Rhagamys orthodon
Rhagamys · Mulot endémique corso-sarde
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Mammalia |
| Ordre | Rodentia |
| Famille | Muridae |
| Tribu | Apodemini |
(Hensel, 1856)
Rhagamys est un genre fossile de rongeurs appartenant à la sous-famille des Murinae, qui regroupe notamment les souris et rats de l'Ancien Monde. Il a été établi par le zoologiste suisse Charles Immanuel Forsyth Major pour accueillir Rhagamys orthodon, unique espèce fossile du genre et parfois appelé Mulot endémique corso-sarde[1].
Il était endémique des îles méditerranéennes de Corse et de Sardaigne, et descend du genre Rhagapodemus, qui avait colonisé ces îles il y a environ 3,6 Ma. Ses plus proches parents actuels sont les mulots du genre Apodemus.
Taxonomie et évolution

Les ancêtres de Rhagamys, appartenant au genre largement répandu Rhagapodemus, sont arrivés en Corse-Sardaigne lors de la transition entre le Pliocène inférieur et supérieur, il y a environ 3,6 Ma. Trois chrono-espèces ont été décrites dans cette lignée (en) : "Rhagapodemus azzarolii" au début du Pliocène supérieur, suivie de "Rhagapodemus minor" au Pléistocène inférieur, puis de Rhagamys orthodon, présent du Pléistocène moyen jusqu'à l'Holocène[2].
Les molaires de Rhagamys sont similaires à celles du Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) et du Mulot rayé (A. agrarius), mais elles sont plus grandes et plus dérivées (en), avec une denture hypsodonte adaptée à un régime alimentaire grossier et abrasif[3]. Au fil du temps, la lignée Rhagapodemus–Rhagamys a augmenté de taille (en)[4], R. orthodon atteignant une masse estimée à environ 90 grammes[5], soit deux fois et demie celle de son ancêtre continental, ce qui constitue un exemple de gigantisme insulaire[6].
Paléoenvironnement et extinction
Avant l'arrivée de l'Homme sur les îles vers , la Corse et la Sardaigne possédaient une importante faune de mammifères terrestres (en) endémique mais appauvrie. Outre Rhagamys orthodon, elle comprenait un campagnol (Microtus henseli), un pika (Prolagus sardus), une musaraigne (Asoriculus similis), une taupe (Talpa tyrrhenica), un canidé (Cynotherium sardous), un mustélidé de la sous-famille des Ictonychinae (Enhydrictis galictoides), trois espèces de loutres (Algarolutra majori, Megalenhydris barbaricina et Sardolutra ichnusae), un cervidé (Praemegaceros cazioti), ainsi qu'un mammouth nain (Mammuthus lamarmorai)[7].
Les petits mammifères, dont Rhagamys, ont persisté pendant plusieurs millénaires après l'arrivée des premiers humains. La datation au radiocarbone la plus récente pour R. orthodon en Sardaigne se situe autour de 822-, tandis qu'en Corse les dates les plus récentes remontent à environ L'espèce était presque certainement éteinte au VIe siècle apr. J.-C. La cause de cette extinction demeure inconnue, mais pourrait être liée à l'introduction d'espèces envahissantes par de nouveaux arrivants sur les îles, tels que les Carthaginois et les Romains[8].
Les seuls mammifères endémiques encore présents aujourd'hui sur ces îles sont deux chauve-souris de la famille des Vespertilionidae : le Murin de Corse (Myotis nustrale)[9] et l'Oreillard de Sardaigne (Plecotus sardus)[10].
Voir aussi
Liens externes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (de) Reinhold Hensel (de), « Beiträge zur Kenntnis fossiler Säugethiere », Zeitschrift der Deutschen Geologischen Gesellschaft (de), Berlin, Wilhelm Ludwig Hertz, vol. 8, , p. 279-290 (lire en ligne, consulté le ).
Notes et références
Notes
Références taxonomiques
Rhagamys
- (en) Animal Diversity Web : Rhagamys (consulté le ).
- (en) Catalogue of Life : †Rhagamys Forsyth Major, 1905 (consulté le ).
- (fr + en) EOL : Rhagamys Forsyth Major 1905 (consulté le ).
- (fr + en) GBIF : Rhagamys Forsyth Major, 1905 (consulté le ).
- (en) IRMNG : Rhagamys Major, 1905 † (consulté le ).
- (fr + en) ITIS : Rhagamys Forsyth Major, 1905 (consulté le ).
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Rhagamys Major, 1905 (consulté le ).
- (en) Paleobiology Database : †Rhagamys Major 1905 (consulté le ).
- (en) Taxonomicon : Rhagamys Forsyth Major, 1905 (consulté le ).
Rhagamys orthodon
- (en) Animal Diversity Web : Rhagamys orthodon (consulté le ).
- (en) Catalogue of Life : †Rhagamys orthodon (Hensel, 1856) (consulté le ).
- (fr + en) EOL : Rhagamys orthodon (Hensel 1856) (consulté le ).
- (fr + en) GBIF : Rhagamys orthodon (Hensel, 1856) (consulté le ).
- (fr) INPN : Rhagamys orthodon (Hensel, 1856) (TAXREF) (consulté le ).
- (en) IRMNG : Rhagamys orthodon † (consulté le ).
- (fr + en) ITIS : Rhagamys orthodon (Hensel, 1856) (consulté le ).
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Rhagamys orthodon Hensel, 1856 (consulté le ).
- (en) Paleobiology Database : †Rhagamys orthodon Hensel 1856 (consulté le ).
- (en) Taxonomicon : †Rhagamys orthodon Hensel, 1856 (consulté le ).
Références
- ↑ « Annexe E : notes relatives aux espèces autochtones disparues de France ou éteintes sur l'ensemble de leur aire mondiale de répartition (n= 49) », dans Michel Pascal, Olivier Lorvelec, Jean-Denis Vigne, Philippe Keith et Philippe Clergeau, Évolution holocène de la faune de Vertébrés de France : invasions et disparitions, Paris, MNHN, , 381 p. (lire en ligne [PDF]), p. 51-110.
- ↑ (en) Paolo Piras, Gabriele Sansalone, Federica Marcolini, Caterinella Tuveri, Marisa Arca et Tassos Kotsakis, « Evolutionary trends and stasis in molar morphology of Rhagapodemus-Rhagamys lineage in the Pleistocene of Sardinia », Rivista Italiana di Paleontologia e Stratigrafia, Milan, université de Milan, vol. 118, no 3, , p. 535-543 (DOI 10.13130/2039-4942/6018, lire en ligne [PDF], consulté le ).
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le 9 mai 2026.
- ↑ (en) Alexandra A. E. van der Geer, George Lyras et John de Vos, Evolution of Island Mammals: Adaptation and Extinction of Placental Mammals on Islands, Hoboken, John Wiley & Sons, , 2e éd., 576 p. (ISBN 111967574X et 9781119675747, lire en ligne).
- ↑ (en) Lars W. van den Hoek Ostende, Alexandra A. E. van der Geer et Carlijne L. Wijngaarden, « Why are there no giants at the dwarves feet? Insular micromammals in the eastern Mediterranean », Quaternary International, Amsterdam, Elsevier, vol. 445, , p. 269-278 (DOI 10.1016/j.quaint.2016.05.007, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Mark V. Lomolino, Alexandra A. E. van der Geer, George A. Lyras, Maria Rita Palombo, Dov F. Sax et Roberto Rozzi, « Of mice and mammoths: generality and antiquity of the island rule », Journal of Biogeography (en), Hoboken, Wiley-Blackwell, vol. 40, no 8, , p. 1427-1439 (DOI 10.1111/jbi.12096, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Maria Rita Palombo et Roberto Rozzi, « How correct is any chronological ordering of the Quaternary Sardinian mammalian assemblages? », Quaternary International, Amsterdam, Elsevier, vol. 328–329, , p. 136-155 (DOI 10.1016/j.quaint.2013.09.046, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Alejandro Valenzuela, Enric Torres-Roig, Daniel Zoboli, Gian Luigi Pillola et Josep Antoni Alcover (de), « Asynchronous ecological upheavals on the Western Mediterranean islands: New insights on the extinction of their autochthonous small mammals », The Holocene (en), Thousand Oaks, SAGE Publishing, vol. 32, no 3, , p. 1-10 (DOI doi.org/10.1177/09596836211060491, lire en ligne [PDF], consulté le ).
- ↑ (en + fr) Sébastien J. Puechmaille, Serena Dool, Gregory Beuneux et Manuel Ruedi, « Newly described and already endangered: a new mammal species endemic to Corsica », Revue suisse de zoologie, Genève, MHNG, vol. 130, no 2, , p. 335-351 (ISSN 0035-418X, DOI 10.35929/RSZ.0108, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Mauro Mucedda, Andreas Kiefer, Ermanno Pidinchedda et Michael Veith, « A new species of long-eared bat (Chiroptera, Vespertilionidae) from Sardinia (Italy) », Acta Chiropterologica, Varsovie, Musée et Institut de Zoologie de l'Académie polonaise des sciences (en), vol. 4, no 2, , p. 121-135 (ISSN 1508-1109, DOI 10.3161/001.004.0202, lire en ligne [PDF], consulté le ).
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