Renée Metté

Renée Metté
Biographie
Naissance
Décès
Pseudonyme
Nicole
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de
Conflit
Lieux de détention
Ravensbrück, Holleischen (d)
Distinction

Renée Metté, née à Alexandrie le et morte à Paris le , est une résistante et déportée politique française, détenue au camp de concentration de Ravensbrück. Libérée en 1945, elle est professeur agrégée de philosophie au lycée Lamartine[1] puis au lycée Molière jusqu'à son départ à la retraite en 1980.

Biographie

Famille

Renée Metté naît à Alexandrie le , six mois après la mort de son père, rédacteur français à l'hebdomadaire The Egyptian Gazette (en), tué à Longueval (Somme) lors de la Première Guerre mondiale. Elle devient de ce fait pupille de la Nation ainsi que son frère, André Metté[2].

Résistance

Elle est étudiante en philosophie à Paris lorsqu’elle rejoint le mouvement « Ceux de la Résistance », l’un des cinq grands mouvements de Libération-Nord[3]. Sous l'alias de « Nicole », elle fait partie du réseau MANIPULE, le service de renseignement du mouvement[4],[5]. Le réseau a été créé officiellement en à la demande du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) de la France libre.

Arrestation et déportation

À la suite de la trahison d'un des membres du réseau, elle est arrêtée rue de Fleurus à Paris le avec Jean Roquigny, chef du sous-réseau Max, qu'elle venait de rejoindre, et sa femme Marie-Claire, une amie étudiante en philosophie[6].

Déportée au camp de concentration de Ravensbrück par le convoi parti de Compiègne le (convoi I.175 dit « convoi des 27000 ») avec Marie-Claire Roquigny[7], elle est affectée à la fabrication de munitions anti-aériennes au Kommando industriel Holleischen du camp de Flossenbürg (Tchécoslovaquie)[8]. Elle est libérée en .

Après-guerre

De retour à Paris après sa libération, Renée prépare l’agrégation de philosophie[2].

En 1946, elle rédige un témoignage sur les conditions de survie et de résistance à l’avilissement avec quatorze de ses codétenues survivantes, dont Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, publié fin 1946. Renée Metté y évoque les conditions d'existence dans le Kommando industriel Holleischen[9].

« Et peu à peu nous avons appris à toujours mieux surmonter les vexations, les humiliations absurdes et raffinées qui nous étaient infligées. Car qu’était-ce, après tout, en regard des souffrances plus grandes, plus profondes, plus définitives, de nos camarades des camps d’extermination ? Qu’était-ce, après tout, auprès des résultats que nous attendions : la fin de l’oppression nazie et la victoire de la liberté ? Il s’agissait de sauver notre intégrité intérieure, consciente que le salut était dans la qualité de notre « moral », d’affirmer notre foi en notre cause et le peu d’importance que nous attachions à notre personne[10]. »

Elle parlera ensuite rarement de Ravensbrück, si ce n’est pour dire « Ça n’a pas d’importance »

Mort

Renée Metté meurt à Paris 18e, le à l'âge de 81 ans[11].

Distinctions

Elle est reconnue « Déporté résistant »[5],[12].

Notes et références

  1. ↑ Elle est signalée comme telle en 1968 dans le livre d’Eliane Amado Lévy-Valensi, ‘’La Racine et la source: essais sur le judaïsme’’, Zikarone, 1968, 471 ., p. 71. Cependant son nom n'apparaît pas dans les listes de reçus à l'agrégation de philosophie publiées jusqu'en 1960.
  2. Jacques Girault, notice METTÉ André, Haï, Le Maitron, version mise en ligne le 23 décembre 2012, dernière modification le 23 décembre 2012 : « Sa sœur Renée Metté, déportée politique, pupille de la Nation, préparait l'agrégation de philosophie et vivait chez lui, à Paris, après la guerre ».
  3. ↑ Portail culturel du Ministère des armées, « Mémoire des hommes: seconde guerre mondiale, titres, homologations et services pour faits de résistance »
  4. ↑ Marie Ducoudray, Ceux de Manipule: un réseau de renseignements dans la Résistance en France, Éd. Tirésias, coll. « Ces oubliés de l'histoire », , 270 p. (ISBN 978-2-908527-82-7)
  5. Titres, homologations et services pour faits de résistance, « Renée Mette », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
  6. ↑ Marie Granet, Ceux de la Résistance, Paris, Edition de Minuit, (lire en ligne).
  7. ↑ Fondation pour la mémoire de la déportation, « Transport parti de Compiègne le 31 janvier 1944 (I.175.) » (consulté le )
  8. ↑ Philippe Mezzasalma (dir.), ‘’Femmes en déportation. Les déportées de répression dans les camps nazis 1940-1945’’, Presses universitaires de Paris Nanterre, OpenEdition Books, 2021, 306 p.
  9. ↑ Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle et al, « Ravensbruck », Editions de la Baconnière, "Les Cahiers du Rhône", no n° 65, Cahiers bleu n° XX,‎ .
  10. ↑ Jean-Pierre Vittori (dir.), Irène Michine, ‘’Le grand livre des témoins’’, nouvelle édition, Éditions de l'Atelier & Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes, 2005, 367 p. , p. 252 (citation de Renée Metté reprise de la section « Ils ont lutté pour survivre »).
  11. ↑ Mettée Renée, libramemoria.
  12. ↑ Base des déportés-résistants, « Renée Mette », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )

Liens externes

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