Rhené-Baton

Rhené-BatonRené-Emmanuel Baton
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait photographique de Nadar, vers 1910.

Naissance
Courseulles
Décès (à 61 ans)
Le Mans
Activité principale chef d'orchestre, compositeur
Collaborations Concerts Pasdeloup
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres André Gedalge

Répertoire

René-Emmanuel Baton, dit Rhené-Baton, né à Courseulles le et mort le au Mans, est un chef d'orchestre et compositeur français.

Dirigeant les meilleurs orchestres européens, il se donne pour mission d'ouvrir la musique au plus grand nombre. Rhené-Baton est aussi compositeur. Ses œuvres, qu'il interprète peu, restent dans un style classique pour l'époque. Il met en musique de grand poètes bretons, tels Auguste Brizeux ou Louis Tiercelin. Sa fibre l'amène à nouer des relations amicales avec d'autres compositeurs parmi lesquels Maurice Duhamel, Jean Cras, Paul Le Flem ou Paul Ladmirault.

Biographie

Issu d'une famille originaire de Vitré, avec ramifications à Rennes, Saint-Aubin-du-Cormier, Plénée-Jugon, bourg natal de son arrière-grand-père, il se réclamait hautement de sa qualité de Breton et venait se reposer de ses concerts à Paris ou de ses voyages sur les côtes du Finistère ou des Côtes-d’Armor, chaque été. Cet attachement à la Bretagne trouve son témoignage dans un certain nombre de ses compositions[1]. Il entretient d'excellentes relations amicales avec les compositeurs bretons Jean Cras, Paul Le Flem, Paul Ladmirault et Louis Aubert[2].

Après de solides études classiques à l’origine d'une culture générale singulièrement avertie, il entre dans les classes supérieures de piano du Conservatoire de Paris, dans la classe d’‘André Bloch et la théorie musicale avec André Gedalge. Il débute comme chef de chant à l'Opéra-Comique en . Il dirige ensuite successivement la Société populaire d'Angers (1910-1912), la Société Sainte-Cécile de Bordeaux et les Concerts organisés par la Maison Durand à Paris. En 1910, il est choisi pour diriger le premier Festival de musique française à Munich en Allemagne. Il assumera la même responsabilité à Édimbourg.

Serge Diaghilev lui confie la direction des Ballets Russes qu’il accompagnera, entre 1912 et 1913, au Covent Garden de Londres puis à Buenos-Aires, Montevideo, Rio de Janeiro. C’est Baton qui dirige à Munich le premier festival de musique française. Entretemps, il est chef adjoint des Concerts Lamoureux, directeur des Concerts de Schevningen[1].

Pendant la guerre, il est à la tête de l'Opéra royal hollandais (1916-1918) et des concerts d'été de l'orchestre de la Résidence de La Haye à Scheveningen (1914-1919). En 1918 lors de la renaissance des concerts Pasdeloup, Serge Sandberg lui en confie la direction, tâche qu'il assure sans faillir pendant 15 ans, organisant près d’une cinquantaine de concerts par saison parisienne[1], jusqu'en 1932.

On le voyait également à la tête de tous les orchestres d’Europe, en Hollande, en Belgique, en Angleterre, en Écosse, en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, en Russie, en Suède, en Roumanie, en Tchécoslovaquie, en Pologne, au Danemark, etc. sans compter maintes apparitions dans les villes de province françaises[1].

Après avoir résigné ses fonctions de President chef d’orchestre de l’Association des Concerts Pasdeloup, en , il prend la direction de l'Orchestre radio-symphonique créé par la radio nationale, ancêtre de l'Orchestre Philharmonique de Radio France. Se donnant pour mission de démocratiser l'accès à la musique (places à prix modiques et analyses commentées avant l'exécution des œuvres), il institue, chaque vendredi, des concerts de nuit, dont l’intérêt exceptionnel des programmes, le fini des exécutions conquièrent rapidement une audience du monde entier.

Installé à Rennes, en , depuis le transfert des services de la Radiodiffusion, il ressent, en juin, les premières atteintes de la maladie qui devait l’emporter et qui l’a contraint à prendre un repos, auquel il était étranger, et qu’il n’a accepté qu’avec la plus vive répugnance. Il a succombé à la maladie dans une clinique du Mans, dernière étape de plusieurs changements de cliniques[3], où il était arrivé à la suite de déplacements accomplis dans des conditions particulièrement pénibles et difficiles en raison de la débâcle de 1940.

Quoique aujourd’hui largement oublié, malgré ses nombreuses créations[4], Brilliant Classics publie, en , un double album consacré à sa musique de chambre avec cordes et piano, interprété par le Wolferl Trio, comprenant trois premiers enregistrements mondiaux de violonisonats nº 1 et 2 et la "Suite ancienne", la sonate pour violoncelle. et le trio de pianos[5].

Créations

Albert Roussel lui a dédié sa Symphonie no 2 () et Arthur Honegger Le Chant de Nigamon ()[4].

Ses œuvres

Il a composé des pièces pour orchestre, de la musique de chambre et un certain nombre de mélodies. À la demande de Maurice Duhamel, il compose ses 6 Chansons pour Marycinthe.

Ce musicien a mis toute son énergie à défendre les œuvres qu'il a créées en négligeant de promouvoir les siennes pourtant appréciées de certains. Si ses œuvres ne sont pas toujours très significatives, elles ont du moins le mérite d’être inspirées du folklore, auquel elles ne font aucun emprunt direct. Évoquant admirablement la forme mélodique et rythmique de la chanson populaire bretonne, elles révèlent chez leur auteur, avec une vive sentimentalité, un sens très délicat des atmosphères et des paysages de son pays[6].

Il a composé une petite pièce pour flûte et piano: Passacaille op. 35 (édition Durand).

En , il compose le trio pour piano, violon et violoncelle, opus 31.

Il compose aussi Fileuse près de Carantec.

Œuvres pour orchestre

  • Variations sur un thème dans la mode éolien, pour piano et orchestre, op. 4, 1902.
  • Menuet pour Monsieur, frère du roi, pour orchestre, 1909.
  • Poème élégiaque, pour violon solo et orchestre, op. 32, 1924.
  • En vacances, pour piano et orchestre, op. 38, 1924.
    1. Promenade.
    2. Légende.
    3. Dans le bois.
    4. Au village.
    5. Danses paysannes.
    6. Au trot des mules.
  • Pour les funérailles d'un marin breton, pièce symphonique pour orchestre, 1925.
  • Fantaisie orientale, pour violon et orchestre, op. 34, 1926.
  • Chansons pour Marycinthe, pour voix et orchestre - texte de Maurice Duhamel, 1931.
  • Fresques antiques, pour orchestre.
  • Prélude et fugue, pour orchestre.

Œuvres pour orchestre d'harmonie

  • Petite Suite, pour orchestre d'harmonie, 1932.
  • Aubade, op. 53.

Mélodies

  • La Mort des amants, pour voix et piano - texte de Charles Baudelaire, 1901.
  • Le Clocher, pour voix et piano - texte d’Auguste Brizeux, 1901.
  • Hindoustane, pour voix et piano - texte de Jean Maddus (d), 1901.
  • Rêve gris, pour voix et piano - texte d’Edmond Haraucourt, 1901.
  • Testament, pour voix et piano - texte de Paul Stuart, 1901.
  • Berceuses, pour voix et piano - texte de Georges Champenois (d), 1902.
  • Ivoire, pour voix et piano - texte de Raoul Lefebvre (d), 1903.
  • Idylle morte, pour voix et piano - texte de Jean Maddus, 1904.
  • Chansons, pour voix et piano, op. 7 - texte de Georges Champenois, 1907.
  • L'Âme des iris, pour voix et piano - texte de Camille Mauclair, 1908.
  • Les Heures d’été, pour voix et piano - texte d’Albert Samain, 1908.
    1. Apporte les cristaux dorés.
    2. Frêle comme un harmonica.
    3. Lune de cuivre.
    4. Les grands jasmins.
    5. Ton menton posé dans ta main.
    6. Il pleut des pétales de fleurs.
  • Cinq mélodies, pour voix et piano, op. 16 - texte de Jean Lahor, 1911.
    1. Nuit d’autrefois.
    2. Nocturne.
    3. Au désert.
    4. Sérénade mélancolique.
    5. Tendresse.
  • Douze mélodies (Simples chansons douces à murmurer le soir), pour voix et piano, op. 27 - texte de Georges Champenois, 1911.
    1. Soyons unis.
    2. Un bruit de rame.
    3. Je ne me souviens plus.
    4. Soir d’hiver.
    5. Je veux.
    6. Silence.
    7. Berceuse.
    8. Ce que j’aime.
    9. Crépuscule.
    10. La plainte du vent.
    11. Le revoir.
    12. Rêverie.
  • Deux chansons bretonnes, pour voix et piano, 1912.
    1. La chanson de l’exilé - texte de Louis Tiercelin.
    2. Bretonnes - texte de Paul Hyacinthe Loyson.
  • Deux mélodies, pour voix et piano - texte de Jean Lahor, 1912.
    1. Nuit blanche.
    2. Le repos et Égypte.
  • Trois mélodies, pour voix et piano - texte de Camille Mauclair, Victor Hugo, Théodore de Banville, 1912.
  • Chansons bretonnes, pour voix et piano - texte de Louis Tiercelin, 1920.
    1. La chanson du bouquet d’ajoncs.
    2. La chanson des fleurs nouvelles.
    3. La chanson de l’exilé.
    4. La chanson de Noël.
    5. La chanson de la maison triste.
    6. La chanson du bois d’amour.
    7. La chanson de la fleur rouge.
    8. La chanson du verger fleuri.
  • Dans un coin de violettes, pour voix et piano - texte de Renée Vivien, 1920.
    1. Sous la protection des violettes.
    2. Pour le Lys.
    3. Veillée heureuse.
    4. Sanctuaire d’Asie.
    5. Pour mon cœur.
    6. Prière.
  • Quatre chansons pour le jour de Noël, pour voix et piano, op. 26, 1922.
    1. Cantique sur la naissance de Notre seigeur - texte de Racan.
    2. Noël des petits gamins - texte de Paul Forgeoux (d).
    3. Noël - texte de Théophile Gautier.
    4. Cloches de Noël - texte de Jeanne Perdriel-Vaissière.
  • Au coin de l’âtre, pour voix et piano, op. 29 - texte de Georges Champenois, 1923.
    1. La flamme chante.
    2. Par un soir d’hiver.
    3. Fumées.
    4. Apaisement.
  • Deux prières du soir, pour voix et piano, op. 27, 1923.
    1. Notre Père qui êtes aux Cieux.
    2. Je Vous salue Marie.
  • Chansons pour Marycinthe, pour voix et piano - texte de Maurice Duhamel, 1929.
    1. Le premier jour où je vis.
    2. Le claquement bref des sabots.
    3. Douceur du soir dans le village.
    4. Pendant que vous dormiez.
    5. Vous ne pouviez savoir.
    6. Vous aurez une maison blanche.
  • Deux mélodies, pour voix et piano, op. 47 - texte de René Vivien, 1929.
    1. Mon heure.
    2. Mon Paradis.
  • Pour celles qui restent, sept mélodies et chansons pour voix et piano, op. 52 - texte de Jeanne Perdriel-Vaissière, 1931.
    1. Quand tu viendras.
    2. Mendiants.
    3. La dernière berceuse.
    4. Octobre.
    5. Fleurs d’ajoncs.
    6. Les Lys.
    7. La chanson de celles qui restent.
  • Sept mélodies et chansons, pour voix et piano - textede Jeanne Perdriel-Vaissière, 1931.
    1. Quand tu viendras.
    2. Mendiants.
    3. La dernière berceuse.
    4. Fleurs d’ajoncs.
    5. Les Lys.
    6. La chanson de celles qui restent.

Musique de chambre

  • 1re Sonate et Sol, pour violon et piano, op. 24, 1921.
  • Sonate et Ut, pour violoncelle et piano, op. 28, 1922.
  • Trio, pour violon, violoncelle et piano, op. 31, 1923.
  • Poème élégiaque, pour violoncelle et piano, op. 32, 1924.
  • Passacaille, pour flûte traversière et piano, op. 35, 1925.
  • Fantaisie orientale, pour violon et piano, op. 34, 1926.
  • Bourrée, pour flûte traversière et piano, 1926.
  • 2e Sonate en la, pour violon et piano, op. 46, 1927.
  • Suite ancienne, pour violon et piano, 1933.
    1. Prélude.
    2. Aria.
    3. Gavotte.
    4. Gigue.
  • Élégie, pour violoncelle et piano.

Œuvres pour piano

  • Étude en La mineur (Éd Demets), 1901.
  • Prélude en Ré mineur (Éd Demets), 1901.
  • Sérénade fantasque (Éd Demets), 1901.
  • Six Préludes (Éd Demets), 1901.
  • Pour Yvonne Billot (3 pièces) (Éd Eschig), 1902.
  • Album Rose (6 pièces) (Éd Eschig), 1902

1 Petite mélodie, 2 Bluette, 3 Intermezzo, 4 Petit Choral, 5 Vieille romance, 6 Musette **

  • Menuet pour Monsieur frère du Roy, pour deux pianos op. 5 (Ed. Durand à partir de cet opus), 1909.
  • En Bretagne, suite de six pièces op. 13, 1909.
    1. Crépuscule d’été sur le grand bassin de Saint-Nazaire.
    2. Retour du pardon de Landévennec.
    3. Dimanche de Pâques sur la place de l’église de Pont-Aven.
    4. Sur la grève déserte de Trêz Rouz.
    5. Fileuses près de Carantec.
    6. Vieille diligence sur la route de Muzillac.
  • Ballade en la bémol, op. 22, 1921.
  • Dans le style rococo, op. 23 (3 pièces), 1921.
  • Au pardon de Rumengol op. 25 (6 pièces), 1922.
  • Danses à sept temps op. 30, 1923.
  • Dans la clairière, op. 36, 1925.
  • Cortège funèbre d’un Samouraï, op. 37, 1925.
  • Marche des rois mages, op. 39, 1925.
  • Danses de la Saint-Jean, op. 40, 1926

Vieille Chapelle en Cornouaille op. 41, 1926.

  • 2e Ballade, op. 43, 1926.
  • Danse pour Anne de Bretagne, op. 44, 1926.
  • Valse romantique, op. 45, 1927.
  • River-Side, op. 49, 1928.
  • Pour la jeunesse, six pièces faciles, op. 51, 1929.
    1. Badinage.
    2. Pastorale.
    3. Petite Rhapsodie sur deux vieilles chansons françaises.
    4. Scherzetto.
    5. Pays lointain.
    6. Cortège.
  • "Potiron", cinq pièces enfantines très faciles pour le piano op. 58, 1938.
    1. "Potiron" fait la sieste.
    2. Potiron se promène.
    3. Potiron fait du ski.
    4. Potiron joue au soldat.
    5. Potiron visite la Bretagne.

Transcriptions

  • Danses françaises de la Renaissance : six danses de Claude Gervaise, instrumentées par Rhené-Bâton pour orchestre, 1937.

Enregistrements

  • Mélodies, par Sonia de Beaufort et Bruno Schweyer (Chansons douces op. 7 ; Heures d'été op. 14 ; Cinq mélodies op. 16 ; Dans un coin de violettes op. 20 ; Chansons bretonnes op. 21)
  • Sonates pour violon op. 24 et op. 46, Trio Wolferl : Leonardo Micucci, violon et Francesco Basanisi, piano.
  • Sonate pour violoncelle op. 28, Trio Wolferl : Leonardo Micucci, violon et Francesco Basanisi, piano.
  • Trio pour piano, violon et violoncelle op. 31, par le Trio Hochelaga ou par Trio Wolferl (Leonardo Micucci, Francesco Basanisi & Roberto Mansueto)
  • Passacaille op. 35 sur le CD Café au lait, Sharon Bezaly (flûte), Roland Pöntinen (piano) ou Bent Larsen et Sverre Larsen
  • Bourrée, op. 42 par Bent Larsen et Sverre Larsen
  • Suite ancienne op. 55, Trio Wolferl : Leonardo Micucci, violon et Francesco Basanisi, piano.
  • Symphonie Fantastique (Berlioz) sous la direction de Rhené-Baton.
  • En Bretagne, suite de six pièces pour piano op. 13, par Kanae Endo (piano). Éditeur Forlane.

Notes et références

  1. J.-Guy Ropartz, « Guy Ropartz évoque avec émotion pour les lecteurs de l’Ouest-Eclair la belle figure de Rhené Baton », L'Ouest-Éclair, Rennes, no 16053,‎ , p. 4 (ISSN 2419-2651, lire en ligne sur Gallica).
  2. Musique classique bretonne, p. 70
  3. Gaston Dufy, « Rhene-Baton », Une semaine de Paris, Paris, no 930,‎ , p. 21 (ISSN 0750-3636, lire en ligne sur Gallica).
  4. Pâris 2015, p. 800.
  5. (en) « Rhené-Baton : Chamber Music for Piano and Strings », sur Brilliant Classics, (consulté le )
  6. Dominique Sordet, « Rhené-Baton », dans Douze chefs d’orchestre, Paris, Fischbacher, , 39-44 p., in-8º (OCLC 16450261, lire en ligne sur Gallica), p. 41.

Bibliographie

Liens externes

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