Richie Beirach

Richie Beirach
Richie Beirach dans les années 1980.
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Richard Alan Beirach
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Eon (d)

Richie Beirach, né le à New York (État de New York) et mort le à Worms (Rhénanie-Palatinat), est un pianiste et compositeur américain de jazz.

Il a collaboré avec des musiciens comme Stan Getz, Lee Konitz ou Chet Baker et a notamment joué avec Dave Liebman dans les années 1970 et 1980. Formé initialement au piano classique, il a su créer son style en s'exprimant dans le hard bop jusqu'au free jazz.

Biographie

Jeunesse

Richie Beirach commence l'étude du piano à l'âge de cinq ans. L'année suivante il prend des leçons avec le pianiste et compositeur James Palmeri, dont Beirach dira qu'il lui a tout appris. Jusqu'à ses treize ans, il étudie exclusivement le piano classique. À cet âge il entend un jour chez un ami le titre Billy Boy interprété par Red Garland sur l'album Milestones de Miles Davis. Une révélation pour Beirach, dont il parle en ces termes : « J'avais du mal à y croire. C'était exactement ce que je cherchais, ce dont j'avais besoin. (...) J'ai apporté l'album à mon professeur, et il a détesté ; totalement détesté »[3].

Malgré les réticences de son professeur, le jeune Richie Beirach poursuit les leçons de piano classique, tout en cherchant à entrer en contact avec des musiciens de jazz. À 18 ans, il fait son entrée sur la scène new-yorkaise, accompagnant notamment le saxophoniste Lee Konitz et le trompettiste Freddie Hubbard tout en travaillant occasionnellement comme docker dans le port de New York.

En 1967, il intègre le Berklee College of Music, prestigieuse école de musique de Boston, où il côtoie de futurs grands musiciens tels que le pianiste Keith Jarrett, le contrebassiste Miroslav Vitouš ou le guitariste John Abercrombie. L'année suivante il s'installe à New York et suit la classe de composition de Ludmila Ulehla à la Manhattan School of Music dont il sort diplômé quatre ans plus tard avec la spécialité théorie et composition[4],[2].

Carrière

Richie Beirach part en tournée mondiale avec le saxophoniste Stan Getz, qu'il accompagne aux côtés de Dave Holland à la basse et de Jack DeJohnette à la batterie. En il intègre le groupe jazz rock Lookout Farm du saxophoniste Dave Liebman, notamment entouré du guitariste John Abercrombie et du percussionniste Don Alias. Beirach y joue du piano électrique et entame une collaboration étroite avec Liebman, initialement marquée par la sortie de l'album Lookout Farm (en), et qui se poursuivra jusqu'en 1976 avec des tournées en Europe et la participation à de nombreux festivals[2]. En 1976, Richie Beirach forme le groupe Eon, un trio avec Frank Tusa (en) et Jeff Williams[1]. Il réalise l'album Eon (en) sur le label ECM, son premier album à paraître sous son nom.

Jusqu'à la fin des années 1970, Beirach enregistre plusieurs albums en tant que leader, notamment Forgotten Fantaisies (A&M) et Elm (en) (ECM), ainsi qu'un premier album en solo intitulé Hubris (en) (ECM). Parallèlement et jusqu'au début des années 1980, Beirach accompagne régulièrement des musiciens comme le trompettiste Chet Baker, les guitaristes John Scofield et John Abercrombie.

Dans les années 1980, Richie Beirach se concentre sur le piano solo — Live in Tokyo (1981), Ballads (1986), Ballads 2 (1987) — ainsi que sur sa collaboration avec Dave Liebman, en duo ou au sein du groupe Quest (en) auquel participent par ailleurs George Mraz, Billy Hart et {Ron McClure. Le groupe sort six albums et effectue des tournées en Asie, en Europe et en Amérique jusqu'à sa séparation en 1991. À partir de la fin des années 1980, le travail personnel de Beirach se caractérise par des albums inspirés de références extra-musicales tels que Waterlilies, d'après des Nymphéas de Monet, ou Breathing Statues d'après des textes de Rilke, ainsi que par des albums d'improvisation libre tels que Self Portraits, Sunday Songs ou Live at Maybeck Recilat Hall.

Dans la première partie des années 1990, Richie Beirach s'illustre dans le trio de Ron McClure, sur plusieurs albums avec le tromboniste Conrad Herwig (en) ainsi que sur l'album Trust enregistré à son nom avec Dave Holland et Jack DeJohnette. À partir de 1996, le pianiste s'entoure principalement de George Mraz et Billy Hart, collaboration concrétisée notamment par trois albums à son nom (The Snow Leopard, Romantic Rhapsody et What is this thing called Love), mêlant standards et compositions originales.

En 2002, l'album No Borders (i.e. « Sans Frontières ») — qui contient un morceau original dédié aux victimes du 11 septembre — est le premier d'une série marquée par l'utilisation de morceaux classiques comme base d'improvisation. En collaboration avec le violoniste Georg Hübner et George Mraz à la basse, trois autres albums sortent ensuite dans cette veine (Round about Bartók, Round about Federico Mompou et Round about Monteverdi).

Depuis 2000, Richard Beirach vit en Allemagne, où il enseigne le piano au conservatoire Felix–Mendelssohn-Bartholdy de Leipzig[3]. Il écrit plusieurs ouvrages sur le piano jazz, comme The Lineage of Modern Jazz Piano[5].

Mort

Richie Beirach meurt le à l'âge de 78 ans des suites d'une longue maladie, à Worms (Rhénanie-Palatinat)[5].

Style

Les critiques rapprochent le style du pianiste de celui de Bill Evans[6], notamment pour sa « riche palette harmonique et la délicatesse de son phrasé »[4].

Selon le critique de jazz Scott Yanow, le style personnel et la créativité de Beirach se caractérisent notamment par un large spectre lui permettant de s'exprimer « tant dans le free que dans le lyrisme », qualités dont Yanow considère qu'elles sont « sous-estimées »[6].

Le critique français Xavier Prévost écrit dans le Dictionnaire du Jazz que l'« instrumentiste accompli », se distingue notamment par cette « liberté tonale chère aux musiciens de sa génération », ainsi que « sa vigueur rythmique et son sens de l'écoute et de la relance »[4].

Plusieurs morceaux de Richie Beirach font aujourd'hui partie du répertoire des standards de jazz, tels que Elm ou la ballade Leaving, en atteste la présence de ces morceaux sur différents fake books.

Discographie

En tant que leader

  • Eon (ECM, 1974)
  • Forgotten Fantasies avec David Liebman (A&M Horizon, 1975)
  • Sunday Song avec Frank Tusa (Trio, 1975)
  • Methuselah (Trio, 1975)
  • Zal (Trio, 1976)
  • Leaving avec Jeremy Steig (Trio/Storyville, 1976)
  • Hubris (ECM, 1977)
  • Omerta avec David Liebman (Trio/Storyville, 1978)
  • Kahuna, Keeper of Secrets avec Masahiko Togashi (Trio, 1978)
  • Elm (ECM, 1979)
  • Elegy for Bill Evans (Palo Alto, 1981)
  • Rendezvous avec George Mraz (IPI, 1981)
  • Live in Tokyo: Solo Concert (Break Time, 1981) ; also released as Complete Solo Concert 1981 with two additional tracks (PJL, 1981)
  • Breathing Of Statues (Magenta/CMP, 1982)
  • Continuum (Baybridge/Eastwind, 1983)
  • Antarctica (Pathfinder/Evidence, 1985)
  • Double Edge avec David Liebman (Storyville, 1985)
  • The Duo: Live avec David Liebman (Advance, 1985)
  • Ballads (Sony Japan, 1986)
  • Ballads 2 (Sony Japan, 1987)
  • Water Lillies: Richie Beirach Plays Musical Portraits of Claude Monet (Sony Japan, 1987)
  • Emerald City avec John Abercrombie (Pathfinder/Evidence, 1987)
  • Common Heart (Owl, 1987)
  • Some Other Time: A Tribute to Chet Baker (Triloka 1989)
  • Chant avec David Liebman (CMP, 1989)
  • Convergence avec George Coleman (1990) U.S. Top Jazz Albums No. 14[7]
  • Inamorata (EAU, 1990)
  • Self Portraits (CMP, 1990)
  • Sunday Songs (Blue Note, 1990)
  • Themes and Impromptu Variations (EAU, 1991)
  • Live at The Maybeck Recital Hall, Vol. 19 (Concord Jazz, 1992)
  • Trust (Evidence, 1992)
  • Too Grand avec Andy LaVerne (SteepleChase, 1992)
  • Universal Mind avec Andy LaVerne (SteepleChase, 1993)
  • Solo Piano Recital: Live in Japan (Label Les Jungle, 1994)
  • The Snow Leopard (Alfa/Evidence, 1996)
  • Freedom Joy avec Masahiko Togashi (Trial, 1997)
  • New York Rhapsody avec Gregor Huebner (Tokuma, 1998)
  • What Is This Thing Called Love? (Venus, 1999)
  • Round About Bartok avec Gregor Huebner et George Mraz (ACT, 1999)
  • Romantic Rhapsody (Venus, 2000)
  • Round About Mompou avec Gregor Huebner et George Mraz (ACT, 2001)
  • No Borders (Venus, 2002)
  • Manhattan Reverie (Venus, 2004)
  • The Duo Session avec Laurie Antonioli (Nabel, 2004)
  • Duality: The First Ten Years (Niveau/Nuromusic, 2007)
  • Summer Night (Venus, 2007)
  • Crossing Over (Niveau, 2008)
  • Jazz Adagios (Venus, 2008)
  • Quest for Freedom avec David Liebman, Jim McNeely et Frankfurt Radio Bigband (Challenge, 2010)
  • Knowinglee avec Lee Konitz et David Liebman (Outnote, 2010)
  • Impressions of Tokyo: Ancient City of the Future (Outnote, 2011)
  • Unspoken avec David Liebman (Outnote, 2011)
  • Leaving - Live at the Chateau Fleur Cardinale (JazzLine 2023)
  • Richard Beirach - Masahiko Togashi - Terumasa Hino (2992 - Konnex Records KCD 5043) Recorded live at Yamaha Hall (Juin 1978) et New York City (Septembre 1976)

Ouvrages

  • (en-US) Richie Beirach et Michael Lake, Great Art & Commercial Success : A conversation exploring the Kind of Blue, Love Supreme, and Köln Concert phenomena, Music Savy, .
  • (en-US) Richie Beirach, avec l'aide de Michael Lake, The Lineage of Modern Jazz Piano : The 10 essential players, Music Savy,
    Richie Beirach se livre à l'analyse de dix pianistes essentiels dans l'histoire du piano jazz : Art Tatum, Bud Powell, Thelonious Monk, Bill Evans, Paul Bley, Herbie Hancock, McCoy Tyner, Chick Corea, Keith Jarrett et Cecil Taylor.
  • (en-US) Richie Beirach, avec l'aide de Michael Lake (préf. Randy Brecker, postface David Liebman), A Framework for Jazz Mastery, Music Savy, .
  • (en-US) Richie Beirach et Michael Lake, Teaching and Learning Jazz : From tradition to technology: A frank appraisal of jazz education, New York, Intellectual Asset Management LLC, , 126 p. (ISBN 978-1736521069).

Notes et références

  1. (en) Leonard Feather, Ira Gitler, The Biographical Encyclopedia of Jazz, Oxford University Press, , 718 p. (ISBN 978-0-19-532000-8, lire en ligne), p. 49.
  2. (en) Ian Carr, Digby Fairweather et Brian Priestley, The rough guide to jazz, Rough Guides, , 927 p. (ISBN 978-1-84353-256-9), p. 63.
  3. Biographie de Richie Beirach sur le site AllAboutJazz.com
  4. Carles, Clergeat et Comolli et al. 1988, p. 81-82
  5. (en) A.D. Amorosi, « Richard Beirach, Pianist, Composer, Early ECM Stalwart, Dies at 78 », sur jazztimes.com, (consulté le ).
  6. (en) Scott Yanow, « Richie Beirach - biography », sur allmusic.com (consulté le ).
  7. Billboard, Allmusic.com

Annexes

Bibliographie

  • Philippe Carles, André Clergeat, Jean-Louis Comolli et al., Dictionnaire du Jazz, Paris, Robert Laffont, , 1137 p. (ISBN 2-221-04516-5), p. 81-82. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

Liens externes

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