Roger Guesnerie

Roger Guesnerie, né le à Sainte-Gemmes-le-Robert (Mayenne)[1] et mort le à Paris[2],[3], est un universitaire et économiste français.

Chercheur au CNRS, directeur d'études à l'EHESS, il est titulaire de la chaire « Théorie économique et organisation sociale » au Collège de France de 2000 à 2013[4].

Biographie

Jeunesse et études

Il étudie en classes préparatoires scientifiques et intègre l'École polytechnique. Il poursuit ses études au sein de l'École nationale des ponts et chaussées. Il valide son doctorat en économie à l'université de Toulouse en 1982[5].

Parcours professionnel

Il commence sa carrière en tant que chargé de recherche au Centre pour la recherche économique et ses applications (CERMAP). Élu à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), il participe en 1981 à la création du DEA « Analyse et politique économique », qu’il dirige avec rigueur jusqu’en 1991[4].

Il joue un rôle essentiel dans le développement en France de la recherche en économie mathématique et dans l'insertion de la recherche française au niveau international. De 1991 à 2000 il dirige le DELTA (Département et Laboratoire d'économie théorique et appliquée, unité de recherche commune à l'École des hautes études en sciences sociales, l'École normale supérieure, l'École nationale des ponts et chaussées et au Centre national de la recherche scientifique, auxquels se joint par la suite l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) dont il est le cofondateur avec François Bourguignon[6]. Il contribue de manière importante à la création en 2007 de PSE-Ecole d'économie de Paris dans la prolongation du projet du DELTA auquel se joint l'Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Il en est président jusqu'à 2015 puis président d'honneur[7].

Professeur invité dans plusieurs universités européennes et nord-américaines, notamment à la London School of Economics et à l'université Harvard[5],[8], il enrichit ses travaux par de nombreuses collaborations internationales. Il exerce également des responsabilités scientifiques de premier plan : rédacteur en chef de Econometrica de 1984 à 1989, Foreign Editor de la Review of Economic Studies, président de la European Economic Association en 1994, de la Société d'économétrie en 1996, et de l’Association française de science économique de 2002 à 2003. En 2002, il est élu professeur au Collège de France, où il occupe jusqu’à sa retraite en 2013 la chaire « Théorie économique et organisation sociale », y développant une réflexion originale sur les fondements et l’organisation de l’économie.

Membre du Conseil d'analyse économique[9], de conseils de département du Centre national de la recherche scientifique[10] et du conseil scientifique de l'École normale supérieure[11], il est membre étranger de l'American Economic Association depuis 1997 et de l'Académie américaine des arts et des sciences depuis 2000[5].

En , il remet au Ministère de l'Enseignement supérieur un rapport consacré à la mise de la recherche au service du développement durable[12]. En , il remet au Ministère de Éducation nationale un rapport portant sur l’enseignement des sciences économiques et sociales et sociales au lycée[13],[14],[15].

Dans les années 1990, ses contributions les plus marquantes s’attachent à une analyse critique de l’hypothèse des anticipations rationnelles. Plus largement, il s’impose comme une figure majeure de l’économie publique, en particulier dans les domaines du calcul économique public, de l’assurance sociale et de la redistribution. S’il reconnaît au marché un rôle fondamental et irremplaçable, ses travaux n’en soulignent pas moins de manière constante les limites et les défaillances[5]. À partir des années 2010, il soutient que le changement climatique doit être abordé avant tout comme un problème économique collectif, qui ne peut se résoudre par de simples déclarations politiques ou considérations morales[16],[17]. Il insiste sur le fait que, sur le plan strictement climatique, l’économiste n’a pas vocation à trancher les questions physico‑chimiques ; son rôle consiste plutôt à mettre en lumière les implications économiques et institutionnelles de ce phénomène[18],[19].

Distinctions

Décorations

Publications principales

  • (en) A contribution to the pure theory of taxation, Cambridge, Cambridge University Press, 1995, 301 p.
  • L'économie de marché, Paris, Flammarion, coll. « Dominos », 1996.
  • Des sciences et des techniques: un débat [sous la dir. de], Paris, Éditions de l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1998.
  • (en) Assessing Rational Expectations: sunspot multiplicity and economic fluctuations, Cambridge, MIT Press, 2001, 319 p.
  • Leçon inaugurale. Théorie économique et organisation, Paris, Collège de France, 2001.
  • Combattre l'effet de serre nous mettra-t-il sur la paille ?, Paris, Éditions Le Pommier, 2003.
  • (en) Assessing Rational Expectations 2: eductive stability in economics, Cambridge, MIT Press, 2005, 453 p.
  • (en) The Design of Climate Policy (avec Henry Tulkens), Cambridge, MIT Press, 2008.
  • Les économistes peuvent-ils sauver la planète ? (avec Philippe Aghion, Christian de Perthuis, Pierre-Noël Giraud, Dominique Bureau), Paris, La Découverte, 2009.
  • La santé, par quels moyens et à quels prix ? (avec Pierre-Yves Geoffard et Julian Le Grand), Paris, Presses Universitaires de France, 2010.
  • Pour une politique climatique globale : blocages et ouvertures, Paris, Édition Rue d'Ulm, 2010.
  • 2 économistes face aux enjeux climatiques (avec Nicholas Stern), Paris, Éditions Le Pommier, 2012.

Notes et références

  1. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. « Roger Guesnerie, grande figure de la théorie économique, est mort », sur lemonde.fr, .
  3. « Économiste et universitaire, "grand spécialiste de l’économie publique", le Mayennais Roger Guesnerie n’est plus », sur ouest-france.fr, .
  4. (en) « Biography and publications | Roger Guesnerie - Economic theory and social organization | Collège de France », sur www.college-de-france.fr, (consulté le )
  5. « Roger Guesnerie », sur college-de-france.fr.
  6. « Roger Guesnerie - Théorie économique et organisation sociale », sur college-de-france.fr, (consulté le ).
  7. « Roger Guesnerie » (consulté le ).
  8. « Roger Guesnerie », sur babelio.com.
  9. « Arrêté du 30 avril 2008 portant nomination au Conseil d'analyse économique », sur legifrance.gouv.fr, .
  10. « Arrêté du 18 octobre 2000 portant nomination à des conseils de département du Centre national de la recherche scientifique », sur legifrance.gouv.fr, .
  11. « Arrêté du 4 septembre 2001 portant nomination au conseil scientifique de l'Ecole normale supérieure », sur legifrance.gouv.fr, .
  12. « La recherche au service du développement durable : rapport intermédiaire », sur vie-publique.fr, .
  13. Roger Guesnerie, « Rapport au Ministre de l'Éducation nationale de la mission d'audit des manuels et programmes de sciences économiques et sociales du lycée », sur ens-lyon.fr, .
  14. « Le rapport Guesnerie », Idées économiques et sociales, vol. 153,‎ , p. 69-76 (lire en ligne).
  15. « Le rapport Guesnerie se livre à une attaque en règle de l'enseignement de l'économie », sur lemonde.fr, .
  16. « Gérer le changement climatique », sur journals.openedition.org, .
  17. « Copenhague : un défi économique ? : Entretien avec Roger Guesnerie », sur laviedesidees.fr, .
  18. Roger Guesnerie, « Le "dictateur bienveillant" et le climat », sur lemonde.fr, .
  19. « Roger Guesnerie : Qu’est-ce qu’une bonne politique climatique ? », sur radiofrance.fr, .
  20. « Roger GUESNERIE, Professeur Honoris Causa HEC Paris », sur youtube.com, .
  21. « Prix Zerilli-Marimo », sur academiesciencesmoralesetpolitiques.fr.
  22. « Décret du 13 juillet 2005 portant promotion et nomination », sur legifrance.gouv.fr, .

Liens externes

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