Roman (poème)

Roman
Première page de Roman de Rimbaud, édition Léon Vanier (1895).
Informations générales
Titre
Roman
Auteur
Date de création
Publications
Poésies, Trilingologie poétique (d)
Date de publication
Contenu
Incipit
« On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.… »

Roman est un poème d'Arthur Rimbaud écrit en , connu pour son premier vers : « On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans ».

Roman reflète l'adolescence du poète à Charleville en 1869-1870[1].

Le manuscrit autographe, daté « 29 sept. 1870 », est conservé à la British Library[2]. Il fait partie des poèmes remis à Paul Demeny et donc de ce qui est appelé le Cahier de Douai[3]. Il n'en existe pas d'autre manuscrit[3].

Roman a été publié pour la première fois dans Reliquaire, poésies, L. Genonceaux, 1891[3].

Le poème

I

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.

– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, [4]

Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !

– On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !

L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;

Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –

A des parfums de vigne et des parfums de bière…

II

– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon

D’azur sombre, encadré d’une petite branche,

Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond

Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.

La sève est du champagne et vous monte à la tête…

On divague ; on se sent aux lèvres un baiser

Qui palpite là, comme une petite bête…

III

Le cœur fou robinsonne à travers les romans,

– Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,

Passe une demoiselle aux petits airs charmants,

Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,

Tout en faisant trotter ses petites bottines,

Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…

– Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.

Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.

Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.

– Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…

– Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,

Vous demandez des bocks ou de la limonade…

– On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans

Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

Arthur Rimbaud,

Postérité

Ce poème a été mis en musique sous ce titre en 1986 par Léo Ferré, dans son album intitulé On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans[5].

Références

  1. Collectif, NRP Lycée Hors-Série - Arthur Rimbaud, Les Cahiers de Douai, Nathan, , 52 p. (lire en ligne), p. 8
  2. « STEFAN ZWEIG COLLECTION. Vol. CLXXXI », sur British Library, folios 13-13v
  3. Jeancolas, p. 287.
  4. « Roman, un poème d'Arthur Rimbaud », sur poetica.fr, (consulté le )
  5. Alaric Perrolier, « On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans », sur leo-ferre.com, (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Claude Jeancolas, « Roman », dans Arthur Rimbaud. L'Œuvre intégrale manuscrite, vol. III, Textuel,
  • Pierre Brunel, Rimbaud. Œuvres complètes, La Pochothèque,

Article connexe

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