Renée Stone (bande dessinée)

Une aventure de Renée Stone
Série
Scénario Julie Birmant
Dessin Clément Oubrerie
Couleurs Clément Oubrerie, Nicolas Bègue, Anne-Sophie Dumeige, Luc Perdriset
Genre(s) Aventure

Personnages principaux Renée Stone, John Malowan
Lieu de l’action Éthiopie

Pays Drapeau de la France France
Langue originale Français
Éditeur Dargaud
Première publication 2018
Format Couleur
Nombre d’albums 3

Une aventure de Renée Stone est une série de bande dessinée en trois volumes avec un scénario de Julie Birmant, des dessins et une mise en couleurs de Clément Oubrerie. La série a été publiée entre 2018 et 2021 aux éditions Dargaud.

Synopsis

Meurtre en Abyssinie

En 1930, Renée Stone, romancière bien connue, se rend au sacre de l’Empereur Haïlé Sélassié Ier en Ethiopie. Elle est accueillie à sa descente du train par John Malowan, archéologue. Ils se rendent à l’ambassade puis John emmène Renée chez sa grand-mère et son oncle. Le lendemain, ils assistent au sacre. Le soir, Renée donne à John le cyclindre antique mésopotamien que lui avait donné sa grand-mère. John est subjugué, le rouleau a appartenu au roi Assurbanipal. Le lendemain, John disparait. Renée et Alfred, l’aventurier rencontré la veille et ami d’enfance de John, partent pour le retrouver. Loin d’Addis-Abeba, John se rend à la léproserie de Harar. Il y retrouve le père Sorrow qui a bien connu son grand-père Rassam. Mais celui-ci est assassiné d’un coup de fusil pendant leur conversation. Avant de mourir, il lui recommande de ne faire confiance qu’à une seule personne: Henri de Frick. John, Renée et Alfred fuient la léproserie et arrivent chez les Stanford. Peter Stanford apprend à John que son père, Dennis, était en fait un trafiquant peu apprécié dans la région. Attendant chez les Stanford, Graham Gray propose de venir en aide à Renée et John. Ils partent en excursion à Magdala, sur les traces du grand-père de John qui y avait vécu prisonnier de l’Empereur d’Abyssinie. Ce dernier avait reçu en présent une tablette censée indiquer l’emplacement du trésor d’Assurbanipal mais le roi l’avait brisée avant de se suicider. Renée et John sont emmenés dans une église cachée dans le désert, l’église Saint Georges de Lalibela. Ils peuvent retrouver la tablette sacrée. John est le seul à savoir la déchiffrer. Mais attaqués, il s’enfuient tous les deux dans la nuit à cheval...

Le piège de la mer Rouge

John et Renée trouvent refuge sur une ile du lac Tana. De l’autre coté de l’église, Gray, De Frick et Stanford sortent à la recherche des fugitifs. Gray a blessé Stanford, faux espion, vrai escroc, qui s’enfuit. John et Renée ont passé la nuit sur l’ile. Au petit matin, ils sont secourus par Gray et Frick. Ils prennent le bateau puis la route vers Djibouti, John voulant à tout prix rentrer en Angleterre. Arrivés à Djibouti, Henry leur raconte son histoire avec le père de John, Rassam, qui a aussi été payé par Stanford pour traduire la tablette. John apprend alors que c’est Stanford qui a tué son père Rassam. Frick et Gray trouvent la copie de la tablette de John et le menacent s’il ne veut pas la traduire pour eux. Gisèle, la fille de Frick, désapprouve les méthodes et propose à Renée et John de les aider à s’enfuir. Ils volent le boutre de Frick et prennent la mer tous les trois. Ils sont rattrapés par des pirates mais amis de Frick. Ces derniers les aident à accoster. Mais de mystérieux agents viennent enlever John et Renée. Un hydravion les emmène à Bakou. Ils retrouvent le professeur Léonard, ancien enseignant de John et Anis Badian, dans un palais perché sur un rocher. Pendant ce temps, les gendarmes arrêtent Frick. John et le professeur tentent de décrypter la tablette.

Le Trésor d'Assurbanipal

A l’automobile club du Caire, Katarina, épouse du professeur Leonard, dîne avec Peter Stanford. Ils vont ensuite dans sa chambre mais il essaie de l’empoisonner. Elle s’enfuit. A Djibouti, sa fille Gisèle et son épouse Hildegarde font évader Henri de Frick de la prison. Il les rejoint à la nage en pleine mer sur un bateau où se trouvent aussi Gray et Theziger. Sur le bateau, après avoir recu un message codé, ils repartent en quête de John et Renée, pour prouver l’innocence de Frick, injustement accusé de leur meurtre. A leur arrivée à Djeddah en Arabie saoudite, ils sont immédiatement arraisonnés et arrêtés. Les quatre hommes sont retenus en prison et la fille Gisèle est envoyée dans un harem. Elle y retrouve Katarina qui s’y cache. Au même moment, en Azerbaïdjan, au palais Naphtalia, John et Renée sont toujours les invités prisonniers de Anis Badian, le milliardaire. A Djeddah, réfugiée chez le Cheikh Abdullah, Katarina raconte à Gisèle et aux hommes comment Stanford a été engagé par son mari et Badian pour retrouver le trésor d'Assurbanipal. Mais Stanford est devenu fou et a tué Dennis, puis estropié le professeur Leonard. Pendant ce temps, Badian survole le désert avec John et Renée. Ils atterrissent à Mossoul et prennent une voiture puis se rendent dans un campement au pied des ruines de Ninive. Renée monte au sommet du temple, John la rejoint et lui fait imaginer la vie antique au milieu de cette ville qui a dû être magnifique. Ils arrivent à visualiser le temple de Nabû, le Dieu des scribes. Pendant ce temps, Frick, Theziger et Gray traversent le désert à dos de chameau pour rejoindre Mossoul. Le Cheikh Abdullah retrouve Gray dans le désert. Gray a Stanford comme prisonnier et est avec Gisèle. Abdullah laisse sa voiture et repart avec Stanford et les chameaux au milieu du désert. John et Renée déterrent une cassette. Un tremblement de terre se produit à ce moment-là. Sous la tente, grâce au sceau cylindre, Renée ouvre le double fond de la cassette et découvre des orants. Ces petites statuettes contiennent des perles qui sont de l’herbe de jouvence. Michel le chauffeur attaque alors Renée, Leonard et John. Ils se battent mais Michel est neutralisé. Gray les rejoint et ils repartent des ruines en voiture vers Djeddah. Fuyant Badian, ils le retrouvent quand même au milieu d’un attroupement: un geyser de pétrole, le premier en Irak. Plus tard, de retour à Londres, John et Renée se préparent à de nouvelles aventures...

Albums

Une aventure de Renée Stone (2018-2022)

Personnages

  • Renée Stone : l'héroïne principale de ces aventures, une célèbre jeune romancière.
  • John Malowan : un archéologue qui enquête sur l'assassinat non résolu de son père.
  • Alfred Theziger : explorateur et ami d’enfance de John.
  • Graham Gray : romancier anglais, rencontré a l’Ambassade.
  • Dennis Malowan : le père assassiné de John.
  • Assia : la grand-mère de John.
  • Assam : le grand-père de John.
  • Le père Sorrow : prêtre qui s’occupe de la léproserie de Harar.
  • Henri de Frick : aventurier, écrivain, contrebandier, ancien ami de Dennis.
  • Peter Stanford : faux agent du MI6, escroc à la recherche la tablette Mésopotamienne.
  • Katarina Leonard : épouse du professeur Leonard.
  • Anis Badian : mécène, collectionneur.

Analyse

Les deux auteurs ont déjà collaboré par le passé sur les séries Pablo et Isadora. Cette série a pour origine une visite de Julie Birmant au Louvre qui a découvert les palais assyriens. Cela l'a motivée à créer un univers autour de cette civilisation. Quant à Clément Oubrerie, ce scénario d'aventure a été l'occasion d'aller vers un dessin plus réaliste, ayant en tête la virtuosité de Hugo Pratt pour son personnage Corto Maltese[1].

Les deux personnages principaux, Stone et Malowan, forment un duo tout à fait adapté à ces aventures. Comme le note Phibes : « il (le récit) bénéficie d’une galerie de portraits des plus intéressantes, mettant en exergue bientôt une intrigue à l’Agatha Christie et découvrant une adversité qui va se révéler au fil de l’aventure. Enfin, le tandem Stone/Malowan fonctionne bien, chacun possédant du charme et des caractéristiques qui ont tendance à se compléter »[2].

La série se positionne sur le thème de la grande aventure au début du XXe siècle, dans la veine de Tintin, Freddy Lombard ou Théodore Poussin. Sauf que l'héroïne est une femme. Comme l'écrit J.Milette : « l’auteure maîtrise bien la mécanique du roman d’aventure populaire. Les intrigues secondaires se multiplient, les personnages sont nombreux et les retours dans le passé fréquents ; cela dit, l’écrivaine arrive à conserver la limpidité de l’entreprise »[3].

L'attrait de la série est ce style romanesque qui se fait rare en bande dessinée. Comme l'écrit M. Pequignot : « Elle (Julie Birmant) concocte une intrigue vive, menée par des personnages incarnés, imprévisibles, et parvient à nous surprendre constamment, le tout mené par un humour piquant et des dialogues qui claquent. »[4]. Il relève cependant un changement de rythme dans la narration: « Dommage que cette belle énergie se dissolve quelque peu dans le tome 2, plus poussif ». Un changement de rythme contrebalancé par un surcroit de dynamisme pour le dessin : « On n’est alors pas mécontent de voir une référence à Corto Maltese, très marquée dans le tome 1, s’effacer pour laisser la place à quelque chose de plus personnel. Il s’essaie à de nouveaux effets, tentant des perspectives et des cadrages audacieux, pour un résultat plus sensuel et séduisant »[4].

Pour le tome 2, le ton reste au roman d'aventures mais les personnages sont vus comme plus complexes et au comportement moins attendu. J. Milette note que « Le ton se veut enjoué, le registre est celui de la parodie et la manière s’apparente à celle du feuilleton avec ses fausses pistes et ses improbables revirements de situation »[5].

La série se conclut avec le troisième tome et les avis restent positifs. J. Milette note pour le scénario : « Bien que le récit apparaisse par moments décousu, la scénariste, Julie Birmant, arrive à attacher toutes les ficelles de cette histoire amorcée en Éthiopie, avant de se déplacer au Proche-Orient »[6]. Pour le dessin, le coté semi-réaliste est appréciée, donnant un jeu d'acteur tout à fait adapté à l'époque et à ce type d'aventures. J. Milette décrit aussi une des originalités graphiques de l'œuvre : « l’illustrateur développe une amusante grammaire des cases : contours ondulants lorsqu’un personnage nage, arrondis pour indiquer que le segment est un rappel d’événements passés ou encore, inexistants le temps d’un songe »[6].

Références

  1. ↑ Le Réveil culturel, « Julie Birmant et Clément Oubrerie : "Renée Stone, c'est un peu la fille de Miss Marple et d'Indiana Jones" », sur radiofrance.fr,
  2. ↑ phibes, « Meurtre en Abyssinie », sur sceneario.com,
  3. ↑ J.Milette, « Critique de "Meurtre en Abyssinie" », sur bdgest.com,
  4. Mathieu Pequignot, « Critique de "Une aventure de Renée Stone #1 et 2" », sur bodoi.info,
  5. ↑ J.Milette, « Chronique de "Le Piège de la mer Rouge" », sur bdgest.com,
  6. J.Milette, « Critique du tome 3 de Renée Stone: Le Trésor d'Assurbanipal », sur bdgest.com,

Liens externes

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