Ricardo Piglia

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(à 75 ans) Buenos Aires |
| Nom de naissance |
Ricardo Emilio Piglia Renzi |
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| Distinctions | Liste détaillée Bourse Guggenheim () Prix José-Donoso (d) () Prix Roger-Caillois () Prix Rómulo-Gallegos () Grand Prix d'Honneur de la Société argentine des écrivains (d) () José María Arguedas Prize () Prix ibéroaméricain de Littérature narrative Manuel Rojas (en) () Prix Konex de diamant () Prix Formentor () Prix Ciutat de Barcelona () |

Ricardo Emilio Piglia Renzi, né le à Adrogué (province de Buenos Aires) et mort le à Buenos Aires, est un écrivain et scénariste argentin.
Biographie
Ricardo Piglia étudie l'Histoire à l'université nationale de La Plata[1]. Après ses études, il travaille pendant une décennie dans des maisons d'édition de Buenos Aires, où il dirige Serie Negra, une célèbre collection de romans policiers qui publie les classiques du roman noir américain : Dashiell Hammett, Raymond Chandler, David Goodis et Horace McCoy. « J'ai commencé à lire des policiers presque comme une suite naturelle de mon intérêt pour la littérature américaine. On lit Fiztgerald puis Faulkner et rapidement on rencontre Hammett et David Goodis. Plus tard, entre 1968 et 1976, j'ai lu des policiers par nécessité professionnelle, comme directeur de collection. »
Piglia est aussi critique et essayiste. Il fait paraître des essais sur Roberto Arlt, Borges, Sarmiento, Macedonio Fernández et sur d'autres écrivains argentins.
Depuis 1977, il est professeur invité dans diverses universités des États-Unis, dont celles de Harvard et Princeton.
Son premier roman, Respiration artificielle parait en 1980, mettant en scène un jeune écrivain, Emilio Renzi, parti à la recherche de son oncle Marcelo Maggi, lui-même lancé dans une enquête sur un homme politique et aventurier du XIXe siècle[2].
Il crée, avec le musicien Gerardo Gandini, l'opéra La ciudad ausente, basé sur son propre roman et joué pour la première fois en 1995 au Teatro Colón à Buenos Aires[3].
Son œuvre est traduite en plusieurs langues, notamment en anglais, français, italien, allemand et portugais.
Lauréat du prix Roger-Caillois en 2008[4]. En 2015, il reçoit le prix Formentor pour « une œuvre narrative qui se déploie harmonieusement entre originalité et culture populaire, et la tradition la plus exigeante »[5]. L'attribution du prix Formentor 2015 à Ricardo Piglia coïncide avec la parution de son dernier ouvrage, Les Journaux d'Emilio Renzi, tirés de ses propres carnets. Dans son discours de remerciement, il les décrit comme « les notes préliminaires d'une future autobiographie », où il joue avec les frontières entre fiction et réalité[6].
Après avoir longtemps vécu aux Etats-Unis, il rentre en Argentine où il meurt le à l'âge de 75 ans d'une sclérose latérale amyotrophique, dont il souffrait depuis plusieurs années[1],[7]. Il a continué à travailler, avec l'aide de son assistante, Luisa Fernández, à la sélection de ses journaux et à l'édition de ses écrits inédits[8].
L'affaire du Prix Planeta argentin
L'attribution en 1997 du Prix Planeta Argentine à son roman Argent brûlé (Plata quemada) provoque une polémique quand certains médias affirment que le roman a déjà fait l'objet d'un contrat éditorial avec les éditions Planeta, alors que le règlement du concours stipule que tout livre soumis au jury ne peut avoir fait l'objet d'un contrat avec un tiers[9].
À la suite de ces divulgations de la presse, l'écrivain Gustavo Nielsen, finaliste du même prix, intente un procès à Ricardo Piglia et à son éditeur, faisant partie du groupe Planeta et organisateur du prix. Il gagne en deuxième instance. Ricardo Piglia se défend en affirmant que, s'il était bien lié à Planeta par un contrat d'exclusivité pour toutes ses œuvres postérieures, il n'avait pas encore imaginé écrire ce roman quand il avait signé ce contrat en 1994 et que, par ailleurs, Planeta en tant que maison d'éditions (en français : maison d'édition) organisatrice du concours en pouvait pas être considérée comme un tiers, la clause ayant seulement pour objet de protéger Planeta de la signature du récipiendaire du prix avec une maison différente. Le fait même que Piglia ait présenté son roman sous le pseudonyme de Roberto Luminari et le titre Pour amour de l'art pour se protéger et concourir de manière impartiale lui fut reproché comme une circonstance aggravante et la preuve d'une volonté délibérée de manipuler le jury. Achevé en , le roman est présenté aussitôt au concours dont la date limite de dépôt était fixée au mois d'août. L'erreur de Piglia fut de confier à Alan Pauls en septembre qu'Argent brûlé allait sortir chez Planeta, c'est-à-dire deux mois avant que le prix Planeta, assorti d'une récompense de 40 000 $ (à l'époque, dollars), soit décerné[9]. Dès lors, il lui était difficile de prétendre que ce roman n'avait pas fait l'objet d'un contrat et le choix du pseudonyme se retourna contre lui. Dans cette affaire, Ricardo Piglia reçoit toutefois le soutien de cinquante écrivains et intellectuels argentins. Certains reprochent à Piglia d'avoir fait preuve de naïveté et d'avoir été vraiment mal conseillé dans cette affaire par son ami et agent Guillermo Schavelzon, lui-même ancien cadre du groupe Planeta, condamné avec lui. Mais en Argentine, la paranoïa, comme l'illustre bien l'œuvre de Piglia elle-même, se glisse partout. Rien n'y fit, Ricardo Piglia et son éditeur furent finalement condamnés à verser 10000 pesos[10],[9]. La Cour suprême rejète le recours formé par Ricardo Piglia et la maison d'édition Planeta contre la décision de la Chambre civile[11]. Même si la qualité de l'œuvre primée n'était pas en cause, l'image de Ricardo Piglia en Argentine n'a pas été affectée par cette affaire, pas plus que dans d'autres pays. Il remporte ainsi le prix Rómulo-Gallegos en 2011 pour Cible nocturne (Blanco nocturno)[12],[13].
Piglia et le cinéma
Il a signé les scénarios de trois films : Cœur allumé (Corazón iluminado, 1996) de Héctor Babenco ; La Sonámbula (1998) de Fernando Spiner ; El astillero (2000) de David Lipszyc, une adaptation du roman éponyme de Juan Carlos Onetti, publié en 1961 et paru en français sous le titre Le Chantier en 1967.
Marcelo Piñeyro réalise en 2000 le film Vies brûlées, adaptation du roman Argent brûlé de Piglia sur un scénario du même Piñeyro et de Marcelo Figueras : le film remporte en Espagne le Prix Goya 2000 du meilleur long métrage étranger de langue espagnole.
Œuvres
Romans
- Respiración artificial (1980) Publié en français sous le titre Respiration artificielle, traduit par Isabelle et Antoine Berman, Marseille, éditions André Dimanche, 2000 (ISBN 2-86916-116-6)[2]
- La ciudad ausente (1992) Publié en français sous le titre La Ville absente, traduit par François-Michel Durazzo, Paris, Zulma, 2009 (ISBN 978-2-84304-486-1)
- Plata quemada (1997)
- Blanco nocturno (2010)
- El camino de Ida (2013)
Recueils de nouvelles
- Jaulario (1967)
- La invasión (1967)
- Nombre falso (1975) Publié en français sous le titre Faux Nom, traduit par Françoise Campo-Timal, Saint-Herblain, éditions Arcane 17, 1990
- Prisión perpetua (1988)
- Cuentos morales (1995)
- El pianista (2003)
Nouvelle
- Un encuentro en Saint-Nazaire (1989) Publié en français sous le titre Une rencontre à Saint-Nazaire, édition bilingue, traduit par Alain Kéruzoré, Saint-Nazaire, éditions MEET, 2005
Essais
- Crítica y ficción (1986)
- Formas breves (1999)
- El último lector (2005) Publié en français sous le titre Le Dernier Lecteur, traduit par André Gabastou, Paris, Christian Bourgois, 2008 (ISBN 978-2-267-01961-2)
- Teoría del complot (2007)
- La forma inicial (2015)
- Por un relato futuro. Conversaciones con Juan José Saer (2015)
- Las tres vanguardias (2016)
- Escritores norteamericanos (2017)
Autres publications
- Diccionario de la novela de Macedonio Fernández (2000)
- Antología personal (2015)
- Los diarios de Emilio Renzi (2015-2017), trois volumes
Notes et références
- « Décès de l'écrivain argentin Ricardo Piglia », sur France Info,
- Ariane Singer, « Mort de Ricardo Piglia, écrivain argentin », sur Le Monde,
- ↑ (es) María Alejandra Alí, « La pasión escrituraria de Ricardo Piglia: La ciudad ausente de la novela a la ópera », sur ResearchGate,
- ↑ « Palmarès du prix Roger Caillois », sur lalettredulibraire.com
- ↑ (es) Winston Manrique Sabogal, « Ricardo Piglia gana el Premio Formentor de las Letras 2015 », sur El Pais,
- ↑ (es) Alejandro García, « Ricardo Piglia, honrado al recibir Premio Formentor », sur El Mundo,
- ↑ « Décès de l'écrivain argentin Ricardo Piglia », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ (es) « Los cuentos completos de Piglia: más de cinco décadas de trabajo conjetural sobre vida y ficción », sur El Chorrillero,
- « Fallo contra la editorial Planeta y Ricardo Piglia », sur La Nación,
- ↑ (es) Carlos Ares, « Condena a Piglia y a la editorial por perjuicio a un autor en el Planeta-Argentina 1997 », sur El Pais,
- ↑ (es) « Piglia y Planeta se quedaron sin recursos », sur Diario Judicial,
- ↑ (es) « Ricardo Piglia premio Rómulo Gallegos 2011 por "Blanco Nocturno" », sur Radio France internationale,
- ↑ « L'écrivain argentin Ricardo Piglia gagne le "Nobel" de littérature latino-américain », sur Le Point,
Voir aussi
Bibliographie
- (es) Roberto Echavarren, « La literariedad: Respiración artificial, de Ricardo Piglia », in Revista Iberoamericana, université de Pittsburgh (U.S.A.), vol. XLIX, octobre-, no 125, p. 997–1008.
Liens externes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- [1]
- [2]
- À propos de la Ville absente, par François-Michel Durazzo [PDF]
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