par un exécutif placé sous tutelle soviétique, n’a pas de valeur contraignante[95].
À la suite de l’invasion allemande de 1939, la Pologne perdit environ un cinquième de sa population et subit la destruction d’une grande partie de son industrie et de ses infrastructures[96].
Conformément à l’accord de Potsdam, la Pologne obtint environ un quart du territoire allemand de 1937. La population majoritairement germanophone de ces régions fut expulsée et le territoire soumis à une politique de polonisation. L’accord de Potsdam prévoyait que les réparations destinées à la Pologne transitent par l’Union soviétique, via la zone d'occupation soviétique en Allemagne, la redistribution effective dépendant donc des autorités soviétiques. Elles ne prirent fin qu’en 1953[97]. Un accord spécifique sur la répartition des réparations avait été signé le à Moscou, donnant à la Pologne 15 % des réparations prélevées en zone soviétique et 30 % de celles venant de la zone occidentale, mais une somme de 6 milliards de dollars fut déduite de ce total, correspondant selon Moscou aux « gains territoriaux » obtenus par la Pologne à l’ouest[98].
De nombreux auteurs allemands soulignent que les territoires orientaux acquis en 1945 étaient économiquement plus développés que les territoires orientaux, perdus au profit de l’URSS, et estiment que la Pologne aurait globalement bénéficié d’un « gain net » territorial et économique au détriment de l’Allemagne[99],[100].
La question des réparations est également liée à la reconnaissance de la frontière Oder-Neisse et au traité de Zgorzelec (1950), par lequel la Pologne communiste accepta de traiter la RDA comme représentante de l’ensemble de l’Allemagne. Trois ans plus tard, en , Varsovie renonça officiellement aux réparations encore dues par l’Allemagne de l’Est à compter du , décision interprétée par certains juristes comme s’appliquant à l’ensemble de l’Allemagne[101].
Minorités nationales
Il existe une minorité allemande en Pologne, qui compte environ 400 000 personnes. La diaspora polonaise en Allemagne comptait quant à elle 866 690 personnes en 2016[102].
Notes et références
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Articles connexes
- Campagne de Pologne (1939)
- Frontière entre l'Allemagne et la Pologne
- Discussions des Alliés sur la question polonaise
- Traité de Varsovie
- Procédure d'adhésion de la Pologne à l'Union européenne
Liens externes
- (en) Timeline: War and Peace in German-Polish Relations
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