Religion en Guinée équatoriale

Le christianisme est la religion dominante en Guinée équatoriale, surtout par l'Église catholique qui est la plus importante[2]. Beaucoup plus minoritaires sont les protestants, les musulmans et les adeptes de religions syncrétiques intégrant des spiritualités traditionnelles africaines[3].
Pour être reconnue par l'État, une institution religieuse doit être enregistrée et agréée par le ministère de la Justice de Guinée équatoriale. Les deux principales religions, l'Église catholique et l'Église réformée de Guinée équatoriale, bénéficient de certains privilèges du fait de leur présence historique dans le pays. Elles ne sont pas tenues d'enregistrer leurs activités auprès des instances publiques et sont les principaux représentants religieux lors des manifestations publiques officielles[4].
La Guinée équatoriale est un État laïque. Sa Constitution garantit la liberté de religion et de culte et interdit la création de partis politiques fondés sur l'appartenance religieuse[4].
Législation
La Constitution de la Guinée équatoriale garantit la liberté de religion et interdit la création de partis politiques sur la base de la religion. La loi n'établit aucune religion d'État, mais le gouvernement privilégie l'Église catholique romaine et l'Église réformée de Guinée équatoriale, qui sont les seuls groupes religieux dispensés d'enregistrer leurs activités auprès du ministère de la Justice, des Affaires religieuses et des Institutions pénitentiaires (MJRAPI)[5].
Le gouvernement finance l'Église catholique et ses écoles pour des programmes éducatifs. Les messes catholiques font également partie intégrante des cérémonies officielles[5].
Des permis sont nécessaires pour le prosélytisme de porte à porte. Bien que certaines limites de temps soient officiellement imposées aux activités religieuses publiques, les groupes chrétiens évangéliques organisent souvent des activités en dehors de la période prescrite sans intervention gouvernementale[5].
Religions
Religion en Guinée équatoriale ARDA estimation)[2]
- Église catholique (68,5 %)
- protestants (4 %)
- autres chrétiens (15,4 %)
- islam (4,05 %)
- religions traditionnelles africaines (1,75 %)
- autre (0,4 %)
- irréligion (5,9 %)
La majorité des habitants du pays sont théoriquement pour la plupart des chrétiens catholiques romains, tandis que beaucoup d'autres pratiquent une combinaison de catholicisme et de certaines traditions indigènes.
Les chrétiens, surtout les catholiques (68,5 %), avec un peu les protestants (4 %) et ceux qui mêlent christianisme et traditions (15,4 %) sont largement majoritaires (87.90 %)[6]. Les religions minoritaires sont l'islam (4,05 %), l'animisme, la béhaïsme, le judaïsme et d'autres croyances (environ 5 % de la population)[4]
- Christianisme en Guinée équatoriale (en)
- Église catholique en Guinée équatoriale (pt)
- Protestantisme : baptisme, méthodisme, Église presbytérienne réformée de Guinée équatoriale (en)
- Islam en Guinée équatoriale (très majoritairement sunnite)
- Religions traditionnelles africaines, syncrétisme
- Bahaïsme
- Irréligion
Catholicisme

L'Église catholique a vu le jour en Guinée équatoriale avec l'arrivée des Espagnols. En 1844, les missionnaires Jérôme Usera y Alarcón et Jean del Cerro furent chargés de fonder la première mission catholique sur l'île de Fernando Poo (l'actuelle Bioko). Ils rencontrèrent une série de difficultés qui menèrent à l'échec de leur mission[7].
En , une seconde expédition, menée par Miguel Martínez y Sanz, fondateur de la congrégation des Servantes de Marie, ministres des malades, arriva en Guinée espagnole. Confrontés à de nombreux obstacles pour s'établir et poursuivre leur mission sur l'île de Corisco, les missionnaires décidèrent de retourner en Espagne, ne laissant sur l'île de Fernando Poo qu'un catéchiste et son épouse[8].
Plus tard, en 1883, lors d'une troisième tentative, un groupe de douze missionnaires clarétains arriva et prit en charge l'ensemble des activités éducatives en Guinée équatoriale[9]. En 1887, l'église Saint-Antoine-Marie-Claret de Batete (Bioko) fut inaugurée. Première église catholique de l'île, elle fut construite en bois dans le style néo-gothique. La paternité des plans est attribuée au père clarétain Luís Sagarra[10].

Concernant le système éducatif en Guinée équatoriale, l'Église a joué un rôle déterminant dans la création de la plupart des établissements scolaires du pays depuis l'époque coloniale espagnole. C'est pourquoi, après l'indépendance, le président Francisco Macías Nguema déclara illégales les activités catholiques en 1978, après avoir fermé tous les établissements administrés par l'Église catholique en 1975, les jugeant subversifs. Ces mesures furent levées par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, permettant la réouverture progressive des écoles catholiques[11].
Actuellement, l'Église catholique en Guinée équatoriale est administrée par un archidiocèse et quatre diocèses :
Par ailleurs, pour les affaires diplomatiques, le Saint-Siège maintient une nonciature apostolique en Guinée équatoriale (en), qui relève de la juridiction du Cameroun[12].
Voir aussi
Article lié
Lien externe
- « Recherches en terrain difficile : le cas du culte traditionnel annobonais (île d’Annobon, Guinée équatoriale, XVe-XXe siècle) », Valérie de Wulf, Cahiers d’études africaines, n° 233 (2019), pp. 171-191, OpenEdition
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Religión en Guinea Ecuatorial » (voir la liste des auteurs) et « Religion in Equatorial Guinea » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (es) Rite du Bötói, Alisol Buiyabán Bichua, AhoraEG (05/2022).
- (en) National Profiles (World Religion Database, 2025), sur thearda.com
- ↑ (en) Equatorial Guinea, Joshua Project.
- (en) 2023 Report on International Religious Freedom: Equatorial Guinea, U.S. Department of State.
- (en) 2022 Report on International Religious Freedom : Equatorial Guinea, sur ecoi.net
- ↑ Jean Sellier (et al.), Atlas des peuples d'Afrique, La Découverte, Paris, 2003, p. 162 (ISBN 9782707141293)
- ↑ (es) « Los avatares de la primera expedición misionera a las posesiones españolas del Golfo de Guinea a cargo de los eclesiásticos ilustrados Jerónimo Mariano Usera y Alarcón y Juan del Cerro », Miquel Vilaró i Güell, Hispania Nova : Revista de historia contemporánea (2009), Dialnet.
- ↑ (es) Breves apuntes sobre la isla de Fernando Poo en el golfo de Guinea, Miguel Martínez y Sanz (1811-1890), écrit en 1856, Sial/Casa de África, Sial Pigmalión.
- ↑ (es) Misión católica y poder colonial en la Guinea española bajo el gobernador general Ángel Barrera (1910-1925), Gonzalo Álvarez Chillida, Casa de Velázquez (2018), pp. 181-206.
- ↑ (es) Iglesia de San Antonio María Claret de Batete, Tumblr.
- ↑ (es) « L'hispanité catholique en Afrique noire : la Guinée équatoriale célèbre 50 ans d'indépendance », P.J. Ginés, Religión en Libertad (10/2018).
- ↑ (es) « L'évêque José Avelino Bettencourt nommé nouveau nonce apostolique au Cameroun et en Guinée équatoriale », Nicéforo Obama, Cope (08/2023).
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