Robert Bakewell (agronome)

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Robert Bakewell ( - ) est un agronome anglais, reconnu comme l'une des figures les plus importantes de la révolution agricole britannique. En plus de ses travaux en agronomie, Bakewell est particulièrement connu pour avoir été le premier à mettre en œuvre une méthode d'amélioration génétique du bétail. Ses travaux ont non seulement conduit à des améliorations chez les moutons, les bovins, les chevaux et les porcs, mais ont également contribué à la connaissance générale de la sélection artificielle[1]. Il peut être considéré comme le premier sélectionneur à s'être appuyé sur une méthode scientifique ou le premier ingénieur zootechnicien.
Biographie

Robert Bakewell, deuxième fils aîné, est né le à Dishley Grange, près de Loughborough dans le Leicestershire. Alors jeune homme, il voyage en Europe continentale et en Grande-Bretagne, découvrant d’autres méthodes agricoles. En 1760, il hérite de son père (du fait du droit d'aînesse) de la gestion de la ferme de 178 ha à Dishley où il mènera l'essentiel de ses travaux[2]. Parmi les personnes intéressées par son travail figurent le prince Grigori Potemkine et François de la Rochefoucauld (1765–1848).
Ses nouvelles techniques d’élevage révolutionnaires s'appuyaient sur l’irrigation, l’inondation et la fertilisation des prairies afin d'améliorer le pâturage. Il enseigne ces pratiques à de nombreux agriculteurs et fonde en 1783 la Dishley Society pour les promouvoir et faire progresser les intérêts des éleveurs de bétail. Il met en place de véritables programmes d'amélioration génétique avec élevage séparé des sexes, croisements dirigés et élimination des animaux aux caractéristiques non recherchées, enregistrement systématique des individus avec leurs caractéristiques et leur positionnement généalogique[3]. Ses apprentis et contemporains, en particulier Thomas Coke, 1er comte de Leicester, utilisent ses méthodes avec le bétail britannique longtemps après sa mort, en [1].
Mouton
Le programme d'élevage le plus suivi de Bakewell était sans doute celui des moutons. En utilisant des animaux indigènes, il a pu rapidement sélectionner des moutons de grande taille, mais à l'ossature fine, avec une laine longue et brillante. La Lincoln Longwool a été sélectionnée par Bakewell, et à son tour, la Lincoln a été utilisé pour développer la race suivante, nommée New (ou Dishley) Leicester. C'est un mouton sans cornes avec un corps en forme de barril, le dos droit et un bon rendement de viande grasse[4],[3].
Ces moutons ont été largement exportés, notamment vers l'Australie et l'Amérique du Nord, et ont contribué à de nombreuses races modernes, même s'ils sont rapidement tombés en désuétude à mesure que les préférences du marché en matière de viande et de textiles ont changé. Les lignées de ces New Leicester originaux survivent aujourd'hui sous le nom de Leicester anglais (ou Leicester Longwool) qui est principalement conservé pour la production de laine.
Bovins

Il a croisé des génisses à longues cornes et un taureau Westmoreland pour finalement créer la Dishley Longhorn, une race bouchère[4]. À mesure que de plus en plus d’agriculteurs suivent son exemple, la taille et l'utilité des animaux de ferme augmentent considérablement. En 1700, le poids moyen d'un taureau vendu à l'abattoir est de 370 livres (168 kg). En 1786, ce poids a plus que doublé, pour atteindre 840 livres (381 kg)[réf. nécessaire] . Cependant, après sa mort, la Dishley Longhorn est remplacée par des bovins à cornes courtes, la Shorthorn[4].
Autres
Robert Bakewell est aussi un sélectionneur du cheval Black Cart Horse (en), ancêtre de la race Shire[5] et du porc Small White pig (en)[2] qui compte parmi les ancêtres du Large white.
Bien qu'il ne fût que fermier, il fit creuser des canaux pour irriguer ses pâturages. Il utilisait également ces canaux pour transporter le fourrage sur sa propriété. Il fut aussi parmi les premiers à diviser ses pâturages en parcelles plus petites à l'aide de haies d'épines, en y faisant paître son bétail en rotation. Ces parcelles plus petites permettaient un meilleur pâturage et une repousse plus rapide de l'herbe[6]. C'est le système du « pâturage tournant » en paddocks très pratiqué aujourd'hui.
Héritage
Plusieurs bâtiments de Loughborough portent le nom de Bakewell, notamment une résidence universitaire à l'université de Loughborough et une école primaire de la ville[7].
Influence sur Darwin
L'élevage de sélection, que Charles Darwin a décrit comme une sélection artificielle, a inspiré sa théorie de la sélection naturelle. Dans son ouvrage L'origine des espèces, il cite les travaux de Bakewell comme démontrant la variation sous l'effet de la domestication, l'élevage méthodique au cours de la vie de Bakewell ayant conduit à une modification considérable des formes et des caractéristiques de son bétail, et inconsciemment à la divergence de deux souches distinctes lorsque deux troupeaux de moutons Leicester ont été gardés par M. Buckley et M. Burgess, « purement issus de la souche originale de M. Bakewell pendant plus de cinquante ans »[8], avec le résultat imprévu que « la différence entre les moutons possédés par ces deux messieurs est si grande qu'ils ont l'apparence de variétés tout à fait différentes »[9].
New Dishley Society
La New Dishley Society a été créée pour promouvoir la mémoire de Robert Bakewell et de ses contemporains, et des étudiants de ses méthodes. La société vise à diffuser la connaissance de son travail et la reconnaissance de son travail pionnier dans l’élevage de bétail et la gestion des cultures. Elle soutient la recherche sur les techniques agricoles révolutionnaires du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle siècles, et sur les individus qui ont développé ces techniques.
Controverse
L'utilisation pionnière et extrêmement poussée de croisements d'animaux consanguins par Bakewell[4] a peut-être contribué à la propagation de maladies prioniques, telles que la tremblante, parmi le bétail de la région[10],[11].
Notes et références
- Chisholm 1911.
- Iowa State University, College of Agriculture and Life Sciences, « Robert Bakewell », sur Université de l'État d'Iowa (consulté le )
- « Robert Bakewell (1725 - 1795) », BBC History (consulté le )
- (en) « Robert Bakewell, British agriculturalist », sur Encyclopaedia Britannica. (consulté le )
- ↑ (en-US) Angelique, « Shire Horse », The Livestock Conservancy (consulté le )
- ↑ Philip Walling, Counting sheep: a celebration of the pastoral heritage of Britain, Profile Books, (ISBN 978-1-84668-504-0)
- ↑ « Robert Bakewell - Loughborough Students' Union », lsu.co.uk (consulté le )
- ↑ W. Youatt, Sheep: Their Breeds, Maintenance, and Diseases, London, Baldwin and Cradock, (lire en ligne), p. 315 quoted in On the Origin of Species, p. 30
- ↑ Youatt 1837, p. 315.
- ↑ D. T. Max, The Family That Couldn't Sleep: A Medical Mystery, Random House, (ISBN 978-1-4000-6245-4, lire en ligne
) :« As soon as scrapie broke out in [Reverend Thomas] Comber's district and the surrounding areas, aristocrats pointed a finger at Bakewell and his breeding practices. »
- ↑ Colm A. Kelleher, Brain Trust: The Hidden Connection Between Mad Cow and Misdiagnosed Alzheimer's Disease, Simon and Schuster, :
« One of the best-known and earliest descriptions of the symptoms in sheep came from the Reverend Thomas Comber in England in 1772, ... »
Voir aussi
Bibliographie
- « Robert Bakewell (1725 - 1795) », bbc.co.uk/history, BBC
- Journal of the Royal Agricultural Society of England, Royal Agricultural Society of England, (lire en ligne)
- François de la Rochefoucauld, A Frenchman in England 1784, ed. Jean Marchand, CUP,
- Carol Ekarius, Storey's Illustrated Breed Guide to Sheep, Goats, Cattle and Pigs, Storey Publishing, (ISBN 978-1-60342-036-5)
- Roger J Wood and Vítezslav Orel, Genetic Prehistory in Selective Breeding A Prelude to Mendel, OUP, (ISBN 978-0-19-850584-6, lire en ligne [archive du ])
- Roger J Wood, « Robert Bakewell Pioneer Animal Breeder and his influence on Charles Darwin », Casopis Moravskeho (Musea Acta Musei Moraviae), (lire en ligne)
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
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