René-Gaspard de La Croix de Castries

René Gaspard de La Croix de Castries
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Titres de noblesse
Comte de Castries, Premier marquis de Castries, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Famille
Père
Jean de La Croix de Castries
Mère
Louise de l'Hôpital
Fratrie
Nicolas-François de La Croix de Castries
Conjoint
Isabeau Bachet ( 1637-1638 ) Isabeau de Bonzi (1664-1708)
Enfant
Françoise de La Croix de Castries, Armand Pierre de La Croix de Castries, Gabrielle de La Croix, Marie Henriette de La Croix, Marie Françoise de Lévis et Joseph François de La Croix de Castries
Blason.

René Gaspard de La Croix de Castries est fils de Louise de l'Hôpital et de Jean V de La Croix (baron de Castries et Premier Consul de Montpellier). Il est né en 1611 et est mort le à Castries (Hérault)[1]. Il est l'un des acteurs majeurs du Languedoc du XVIIe siècle et s'est vu décerner de nombreux titres au cours de sa carrière. Il est le seul fils du nom de La Croix à avoir une descendance encore existante aujourd'hui[2].

Biographie

Mariages et enfants

Le , René-Gaspard de La Croix se marie à Isabeau Bachet, Dame et Baronne de Pérusse et de Montagu. Leur mariage ne dure qu'un an à la suite du décès de cette dernière en [note 1],[3]. À cette période il vit à Paris, au quartier Faubourg Saint-Germain des Prés, rue des Boucheries. Il est alors seigneurs de Meyrargues, chevalier, comte de Castries et capitaine de chevaux-légers depuis 1636[4].

Le , René-Gaspard de La Croix se remarie à Isabeau de Bonzi avec qui il a onze enfants : Élisabeth, Armand Pierre de La Croix de Castries, Louis-Languedoc[note 2], Roch-François, Marie-Henriette, Marie, Louise, Gabrielle, Renée-Angélique, Françoise et Joseph-François avec pour nom de famille commun De La Croix de Castries[5],[note 3],[6]. Il obtient en dot, la baronnie du Crès, de Salaison et de Castelnau en 1645[4],[7].

Carrière

En 1621, Réné-Gaspard de La Croix est déjà engagé dans la compagnie d'ordonnance du Duc de Montmorency et comptabilise plusieurs faits d'armes, par exemple à la Guerre de Trente Ans[8],[9].

En , il fait ses débuts en tant que capitaine de la compagnie de Chevau-léger. Dès 1639, le roi Louis XIII, satisfait de René-Gaspard de La Croix de Castries, le nomme Gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi[3]. En guise de récompense, il lui offre une pension de 3 000 livres et lui cède son marquisat de Varambon. Mais le comte de Castries, remet son marquisat à Christine-Claire de Haraucourt. Le roi rédige ensuite une lettre patente en 1639 qui fait de René-Gaspard de La Croix, le premier marquis de Castries. En 1655, la pension du comte de Castries est doublée, il reçoit alors 6 000 livres[10].

En , le roi Louis XIV (sur le conseil de la reine-mère et de Mazarin, car il n'a que six ans) crée et érige la baronnie de Castries en marquisat qu'il cède à René-Gaspard de Lacroix ; « Sa majesté le Roi réunit à la baronnie de Castries, les villes de Castries et les lieux de Vendargues, Baillargues, Colombier, Sussargues, Meyrargues, Roù, Moulinas, Ferrières, Bannières et autres dépendances, crée et érige la baronnie en nom titre et qualité de marquisat, en faveur de René, Gaspard de Lacroix, baron de Castries[10]. »

Son nom devient René-Gaspard de La Croix de Castries. Il porte alors l'un des patronyme les plus prestigieux du XVIIe siècle.

Alors qu'il est député de la noblesse de la sénéchaussée de Montpellier, René-Gaspard de La Croix de Castries est fait gouverneur de Sommières le . Ce poste avait été occupé par son arrière-grand-père, Jacques de La Croix, avant que la petite ville ne devienne une place de sûreté protestante ; elle fut ensuite récupérée par Richelieu[11]. En 1651, il devient conseiller d'État-Épée, est nommé Capitaine Lieutenant des gendarmes de Gaston Duc d'Orléans le , puis maréchal des Camps le . Le , il obtient le titre de gouverneur de Montpellier. L'année suivante, le il est fait Lieutenant Général des armées du roi, puis le il est nommé chevalier des ordres du roi devant le Duc de Mortemart et le Marechal d'Aumont. Le il reçoit de collier de chevalier des ordres du roi à Pézenas[6].

Le , il devient Lieutenant Général au Gouvernement de Languedoc. En 1670, le roi lui donne l'ordre de se rendre en Vivarais pour mater une révolte de partisans. Cette rébellion était moins confessionnelle (protestante) que fiscale[12]. De mai à , suite à la perte générale des oliviers et à la levée de nouveaux impôts, la ville d'Aubenas et ses environs sont en pleine insurrection, sous la conduite d'un nommé Antoine du Roure. Le roi envoie 3.000 hommes de troupes pour venir en aide au marquis. Il réussit à maîtriser les révoltés, dont le chef tenta alors de gagner l'Espagne ; capturé pendant sa fuite, il fut roué vif à Montpellier, après plusieurs autres. Quoique Castries ait d'abord essayé de calmer les choses, la répression fut impitoyable.

Quand ces régiments furent libérés, Castries eut l'idée de les employer à la construction d'un aqueduc pour irriguer ses terres et ses jardins. Il amène l'eau des sources de Fontgrand (concédées par les évêques de Montpellier, moyennant l'albergue d'une paire de gants à chaque changement d'évêque) jusqu'au château de Castries. Long de 6.822 mètres, il fut réalisé par les frères Amans, entrepreneurs, sur les plans de Pierre-Paul Riquet, mais ne fut achevé qu'en 1676, après la mort du marquis[13]. Vers 1830, il produisait encore 120 m3 par jour à l'étiage, et bien davantage par temps pluvieux[14].

En 1672, à la demande du roi, René-Gaspard de La Croix de Castries choisit tous les officiers des deux régiments du roi. En 1673, le roi lui donne pour mission de lever deux autres régiments, l'Infanterie et la Cavalerie, ce qu'il fait. Avec l'accord du roi, René-Gaspard de Castries met le régiment d'infanterie au nom de son fils et le régiment de cavalerie au nom de son gendre, le marquis de Villeneuve.

Lorsqu'il dirigeait les États-Généraux du Languedoc, René-Gaspard de La Croix de Castries a su se distinguer car il portait autant d'importance aux intérêts du roi qu'à ceux du peuple. À sa mort, il fut grandement regretté[6].

Chronologie des titres

1621 : Engagé dans la compagnie d'ordonnance du duc de Montmorency

1636 : Nommé capitaine d'une compagnie franche de Chevau-Légers

1637 : Premier mariage avec Isabeau Brachet de Pérusse

1639 : Reçoit en récompense de ses services pour le roi, le titre de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Il reçoit également le marquisat de Varambon ainsi qu'une pension de 3 000 livres.

1639 : Nommé 1er Marquis de Castries par lettre patente du roi (confirmé en 1645)

1643 : Rétabli en son droit au titre de Baron des Etats du Languedoc

1644 : Second mariage avec Isabeau de Bonzi

1645 : Obtint l'érection de la baronnie de Castries en marquisat

1645 : 1er Baron de Castries

 : Fait Gouverneur de Sommelière

1651 : Fait Conseiller d'État d'Epée

: Fait Capitaine Lieutenant des Gendarmes de Gaston duc d'Orléans

 : Fait maréchal des Camps

1655 : La pension donnée par le roi passe de 3 000 livres à 6 000 livres.

 : Fait gouverneur de Montpellier

 : Fait Lieutenant général des armées du roi

 : Fait chevalier des ordres du roi devant le duc de Mortemart et le maréchal d'Aumont.

 : Reçoit le collier de chevalier des Ordres du roi à Pézenas

 : Lieutenant général en Languedoc

1672 : Il choisit tous les membres des deux régiments du roi.

1673 : Levée des deux régiments du roi.

L'hôtel de Castries

En 1445, le château de Castries est acquis par Guillaume de La Croix. Deux siècles plus tard, en 1645, René-Gaspard de La Croix de Castries décide d'entreprendre des travaux[15]. Il revisite son esthétique en s'inspirant de l'architecture gothique et fait appel à Jean Bonnassier. Dès 1656, le marquis fait réaliser le grand escalier, la grande salle ainsi qu'un salon dans l'aile ouest « dans le dessein de tenir les États de Languedoc en sa propre maison[16]. » En 1660, il fait appel à André Le Nôtre pour créer un jardin à la française, qui s'étend autour du château, et dont la superficie est de quinze hectares. Le domaine prend alors le surnom du « Petit Versailles ». Entre 1670 et 1676, il fait appel à Pierre-Paul Riquet pour construire l'aqueduc de Castries. Ce dernier suggéra de faire venir de l'eau qui viendrait irriguer le jardin et le château. René-Gaspard fait alors construire l'aqueduc, d'une longueur de 6,8 km et composé d'une centaine d'arches et dont les plans ont été réalisés par Pierre Paul Riquet[17]. Ce serait l'aqueduc le plus le long de France jamais réalisé par un particulier. René-Gaspard de La Croix de Castries ne le verra jamais terminé puisqu'il décède en 1674.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Isabeau Bachet est décédée en couche
  2. ↑ Louis-Languedoc est décédé alors qu'il était enfant
  3. ↑ Les noms de familles de certains enfants ont été modifiés à la suite d'unions maritales.

Références

  1. ↑ Clément Pieyre, « Les chapellenies du chanoine Coste. Reconstruction catholique et système bénéficial à Montpellier à la fin du règne de Louis XIV », Dix-septième siècle, vol. n° 294, no 1,‎ , p. 97–117 (ISSN 0012-4273, DOI 10.3917/dss.221.0097, lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ « Histoire », sur Le site des amis du château de Castries (consulté le )
  3. Pouget, La Baronnie de Castries : Seigneur, manants et habitants. Castries, Vendargues, Baillargues, Saint-Brès, Sussargues. Nos villages dans la baronnie de Castries (lire en ligne), p. 106
  4. « René-Gaspard de La Croix, chevalier, comte de Castre, capitaine de chevaux-légers, demeurant aux faubourgs Saint-Germain des Prés rue des Boucheries, paroisse Saint-Sulpice, et Ysabeau Brachet, veuve de François d'Aubusson, chevalier, comte de La Feuillade, grand chambellan de monseigneur, frère du Roi, demeurant à Saint-Germain des Prés, rue du Four : contrat de mariage. | Notice n° 16 », sur FranceArchives (consulté le )
  5. ↑ Waroquier de Combles, État de la France, ou les vrais marquis, comtes, vicomtes et barons, Clousier, (lire en ligne)
  6. Armorial général, ou Registres de la noblesse de France. Registre premier [-sixiéme], de l'Imprimerie de Prault imprimeur des Fermes & Droits du roy, Quay de Gêvres, au Paradis, (lire en ligne), p. 251
  7. ↑ Waroquier de Combles, État de la France, ou les vrais marquis, comtes, vicomtes et barons, Clousier, (lire en ligne), p. 105
  8. ↑ « Histoire », sur Le site des amis du château de Castries (consulté le )
  9. ↑ « Chartrier de Castries (XIIe – XXe siècles) », sur FranceArchives (consulté le )
  10. Pouget Richard, La baronnie de Castries, seigneur, manants et habitants, Castries, Vendargues, Baillargues, Saint-Brès, Sussargues. Nos villages dans la Baronnie de Castries : De la Baronnie au Marquisat, Impr. Cppy-media, , 134 p., p. 107
  11. ↑ Duc de Castries, Papiers de famille (1977), p 52.
  12. ↑ Papiers de famille, p 58.
  13. ↑ Papiers de famille, p 53-54 et 60.
  14. ↑ Papiers de famille, p 260.
  15. ↑ « Savez vous que ? », sur Le site des amis du château de Castries (consulté le )
  16. ↑ « Histoire », sur Le site des amis du château de Castries (consulté le )
  17. ↑ « Parc du château de Castries », sur Tourisme Hérault (consulté le )

Liens externes

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