Richard Bergeron (théologien)

Richard Bergeron
Théologien, écrivain et professeur émérite de l'Université de Montrèal.
Biographie
Naissance
Décès
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Activités

Richard Bergeron, né le à La Baie et mort le à La Malbaie, est un écrivain et théologien québécois, professeur émérite de théologie à l’Université de Montréal. Il est connu pour ses travaux en christologie, sur les nouveaux mouvements religieux et sur la spiritualité contemporaine.

Biographie

Richard Bergeron naît à La Baie dans la région du Saguenay, au Québec, au sein d’une famille de sept enfants. La famille s’installe par la suite à Clermont dans Charlevoix, Québec.

Il entre au Séminaire des franciscains de Trois-Rivières en 1945 à l’âge de 11 ans, effectue son noviciat au début des années 1950 et est ordonné prêtre en 1960. Il poursuit des études théologiques à Montréal, puis obtient un doctorat en théologie à l’Université de Strasbourg en 1965[2]

En 1967, il est nommé professeur de théologie à l’Université de Montréal, où il enseigne jusqu’à sa retraite en 1995[3].

Après quarante-quatre années de vie religieuse, il quitte l’Ordre des franciscains en 1999. À partir de 2000, il vit en couple et se consacre principalement à l’écriture. Le , il épouse sa compagne, Sylvia Marion. Il meurt le à La Malbaie, Québec.

Travaux

Spécialiste de christologie, Richard Bergeron enseigne notamment les cours Histoire et destinée de Jésus et Mystère du Christ à l’Université de Montréal. Sa thèse de doctorat, Les abus de l’Église d’après Newman (1971), s’inscrit dans une réflexion critique sur l’institution ecclésiale[4].

Son deuxième livre Obéissance de Jésus et vérité de l’homme continue d’explorer cette voie. Écrit en 1972, sa publication est retardée pendant quatre ans en raison de la difficulté d’en obtenir l’autorisation par les autorités ecclésiastiques.

À partir de la fin des années 1970, il se consacre à l’étude des nouveaux mouvements religieux, alors en pleine expansion au Québec. En 1982, il publie Le cortège des fous de Dieu : un chrétien scrute les nouvelles religions, ouvrage consacré à l’analyse détaillée d’un grand nombre de groupes religieux émergents[5]. Cette publication constitue encore une référence sur les différents mouvements religieux présents au Québec à l’époque et est reconnu comme une contribution importante à la sociologie religieuse québécoise[6].

Devant le foisonnement des nouveaux mouvements religieux et spirituels à la fin des années 1970 et au début des années 1980, Bergeron constate le besoin d'informer la société québécoise et d'offrir un accompagnement à plusieurs personnes en questionnement ou en détresse. Il fonde alors le Centre d’information sur les nouvelles religions (CINR) à Montréal, qui deviendra plus tard le Centre d’écoute et d’interprétation des nouvelles recherches du croire (CEINR)[7]. Il y assure la coordination des activités pendant plusieurs années et publie de nombreuses études à propos des nouvelles religions ou sur des thèmes connexes.

En 1996, il publie Vivre au risque des nouvelles religions, dans lequel il dresse un bilan de son engagement dans ce champ de recherche[8]. Il témoigne de l’influence de cette fréquentation sur sa compréhension du phénomène religieux et suggère qu'une telle expérience peut enrichir la façon de vivre sa spiritualité et de faire Église.

En 1997, alors qu'il vit une remise en question personnelle, Bergeron lit Karlfried Graf Dürckheim et le théologien Eugen Drewermann, dont le livre Fonctionnaires de Dieu a un retentissement mondial depuis sa sortie en 1993. Ces lectures seront déterminantes. D’abord au plan de sa vie personnelle : religieux franciscain depuis 1952 et prêtre depuis 1960, il demande son rescrit de laïcisation en 1999. Ensuite, comme théologien : il publie en 2000 Les Pros de Dieu, où il exprime son désaccord avec la structure ecclésiale catholique telle que constituée par la tradition et telle qu’elle s’incarne à notre époque[9].

Ses publications ultérieures portent principalement sur la spiritualité en contexte de modernité et sur une relecture de la figure de Jésus, notamment dans Hors de l’Église, plein de salut (2004), La vie à tout prix ! (2008), Et pourquoi pas Jésus ? (2009) et Le couple comme nouveau lieu spirituel (2011).

Expert reconnu dans le champ des nouveaux mouvements religieux, le parcours de Bergeron a suscité beaucoup d’intérêt au sein de la société québécoise. De plus, sa prise de distance envers l’Église catholique était en phase avec un mouvement semblable dans la société. Par ailleurs, pour cette même raison, son invitation à une nouvelle spiritualité recevait un accueil plus timide dans cette société qui se sécularisait rapidement.

Réception et controverses

Les positions théologiques de Richard Bergeron ont suscité des débats, en particulier au sein de la communauté franciscaine et dans les milieux théologiques québécois. Ses écrits critiques à l’égard de l’institution ecclésiale ont fait l’objet de discussions et de prises de position contrastées[10].

Postérité

Richard Bergeron a profondément contribué aux débats sur la sécularité, le pluralisme religieux, les nouvelles formes de spiritualité et les transformations du christianisme contemporain. Auteur de plus de deux cents articles et d’une vingtaine d’ouvrages, il a laissé un héritage intellectuel et spirituel qui mérite d’être transmis aux générations futures. En 2025, une fondation portant son nom est créée afin de faire connaître et de diffuser son héritage intellectuel et spirituel[11].

Selon son collègue Robert Mager : « son parcours reflète de bien des manières celui de ses contemporains québécois : la critique de l’institution catholique, l’exploration d’autres chemins spirituels, la quête d’accomplissement de soi. En cela, son itinéraire personnel et intellectuel porte les marques du Québec moderne : il rompt avec les cadres établis par la tradition, il plaide pour l’affirmation du sujet, de sa liberté et de son autonomie, il se montre ouvert à de nouveaux horizons de sens. Ce faisant, il défriche un ensemble de pistes à explorer : la rencontre de l’autre, la réalisation personnelle, le couple comme lieu spirituel. Ses ouvrages sont autant de provocations à emprunter ces pistes, à les baliser, à découvrir où elles peuvent mener. À ce titre, son legs pointe vers de grands chantiers à poursuivre. On le voit bien, la pensée de Bergeron ouvre des chemins qu'il faut défricher et explorer plus avant. Elle offre des outils pour ce faire mais nous provoque à en créer d'autres »[12].

Livres

  • Le couple comme nouveau lieu spirituel, Montréal, éditions Novalis, 2012
  • Et pourquoi pas Jésus ?, Montréal, Novalis, 2009
  • La vie à tout prix ! En quête d'un art de vivre intégral, Montréal, Médiaspaul, 2006
  • Prier Dieu dans un monde sans Dieu, (R. Bergeron dir.), Montréal, Médiaspaul 2006
  • Hors de l'Église, plein de salut, Montréal, Médiaspaul. Traduit en portugais sous le titre: Fora da Igreja tambén ha salvacao, Sao Paulo, Ed Loyola, 2004
  • Richard Bergeron, Nicole Bouchard, Jean-Claude Breton (dir.), Prier Dieu dans un monde sans Dieu, Montréal, Médiaspaul, 2006
  • Richard Bergeron, Guy Lapointe, Jean-Claude Petit (dir.), Itinérances spirituelles : ils racontent ce qui leur est arrivé en chemin, Montréal, Médiaspaul, 2002.
  • Renaître à la spiritualité, Montréal, Fides, 2002, 281 p
  • Les Pros de Dieu. Le prêtre, le théologien, le religieux, Montréal, Médiaspaul, 2000 215 p.
  • Croyances et société (R. Bergeron, dir.), Fides, Montréal, (Coll. «Héritage et Projet» #59) 1998
  • Vivre au risque des nouvelles religions, Médiaspaul, Montréal 1997
  • Bertrand Ouellet et Richard Bergeron (dir.), Croyances et sociétés : communications présentées au dixième colloque international sur les nouveaux mouvements religieux. Montréal, , Saint-Laurent, Quebec, Fides, 1998.
  • Les nouvelles religions, Guide pastoral, Fides, Montréal 1995
  • Le Nouvel Âge en question (en coll avec Alain BOUCHARD et Pierre PELLETIER) Éd. Paulines.1992 Traduction espagnole: La Nueva Era Cuestionada, 1993. Traduction portugaise: A nova era em questao, 1994
  • La légende du Grand Initié, Fides, Montréal 1991
  • Damné Satan! Fides, Montréal.1988
  • Les Fondamentalistes et la Bible, Fides, Montréal 1987
  • Un chrétien face à la réincarnation, Novalis, Ottawa 1985
  • Le cortège des fous de Dieu : un chrétien scrute les nouvelles religions, Montréal, éditions Paulines, 1982.
  • L'attrait du mystérieux, Bible et ésotérisme, Novalis, Ottawa 1981
  • Faites vos jeux! Résurrection et Réincarnation, Novalis, Ottawa.1979
  • Les fondamentalistes et la Bible : quand la lettre se fait prison, collection « Rencontres d'aujourd'hui », Fides, 1987.
  • Obéissance de Jésus et vérité de l'homme. Une interpellation, Fides (Coll. «Héritage et Projet» #15), Montréal 1976
  • Les abus de l’Église d’après Newman, Bellarmin, 1971.

Plusieurs de ses ouvrages ont fait l’objet de recensions dans des revues spécialisées telles que Laval théologique et philosophique, Science et Esprit et Relations, notamment ses travaux sur les nouveaux mouvements religieux et le Nouvel Âge. Il a de plus collaboré à 29 parties de livres et a publié plus de 200 articles dans des revues.


Notes et références

  1. ↑ Nécrologie
  2. ↑ Richard Bergeron, Les abus de l’Église d’après Newman, Montréal, Bellarmin, 1971.
  3. ↑ Université de Montréal, Faculté de théologie, archives institutionnelles
  4. ↑ André Couture, « compte rendu de Les abus de l’Église d’après Newman », Laval théologique et philosophique, vol. 39, no 2,‎ (lire en ligne)
  5. ↑ Jean Séguy, « compte rendu de Le cortège des fous de Dieu », Archives de sciences sociales des religions, no 56,‎ (lire en ligne)
  6. ↑ André Couture, « Note de lecture : Richard Bergeron, Le cortège des fous de Dieu », Laval théologique et philosophique, vol. 39, no 2,‎ (lire en ligne)
  7. ↑ « À propos », sur CEINR
  8. ↑ « recension de Vivre au risque des nouvelles religions », Religiologiques,‎ (lire en ligne)
  9. ↑ François Nault, « compte rendu de Les Pros de Dieu », Laval théologique et philosophique, vol. 58, no 2,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ Gregory Baum, Vérité et pertinence. Un regard sur la théologie catholique depuis la Révolution tranquille, Montréal, Fides, , p. 168-169.
  11. ↑ info.fondationrichardbergeron.org
  12. ↑ Robert Mager, professeur de théologie et écrivain, Université Laval

Liens externes

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