Romeo and Juliet in Sarajevo

Romeo and Juliet in Sarajevo est un documentaire canado-américano-germanique réalisé par John Zaritsky (en) et sorti en . Il relate la mort d'un couple serbo-bosniaque à Sarajevo le lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine[1],[2],[3]. Le documentaire a été coproduit par Frontline de PBS, la Société Radio-Canada, l'Office national du film du Canada et WDR Allemagne.

Synopsis

Le siège de Sarajevo par l'Armée des Serbes de Bosnie (VRS) de 1992 à 1996 entraîne une détérioration drastique des conditions de vie de ses habitants[4]. Le , la bosniaque Admira Ismić (née le ) et le serbe Boško Brkić (né le ) tentent de traverser l'allée des Snipers pour se rendre dans le territoire de Grbavica (en), sous contrôle serbe. Espérant un passage sûr grâce à un prétendu accord informel selon lequel personne ne tirerait pendant leur traversée, ils sont tués par des tirs de snipers sur le pont de Vrbanja.

Les récits divergent quant au déroulement exact des événements. Les corps ont été vus par le journaliste Michael Hedges, le photographe Mark Milstein et le journaliste Kuniomi Asai.

D'après Hedges, « Un soldat bosniaque m'a fait signe de regarder en bas, à gauche, près d'un pont sur la rivière. Le couple gisait côte à côte. Il semblait qu'ils avaient été abattus plus tôt dans la journée, mais on ne savait pas si c'était il y a quelques minutes ou quelques heures[trad 1] ». Dans un article publié dans le Washington Times du , Hedges citait le soldat bosniaque Nedzad Alajbegovic, qui lui avait montré les corps : « Ils se sont retrouvés et ont couru vers le pont, mais ils n'y sont pas parvenus… Personne ne peut dire pourquoi ils ont pris ce risque. C'est trop dangereux de récupérer leurs corps[trad 2] ». Les soldats bosniaques ont imputé les meurtres à des tireurs d'élite serbes, mais Hedges n'a pas pu le vérifier de manière indépendante.

« Je suis retourné à l'Holiday Inn et j'ai écrit le premier article sur le couple tué, qui a été publié le lendemain. Ce soir-là, Kurt Schork est venu dans ma chambre, m'a dit avoir vu les photos de Milstein et m'a demandé ce que j'avais vu. Le lendemain, il a développé l'histoire, et son reportage a été diffusé par CNN, la BBC et d'autres médias, qui ont ensuite publié des articles sur la relation du couple. Il est devenu un symbole de la violence insensée inhérente à la guerre et a captivé l'imagination[trad 3]. »

— Michael Hedges

Les corps du couple sont restés dans le no man's land pendant plusieurs jours, les forces serbes et bosniaques se disputant la responsabilité de leur mort et de leur récupération. C'est finalement huit jours plus tard que les forces serbes ont récupéré les corps grâce à des prisonniers de guerre bosniaques, et le couple a été enterré ensemble au « Groblje Lav » (cimetière du Lion)[5].

Kuniomi Asai, correspondant de guerre ayant accompagné les soldats au front, se souvient différemment des événements. Il a rapporté que le gouvernement bosniaque de Sarajevo avait initialement restreint l'accès au front aux journalistes étrangers. Cependant, grâce à ses relations, Asai a rejoint un peloton en route pour celui-ci et a rencontré le photographe Mark Milstein, pigiste pour Reuters, qui a supplié de les accompagner, désireux de capter des images saisissantes.

En arrivant à un bâtiment surplombant le pont, Asai affirme avoir vu les corps du jeune couple, comme si l'homme avait été abattu en premier, et que la femme s'était effondrée en tentant de l'aider. Les soldats locaux ont identifié les tireurs d'élite comme des forces serbes et ont décrit le couple comme des amoureux de lycée tentant d'échapper à la guerre.

Image externe
https://en.wikipedia.org/wiki/File:Rom%26jul.jpg

Les photographies de la scène par Milstein ont été largement diffusées par les médias internationaux et utilisées dans l'article de Kurt Schork. Évoquant l'influence des médias, Asai a exprimé sa frustration face à l'intérêt tardif de l'agence de presse japonaise pour les images qu'il avait prises, soulignant qu'elle n'avait poursuivi l'affaire qu'après qu'elle ait gagné en popularité dans les médias occidentaux.

L'identité des tireurs d'élite reste inconnue, aucune enquête officielle n'ayant été menée.

Distribution

  • Damir Andrei (voix de traduction)
  • Nancy Beatty (en) (voix de traduction)
  • Amos Crawley (voix de traduction)
  • Cynthia Eastman (voix de traduction)
  • Louis Ferreira (voix de traduction de Justin Louis)
  • Soo Garay (en) (voix de traduction)
  • Michael Hogan (voix de traduction)
  • Charmion King (voix de traduction)

Distinctions

Le réalisateur Zaritsky a reçu le prix Alfred Dupont (en) de la Graduate School of Journalism de l'Université Columbia, ainsi qu'une nomination aux Emmy Awards[6].

Notes et références

  1. ↑ (en) « A Bosnian soldier motioned for me to look down and to the left, by a bridge across the river. The couple lay together. It appeared they had been shot earlier that day, but whether it had been minutes or hours ago, wasn’t clear »
  2. ↑ (en) « They met and were running for the bridge but they didn’t make it…No one can say why they took the chance. It is too dangerous to get their bodies. »
  3. ↑ (en) « I went back to the Holiday Inn and wrote the initial story on the couple who were killed, that was published the next day. I went back to the Holiday Inn and wrote the initial story on the couple who were killed, that was published the next day. That evening, Kurt Schork came to me room, said he had seen Milstein’s photos and asked what I had seen. The next day he developed more of the story, and his piece was seen by CNN, BBC and other other media outlets who followed with accounts on the couple’s relationship. It became a symbol of the senseless violence that was part of the war, and it captured people’s imagination. »
  1. ↑ (en) [vidéo] « Sarajevo Romeo and Juliet », sur YouTube
  2. ↑ (en) « Nezaboravljeni: 20 godina od pogibije sarajevskih Romea i Julije (VIDEO) »,
  3. ↑ (en-US) « FRONTLINE | PBS | Official Site | Documentary Series », FRONTLINE (consulté le )
  4. ↑ (en) Stacy Sullivan, « Lights, Water, Action: Life in Sarajevo Returns to the Basics », CSMonitor.com,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ (en) « BBC News | EUROPE | Kurt Schork buried in Sarajevo », news.bbc.co.uk (consulté le )
  6. ↑ (en) « NFB - Portraits » [archive du ] (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail de la réalisation audiovisuelle
  • icône décorative Portail de la Bosnie-Herzégovine