Riccardo Ehrman

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(à 92 ans) Madrid |
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Riccardo Ehrman (né le à Florence et mort de à Madrid) est un journaliste italien dont la question lors d'une conférence de presse du gouvernement de l'ex-Allemagne de l'Est aurait précipité la chute du mur de Berlin.
Jeunesse
Ehrman naît le à Florence. Ses parents sont des juifs ukrainiens de Lemberg (aujourd'hui Lviv) qui avaient décidé de rester en Italie lors de leur lune de miel[1]. À l'âge de 13 ans, en tant que Juif, il est interné par le gouvernement fasciste au camp de Ferramonti di Tarsia (en). En , il est libéré par l'armée britannique[2].
Carrière professionnelle

Alors qu'il travaille pour l'Agenzia Nazionale Stampa Associata (ANSA) à Ottawa, au Canada, Riccardo Ehrmann est envoyé pour la première fois à Berlin en 1976. Il attend son visa à Rome pendant deux mois, au cours desquels il rencontre sa future femme, une Espagnole, qu'il épousera en 1981. Il est ensuite été transféré en Inde[3].
En 1982, il sert brièvement comme correspondant pour l'Allemagne de l'Est. En 1985, l'ANSA lui demande de retourner à Berlin-Est, en raison de sa maîtrise de l'allemand. Le , il est convoqué à une conférence de presse au cours de laquelle le gouvernement est-allemand doit commenter les résultats de discussions au sein de Comité central du Parti socialiste unifié d'Allemagne (Parti communiste est-allemand), et « assumer la responsabilité de certains échecs »[4],[1],[5],[3].
À la fin de la conférence de presse, il demande à Günter Schabowski, porte-parole du gouvernement est-allemand et membre du Comité central du Parti, des précisions sur les « nouvelles dispositions » allégeant les restrictions de voyage entre les deux Allemagnes. Déstabilisé, le porte-parole fouille dans ses papiers et commence à lire un communiqué sur ce sujet, qui n'avait pas été abordé jusqu'alors, et d'où il ressort que ces voyages allaient être facilités. Après quelques secondes de stupéfaction, le journaliste ouest-allemand Peter Brinkmann (de) demande quand ces nouvelles mesures sont applicables, ce à quoi Schabowski répond : « Pour autant que je sache... en vigueur immédiatement, sans délai. » (« Das tritt nach meiner Kenntnis ... ist das sofort ... unverzüglich. ») [6]. C'est une erreur, car la note lue par Günter Schabowski indiquait que ces mesures seraient levées le lendemain[7]. Cela conduit des milliers d'Allemands de l'Est[3] et de l'Ouest à converger vers le mur et à submerger par leur nombre les gardes-frontières en poste ce soir-là, qui les laissent finalement passer. Après la fin de la conférence de presse, Riccardo Ehrman s'empresse d'appeler le siège de l'agence ANSA à Rome en criant : « Le mur de Berlin est tombé ![3] »
Quand Ehrman rentre chez lui, il reçoit un appel téléphonique de l'ambassadeur d'Italie en Allemagne de l'Est lui demandant ce qu'il avait fait lors de la conférence de presse[8]. Peter Brinkmann, son collègue ouest-allemand, revendique toutefois également le mérite d'avoir précipité la chute du mur, car il a surenchéri sur la question du journaliste italien et provoqué la précision de Günter Schabowski comme quoi les nouvelles dispositions étaient applicables « immédiatement »[4].
En 1991, Ehrman est affecté en Espagne, où il reste après sa retraite[2].
Décoration
Chevalier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (2008)[9].
Mort
Riccardo Ehrman meurt à Madrid le , un mois après son 92e anniversaire[2].
Notes et références
- (de) « Drei Sätze beenden die deutsche Teilung », sur le site de Die Welt, (consulté le ).
- (it) « Addio a Riccardo Ehrman, fece cadere il Muro di Berlino », sur ansa.it, (consulté le ).
- (es) « El periodista que derribó el Muro con una pregunta », El Mundo, (lire en ligne, consulté le )
- Georgi Gotev, « Comment les bafouillis d’un fonctionnaire ont fait chuter le mur de Berlin », sur Euractiv.fr, (consulté le ).
- ↑ (de) « Drei Sätze beenden die deutsche Teilung" » [« Trois phrases mettent fin à la division de l'Allemagne »], sur le site de Die Welt, (consulté le ).
- ↑ « Berlin Wall: Was the Fall Engineered by the GDR? », TIME, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (es) « Riccardo Ehrman: 'Corrí y dicté solo una frase: "ha caído el Muro de Berlín », sur le site de La Vanguardia, (consulté le ).
- ↑ (it) « Morto Riccardo Ehrman, il giornalista dell'Ansa che "fece cadere" il Muro di Berlino". », sur le site de Il Fatto Quotidiano (quotidien italien)., (consulté le ).
- ↑ (de) « Die Mythen des Riccardo Ehrman » [« Les mythes de Riccardo Ehrman »], sur le site de EurActiv (consulté le ).
Liens externes
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