Richard Portes

Richard David Portes CBE FBA est un économiste britannique né aux États-Unis, connu pour ses travaux en macroéconomie internationale, en régulation financière et sur l’intégration européenne. Il est professeur d’économie à la London Business School.

Richard Portes est le fondateur et président honoraire du Centre for Economic Policy Research (CEPR). Il a également exercé pendant trois décennies les fonctions de directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris. Il est Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique et membre de la British Academy.

Jeunesse et formation

Richard Portes est né à Chicago, dans l’Illinois, de Herbert Portes et d’Abra Halperin Portes[1]. Il entre à l’Université Yale en 1959 et obtient un Bachelor of Arts en 1962[2].

Il poursuit ensuite ses études à l’Université d'Oxford grâce à une Bourse Rhodes, au Balliol College de 1962 à 1963 puis au Nuffield College, Oxford de 1963 à 1964. Il retourne ensuite au Balliol College, où il soutient un doctorat (D.Phil.) en économie en 1969. Il obtient également le diplôme de Master of Arts (Oxon.) en 1965[3].

Carrière universitaire

Richard Portes commence sa carrière universitaire comme fellow et tuteur en économie au Balliol College (1965–1969), puis comme professeur assistant d’économie et d’affaires internationales à l’Université Princeton (1969–1972). Il se voit proposer une titularisation en 1971, mais rejoint en 1972 l’Université de Londres en tant que professeur fondateur d’économie au Birkbeck College, où il dirige le département d’économie et exerce les fonctions de doyen de la faculté d’économie[4].

Il rejoint la London Business School en 1995 comme professeur d’économie, dirige le département d’économie de 2000 à 2003, puis siège comme gouverneur de 2010 à 2013[5]. De 2014 à 2017, il est le premier titulaire de la chaire Tommaso Padoa-Schioppa d’intégration économique et monétaire européenne à l’Institut universitaire européen de Florence[6]. De 2016 à 2025, il est codirecteur académique de l’AQR Asset Management Institute à la London Business School[7].

Il exerce parallèlement les fonctions de directeur d’études à temps partiel à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris de 1978 jusqu’à son départ à la retraite de ce poste en 2008[8].

Par ailleurs, Richard Portes a occupé des postes de professeur invité dans le cadre d’une bourse Guggenheim à l’Université Harvard (1977–1978), comme Distinguished Global Visiting Professor à la Haas School of Business de l’Université de Californie à Berkeley (1999–2000), et comme professeur invité Joel Stern de finance internationale à la Columbia Business School (2003–2004)[9]. Il est chercheur associé au National Bureau of Economic Research depuis 1980[10].

Recherche

Les travaux de recherche de Richard Portes portent sur la finance internationale, la macroéconomie internationale, la régulation macroprudentielle, l’intégration européenne et les marchés obligataires européens[11]. Il a publié de nombreux travaux sur la dette souveraine, les flux internationaux de capitaux, les économies en transition, les déséquilibres macroéconomiques et l’intégration monétaire européenne[12],[13].

Son article coécrit avec Hélène Rey, fondé sur l’utilisation de modèles gravitationnels appliqués aux flux transfrontaliers d’actions (Journal of International Economics, 2005), a inspiré de nombreux travaux ultérieurs sur le rôle de la distance et de l’information dans les mouvements internationaux de capitaux[14]. Son étude menée avec Richard Baldwin et Joseph Francois sur l’Cinquième élargissement de l'Union européenne a été largement citée dans les débats de politique publique précédant l’élargissement de l’UE[15],[16].

Dans des travaux annonçant la crise financière asiatique de 1997, son article « Anatomy of Financial Crises » (dans Portes et Swoboda, Threats to International Financial Stability, 1987) analyse les liens entre défauts de paiement sur la dette, perturbations des marchés des changes et faillites bancaires[17].

Ses travaux sur les clauses d’action collective dans les contrats obligataires souverains (avec Barry Eichengreen) proposent une solution au problème des « holdouts » dans les renégociations de dette, conduisant à l’adoption généralisée de ces clauses dans les émissions obligataires internationales. Il est également l’un des premiers, avec Georgios Alogoskoufis (1991), à analyser le rôle international potentiel de l’euro, thématique qu’il approfondit dans un article largement cité publié dans Economic Policy avec Hélène Rey (1998). Ses travaux récents menés avec le Conseil européen du risque systémique (CERS) sur la stabilité financière européenne et les crypto-actifs ont également influencé les débats académiques et les politiques publiques[18]. En 2025, il met en lumière les risques systémiques posés par les stablecoins à émetteurs multiples dans le Financial Times ()[19].

Responsabilités institutionnelles, action publique et activités de conseil

Richard Portes a été le directeur fondateur (1983) puis le président (1983–2016) du Centre for Economic Policy Research (CEPR), un réseau européen d’économistes universitaires[20]. Il a également cofondé en 1985 la revue académique Economic Policy (affiliée au CEPR) et en a assuré la coprésidence jusqu’en 2017[21].

Il a exercé les fonctions de secrétaire général de la Royal Economic Society (RES) de 1992 à 2008, soit la plus longue durée à ce poste depuis John Maynard Keynes[22]. Il a été membre fondateur du Euro 50 Group[6] ainsi que du Bellagio Group relancé sur l’économie internationale[7].

Richard Portes a par ailleurs conseillé plusieurs organisations internationales et instances gouvernementales, dont la Commission européenne, le FMI[23], et la Banque d'Angleterre. Il a été membre du conseil général du Conseil européen du risque systémique (CERS) de 2016 à 2020, a présidé son comité scientifique consultatif (2017, 2020–2021)[24], et copréside actuellement des groupes d’experts de l’ESRB sur l’intermédiation financière non bancaire ainsi que sur les crypto-actifs et la finance décentralisée[18]. Il a également été membre du Groupe des conseillers en politique économique auprès de la présidence de la Commission européenne[25], et, au Royaume-Uni, a exercé les fonctions de conseiller spécialisé auprès du comité du Trésor de la Chambre des communes[26] ainsi que du comité de l’Union européenne de la Chambre des lords sur des questions relatives notamment à l’euro et à la Banque centrale européenne[27].

Distinctions

Vie privée

Richard Portes épouse Barbara Diana Frank en 1963 ;[36] le couple divorce en 2005. En 2006, il se remarie avec l’économiste Hélène Rey[37]. Il est père de trois enfants : Jonathan Portes, Alison Portes et Ana Rey-Portes[38].

Notes

  1. « Richard Porter Will Marry Miss Barbara Diana Frank », Nytimes.com
  2. « Yale '62 - Alumni Notes - June 2003 », sur Yale62.org
  3. « RICHARD PORTES », London Business School (consulté le )
  4. « CEPR founder Richard Portes awarded CBE for services to economics », Centre for Economic Policy Research (consulté le )
  5. « Richard Portes », London Business School (consulté le )
  6. « Richard Portes », sur Florence School of Banking and Finance
  7. « Richard Portes », sur London Business School (consulté le )
  8. « Annuaire - Richard Portes », sur EHESS.fr
  9. « Richard Portes », sur International Growth Centre (consulté le )
  10. (en) « Richard Portes », sur NBER
  11. « Richard Portes », London Business School (consulté le )
  12. « Richard Portes: Citations and Publications », sur Google Scholar (consulté le )
  13. « Richard Portes: Research Output », sur IDEAS (consulté le )
  14. Richard Portes et Hélène Rey, « The determinants of cross-border equity flows », Journal of International Economics, vol. 65, no 2,‎ , p. 269–296 (DOI 10.1016/j.jinteco.2004.05.002)
  15. « Eastern Promise », The Economist, (consulté le )
  16. R. Baldwin, J. Francois et R. Portes, « The costs and benefits of eastern enlargement: the impact on the EU and central Europe », Economic Policy, vol. 12, no 24,‎ , p. 125–176 (DOI 10.1111/1468-0327.00018, S2CID 14414518, lire en ligne Accès payant, consulté le )
  17. Tad Podolski, « Review of Threats to International Financial Stability », International Affairs (Royal Institute of International Affairs 1944-), vol. 64, no 3,‎ , p. 488–489 (ISSN 0020-5850, DOI 10.2307/2622883, lire en ligne)
  18. « Crypto-assets and decentralised finance », European Union
  19. « The stablecoin loophole that could expose the EU », sur FT.com
  20. (en) « Richard Portes », sur CEPR,
  21. « ECONOMIC POLICY 1985 A European Forum », Oxford Academic
  22. « Secretaries-General », sur Royal Economic Society
  23. « The Challenge and Experience of Economic liberalization and Reform », IMF
  24. (hr) « 2023 Seventh ESRB Annual conference - Speakers », sur European Central Bank
  25. « The Group of policy advisers to the Commission (GOPA) sets up Group of Economic Policy Analysis (GEPA) with top European Economists », sur European Commission
  26. « House of Commons - Treasury - Fifth Report », sur Parliament.uk
  27. « European Union Committee 13th Report of Session 2007–08 », Parliament.uk
  28. « Richard Portes CBE FBA », Rhodes Trust
  29. « Guggenheim Fellowships: Supporting Artists, Scholars, & Scientists », sur Gf.org
  30. (en) « Current Fellows », sur Econometric Society
  31. (en) « CEPR President receives honorary degree | Centre for Economic Policy Research » [archive du ], sur CEPR (consulté le )
  32. (en) « New Year Honours: Order of the British Empire », sur The Independent,
  33. (en) « Professor Richard Portes FBA », sur The British Academy
  34. « Fellows », sur EEA
  35. (en) « Honorary Fellows », sur Balliol College
  36. « Barbara Frank Wed To Richard Portes », The New York Times
  37. « At home: Hélène Rey », sur FT.com
  38. « Yale '62 - Alumni Notes - January/February 2007 », sur Yale Class of 1962

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’économie
  • icône décorative Portail du Royaume-Uni