René Menguy
René Menguy
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L'intendant général René Menguy en 1946 | ||
| Nom de naissance | René Menguy | |
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| Naissance | Haddenham, Angleterre |
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| Décès | (à 67 ans) Londres, Angleterre |
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| Origine | Français | |
| Allégeance | ||
| Arme | Intendance | |
| Formation | École d'Administration de Vincennes École Supérieure de l'Intendance |
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| Grade | Intendant général de 1ère classe | |
| Années de service | 1903 – 1947 | |
| Conflits | Première Guerre Mondiale Seconde Guerre mondiale |
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| Faits d'armes | Bataille des Dardanelles Bataille du Chemin des Dames Bataille de Narvik Bataille de Normandie |
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| Distinctions | Commandeur de la Légion d'honneur Croix de guerre 1914-1918 Croix de guerre 1939-1945 Order of the British Empire |
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René Menguy est un militaire français né le à Haddenham (Angleterre) et mort le à Londres (Angleterre). Officier général d'Intendance, il est principalement connu pour avoir rejoint le général de Gaulle au sein de la France libre dès le mois de .
Engagé à 18 ans au sein de l'infanterie, Menguy poursuit une carrière peu commune en sortant de l'École d'administration de Vincennes en 1914 avant de demander à être versé dans les troupes combattantes lors de la Première Guerre mondiale. Il revient à l'administration militaire durant l'entre-deux-guerres puis demande à être mis en retraite en 1932. Rappelé en 1939, il participe à l'organisation de l'expédition de Narvik et se rallie finalement au Général De Gaulle. Il sert comme intendant militaire parmi les Forces françaises libres.
Mentionné dans les Mémoires de guerre du Général de Gaulle, il termine sa carrière peu de temps après la Seconde Guerre mondiale et meurt en 1953 à Londres (Angleterre).
Biographie
Débuts de parcours militaire

René Menguy s'engage à l'âge de 18 ans au sein du 48e régiment d'infanterie. Il y passe deux années avant de se rengager dans les troupes coloniales au sein desquelles il sert au Tonkin entre 1908 et 1911. En 1913 il intègre l'École d'administration de Vincennes. Il sort diplômé de cette école le , la veille de la mobilisation générale des armées françaises. Devenu Officier d'administration, il demande son versement dans les troupes combattantes, ce changement est effectif le lorsqu'il est nommé sous-lieutenant au sein des troupes coloniales[1].
Première Guerre mondiale
D'abord affecté au 21e Régiment d'infanterie coloniale, Menguy rejoint ensuite le 3e Bataillon de tirailleurs sénégalais[2]. Le est créé le 56e régiment mixte colonial sur la base de trois bataillons dont un bataillon du 6e RIC dont fait partie René Menguy. Le régiment se rassemble en Tunisie puis en Grèce en avant de préparer le débarquement des Dardanelles depuis Alexandrie (Égypte).
Le , premier jour de débarquement, René Menguy se distingue au combat, est blessé, et est cité à l'Ordre de l'Armée puis décoré de la Légion d'honneur. La citation paraît le dans le Journal officiel :
"Commandant d'une section de mitrailleuse a, pendant toute la journée du 25 avril 1915, dirigé avec sang-froid, une bravoure et une habileté admirable le tir de ses pièces sous un feu très violent. A été blessé grièvement en se portant en avant pour soutenir les troupes d'assaut. A démoli une section de mitrailleuse ennemie"[3].
Menguy passe plusieurs mois de convalescence afin de se remettre de sa blessure et retrouve les combats en 1916 au Sénégal. Il est affecté au 4ème bataillon de tirailleurs sénégalais au sein du 5e régiment d'infanterie coloniale avec le grade de lieutenant[4] en 1917. Ce régiment combat au Chemin des dames, où Menguy est de nouveau blessé, puis à Verdun à la fin de l'année 1917. Après s'être illustré et avoir été cité à l'ordre du régiment au début du mois d'octobre, le lieutenant Menguy est gazé le ce qui l'éloigne de la ligne de front jusqu'au , date à laquelle il rejoint le 3e régiment d'infanterie coloniale. Lors de cette période, il se marie le avec Mlle Eva Destizans, institutrice publique[5]. Le couple aura trois enfants, deux garçons et une fille.
Il est promu au grade de capitaine le [6]. Pour la fin de la guerre, René Menguy est affecté comme officier de liaison auprès du corps expéditionnaire américain en France, il connaît en effet parfaitement l'anglais du fait de sa jeunesse passée en partie en Angleterre. De nouveau blessé le par un éclat de grenade, il est évacué et soigné.
Entre-deux-guerres
Le capitaine Menguy est affecté au sous-secrétariat de la Justice militaire jusqu'au , puis il part au Cameroun où il sert comme intendant des troupes coloniales jusqu'en 1923[7]. Après son retour en France, René Menguy part pour un séjour de deux ans en Tunisie[2].
En 1925, il est admis à l'École supérieure de l'intendance.
Sa promotion au grade d'Intendant militaire de 3e classe de l'Intendance coloniale en 1927[8] s'accompagne d'une affectation en Nouvelle-Calédonie comme directeur de l'Intendance de Nouméa. Durant cette période, il est promu officier de la Légion d'honneur. Son épouse décède et il s'arrange avec des officiers des douanes pour rapatrier le corps de Mme Menguy dans un transport d'État réquisitionné, ce qui est contraire à la règlementation de l'époque sur le rapatriement des défunts aux frais de l'État. Sa hiérarchie le découvre et il est sanctionné. Il en résulte qu'étant en désaccord profond avec ses supérieurs suite à cette sanction, il demande sa mise à la retraite et son versement dans les cadres de réserve à son retour en France. Il obtient sa mise à la retraite et se retire à Mézos dans les Landes à partir du dans le but de se consacrer à l'éducation de ses trois enfants.
Seconde Guerre mondiale
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, l'Intendant René Menguy est rappelé à l'armée d'active le . Il est affecté aux gares et réserves de la 5e armée jusqu'à son rattachement au Corps expéditionnaire français en Scandinavie comme organisateur de l'intendance militaire française en Angleterre depuis une base à Glasgow puis à Barry au Pays de Galles. Après que la bataille de Narvik fut terminée, Menguy eut l'idée de s'installer à Londres et d'y ouvrir un bureau pour faire face aux besoins administratifs et logistiques qui se révélèrent du fait de la présence sur le sol britannique, à côté des troupes revenant de Norvège, des blessés et malades de Dunkerque et des naufragés recueillis en Angleterre après la destruction de navires chargés de troupes coulés par l'aviation allemande (Luftwaffe)[9].
Étant à Londres le , jour de l'appel à la résistance du Général de Gaulle, Menguy répond à cet appel en se ralliant immédiatement aux Français libres et apporte avec lui les stocks restant des forces envoyées à Narvik quelques semaines auparavant. L'intendant Menguy est le seul officier de l'Intendance militaire française à s'engager avec les Forces françaises libres en Angleterre, il est donc logiquement désigné pour organiser le service de l'Intendance des Français libres au Royaume-Uni et il est promu Intendant militaire de 1re classe.
En 1941, René Menguy est nommé directeur de l'Intendance au Commissariat à la Guerre, il est aussi promu intendant-général de 2ème classe (l'équivalent du grade de général de brigade). Il est, dès lors, chargé de l'administration de l’ensemble des Français ralliés à la France libre jusqu'à 1943. La principale difficulté pour lui à cette époque fut d'obtenir des moyens de la part des autorités britanniques, dont dépendent pour leur équipement et leurs moyens matériels les Forces françaises libres. Là encore, sa parfaite connaissance de la langue anglaise lui facilite les relations avec les Britanniques et lui permet d'accomplir sa mission. En 1942, l'intendant-général Menguy se remarie avec une Anglaise.
Lorsqu'en 1943 est créé le Comité français de libération nationale (CFLN) à Alger, l'intendant-général Menguy y est affecté comme chef de la section administrative du cabinet du Commissaire à la Défense Nationale, le général Paul Legentilhomme. À ce poste, et alors que l'Afrique du Nord vient de se rallier au CFLN, Menguy est chargé de l’administration de l'ensemble des Forces françaises libres, qu'elles soient terrestres, aériennes ou navales. Le général Legentilhomme, son supérieur direct, a fait le commentaire suivant sur le travail de René Menguy au sein de son cabinet : "Grâce à la bonne humeur qui ne le quittait jamais, et à ses connaissances profondes et variées en matière administratives, il sut former avec les représentants des services administratifs des trois armées placés sous ses ordres une véritable équipe animée du même esprit et du même enthousiasme."
Au mois de , au moment du débarquement allié en Normandie, l'intendant-général Menguy est promu intendant-général de 1ère classe (l'équivalent de général de division) et est nommé directeur de l'Intendance militaire de la 3e région militaire de Rouen. Au delà de la gestions des affaires administratives courantes, Menguy doit reconstruire des services d'intendance efficaces pour l'armée française, il doit également rendre en capacité de combattre plusieurs bataillons de FFI locaux en leur fournissant de l'équipement. Une nouvelle fois, l'intendant-général Menguy joue de ses relations et connaissances parmi les forces militaires britanniques pour récupérer divers uniformes, équipements et armements au profit des Forces françaises.
Après-guerre et décès en Angleterre

Après la guerre, Menguy demande de nouveau sa mutation vers l'outre-mer. Il est promu intendant-général de 1ère classe (l'équivalent du grade de général de division) le et il est nommé directeur de l'Intendance de Tunisie jusqu'à la fin de sa carrière et son versement définitif dans les cadres de réserve, en 1946[2].
En 1946, il est promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur et est décoré de la croix de guerre 1939-1945 avec la citation suivante à l'ordre de l'armée : "Fonctionnaire au service de l'Intendance d'une valeur exceptionnelle. Après avoir rallié les Forces françaises libres, le 20 juin 1940, et rempli les hautes fonctions dans l'organisation de la France Libre, tant à Londres qu'à Alger, a pris, en juillet 1944, la direction de l'Intendance de la 3e Région. Grâce à ses remarquables qualités d'intelligence et d'organisation a remis sur pied, dans le minimum de temps, le service de l'Intendance dans cette région, obtenant les meilleurs résultats. Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec palme."
Pour ses actions au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'intendant-général René Menguy est fait commandeur de l'ordre de l'Empire britannique par le roi George VI du Royaume-Uni.
Une fois à la retraite, René Menguy se retire avec sa seconde épouse en Angleterre où il est un membre actif de l'Association des Français libres. Il meurt le au Middlesex Hospital de Londres.
À partir de 1941, Menguy et le général Paul Legentilhomme nouent une relation amicale qui se poursuivra tout au long de la guerre puisqu'ils travailleront ensemble jusqu'en , date à laquelle Legentilhomme est nommé Gouverneur militaire de Paris et Menguy demande son affectation outre-mer.
Grades successifs
Grades
- : soldat de 2ème classe au 48e régiment d'infanterie
- : caporal
- : soldat de 2ème classe au 22e régiment d'infanterie coloniale
- : caporal
- : caporal fourrier
- : sergent
- : sergent-major
- : aspirant à l'École d'administration de Vincennes
- : Officier d'administration de 3ème échelon
- : sous-lieutenant d'infanterie coloniale[1]
- : lieutenant d'infanterie coloniale[4]
- : capitaine d'infanterie coloniale[6]
- : Sous-intendant militaire de 3ème classe d'Intendance coloniale[8]
- : Intendant militaire de 2ème classe de réserve[10]
- 1940 : Intendant militaire de 1ère classe
- 1941 : Intendant-général de 2ème classe
- 1944 : Intendant-général de 1ère classe
Décorations
Décorations françaises
Commandeur de la Légion d'honneur (24 février 1946)[11]
Officier de la Légion d'honneur (30 décembre 1930)[11]
Chevalier de la Légion d'honneur (3 juin 1915)[3]
Croix de guerre 1914-1918 (1 citation à l'ordre de l'armée et 1 citation à l'ordre du régiment)
Croix de guerre 1939-1945 (1 citations à l'ordre de l'armée)
Médaille des blessés de guerre (avec 3 étoiles)
Croix du combattant
Médaille coloniale (agrafes « Tonkin », « A.O.F » et « A.E.F »)
Médaille interalliée de la Victoire
Médaille commémorative de la guerre -
Médaille commémorative des Dardanelles
Décorations étrangères
Postérité
Le , à Salon-de-Provence, la promotion 2025 de l'École des commissaires des armées est baptisée du nom d'Intendant-Général René Menguy par le Directeur central du Service du commissariat des armées, le commissaire général Olivier Marcotte[12].
Notes et références
- « Journal officiel du 10 novembre 1914, p.8360 »
, (consulté le )
- « Dossier de René Menguy conservé par le Service Historique de la Défense (SHD). »
(consulté le )
- « Journal officiel du 3 juin 1915, p. 3550 »
, (consulté le )
- « Journal officiel du 28 mai 1917, p. 4238 »
, (consulté le )
- ↑ « Acte de mariage de M. René Menguy et Mlle Eva Destizans (registre des mariages, pages 149 et 150). »
, (consulté le )
- « Journal officiel du 6 mai 1918, p. 3952 »
, (consulté le )
- ↑ « Journal officiel du 25 novembre 1920, p. 19178 »
, (consulté le )
- « Journal officiel du 25 septembre 1927, p. 10058 »
, (consulté le )
- ↑ René Cassin, Les hommes partis de rien, Plon,
- ↑ « Journal officiel du 31 décembre 1931, p. 13371 »
, (consulté le )
- « Fiche de René Menguy sur le site des archives de la Grande chancellerie de la Légion d'honneur »
(consulté le )
- ↑ « La promotion 2025 de l’École des commissaires des armées baptisée « Intendant Général Menguy » »
, (consulté le )
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