Robert Mannyng
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Robert Mannyng, également désigné sous le nom de Robert de Brunne, né vers 1275 et mort vers 1338, est un chroniqueur et chanoine régulier de l’ordre de Saint-Gilbert. Sa biographie se déduit principalement de ses deux œuvres conservées, le Handlyng Synne et la Chronique de Mannyng, qui livrent de substantiels détails sur son parcours. Ces écrits mentionnent ses résidences successives au sein des établissements gilbertins, notamment les maisons de Sempringham (à proximité de Bourne) et de Sixhills, ainsi qu’au prieuré Saint-Edmund de Cambridge.
Éducation
Robert de Brunne tient son patronyme de la localité de Brunne (actuelle Bourne, dans le Lincolnshire), située à treize kilomètres au sud du prieuré de Sempringham, établissement fondateur de l’ordre gilbertin. Ces deux sites se trouvent à la frange occidentale des marais des Fens, dans cette même région. Il intègre la communauté de Sempringham en 1288, où il accomplit son noviciat et reçoit sa formation initiale, avant de se rendre, vraisemblablement dans le prolongement de celle-ci, à l’université de Cambridge. Par la suite, il est muté vers le prieuré de Sixhills[N 1] (référence TF1787), sis dans les collines des Wolds du Lincolnshire, non loin de Market Rasen. L’essentiel de son existence se déroule néanmoins à Sempringham, contrairement à une assertion contemporaine répandue qui le présente à tort comme religieux de l’abbaye de Bourne. Cet établissement était, quant à lui, une fondation arrouasienne, ultérieurement réputée de l’ordre augustinien.
Cette interprétation trouve confirmation dans le prologue que Robert Mannyng consacre à son Handlyng Synne. L’auteur y précise avoir séjourné pendant quinze années au sein de l’abbaye : une décennie sous le priorat de Sempringham (approximativement de 1298 à 1312), puis cinq hivernaux supplémentaires sous la direction de son successeur, John Clyntone. Il n’en maintient pas moins un lien intellectuel et pastoral avec la société laïque, comme en témoigne la dédicace de l’ouvrage. Celui-ci est en effet destiné « à tous les chrétiens », mais plus spécifiquement « aux hommes de bien de Bourne » et, de manière privilégiée, « à la communauté de Sempringham ».
Ses œuvres
Handlyng Synne (1303) constitue un traité didactique et pénitentiel de douze mille vers, composé en moyen anglais selon une structure de distiques à rimes plates. L'ouvrage procède pour une part substantielle de l'adaptation et de la transposition des exempla contenus dans le Manuel des Péchés, texte anglo-normand attribué à William de Waddington.
La Chronique de Robert Mannyng, communément datée de 1338, constitue une œuvre de compilation historiographique médiévale. Sa première partie transpose en moyen anglais, à partir de la version anglo-normande de Wace, le Roman de Brut, qui relate les origines légendaires de la monarchie britannique. La seconde partie procède à l’adaptation de la chronique attribuée à Pierre de Langtoft, décrivant les événements de l’histoire anglaise postérieure à la conquête normande de 1066[N 2].
Son héritage
Robert Mannyng apparaît avant tout comme un chroniqueur, et sa singularité tient à son inscription dans la tradition trilingue de l’historiographie médiévale anglaise. Son œuvre en moyen anglais relève d’un mouvement, émergeant au début du XIVe siècle, qui privilégie cette langue vernaculaire au détriment du latin et de l’anglo-normand, sans que son entreprise ne revête toutefois un caractère novateur. C’est principalement par sa filiation intellectuelle avec les grands historiens du XIIe siècle — tels Henri de Huntingdon, Guillaume de Malmesbury et Geoffroy de Monmouth — que Mannyng s’affirme comme une figure notable. Si sa versification est souvent jugée d’une facture conventionnelle, les exempla du Handlyng Synne présentent néanmoins une vigueur et une couleur narrative propres, conférant à l’ensemble une vivacité qui le distingue favorablement de plusieurs manuels pénitentiels contemporains, par ailleurs réputés pour leur aridité.
Voir aussi
Notes et références
Notes
- ↑ À ne pas confondre avec Six Hills, dans le comté voisin de Leicestershire.
- ↑ Il existe en Angleterre deux localités appelées Langtoft, l’une dans les Yorkshire Wolds (TA0166), l’autre à neuf kilomètres au sud de Bourne (TF1212). Peter semble provenir de la première.
Références
Bibliographie
- (en) G. Platts, « Robert Mannyng of Bourne's 'Handlyng Synne' and South Lincolnshire Society », Lincolnshire History and Archaeology, vol. 14,
- (en) Francis Fortescue Urquhart, « Robert Mannyng of Brunne », dans Charles Herbermann, Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company,
- (en)
Charles Lethbridge Kingsford, « Mannyng, Robert », dans Sidney Lee, Dictionary of National Biography, vol. 36, Londres, Smith, Elder & Co, . - (en) O. Mason, Bartholomew Gazetteer of Britain, (ISBN 0-85152-771-X)
- (en) J.O. Thorne (ed.), Chambers Biographical Dictionary, (ISBN 0550-16001-9)
Liens externes
- Ressource relative à la littérature :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Index de la Chronique de Robert Mannyng compilé au Département d'anglais de l'Université d'Utrecht, aux Pays-Bas.
- Robert Mannyng de Handlyng Synne de Brunne, extrait de The Cambridge History of English and American Literature, Volume I, 1907–21.
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