Richard Harrington (photographe)

| Naissance | Hambourg (Rép. Féd. Allemagne) |
|---|---|
| Décès |
(à 94 ans) Toronto (Ontario) |
| Nom de naissance |
Inconnu |
| Nationalité |
canadienne |
| Activité |
Photographe documentaire |
| Distinction |
Ordre du Canada (2001) |
|---|
Famine des Inuit Caribou (décennie 1950) |
Richard Harrington, né le à Hambourg et mort le à Toronto, est un photographe documentaire canadien, surtout connu pour ses photos du grand Nord, en particulier celles documentant la famine qui affligea les communautés inuit du Nunavut dans les années 1950.
Carrière
Richard Harrington est né à Hambourg (Rép. féd. d’Allemagne) le et immigra au Canada alors qu’il était encore adolescent en 1920[1]. On ignore tout de sa vie avant son arrivée au Canada, y compris son nom à la naissance[2]. Il travailla d’abord comme technicien de laboratoire en rayon X ce qui l’amena à s’intéresser à la photographie en 1940[3].
Quelques années plus tard, il se lança à plein temps comme photographe indépendant et, en 1947, fit un premier voyage à Inukjuak dans le nord du Québec en Arctique où il s’attacha à documenter le mode de vie traditionnel des communautés Inuit de la région. Au cours de la décennie qui suivit, il fit pas moins de cinq voyages dans le Grand Nord pour le compte de l’Office national du film du Canada et divers magazines comme LIFE documentant un mode de vie en voie de disparition à mesure que ces communautés se sédentarisaient[4]. La photo qu’il prit en 1949 d’Helen Agaaqtuq Konek, de la communauté Arviat au Nunavut alors qu’elle entrait dans son igloo, devait devenir célèbre en 2019 lorsque son petit-fils, journaliste, la publia sur les réseaux sociaux[5].
L’année suivante, en 1950, envoyé par le magazine LIFE, il se rendit par traineaux à chiens à Padlei, près de laquelle vivait la communauté Arviat sur la côte ouest de la Baie d’Hudson. Il y trouva un groupe d’Inuits qui se mourrait de faim. Les caribous sur lesquels la communauté comptait traditionnellement pour se nourrir, se vêtir et même s’abriter, avaient modifié le parcours de leur migration, laissant la communauté sans ressources. Partageant avec ses membres le peu de provisions qu’il avait avec lui, il produisit une série de photos, reprises par la suite dans nombre de livres, alertant le reste du Canada et du monde aux conditions de vie précaires dans lesquelles vivaient ces communautés[6].
Outre ses voyages dans le Grand Nord canadien, Harrington voyagea dans plus de cent pays allant de l’Arctique à l’Antarctique, de l’Albanie au Zaïre. Il devait en résulter quelque 2400 photos qui parurent entre autres dans ses 24 livres de photographies documentaires, ainsi que dans la célèbre exposition The Family of Man, conçue pour le musée d’art moderne de New York (MoMa) en 1955 et maintenant exposée de façon permanente à Clervaux, dans le Grand-Duché de Luxembourg[7].
Ses photos furent également publiées dans nombre de revues et magazines spécialisés ou non, comme le National Geographic, Life, Canadian Geographic Journal, Toronto Star, Paris Match, Der Stern et Parade Magazine[8].
Il devait recevoir l’Ordre du Canada en 2001[9]. La même année, ses photographies du Grand Nord furent acquises par Bibliothèque et Archives Canada dans le cadre du projet « Un visage, un nom » visant à identifier des photographies de membres des Premières Nations, des Inuits et de la Nation métisse grâce à la participation communautaire[10].
Richard Harrington devait décéder des suites d’une crise cardiaque en 2005.
Œuvre
« On me demande souvent quelle est la photo la plus mémorable que j'ai jamais prise. Question difficile à répondre car de nombreuses photos traduisent une implication personnelle. Mes photos inuites sont pour moi les plus significatives. Elles ont été prises dans des conditions difficiles. J'ai appris à connaître les gens. Nous avons vécu ensemble et partagé les difficultés. (Richard Harrington, 1998[11]). »

Dès son premier voyage en Arctique, en 1947, Harrington se déplaçant seul en traineau à chiens, fut conquis non seulement par les paysages du Grand Nord, mais surtout par les populations locales dont il devait documenter le mode de vie nomade traditionnel avant que ces communautés ne deviennent sédentaires[12]. Ses photographies non seulement témoignent de la résilience d’un peuple décidé à survivre en dépit de conditions matérielles pénibles, mais aussi comme dans la photo d’une mère frottant son front et son nez sur celui de son enfant (dans l'encadré), sont empreintes d’une sensibilité et d’un pouvoir d’attraction universels. Loin de verser dans la sensiblerie, elles traduisent la conscience professionnelle d’un documentariste doublé d’un artiste désirant conserver la mémoire d’un mode de vie en voie de disparition[13].
Dans ce même esprit, Harrington fit un dernier voyage en Arctique en 1959 pour documenter les techniques de sculpture sur pierre des artistes inuit. À Puvirnituq, il fit la connaissance de Charlie Sivuarapik qui devait atteindre la renommée à la fin des années 1950. Ses photos du sculpteur et de ses œuvres firent l’objet d’un article dans le Canadian Geographic Journal de 1960[14].
Œuvres dans des collections publiques
On peut trouver les photographies de Richard Harrington aux Archives nationales du Canada (Bibliothèque et Archives Canada), au Smithsonian Institution et au Museum of Modern Art de New York[3].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Richard Harrington » (voir la liste des auteurs).
Références
- ↑ Bassnett & Parson 2023, p. Richard Harrington.
- ↑ (en) Rob Wilson, « LOOK CLOSER: Richard Harrington: True North », sur Frame, (consulté le )
- (en) Louise Abbott, « Richard Harrington », sur The Canadian Encyclopedia, (consulté le )
- ↑ (en) Mary Reid et Darlene Coward Wight (curatrices), « Richard Harrington: Arctic Photographer », sur The Robert McLaughlin Gallery, (consulté le )
- ↑ (en) Alex Brockman, « 'It's amazing to me': Meet the Inuk elder in this photo shared around the world », sur CBC, (consulté le )
- ↑ (en) « Noted photographer Richard Harrington dies », sur CBC, (consulté le )
- ↑ (en) Louise Abbott, « Richard Harrington », sur The Canadian Encyclopedia, (consulté le )
- ↑ (en) « Richard Harrington: Arctic Photography 1948-53 », sur Amazxon, (consulté le )
- ↑ Bassnet & Parsons 2023, p. Richard Harrington.
- ↑ « Un visage, un nom », sur Bibliothèque et Archives Canada, (consulté le )
- ↑ (en) « Richard Harrington: Arctic Photography 1948-53 », sur Amazon, (consulté le )
- ↑ (en) Mary Reid and Darlene Coward Wright (curatrices), « Richard Harrington: Arctic Photographer », sur The Robert McLaughlin Gallery, (consulté le )
- ↑ (en) Rob Wilson, « LOOK CLOSER: Richard Harrington: True North », sur Frames, (consulté le )
- ↑ (en) Mary Reid et Darlene Coward Wight (curatrices), « Richard Harrington: Arctic Photographer », sur The Robert McLaughlin Gallery, (consulté le )
Bibliographie
Sur la photographie au Canada
- (en) Sarah Bassnet et Sarah Parsons, Photography in Canada, 1839 - 1989: An Illustrated History., Toronto, Art Canada Institute, (ISBN 978-1-4871-0309-5).
- (en) Robert M. Bone, The Regional Geography of Canada, Oxford, Oxford University Press, , 510 p. (ISBN 9780199002429).
- (en) James Borcoman, « Robert Bourdeau », sur The Canadian Encyclopedia, (consulté le ).
- (en) Sophie Hackett, Encyclopedia of Twentieth-Century Photography, Routledge, (ISBN 9781135205430, lire en ligne).
- (en) Penny Cousineau-Levine, Faking Death: Canadian Art Photography and the Canadian Imagination, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-7095-5).
- (en) Andrea Kunard et Carol Payne, The Cultural Work of Photography in Canada, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-8572-0).
- (en) Carol Payne, The Official Picture: The National Film Board of Canada's Still Photography Division and the Image of Canada, 1941–1971, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-8894-3, lire en ligne).
- Service de la photographie Office National du film, Photographie canadienne contemporaine, Edmonton, Hurtig Publishers Ltd, , 176 p. (ISBN 0-88830-264-9), Robert Bourdeau.
Photographies de Richard Harrington
Richard Harrington a documenté ses nombreux voyages dans vingt-quatre livres. Ci-après quelques-uns des plus connus concernant ses voyages dans l’Arctique.
- (en) Richard Harrington, Richard Harrington Canadian Photographer, Alaska Northwest Publishing Company, 175 illustrations (ISBN 189035600X, lire en ligne).
- (en) Richard Harrington, British Columbia in pictures, Nelson, .
- (en) Richard Harrington, The Face of the Arctic: A Cameraman's Story in Words and Pictures of Five Journeys Into the Far North, H. Shuman, , 369 p..
- (en) Richard Harrington, The Inuit life as it was, Hurtig publishers, , 143 p. (ISBN 0888302096).
- (en) Gerald McMaster (Avant-Propos) et Stephen Bulger (Contributeur), Richard Harrington: Arctic Photography 1948-53, Firefly Books, , 148 p. (ISBN 978-0228104469, lire en ligne).
Voir aussi
Articles connexes
- Photographie au Canada
- Photographie documentaire
- Inuits
- Nunavut
- 1950 Caribou Inuit famine (en anglais)
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Stephen Bulger Gallery. Richard Harrington in the Arctic. You Tube. URL: https://www.youtube.com/watch?v=wgvwtKrEp3w.
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