Rivière Pic

Rivière Pic
Illustration
Pont de l'autoroute 17 au-dessus de la rivière Pic
Caractéristiques
Longueur 150 km
Bassin 4 353 km2
Bassin collecteur Lac Supérieur
Régime pluvio-nival
Cours
Source Lac McKay (en)
· Altitude 321 m
· Coordonnées 49° 37′ 42″ N, 86° 17′ 00″ O
Confluence Lac Supérieur
· Altitude 180 m
· Coordonnées 48° 36′ 01″ N, 86° 18′ 09″ O
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Ruisseau Bluejay (en), Rivière White Otter
· Rive droite Rivière Kagiano, Black River (en)
Pays traversés Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau de l'Ontario Ontario
Région Nord-Ouest de l'Ontario
District District de Thunder Bay
Principales localités Heron Bay, Pic River, Marathon

La rivière Pic est une rivière située dans la partie est du district de Thunder Bay, dans le nord-ouest de l'Ontario, au Canada. Elle prend sa source au Lac McKay (en), au sud-est de la localité de Longlac (en), et se jette dans le lac Supérieur, au sud-est de la ville de Marathon.

Cours d'eau

La rivière prend sa source à une altitude de 321 mètres (1 053 pi), à Outlet Bay, au sud-est du lac McKay, à environ 10 kilomètres (6 mi) à l'ouest de la communauté de Caramat (en) et 3 kilomètres (1,9 mi) au sud-ouest de la ligne principale du Canadien National; elle prend sa source dans le lac McKay, au niveau du barrage[2]. Elle franchit les rapides de Bigrock pour atteindre le lac Sagiwatan, puis continue vers le sud en passant par les rapides de Deadman jusqu'au lac Waboosekon. La rivière sort du lac en franchissant le barrage de Waboosekon[2], bifurque vers le sud-est, passe par les chutes High Falls et Middle Falls, et reçoit les eaux de son affluent de rive gauche, la rivière White Otter.

Panneau annonçant la réserve des Ojibwés de la rivière Pic.

La rivière Pic coule vers le sud, franchit les chutes Manitou et reçoit les eaux de son affluent de droite, la rivière Kagiano (en). Elle poursuit sa route vers le sud, passe sous l'autoroute 17 de l'Ontario et pénètre dans la réserve indienne Pic River 50 (en) de la Première Nation des Ojibwés de la rivière Pic (en). La rivière Pic traverse leur communauté de Heron Bay (en), où elle est franchie par la ligne principale du chemin de fer Canadien Pacifique, reçoit les eaux de son affluent de gauche, la Black River (en), traverse la communauté de Pic River, également tenue par les Ojibwés de la Première Nation de la rivière Pic, et se jette dans le lac Supérieur. Une plage et un système de dunes de sable marquent l'embouchure.

Le bassin de la rivière Pic est de 4 353 km2[3].

Histoire

L’embouchure de la rivière Pic a été un centre de commerce et d’établissement pour les Autochtones pendant des milliers d’années. L'endroit est stratégique pour le transport maritime puisqu’il donne accès aux terres du Nord et à une voie navigable en canot jusqu’à la baie James. Ce milieu du parcours pour les pagayeurs sur la rive nord du lac Supérieur, le « Pic », est d’abord apparu sur les cartes européennes au milieu du XVIIe siècle. Les Autochtones locaux ont entrepris la traite des fourrures avec les Français à la fin des années 1700[4].

Le fort Pic est un poste de traite fondé en 1789 par Gabriel Cotté, en partenariat avec John Grant et Maurice-Régis Blondeau. Il connait sa plus grande prospérité entre 1799 et 1815 sous Jean-Baptiste Perrault[5]. En 1805, le fort abrite 16 hommes, 2 femmes et 3 enfants, tandis que 148 Autochtones vivent dans les environs. La Compagnie de la Baie d'Hudson exploite ce poste à partir de 1821[4]. Louis Agassiz s'y rend en 1847. Après 1865, l'activité y est réduite à son minimum. La Compagnie de la Baie d'Hudson part en 1888[4]. Le fort est abandonné en 1914 et le Pic devient une réserve faisant l’objet d'un traité visant ses habitants traditionnels, les Ojibways de la Première nation de Pic River, n° 50[4].

Le site se trouve sur la rive ouest, à environ 150 mètres en amont de l'embouchure de la rivière, sur un terrain plat situé à 5 mètres au-dessus du niveau normal de l'eau. Un camp de bûcherons (en) y est construit en 1930. Des archéologues y découvrent des vestiges du fort en 1964. Le puits, toujours en usage, semble être celui d'origine. Une borne commémorative y est apposée[6].

Moulin de pâte à papier de Marathon (Ontario, 2000)

Plus tard, la rivière Pic sert à transporter des grumes de pâte à papier de 2,4 mètres jusqu'à Heron Bay, où elles sont assemblées en estrades et remorquées jusqu'à Marathon. Marathon Paper y exploite une usine de pâte à papier, utilisant le bois acheminé par flottage sur la Pic chaque printemps. La Marathon Corporation est rachetée par American Can, puis, en 1982, par la James River Paper Company. Le flottage sur la Pic est progressivement abandonné au profit de camions. Les forêts fournissant le bois à l'usine de Marathon sont délimitées par le bassin versant de la Pic.

Au début, les bûcherons partaient de Marathon à pied après leur embauche, suivant les sentiers balisés le long de la rivière Pic jusqu'aux camps construits pour approvisionner l'usine en bois. Ils effectuaient la navette entre l'usine et les camps, récupérant le courrier et collectant des statistiques sur le bois coupé et transporté par chevaux jusqu'à la rivière. Durant cette période, tout le bois était acheminé au printemps par flottage sur les rivières Pic et White Otter. Plus tard, les routes remplacent les sentiers, mais jusqu'en 1982, un camp près de la rivière White Otter est exploité par American Can. Des caches de dynamite sont placées à des endroits stratégiques le long de la rivière afin de pouvoir dégager les embâcles[7].

Étymologie

"Le Pik" sur la carte de Coronelli (1688)

Deux possibilités existent quant à l'origine du nom de la rivière. Il pourrait provenir soit de l'ojibwé bikodinaa ou du français signifiant « être un terrain élevé » en référence au promontoire situé à l'embouchure de la rivière, soit de la corruption de l'ojibwé « pekatek » ou « boue »[note 1], qui décrit ses eaux limoneuses.

Développement de l'hydroélectricité

Des projets de petites centrales hydroélectriques ont été proposés pour les sites de High Falls et de Manitou Falls par la Première Nation Ojibwés de la rivière Pic[8],[2]. Ces centrales seraient d'une puissance de 2,8 MW et 3,2 MW. La mise en service était prévue en 2018. Les centrales seraient raccordées à la ligne de transport d'électricité provenant d'une centrale existante sur la rivière Kagiano à Twin Falls[9], une centrale située juste en amont de l'embouchure de cette rivière avec la rivière Pic[10]. En parallèle, des mesures importantes sont prévues pour la protection des espèces menacées, notamment l'esturgeon jaune[8].

Exploitation minière

La Première Nation la Biigtigong Nishnaabeg compte 967 membres inscrits, dont 537 vivent dans la réserve Biigtigong Nishnaabeg[15]. Celle-ci est située sur la rivière Pic, près du sud de Heron Bay, au sud de la ville de Marathon. En 2023, une entente est signée relative à un projet de mine de palladium situé à 10 kilomètres de Marathon, et à 9,3 kilomètres en amont du territoire des Biigtigong Nishnaabeg, le long des rives de la rivière Biigtigig Zibi. L'entente est un partenariat entre la Première Nation et le promoteur de la mine, la Generation PGM Inc[15].

Tourisme

Au sud de la rivière Pic, le parc national de Pukaskwa, créé en 1978, couvre 1 878 km2[16].

Affluents

Voir la carte interactive[17].

  • Black River (en)
  • Ruisseau Camp 14 (à droite)
  • Ruisseau Spruce (à gauche)
  • Ruisseau Goodchild (à gauche)
  • Ruisseau Lacobeer (à droite)
  • Ruisseau Jim (à droite)
  • Ruisseau Little Joe (à droite)
  • Ruisseau Huck (à droite)
  • Ruisseau Cirrus (à gauche)
  • Ruisseau Dewey (à droite)
  • Ruisseau Nama (à gauche)
  • Ruisseau Slingshot (à gauche)
  • Rivière Kagiano (à droite)
  • Rivière White Otter (à gauche)
  • Ruisseau Hagarty (à gauche)
  • Ruisseau Deadman (à droite)
  • Ruisseau Dianthus (à droite)
  • Ruisseau Kaboosa (à gauche)
  • Ruisseau Bluejay (en) (à gauche)
  • Ruisseau Mustela (à droite)
  • Ruisseau Bambino (à droite)

Voir aussi

Notes

  1. Les mots ojibwés désignant la « boue » contiennent soit /jiishkiwag/ ou /zhashki/; plus probablement à partir de « limon » contenant /bakwebii/, formant peut-être « bakwebiigotigweyaa » ou une variante similaire signifiant « eau de rivière limoneuse ».

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Pic River » (voir la liste des auteurs).
  1. Relation OpenStreetMap
  2. (en) « Figure 1.1 - Project Location »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?) [JPG], sur High Falls and Manitou Falls Hydroelectric Project, Ojibways of the Pic River First Nation, (consulté le )
  3. « Carte-tapis géante », sur Biinaagami
  4. (en) Lynx Dr., « Pic River Trading Post Heritage Site (Plaque) », sur Superior North CFDC (consulté le )
  5. Louis-Philippe Cormier, « Perrault, Jean-Baptiste », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )
  6. Losey 1999
  7. John D. Conley, former Scaler, Foreman, and Fire Marshal, American Can and resident of Camp 15, London Ontario 2010[Interprétation personnelle ?]
  8. (en) « Footprints to follow - High Falls/Manitou Falls » [PDF], Ontario Aboriginal Waterpower Case Studies (consulté le )
  9. « High Falls and Manitou Falls Hydroelectric Project Description », Pic River Hydro, (consulté le )
  10. (en) « History of Kagiano Power », sur Kagiano Power (consulté le )
  11. (en) « High Falls of the Pic River », sur Great Lakes Waterfalls and beyond, (consulté le )
  12. (en) « Middle Falls of the Pic River », sur Great Lakes Waterfalls and beyond, (consulté le )
  13. (en) « Manitou Falls », sur Great Lakes Waterfalls and beyond, (consulté le )
  14. (en) « Twin Falls », sur Great Lakes Waterfalls and beyond, (consulté le )
  15. « La Biigtigong Nishnaabeg First Nation célèbre la signature de l'entente sur les retombées communautaires et le financement du nouveau centre culturel », sur Gouvernement du Canada, (consulté le )
  16. « Le Parc National de Pukaskwa », sur Parcs Canada (consulté le )
  17. (en) « Pic River », sur geonames (consulté le )

 

Bibliographie

  • (en) Elizabeth Browne Losey, Let Them be Remembered: The Story of the Fur Trade Forts, Vantage Press, , 761 p. (ISBN 9780533125722)
  • (en) « Topographic Map sheets 42D9, 42D16, 42E1, 42E8, 42E9 », sur Atlas of Canada, Natural Resources Canada, (consulté le )
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