Rineke Dijkstra

Rineke Dijkstra
Rineke Dijkstra en 2011.
Naissance
Période d'activité
Nationalité
Activité
Formation
Gerrit Rietveld Academie
Représentée par
Marian Goodman Gallery (d)
Lieux de travail
Mouvement
Distinctions
Œuvres principales
  • Adolescents sur la plage
  • Femmes juste après leur accouchement
  • Toreros juste après la mise à mort du taureau
  • Femmes soldats israéliennes juste après leur enrôlement

Rineke Dijkstra est une photographe, née le à Sittard, dans le Limbourg néerlandais. Elle habite et travaille à Amsterdam.

Biographie

Études et débuts

Rineke Dijkstra naît le à Sittard aux Pays-Bas. Elle étudie à l'académie Gerrit Rietveld d'Amsterdam, de 1981 à 1986[1] où elle développe un intérêt particulier pour le portrait. Sa première exposition personnelle, Paradiso Portraits, a lieu en 1984 à la galerie De Moor à Amsterdam. À ses débuts, elle travaille comme photographe indépendante pour des magazines, réalisant des portraits d’artistes, d’écrivains et d’hommes d’affaires.

Reconnaissance

En 1992, Rineke Dijkstra commence la série Portraits de plage (Beach Portraits), poursuivie jusqu’en 1996. Réalisées sur les rivages de la mer du Nord, de Pologne, d’Ukraine, des États-Unis et d’Afrique, ces photographies d’adolescents et de jeunes adultes en pied sont prises frontalement, en couleur, sur un fond de plage dépouillé. La lumière naturelle est parfois complétée par un léger flash, et la prise de vue sur négatif couleur, réalisée à l’aide d’une chambre photographique, implique un long temps de pose.

Par leur monumentalité et leur apparente simplicité, ces images révèlent la fragilité et la vulnérabilité des êtres humains. Leur dimension documentaire évoque les approches de la photographie objective, notamment celles de l’école de Düsseldorf. Les sujets, souvent représentés dans une posture hésitante, choisissent la pose qu’ils préfèrent, ce qui introduit une tension entre la représentation et l’identité.

Présentée notamment au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, cette série apporte à Dijkstra une reconnaissance internationale et affirme les constantes de son œuvre : une attention scrupuleuse à la présence individuelle, à la fois physique et psychologique, et une exploration des seuils de transformation propres à l’adolescence.

En 1994, au Portugal, Rineke Dijkstra photographie, dans la série Bull-fighters, des toreros au moment où ils quittent l'arène saisissant la tension encore vivace et l'épuisement de ceux-ci. Comme en contrepoint de cette série où la mort est omniprésente, elle photographie en 1994, des femmes qui viennent juste d'accoucher cherchant à capter le mélange d'émotions qui bouleversent la jeune mère[2]. D'autres séries confirment encore cette intention comme Disco girls ou Tiegarten, où sont photographiés des enfants dans des jardins, ainsi que des séries de légionnaires français ou de militaires israéliens qui posent en uniforme et en civil[3].

En 1996, elle réalise sa première vidéo, intitulée The buzzclub, Liverpool, UK/Mysteryworld, Zaandam, NL[4]. Filmés pendant deux ans, les habitués de deux discothèques, l'une à Liverpool, l'autre à Zaandam, cherchent à dominer l'image qu'ils peuvent donner mais ne peuvent laisser échapper ce qu'ils sont réellement[5]. Cette tension qui est une constante de l'œuvre de Rineke Dijkstra se retrouve donc aussi dans son travail vidéo, par exemple Annemiek[3] (1997).

En 2005, elle fait l'objet d'une rétrospective au Jeu de paume[6], à Paris, de même qu'en 2012 au musée d'art moderne de San Francisco et au musée Guggenheim de New York. Cette même année, elle reçoit un Honorary Fellowship de la Royal Photographic Society[7].

Technique

Dès sa première série, elle instaure un mode opératoire qu'elle maintiendra par la suite. Les sujets sont pris frontalement dans un décor restreint ; la lumière naturelle est préférée mais parfois soutenue par le flash et la prise de vue se fait sur négatif couleur au moyen d'une chambre photographique[3].

Œuvre

Son travail photographique se caractérise par des portraits frontaux, qui cherchent à montrer la fragilité de l'être humain.

Rineke Dijkstra travaille par séries, notamment :

  • adolescents sur la plage ;
  • femmes juste après leur accouchement ;
  • toreros juste après la mise à mort du taureau ;
  • femmes soldats israéliennes juste après leur enrôlement.

Elle est représentée par la galerie Marian Goodman à New York et à Paris.

Prix et distinctions

Expositions récentes

Notes et Références

  1. « Rineke Dijkstra », sur AWARE Women artists / Femmes artistes (consulté le )
  2. Uta Grosenick (trad. de l'allemand), Women artists : femmes artistes du XXe et du XXIe siècle, Cologne, Taschen, , 352 p. (ISBN 3-8228-4121-8), p. 58-63.
  3. « Rineke Dijkstra », sur jeudepaume.org, (consulté le ).
  4. Saint-Léger et al. 2013, p. 1258.
  5. Ferreaux-Geiler, Marion. L’Identité dans les portraits photographiques des artistes  contemporains : Thomas Ruff, Valérie Jouve, Charles Freger  et Rineke Dijkstra : maîtrise d’histoire de l’art, Université Rennes 2. [Editeur inconnu], 2002.
  6. Voir sur paris-art.com.
  7. « Rineke Dijkstra », sur artnet.fr (consulté le ).
  8. Voir sur mep-fr.org.

Voir aussi

Bibliographie

  • Brigitte Ollier, « Rineke Dijkstra, le geste au plus juste », Libération,‎ (lire en ligne)
  • Claire Guillot, « Rineke Dijkstra », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Élisabeth Couturier, Photographie contemporaine, Flammarion, 2015, p. 188-189.
  • Ferreaux-Geiler, Marion. L’Identité dans les portraits photographiques des artistes  contemporains : Thomas Ruff, Valérie Jouve, Charles Freger  et Rineke Dijkstra : maîtrise d’histoire de l’art, Université Rennes 2. [Editeur inconnu], 2002.
  • Visser Hripsimé, Stahel Urs, Rineke Djikstra, cat. exp., Jeu de paume, Paris [], Fotomuseum, Winterthur [], Münich/Amsterdam, Schirmer/Mosel, 2004.
  • Rineke Dijkstra, Thomas Köhler, Rineke Dijkstra : still moving. Berlin Berlin : Berlinische Galerie, Museum für Moderne Kunst Distanz, 2024.
  • Sixtine de Saint-Léger, Béatrice Didier (dir.), Antoinette Fouque (dir.) et Mireille Calle-Gruber (dir.), Le Dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, , « Dijkstra, Rineke (Sittard 1959) », p. 1258.

Liens externes

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