Robert Guillaume Antoine Delabarre

Robert Guillaume Antoine Delabarre
Biographie
Naissance
Décès
(à 62 ans)
Mahé
Nationalité
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Date de baptême
Idéologie

Robert Guillaume Antoine Delabarre, né à Pont-Audemer en 1748, mort en déportation aux Seychelles le , est un révolutionnaire français.

Biographie

Baptisé à Saint-Paul-sur-Risle le , actuellement commune de Pont-Audemer, il y passe sa jeunesse. Lorsqu'il se marie, le , à Saint-Sulpice, il dit habiter rue de Sèvres[1] depuis deux ans. Mais il pouvait être parisien depuis plus longtemps. Il travaille le métal — il est qualifié de forgeron[2], plus souvent de serrurier[3],[1], parfois d'entrepreneur en bâtiments. Ses affaires prospèrent, et on conserve des contrats dans les archives notariales de Paris portant sur des milliers de livres. En 1787, l'hôtel de Filz-James (devenu hôtel de Talleyrand, puis de Rothschild), où il avait fait pour plus de 4 000 livres de travaux, est vendu sans qu'il soit payé ; Delabarre est victime d'intimidations et écrit une lettre au roi (archives de la famille). Cela explique peut-être sa participation à la Révolution.

Dès le , Delabarre est membre du comité militaire du district des Prémontrés. Volontaire de la première compagnie du bataillon des Prémontrés[4],[1], il commande 40 gardes nationaux à Versailles, lors de la journée du 6 octobre, et sauve un garde du corps du roi. Par la suite, il s'intéressera souvent aux affaires militaires. Le , il encombre la rue du Petit-Bourbon (actuelle rue Saint-Sulpice) en détruisant un immeuble la veille du passage du roi, ce qui montre à la fois son animosité envers le souverain et son audace. Devenu électeur en [1],[4],[3], il signe plusieurs pétitions et un projet d'école nationale militaire d’armes à feu. Delabarre est grenadier volontaire de la première compagnie du bataillon des prémontrés.

Il entre réellement dans l'histoire de la Révolution dans la nuit du 9 au , quand il est nommé commissaire de la section de la Croix-Rouge à la Commune insurrectionnelle de Paris, dont il fait partie jusqu'à la fin de novembre de la même année[1],[3]. Dès le lendemain, celle-ci s'empare des Tuileries et provoque la chute de la royauté. Choisi comme électeur de la section de la Croix-Rouge aux élections législatives de septembre[1], il est chargé, le , par la Commune de faire des cartouches aux Invalides et de récupérer le plomb des cercueils des églises. Au , jour où il est mandé devant la Convention nationale en qualité d'officier municipal[1], il a envoyé près de 500 000 cartouches à l'armée de Valmy. Le , il garde la famille royale au Temple. Fin , son beau-frère Pierre François Devaux le remplace à la Commune. À ce moment, en juillet- il est envoyé en mission en Normandie, entre autres à Pont-Audemer, où il a de la famille. Il envoie trois rapports au ministère de l'Intérieur.

Delabarre fabrique, entre autres, des ferrures pour l'armée, mais reste actif et signe des pétitions. Le 9 thermidor, il va à l'hôtel de ville et y prend la parole. Son beau-frère, Pierre-François Devaux, qui signe l'appel à libérer la Convention est guillotiné le 11. Delabarre est dénoncé par sa section le 12 et incarcéré. Il est libéré le , car il connaît des membres du comité de sûreté générale, et même un thermidorien comme Tallien. Il semble rester actif chez les sans-culottes. Dénoncé comme l'un des dirigeants de la tentative d'insurrection du 11 floréal an III ()[4], il est incarcéré jusqu'au .

Administrateur de la dixième municipalité en l'an IV, il est électeur en l'an VI. En l'an IX, il est cabaretier rue de Sèvres[4].

Il reste assez connu pour que Fouché le mette sur la liste des jacobins à déporter[5] demandée par Bonaparte après l'attentat de la rue Saint-Nicaise le . Arrêté début , il est embarqué sur la corvette La Flèche à Saint-Nazaire à la mi-janvier[6]. Il arrive à Mahé, aux Seychelles fin août. Avec 27 compagnons, il rédige un Mémoire pour les 28 malheureux, reste de 71 citoyens français mis en surveillance spéciale à Mahé, principale d'îles Seychelles, par ordre du gouvernement de la République française... Ce 24 germinal an XII de la République française une et indivisible, adressé au général Decaen[7]. Malgré ses demandes et celles de sa famille, il y reste et y meurt le .

Dans une réclamation adressée au ministre de la Police, son fils Pierre-Antoine, s'exprimant au nom de sa mère et de ses frères et sœurs, le présente comme modéré, ayant dénoncé Fouquier-Tinville et voulu limiter les massacres de Septembre, présenté dans « les registres de Babeuf [...] comme indigne de servir le parti pour raison de sagesse ». De son côté, l'administration des Seychelles l'a décrit comme un personnage d'un caractère dur et difficile[2]. Il semble avoir eu de nombreux ennemis, certainement politiques, mais aussi, peut-être parmi ses voisins. Ses idées politiques ne sont pas faciles à cerner, malgré les documents qu'il a signés. Il a évolué avec la Révolution. Mais il semble jacobin et surtout, dès le début, démocrate. Assez pour déplaire à la police de Bonaparte.

Ses trois prénoms apparaissent toujours dans les nombreux documents que l'on a de lui, ce qui permet de l'identifier facilement.

Les notices publiées sur lui sont très brèves, mais on le trouve dans les index de nombreuses publications (de 1792 à 1795 sous le nom de « La Barre » ou « Labarre »[1] sans « de »). Il laisse de nombreux documents dans les archives nationales (notariales, fonds révolutionnaires, colonies), dans celles de la Préfecture de Police de Paris et à la Bibliothèque nationale de France pour les pétitions qu'il a signées.

Bibliographie

  • Pierre Caron, Rapports des agents du Ministère de l'Intérieur dans les départements (1793-an II), Imprimerie nationale, , « Rapports de Delabarre », p. 231 et alii.
  • Jean Destrem, Les déportations du Consulat et de l'Empire (d'après des documents inédits) : index biographique des déportés, Paris, Jeanmaire, , VI-526 p. (lire en ligne), p. 16-17, 20, 52, 150 et 376
  • Sigismond Lacroix, Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution, vol. 4, L. Cerf, (lire en ligne), p. 643
  • Raymonde Monnier et Albert Soboul, Répertoire du personnel sectionnaire parisien en l'an II, Publications de la Sorbonne, , 564 p. (lire en ligne), p. 469

Notes et références

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