René Giraudet

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 37 ans) Le Kremlin-Bicêtre (France) |
| Nom de naissance |
René Louis Eugène Marcel Giraudet |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité |
Prêtre catholique (à partir du ) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Nom en religion |
Abbé René Giraudet |
| Étape de canonisation | |
| Conflit | |
| Lieux de détention |
René Giraudet (1907-1945) est un prêtre français, interné au camp de Bergen-Belsen, qui mourut épuisé à son retour de France, au Kremlin-Bicêtre.
Il fait partie des cinquante martyrs français de la Seconde Guerre mondiale béatifiés par le pape Léon XIV en [1].
Biographie
Famille
René Giraudet naît à Luçon le .
Il est le fils de Louis Giraudet (1877-1969), employé de pharmacie, et de Louise Loizeau (1879-1958).
Une vocation de missionnaire contrariée
Il entre au petit séminaire en 1920 à Chavagnes-en-Paillers pour suivre ses études secondaires puis au grand séminaire de Luçon en 1925. À la rentrée 1929, décide de rejoindre le Séminaire des Missions Étrangères de Paris (MEP), pour devenir missionnaire en Asie.
Il est ordonné diacre en puis prêtre, dans la Chapelle de l'Épiphanie, rue du Bac, le .
Mais sa santé fragile l'oblige à renoncer à son projet et il retourne dans son diocèse de Luçon.
Le , il est nommé vicaire de Saint-Hilaire-de-Loulay en 1932, puis curé de Saint-Hilaire-du-Bois en .
La mission en Allemagne
Répondant à une circulaire de la semaine catholique du qui demande des aumôniers volontaires pour les camps ouvriers en Allemagne, l'Abbé Giraudet pense réaliser son rêve de missionnaire et dit à son évêque, Antoine-Marie Cazaux : "ne m'épargnez pas". Il quitte Saint-Hilaire-du-Bois le et il part de Paris, le , pour Berlin, où il est accueilli par l’abbé Hadrien Bousquet et les responsables du mouvement d’Action Catholique clandestine, officiellement en tant que "droguiste", profession de son père. Il est en fait prêtre-ouvrier clandestin, près des jeunes du Service de travail obligatoire (STO).
La répression nazie
En application du décret nazi du contre l’action catholique française parmi les Travailleurs français en Allemagne nazie, la répression s'abat sur le groupe. Dénoncé, l'abbé Bousquet est arrêté et expulsé en [2]. René Giraudet devient alors l’Aumônier général du Mouvement. Reconnu comme prêtre, il est arrêté par la Gestapo le chez les sœurs qui l’abritent, les Filles de la Charité. Il est inculpé « pour apostolat interdit » et est emprisonné à la prison d’Alexander-Platz.
Il est déporté le au camp de concentration d’Oranienbourg-Sachsenhausen, puis transféré à celui de Bergen-Belsen. Ce camp, ravagé par le typhus, est libéré par les Britanniques le . Parmi les membres de la Mission Vaticane envoyée sur place, René Giraudet, qui est tuberculeux et a attrapé le typhus, reconnaît un confrère vendéen, l’abbé Charles Hauret - celui-ci le fait rapatrier par avion sanitaire en France.
Arrivé à Paris le , il meurt à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre le lendemain [3]. Ses obsèques solennelles sont célébrées aux Invalides, présidées par le cardinal Suhard, archevêque de Paris et initiateur de la Mission Saint-Paul en Allemagne. Ses funérailles, présidées par Antoine-Marie Cazaux, évêque de Luçon, sont célébrées dans son église de Saint-Hilaire-du-Bois le suivies, le même jour, par l’inhumation dans le cimetière de Chantonnay (85), où résident ses parents.
Procédure de béatification
Son procès de canonisation est ouvert en 1988 dans le cadre d'une procédure collective pour un groupe de catholiques français victimes de la barbarie nazie. Il s'appuie sur les recherches historiques conduites par Mgr Charles Molette. L'enquête diocésaine est close en 2018. En 1996 est créé un comité René-Giraudet pour entretenir sa mémoire. Le , 80 ans après sa mort, le pape Léon XIV signe au Vatican le décret reconnaissant le martyre de cinquante Français, dont il fait partie et ouvrant la voie à leur béatification.
La cérémonie de béatification, présidée par le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, a lieu le samedi à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Cette béatification collective est la plus importante célébration de ce type jamais organisée en France.
Le , une plaque en sa mémoire a été apposée dans la cathédrale de Luçon, près du baptistère dans lequel il avait été baptisé le .
Sa fête liturgique est fixée au .
Bibliographie
- René Giraudet (Abbé), Vie paroissiale à Saint-Hilaire-du-Bois : de février 1942 à avril 1943, Nantes, Comité fidélité René Giraudet, . Édition des bulletins hebdomadaires publiés par l'abbé Giraudet du n° 0 (22 fév. 1942) au n° 2-15 () à l'occasion du 60e anniversaire de sa mort.
- Louis Guéry (Abbé), Volontaire pour le Christ : l'abbé René Giraudet, curé en France, ouvrier à Berlin, 1907-1945. Préface de Mgr Antoine Marie Cazaux. Témoignage de l'abbé Hadrien Bousquet, Angers, H. Siraudeau, . Consultable sur Gallica
- Louis Guéry (Abbé), L’abbé René Giraudet, curé en France, ouvrier à Berlin (1907-1945), Fontenay-le-Comte, imprimerie Lussaud, , 2e éd.
- Louis Guéry (Abbé), L’abbé René Giraudet, curé en France, ouvrier à Berlin (1907-1945), Les Oyats, , 3e éd.
- Charles Molette, En haine de l'évangile. Victimes du décret de persécution nazi du 3 décembre 1943 contre l'apostolat catholique français à l'œuvre parmi les travailleurs requis en Allemagne 1943-1945, Paris, Fayard, .
- Charles Molette, La « Mission Saint-Paul », traquée par la Gestapo, persécution et déportation des militants de l'apostolat catholique français en Allemagne, Paris, François-Xavier de Guibert, .
- Grégoire Moreau, Bienheureux René Giraudet, Aizenay, Les Éditions vendéennes, .
Notes et références
- ↑ « L’abbé Giraudet : une vie donnée », sur Radio chrétienne francophone, (consulté le ).
- ↑ Hors des barbelés, Paris, Spes, 144 p. (présentation en ligne).
- ↑ André Caudron, « GIRAUDET René, Louis, Eugène, Marcel – Maitron », dans Le Maitron (lire en ligne) (consulté le ).
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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